L’Amnistie

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L'amnistie, 1871
Paroles : Léon Maria
Musique : Ernest Fournier

Cette chanson a été écrite pendant et à propos de la Commune de Paris.

Paroles[modifier]

J’entends au loin des cris lugubres et farouches
Un cliquetis strident qui donne froid au cœur ;
La haine est sur les fronts et les morts ont l’œil louche
Les longs ruisseaux de sang animent la fureur.
Jetons un voile épais sur ce long fratricide,
On pardonne toujours aux enfants égarés.
Vainqueurs, cessez vos coups ; pas de liberticide
Amnistie ! Amnistie pour tous les fédérés.


La loi est devant eux implacable, sévère.
Ils ont commis un crime ! On peut le pardonner.
Le juge, la victime ont une même mère
Qu’ils ont tous deux fait et souffrir et pleurer
Entendez donc enfin, l’humanité supplie,
Répétant chaque jour, les regards effarés,
Vous sapez ce que nul ne peut donner : la vie.
Amnistie ! Amnistie pour tous les fédérés.


Et si l’humanité ne pouvait vous convaincre,
Le monde entier redirait avec nous :
Soyez donc satisfaits, vous avez voulu vaincre,
Le vainqueur aux vaincus doit taire son courroux ;
Les arts et l’industrie demandent leur présence,
Réclament tous ces bras de travail altérés ;
Voyez donc leurs enfants, leurs veuves, leur souffrance !
Amnistie ! Amnistie pour tous les fédérés.