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L’Amour et le Sablier/Vergers

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L’Amour et le SablierFrançois Bernouard (p. 13-14).


Vergers


 
La nuit gonflée de pluie et de semences
A pris dans son remous les maisons et les arbres.
Une inquiète douceur coule le long des rues.

Cette goutte chaude sur ma main,
Est-ce la pluie ? Est-ce une larme ?
Est-ce la sève
Que distille la fièvre amère des bourgeons,
Des précoces lilas, des rameaux écumeux et noirs ?


Je ne sais. Mon corps fond dans l’ombre de la ville,
Épaisse et trouble ainsi qu’une eau après l’orage,
Et l’odeur des jardins mouillés
Enivre à travers les espaces
Un dieu fait de désirs obscurs.

Mon amour, tu as pris le visage de l’attente,
Et je tourne lentement mes paumes
Vers le vent qui a passé sur les vergers en fleurs.