L’Arc d’Ulysse/À un baguenaudier

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L’Arc d’UlysseÉditions Georges Crès et Co (p. 98-99).

À UN BAGUENAUDIER

I

Que fait-il ? L’âne pour le son.
Sans son hôte il compte et cancelle ;
Pour vendre cendre, arde étançon ;
Ferre les mouches ; aux crécelles
Mène pisser poules mancelles ;
Pleure d’aise ; rit de chagrin ;
Et le cul sis entre deux selles,
Trop il embrasse et mal étreint.

II

Pisse chaud pour fondre glaçon ;
Piège au sel sous la queue oiselles ;
Croit vierge étrenner : des bessons
Pour le lolo crient après elle ;
Dame il assigne, et qui bosselle
Le grand lit ? La bonne ! Qu’au rein
Il tâte chair, ou aux aisselles :
Trop il embrasse et mal étreint.

III

Se gratte où n’a pas de cuisson ;
Boit l’eau trouble où crut verser l’ale ;
Impose deux rênes qui sont
D’or au cheval qui a des ailes ;
Et le monde rit des ficelles.
Ah ! la gloire ! pour que d’un brin
De laurier la tempe étincelle !
Trop il embrasse et mal étreint.

Envoi

Prince errant, il croit d’un refrain
Payer le cidre et la bancelle.
Mais qu’il frappe à l’huis, et l’ancelle
Au nez du maupiteux le scelle :
Trop il embrasse et mal étreint.