L’Encyclopédie/1re édition/AGGLUTINANS

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 173).
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AGGLUTINANS, adj. pris subst. (Med.) Les agglutinans sont la plûpart d’une nature visqueuse, c’est-à-dire, qu’ils se réduisent facilement en gelée, & prennent une consistance gommeuse, d’où leur vient le nom d’Agglutinans, qui est formé d’ad à, & gluten, glu. Voyez Glu & Agglutination.

Les agglutinans sont des remedes fortifians, & dont l’effet est de réparer promptement les pertes, en empâtant les fluides, & en s’attachant aux solides du corps ; ainsi ils remplacent abondamment ce que les actions vitales ont commencé à détruire. Ces remedes ne conviennent qu’aux gens affoiblis & épuisés par les remedes évacuans, la diete & les boissons trop aqueuses, comme il arrive à ceux qui ont essuyé de longues & fâcheuses maladies.

On doit diviser les agglutinans en deux classes. La premiere comprend les alimens bien nourrissans, & empâtant les parties acres des fluides : tels sont les gelées en général, comme celles de corne de cerf, de mou de veau, de pié de veau, & de mouton, de poulets. La seconde comprend les remedes qui ne sont pas alimens ; telles sont la gomme arabique, la gomme adragante, la graine de psyllium, la graine de lin, l’oliban, le sang de dragon & d’autres.

Mais parmi les remedes agglutinans il y en a qui s’appliquent extérieurement ; tels sont le baume du Commandeur, celui d’André de la Croix, les térébenthines, la sarcocolle, l’ichtyocolle, les poix, & quelques plantes même, comme la consoude, le plantin, les orties, les millefeuilles, &c. il en est d’autres dont l’usage est intérieur & extérieur. Voyez Remedes, Nutrition, Fortifians, &c.