L’Encyclopédie/1re édition/ALLIAR AERIS

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 285-286).
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ALLIAR AERIS, signifie en Alchimie le cuivre des Philosophes, c’est-à-dire, le cuivre de ceux qui travaillent au grand œuvre. On a exprimé par ces deux mots le cuivre blanc ou blanchi. Quelques Chimistes ont aussi entendu par alliar æris, ce que d’autres veulent dire par eau de mercure.

Je soupçonne qu’alliar æris vient de l’alliage de l’arsenic avec le cuivre, qui fait un cuivre blanc très-semblable à l’argent, ce qui a présenté aux Alchimistes une image de la transmutation.

Becker dit que pour changer le cuivre en argent, il faut dissoudre de l’argent dans l’eau-forte, en faire la précipitation par le moyen du sel commun ou avec de l’esprit de sel, & édulcorer le précipité. L’argent dans cet état est fusible, volatil & très-pénétrant. On le mêle avec poids égal ou plus, de cendre d’étain ou de limaille de fer. On met le mêlange dans une boîte de cuivre façonné comme une boîte à savonnette, de sorte que l’hémisphere d’en-bas soit rempli du mêlange.

On lutte bien les jointures, & on met la boîte au feu pour l’y faire rougir & ensuite blanchir, sans fondre.

Alors on laisse éteindre le feu ; la boîte refroidie & ouverte, on prend ce qui est dedans qu’on rétablit en métal, en le faisant fondre avec du flux noir. Par ce moyen on a l’argent qu’on avoit employé, & de plus la boîte de cuivre est presque toute convertie en bon argent. Ce que Becker attribue à la force pénétrante de l’argent chargé de l’acide du sel. Voyez Lune cornée. (M)