L’Encyclopédie/1re édition/ANOLIS

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 487).
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ANOLIS, s. m. (Hist. nat.) lésard fort commun aux Antilles de l’Amérique ; il a sept ou huit pouces de longueur, y compris la queue qui est beaucoup plus longue que le corps ; il n’est pas, à beaucoup près, si gros que le petit doigt ; sa tête est plus longue que celle de nos lésards ordinaires. Sa peau est jaunâtre, & il est marqué de raies bleues, vertes, grises qui s’étendent depuis le dessus de la tête jusqu’au bout de la queue. Les anolis se cachent dans la terre ; ils restent pendant la nuit dans leurs trous, où ils font un bruit plus aigu & plus incommode que celui des cigales ; pendant le jour on les voit autour des cases ; ils courent continuellement pour chercher leur nourriture. On mange cet animal, & on le trouve fort tendre & fort facile à digérer. Histoire naturelle & morale des Antilles, &c. Nouveaux voyages aux îles de l’Amérique, &c.

Les anolis qui sont décrits par le P. du Tottre, dans son Hist. nat. des Antilles, paroissent différens des précédens, puisqu’ils ont jusqu’à un pié & demi de longueur, & que leur grosseur approche quelquefois de celle du bras ; ils ont le ventre de couleur grise cendrée, le dos tanné tirant sur le roux, le tout rayé de bleu, & la tête marquetée comme les autres lésards ; les mâchoires sont un peu effilées. Ils ne sortent de la terre que pendant la grande chaleur du jour, & alors ils rongent les os & les arrêtes des poissons qu’on a jettés hors des maisons ; ils se nourrissent aussi quelquefois d’herbes, sur-tout de celles des potagers ; si on en tue quelqu’un, les autres le mettent en pieces & le mangent. tom. II. page 312. (I)