L’Encyclopédie/1re édition/ARÇON

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 620-621).
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ARÇON, s. m. (Manége.) est une espece d’arc composé de deux pieces de bois qui soûtiennent une selle de cheval, & lui donnent sa forme. Il y a un arçon de devant, & un arçon de derriere.

Les parties de l’arçon sont le pommeau, qui est une petite poignée de cuivre élevée au-devant de la selle ; le garrot, petite arcade un peu élevée au-dessus du garrot du cheval ; les mammelles, qui sont l’endroit où aboutit le garrot ; & les pointes qui forment le bas de l’arçon. On y ajoûtoit autrefois des morceaux de liége, sur lelquels on chaussoit les battes. V. Garrot, Mammelle, Pointe, Batte, &c.

Il y a des arçons mobiles pour les selles à tous chevaux, qui changent l’ouverture de la selle. L’arçon de derriere porte sur le troussequin. Voyez Troussequin. Les arçons sont nervés, c’est-à-dire, couverts de nerfs de bœuf battus & réduits en filasse, puis collés tout autour des arçons pour les rendre plus forts. On les bande ensuite avec des bandes de fer qui les tiennent en état. Au-dessous des arçons on cloue les contre-sanglots pour tenir les sangles en état. Voyez Contre-sanglot, Sangle, &c.

Les pistolets d’arçon sont ceux qu’on porte ordinairement à l’arçon de la selle. Perdre les arçons, vuider les arçons, ferme sur les arçons.

Arçons a corps, servoient autrefois aux Gendarmes. Le troussequin leur alloit jusqu’au milieu du corps. (V)

Arçon, s. m. outil de Chapelier, avec lequel ils divisent & séparent le poil ou la laine dont les chapeaux doivent être fabriqués : cet outil ressemble assez à un archet de violon ; mais la maniere de s’en servir est fort différente. Voyez Arçonner.

L’arçon représenté (figure 6. Pl. du Chapelier) est composé de plusieurs parties ; la piece AB est un bâton cylindrique de 7 à 8 piés de longueur, qu’on appelle perche. Près de l’extrémité B, est fixée à tenon & mortoise une petite planche de bois chantournée, comme on voit dans la figure, qu’on appelle bec de corbin : cette piece a sur son épaisseur en C, une petite rainure, dans laquelle se loge la corde de boyau cC, qui après avoir passé dans une fente pratiquée à l’extrémité B de la perche, va s’entortiller & se fixer à des chevilles de bois qui sont placées au côté de la perche diamétralement opposé au bec de corbin. A l’autre extrémité A de la perche est de même fixée à tenon & mortoise une planche de bois D, qu’on appelle panneau. Cette planche est évidée afin qu’elle soit plus légere, & elle doit être dans le même plan que le bec de corbin C, elle est aussi plus épaisse par ses extrémités que dans son milieu ; l’épaisseur du côté de la perche fait qu’elle s’y applique plus fermement ; l’épaisseur pratiquée de l’autre côté, est pour recevoir le cuiret CC, qui est un morceau de peau de castor que l’on tend sur l’extrémité E du panneau, au moyen des cordes de boyau c 2 c 2 attachées à ces extrémités. Ces cordes font le tour de la perche, & sont tendues par les petits tarauts aa, qui les tordent ensemble deux à deux de la même maniere que les Menuisiers bandent la lame d’une scie. Voyez Scie. Toutes les choses ainsi disposées, on attache la corde à boyau au moyen d’un nœud coulant à l’extrémité A de la perche. Après qu’elle y est fixée, on la fait passer dessus le cuiret, & on la conduit dans la rainure du bec de corbin, d’où elle passe par la fente pratiquée à l’extrémité B de la perche aux chevilles iii où elle doit être fixée & suffisamment tendue.

On met ensuite une petite piece de bois b d’une ligne ou environ d’épaisseur, qu’on appelle chanterelle. L’usage de cette piece est d’éloigner le cuiret du panneau ; ce qui laisse un vuide entre deux, & fait rendre à la corde un son qui est d’autant plus fort que la corde est plus tendue : l’arçon a sur le milieu de la perche une poignée o, qui est une courroie de cuir ou de toile, qui entoure en-dessus la main gauche de l’arçonneur. Cette courroie empêche que le poids du panneau & du bec de corbin ne fassent tomber la corde de boyau sur la claie, & aide l’arçonneur à soûtenir l’arçon dans sa situation horisontale.