L’Encyclopédie/1re édition/ASTRÉE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 778).
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* ASTRÉE, (Myth.) fille d’Astréus & de Thémis, & mere de l’équité naturelle, de cette équité avec laquelle nous naissons, & dont la notion n’est point dûe à la crainte des lois humaines. Elle habita sur la terre tant que dura l’âge d’or : mais quand les hommes cesserent entierement d’entendre sa voix, & se furent souillés de crimes, elle s’envola au ciel, où elle se plaça, disent les poëtes, dans le signe de la Vierge. Il paroît que ce ne fut pas sans regret qu’elle quitta la terre, & qu’elle y seroit encore, si la méchanceté ne l’eût poursuivie partout. Exilée des villes, elle se retira dans les campagnes, & parmi les laboureurs ; & elle n’abandonna cet asyle que quand le vice s’en fut encore emparé. On la peint, dit Aulu-gelle, sous la figure d’une vierge qui a le regard formidable. Elle a l’air triste : mais sa tristesse n’ôte rien à sa dignité : elle tient une balance d’une main, & une épée de l’autre. Il paroît qu’on la confond souvent avec Thémis, à qui l’on a donné les mêmes attributs.