L’Encyclopédie/1re édition/BARBIER

La bibliothèque libre.
◄  BARBEZIEUX
BARBILLE  ►

BARBIER, s. m. artisan qui fait la barbe. Il y a à Paris deux communautés, qui suivant leurs statuts, ont droit de tenir boutique ouverte pour faire la barbe, & d’y mettre des bassins pour enseigne.

La premiere est celle des maîtres Chirurgiens, dont les bassins de l’enseigne doivent être jaunes : la seconde est celle des Perruquiers, dont les bassins sont blancs. Voyez Chirurgie.

BARBIER, s. m. (Hist. nat. Zoolog.) poisson de mer du genre appellé anthias, selon Rondelet. Voy. Anthias. Voici comme il décrit ce poisson. Le corps est de couleur rougeâtre, la tête est ronde & de différentes couleurs, le bec est mousse, les dents sont petites ; il a sur le dos, assez près de la tête, une nageoire qui s’étend jusqu’à la queue, & dont le premier aiguillon est long, fort & tranchant : on l’a comparé à un rasoir ; & c’est pourquoi on a donné à ce poisson le nom de barbier. Il a deux nageoires auprès des oüies ; deux autres sous le ventre, longues & menues ; & enfin une autre au-delà de l’anus. Toutes ces nageoires sont de couleur rousse. La queue est de la même couleur ; elle est terminée par deux nageoires. On a cru que lorsque le barbier étoit pris à la ligne, il la coupoit avec son aiguillon tranchant. Cela peut être : mais on a pretendu de plus que les autres poissons de cette espece venoient au secours de celui qui étoit pris, & le délivroient en coupant la ligne. Des poissons si intelligens pourroient bien aussi arracher l’hameçon du corps de celui qui l’auroit avalé. Leur aiguillon seroit aussi propre à cette opération qu’à la premiere. Si un de ces poissons a jamais coupé une ligne par hasard, je ne serois pas surpris qu’on leur attribuât des actions qui supposent un dessein prémedité, tant le commun des hommes est porté à croire des choses dénuées de toute vraissemblance. Voyez Poisson. (I)