L’Encyclopédie/1re édition/BOYER, BOIER, et BOUIER

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 389).
◄  BOYAUDIER
BOYEZ  ►

BOYER, BOIER, & BOUIER, s. m. (Marine.) c’est une espece de bateau ou de chaloupe Flamande. Le boyer est mâté en fourche & a deux semelles, au moyen desquelles il va bien à la bouline & dérive peu.

Le boyer est un petit bâtiment de charge, qui a un beaupre & de l’acastillage à l’avant & à l’arriere : il a du rapport dans beaucoup de parties avec le semaque : il est plat de varangues, & le mât en est fort haut & porte un perroquet. Cette sorte de bâtiment n’est pas si propre à naviger sur mer, que sur les rivieres & sur les autres eaux internes. Mais pour donner une idée plus claire de cette sorte de bâtiment, il faut en voir la figure, Planche XII. figure premiere ; & pour plus d’intelligence, nous allons donner le devis d’un boyer de 86 piés de long de l’étrave à l’étambord, de 20 piés de ban de dedans en dedans, & de 9 piés un quart de creux de dessus la quille au niveau des gouttieres.

La quille a 14 pouces en quarré ; l’étrave & l’étambord ont un pié d’épaisseur ; l’étrave a 8 piés de quête, & l’étambord un pié 3 pouces. Il a 6 piés à l’avant de relevement, & 7 piés à l’arriere : le fond de cale a 15 piés de large, & s’éleve de 2 pouces vers les fleurs : les varangues ont 9 pouces d’épaisseur, & 8 pouces dans les fleurs ou aux empatures. Les genoux ont un demi-pié d’épais sur le franc bord, & les allonges autant au même endroit, & 4 pouces par le haut. La carlingue a 9 pouces d’épais sous le mât, & 6 ou 7 pouces à l’arriere. Les vaigres d’empature ont 4 pouces d’épais, & les vaigres de fond 2 pouces, & les autres aussi jusqu’aux serrebauquieres qui ont 4 pouces d’épais, & chaque ban a deux courbes de haut en-bas, & deux par la longueur du bâtiment. Les serregouttieres ont 4 pouces d’épais, & les bordages qui couvrent le pont en ont 2 pouces  : les préceintes ont un demi-pié d’épais & un pié de large, c’est-à-dire les deux plus basses ; la troisieme a 4 pouces d’épais & 10 de large.

Les couples ou fermures ont 6 pouces de large ; ceux d’entre la plus haute préceinte & le carreau, ont 10 pouces de large & 5 pouces d’épais. Le carreau a vers les bouts un grand pié de largeur, & est plus large par son milieu. La chambre de proue a 10 piés de long, à prendre à l’étrave en-dedans ; c’est-là que sont les cabanes & la cuisine, dont le tuyau de cheminée sort sur le pont proche du virevaut. Le virevaut a 20 pouces d’épais. Le mât d’artimon, qui est fort petit, est tout proche de la planche qui sert d’appui vers l’arriere. Quelquefois on fait une petite dunette vers l’arriere, pour y serrer quelque chose, ou pour coucher des gens.

La grande écoutille a 10 piés de long & 7 piés de large ; l’écoutille qui s’emboîte a 4 piés. La chambre de poupe a 14 piés de long, & est élevée au-dessus du pont ; elle est séparée de deux ou trois fronteaux, & dans l’un des retranchemens on met les voiles & les agrès : les autres servent à coucher ou sont pour d’autres usages. La chambre du capitaine a 10 piés de long, à prendre du dedans de l’étambord ; son bas plancher descend 3 piés au-dessous du pont, & baisse un peu vers l’arriere : le tillac ou plancher qui la couvre, s’éleve 3 piés au-dessus du pont, & il y a une petite échelle pour descendre sur le pont.

La hauteur du mât est assez arbitraire ; on peut le mettre plus long ou plus court ; il penche un peu vers l’arriere. Le gouvernail a six pouces d’épais par le haut, & est par le bas de la même épaisseur que l’étambord. La barre passe entre le banc & la voute de la chambre du capitaine. Le timonnier se tient devant cette chambre. Le relevement du tillac à l’avant & à l’arriere sert à faire écouler les eaux, sur-tout celles que lancent les coups de mer. Les semelles, qui sont attachées avec des chevilles un peu au-dessous du carreau, enfoncent dans l’eau deux piés plus bas que la quille ; leur largeur se prend à discrétion ; & comme elles sont destinées à empêcher que le vaisseau ne dérive, il s’ensuit qu’il faut les faire grandes, & qu’elles pourroient être encore plus grandes qu’on ne les fait, si cette grandeur ne les rendoit pas trop difficiles à manœuvrer. L’étrave & la quille sont jointes ensemble par un lien de fer de chaque côté. (Z)