L’Encyclopédie/1re édition/CANE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 591-592).
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CANE à tête rousse, anas fera fusca : cet oiseau pese deux livres ; il a un pié sept ou huit pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité des doigts, & environ un pié & demi, si on n’étend la mesure que jusqu’au bout de la queue. Cet oiseau est plus gros, plus court, & plus épais que la cane rouge. Les petites plumes qui recouvrent les grandes plumes des ailes & celles du milieu du dos, sont de couleur cendrée & parsemée de petites lignes ondoyantes, dont les unes sont de couleur cendrée, & les autres de couleur rousse : elles sont placées alternativement. Les plumes du dessous du cou, du croupion, & celles qui se trouvent autour de l’anus sont noires ; les petites plumes qui recouvrent l’aile en-dessous sont blanches ; la tête & le cou presque en entier, sont de couleur jaune foncée ou rousse ; les plumes du milieu de la poitrine sont blanches, à l’exception des bords qui sont jaunâtres : il y a sur le bas de la poitrine des lignes brunes, & la couleur du ventre devient peu-à-peu de plus en plus brune & obscure à mesure qu’on approche de l’anus. La queue est composée de quatorze plumes, qui ont deux pouces de longueur, & qui sont de couleur cendrée noirâtre. Il y a environ vingt-cinq grandes plumes à chaque aile ; elles sont toutes d’une même couleur cendrée & mêlée de brun : cependant si on y regarde de près, on trouvera que quelques-unes des plumes qui sont au-delà de la dixieme ont la pointe blanchâtre. Le bec est plus grand & plus large que celui de la cane mouche ; la piece supérieure du bec est de couleur plombée, à l’exception de l’extrémité qui est noirâtre ; la piece inférieure est presque entierement noire. L’iris des yeux est d’une belle couleur jaune éclatante ; les pattes sont de couleur plombée, & la membrane qui tient les doigts unis ensemble est noire ; le doigt intérieur est le plus petit, & l’extérieur est presque égal au doigt du milieu, dont l’ongle est tranchant. Ce qu’il y a de particulier dans cet oiseau, c’est que les plumes des ailes sont toutes presque d’une même couleur, qui est le cendré. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau.

Cane du Levant, anas circia Gesn. Cet oiseau est le plus petit de son genre. Le bec est noirâtre ; toute la face supérieure de l’oiseau est de couleur brune cendrée. L’extrémité des plumes du dos est blanchâtre ; il y a sur les ailes une bande large d’un pouce, en partie noire & en partie de couleur d’émeraude, & blanche de chaque côté ; les plumes de la queue sont pointues. Toute la face inférieure de l’oiseau est de couleur jaune pâle mêlée de blanc : il y a cependant sur la poitrine & sur le bas-ventre, grand nombre de taches noirâtres assez larges. Les jambes sont d’un bleu pâle ; la membrane qui est entre les doigts est noire. On trouve dans l’estomac des semences & des petites pierres. D. Johnson. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau.

Cane haute sur ses jambes, anas alticrura ; oiseau qu’Aldrovande rapporte au genre des plongeons. Il a le bec pointu, en partie noire & en partie rouge ; le cou est entouré d’un collier blanc ; le dos est de couleur cendrée pâle ; le ventre est blanc ; les ailes sont très-larges ; les quatre premieres grandes plumes sont noires, celles du milieu sont blanches, & les autres noires, à l’exception de la pointe qui est blanche ; la queue est en entier de la même couleur, excepté l’extrémité supérieure qui est légerement teinte de noir ; les jambes sont plus minces & plus longues que dans les autres oiseaux de ce genre ; le pié & la membrane qui joint les doigts les uns aux autres, sont blancs. Aldrovande, Ornith, lib. XIX. cap. lx. Voy. Oiseau.

Cane mouche, anas muscaria ; cet oiseau a été ainsi nommé, parce qu’il prend les mouches qui volent sur l’eau. Il est presque de la grosseur du canard domestique, & il lui ressemble beaucoup. Le bec est large & court, il n’a pas plus de deux pouces de longueur ; la piece de dessus est de couleur de safran ; les dents sont disposées de chaque côté comme celles d’une scie ; elles sont un peu larges, presque membraneuses, flexibles & saillantes, sur-tout dans la piece du dessus, car celles du dessous sont moins élevées, & forment des sortes de cannelures sur le bec. Tout le corps de cet oiseau est de plusieurs couleurs mêlées ensemble, telles que le noirâtre, le blanc & le vert-clair, avec une couleur de feu brillant, ou pour mieux dire, approchantes de celles de la perdrix. Les pattes sont jaunes, & les doigts sont noirâtres, & se tiennent par une membrane. Le cou a en-dessus & en-dessous des couleurs semblables à celles dont il à déjà été fait mention. Le sommet de la tête est plus noir que toute autre partie de l’oiseau, à l’exception des ailes où cette même couleur domine aussi : elles ne s’étendent pas jusqu’au bout de la queue. Gesn. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau.

Cane petiere, anas campestris, tetrax, oiseau qui paroît être particulier à la France ; de sorte qu’il n’y a point de paysan qui ne le connoisse sous ce nom, qui ne doit pas désigner ici que cet oiseau soit aquatique, ni un vrai canard, mais seulement qu’il s’accroupit sur la terre comme les canards, car il n’a d’ailleurs aucune ressemblance avec les oiseaux de ce genre : c’est un oiseau de campagne ; il est de la grosseur du phaisan ; il a la tête semblable à celle de la caille, quoique plus grosse, & le bec comme le coq ; il a trois doigts à chaque patte, comme dans le pluvier & l’outarde ; les racines des plumes sont rouges & presque de couleur de sang, & elles tiennent à la peau comme celles des plumes de l’outarde, ce qui fait croire que cet oiseau est une espece d’outarde. Il est blanc sous le ventre comme un cygne ; le des est de trois ou quatre couleurs, le fauve, le cendré & le roux mêlé de noir ; les quatre premieres plumes des ailes sont noires à l’extrémité, celles qui se trouvent au-dessous du bec sont blanches. Il y a des canes petieres qui ont comme les merles de Savoie à l’endroit du jabot, un collier blanc qui entoure la poitrine : cette couleur s’étend jusqu’à la poitrine. La tête & le dessus du cou sont de même couleur que les ailes & le dos ; le bec est moins noir que celui du francolin ; la couleur des pattes tire sur le cendré ; celle de la tête & du cou n’est pas constante, c’est ce qui fait une différence entre le mâle & la femelle : mais la couleur du dos & des ailes est toûjours la même. On met la cane petiere au nombre des oiseaux les plus excellens à manger, & on la croit aussi bonne que le phaisan : elle se nourrit indifféremment de toutes sortes de graines ; elle mange aussi des fourmis, des scarabés, des mouches, & du blé lorsqu’il est en herbe. On prend les canes petieres comme les perdrix au lacet, au filet, à la forme, & avec l’oiseau de proie : mais cette chasse n’est pas aisée, parce qu’elles font un vol de deux ou trois cents pas fort prompt & peu élevé ; & lorsqu’elles sont tombées à terre, elles courent si vîte qu’un homme pourroit à peine les suivre. Belon, Hist. de la nature des oiseaux. Voy. Oiseau.

Cane, ou Canard femelle, voyez Canard.

Cane de mer, voyez Canard sauvage.

Cane de Guinée, voyez Canard de Barbarie.

Cane du Caire, voyez Canard de Barbarie. (I)

* Canes, (Œconomie rustique.) il faut dresser à cette volaille un petit toît qui les mette à couvert des animaux qui les mangent ; ce toit leur suffit.

Les canes aiment l’eau : il n’en faut pas élever où elles n’ont pas dequoi barboter : on se sert de leur plume en oreillers, traversin, matelats, &c. les œufs & la chair en sont bons. Il faut choisir les plus grosses, & donner huit ou dix femelles à chaque mâle : on leur jette à manger le soir & le matin avec le reste de la volaille, & la même nourriture. Elles sont carnacieres, cependant elles ne font point de dégât : elles commencent ordinairement leur ponte en Mars, & la continuent jusqu’à la fin de Mai ; il faut alors les retenir sous le toît jusqu’à ce qu’elles ayent pondu : on employe souvent les poules à couver les œufs d’oie & de cane, parce qu’elles sont plus assidues ; qu’une poule peut couver une douzaine d’œufs, & que la cane n’en sauroit guere couver que six : il faut trente-un jour de couvée pour faire éclorre les canetons ; on les éleve comme les poussins ; on ne les laisse sortir qu’au bout de huit à dix jours.

On ne donne que six femelles à chaque mâle de canes d’Inde : leurs canetons s’élevent plus difficilement que les autres ; on ne leur donne dans le commencement que des miettes de pain blanc détrempées dans le lait caillé.

Les mâles d’entre les canes d’Inde se mêlent souvent avec les canes communes, & il en vient des canes bâtardes qui sont assez grosses, & qui s’elevent bien.