L’Encyclopédie/1re édition/CEINTES, PRECEINTES, PERCEINTES, CARREAUX, LISSES

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 798).

CEINTES, PRECEINTES, PERCEINTES, CARREAUX, LISSES, (Marine.) ce sont de longues pieces de bois qu’on met bout à bout l’une de l’autre, en maniere de ceinture, dans le corps du bordage d’un vaisseau, pour faire la liaison des membres & pieces de charpente dont le corps du bâtiment est formé. Les ceintes sont posées les unes paralleles aux autres. Les matelots y trouvent une commodité, lorsqu’ils veulent monter dans le vaisseau, ou le nettoyer. Voyez, Planche I. la lettre o, dont on marque les ceintes telles quelles paroissent sur le corps du vaisseau.

Il y a des Charpentiers qui mettent quelques distinction entre ces différens cordons ou ceintes ; car ils appellent préceintes les trois plus basses ceintes, & nomment carreaux ou lisses, celles qui sont au-dessus, & la lisse de vibord est la plus élevée.

Les ceintes sont ordinairement de trois ou quatre pieces assemblées en écarts. Voyez, Planc. VI. fig. 38. la forme de cette piece de bois. Le plus souvent il y a deux préceintes au-dessous des sabords, & deux au-dessus. Quelquefois il y en a deux au-dessous, sans qu’il y en ait au-dessus.

Les ceintes font le même effet en dehors du vaisseau, que les serre-gouttieres font en dedans ; les unes & les autres servent à lier & affermir le bâtiment ; les vaisseaux qui ont beaucoup d’acastillage, ont plus de ceintes que les autres : en général le nombre des ceintes se regle sur la grandeur du bâtiment. Voyez dans la figure qui représente la coupe d’un vaisseau, la disposition des ceintes, Planche V. fig. premiere, premiere préceinte cottée 163 ; seconde préceinte, n°. 154 ; troisieme préceinte, n°. 165 ; quatrieme préceinte, n°. 166.

La plus basse préceinte doit avoir d’épaisseur la moitié de l’étrave, & de largeur, l’épaisseur entiere de l’étrave. Les ceintes qui sont posées plus haut diminuent un peu par proportion : mais lorsque les vaisseaux ont 170 piés de long de l’étrave à l’étambord, & au-dessus de 170 piés, on tient les préceintes de deux pouces plus minces que la moitié de l’étrave.

D’autres Charpentiers proportionnent les ceintes suivant la longueur du vaisseau, en leur donnant douze pouces de large quand le vaisseau a cent piés de long. Par chaque dix piés que le bâtiment a au-dessous de cent piés, ils ôtent aux ceintes un pouce & demi de largeur ; & par chaque dix piés que le bâtiment a au-dessus de cent piés, ils ajoûtent aux ceintes un demi-pouce de largeur.

Pour leur épaisseur, ils la font de la moitié de la largeur, ou un peu moins.

Ces dimensions ne sont point invariables ; chaque constructeur peut les changer, suivant ses lumieres ou ses principes : mais celles que nous venons de rapporter sont en général assez suivies.

Presque tous les grands vaisseaux ont deux couples, ou quatre préceintes au-dessous des sabords, sous la belle, c’est-à-dire à l’endroit où le vaisseau est le plus bas. La plus basse préceinte se doit trouver autant au-dessous du gros du vaisseau, qu’elle a de largeur (selon le sentiment de quelques-uns) & la seconde doit être placée au-dessus de cette premiere à la distance d’une ceinte & demie. Les fermures qui sont entre ces préceintes, & dans lesquelles les dalots sont presque toûjours percés, doivent avoir la même épaisseur que le franc bordage qui est au-dessous. Que si le vaisseau a trois basses préceintes, comme cela se pratique quelquefois, la troisieme doit descendre aussi bas sous la seconde, que la premiere est élevée au-dessus, & la premiere peut bien être un peu moins épaisse que la seconde. Quand on laisse trop de distance entre les préceintes, & que les couples sont fort larges, cela fait un effet desagréable. (Z)