L’Encyclopédie/1re édition/CENTRIFUGE

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CENTRIFUGE, adj. (Méch.) : force centrifuge, c’est celle par laquelle un corps qui tourne autour d’un centre, fait effort pour s’éloigner de ce centre.

C’est une des lois constantes de la nature, que tout mouvement est par lui-même rectiligne, (voyez Mouvement) & qu’un mobile ne s’éloignera jamais de la direction rectiligne de son premier mouvement, tant qu’il n’y sera pas obligé par quelque nouvelle force imprimée dans une direction différente : après cette nouvelle impulsion, le mouvement devient composé ; mais il continue toûjours en ligne droite, quoique la direction de la ligne ait changé. Voyez Composition.

Pour qu’un corps se meuve dans une courbe, il faut qu’il reçoive à chaque moment une nouvelle impulsion, & dans une direction différente de la sienne, parce qu’une courbe ne peut se réduire à des lignes droites, à moins qu’elles ne soient infiniment petites ; par conséquent si un corps attiré continuellement vers un centre, est lancé outre cela dans une direction qui ne passe point par ce centre, il décrira alors une courbe, dans chaque point A de laquelle (Pl. de Méch. fig. 24.) il tâchera de s’éloigner de la courbe, & de continuer son mouvement dans la tangente AD ; ce qu’il feroit en effet si rien ne l’en empêchoit : ensorte que dans le même tems qu’il décrit l’arc AE, il s’éloigneroit par sa force centrifuge de la longueur de la ligne DE perpendiculaire à AD ; ainsi en supposant l’arc AE infiniment petit, la force centrifuge est proportionnelle à la ligne DE perpendiculaire à la ligne AD.

Un corps obligé à décrire un cercle, le décrit le plus grand qu’il peut ; un plus grand cercle étant en quelque sorte moins circulaire, moins courbe, ou moins différent de la droite qu’un plus petit. Voyez Courbure. Un corps souffre donc plus d’altération dans son mouvement, & exerce plus vivement sa force centrifuge lorsqu’il décrit un petit cercle, que lorsqu’il en décrit un grand, c’est-à-dire que la force centrifuge est toûjours proportionnelle, toutes choses d’ailleurs égales, à la courbure du cercle dans laquelle le corps est emporté.

Il en est des autres courbes comme des cercles ; car une courbe quelle qu’elle puisse être, peut être regardée comme formée d’une infinité d’arcs de cercle infiniment petits, décrits de différens rayons, de façon que les endroits où la courbe est le plus courbe, sont ceux où la force centrifuge est plus grande, tout le reste d’ailleurs égal ; & ainsi dans une même courbe la force centrifuge du corps qui la décrit, varie suivant les différens points où il se trouve.

On peut voir les lois & la théorie des forces centrifuges exposées plus en détail dans l’article des Forces centrales, au mot Central.