L’Encyclopédie/1re édition/CONSORT

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  CONSONNE
CONSOUDE  ►

* CONSORT, s. m. nom d’une société du tiers ordre de S. François, composée d’hommes & de femmes, & établie à Milan où on lui avoit confié la distribution des aumônes, & où elle s’en acquitta avec tant de fidélité, qu’elle mérita dans la suite qu’on lui restituât cette fonction délicate dont on l’avoit privée. Il fallut la médiation du pape Sixte IV. pour la déterminer à la reprendre : ce qui prouveroit qu’elle n’y trouvoit que des peines méritoires pour une autre vie ; avantage que la piété solide a une infinité de voies différentes de recouvrer. Le débat le plus scandaleux qui pourroit survenir entre des Chrétiens, ce seroit celui qui auroit pour objet l’œconomat du bien des pauvres.

Consorts, s. m. pl. (Jurispr.) sont ceux qui ont le même intérêt, ou qui sont engagés dans une même affaire dont l’évenement doit leur être commun ; ainsi on appelle quelquefois consorts ceux qui vivent en communauté ou société, de même qu’on appelle compersonniers, les co-tenanciers solidaires d’un même tenement, soit à titre de cens, emphitéose, ou loyer. On appelle aussi consorts tous ceux qui plaident conjointement par le ministere d’un même procureur ; il est d’usage dans le style judiciaire, que le procureur ne dénomme qu’une de ses parties, & se contente de désigner les autres sous le nom de & consorts. Cela est bon pour abreger les qualités dans le courant des écritures ; mais il est important que toutes les parties soient dénommées, du moins au commencement, & dans les premiers & principaux actes, tels que dans les demandes, dans les appels, & dans les jugemens ; autrement il pourroit arriver que celui qui auroit obtenu une condamnation contre plusieurs adversaires sous le titre de consorts, seroit arrêté pour l’exécution par quelques-uns d’entr’eux qui prétendroient n’avoir pas été parties dans les contestations, pour n’y avoir pas été dénommés. (A)