L’Encyclopédie/1re édition/EXOSTOSE

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EXOSTOSE, ἐξώστωσις, (Med.) est une tumeur extraordinaire qui vient à un os, & qui est fréquente dans les maladies vénériennes. Voyez Os.

Les scorbutiques & les écroüelleux sont aussi fort sujets aux exostoses. Pour guérir les exostoses, il faut combattre la cause intérieure par les spécifiques, ou par les remedes généraux, s’il n’y a point de spécifique connu contre le principe de la maladie. Les causes d’exostose peuvent être détruites, & le vice local subsister ; on le voit journellement dans le gonflement des os par le virus vénérien. Il y a des exostoses qui suppurent, & dont la situation permet qu’on en fasse l’ouverture & l’extirpation : on peut employer dans ce cas tous les moyens dont on a parlé dans l’article de la carie & de l’exfoliation. Voyez ces mots.

En effet, le traité des maladies des os contient beaucoup d’observations importantes sur la nature, les causes & les moyens curatifs de l’exostose en particulier. L’auteur décrit ainsi la maniere d’attaquer les exostoses qui n’ont point fondu par le traitement de la vérole, ou de toute autre cause interne.

On doit découvrir la tumeur de l’os en faisant une incision cruciale ; on emporte une partie des angles, on panse à sec, on leve l’appareil le lendemain, & on se sert du trépan perforatif ; on fait plusieurs trous profonds & assez près les uns des autres, observant qu’ils occupent toute la tumeur qu’on veut emporter. On se sert ensuite d’un ciseau ou d’une gouge bien coupante, & d’un maillet de plomb avec lequel on frappe modérément, pour couper tout ce qui a été percé par le perforatif. Ces trous affoiblissent l’os ; il se coupe plus facilement, sans courir aucun risque de l’éclater en le coupant avec le ciseau. C’est un moyen dont se servent les Menuisiers pour éviter que leur bois ne s’éclate en travaillant avec le ciseau.

Si la tumeur est considérable, & qu’il faille répéter les coups de ciseau ou de maillet, on peut remettre le reste de l’opération au lendemain, parce que les coups réitérés pourroient ébranler la moelle au point de causer par la suite un abcès. Quand on a tout enlevé, on panse l’os comme il a été dit ; & pour que l’exfoliation soit prompte, on applique dessus la dissolution du mercure faite par l’eau-forte ou par l’esprit de nitre ; c’est un des meilleurs remedes qu’on puisse employer : on ne préfere le feu que lorsque la carie est profonde, qu’elle est avec vermoulure ou excroissance de chair considérable. (Y)