L’Encyclopédie/1re édition/IMPÉRATOIRE

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 588).
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IMPÉRATOIRE, s. f. imperatoria, (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleur en rose & en umbelle, composée de plusieurs pétales entiers ou échancrés en forme de cœur, disposés en rond, & soûtenus par un calice qui devient un fruit composé de deux semences plates, presqu’ovales, legerement cannelées & bordées ; la plûpart de ces semences quittent leurs enveloppes : ajoûtez à ces caracteres que les feuilles de la plante sont aîlées & assez grandes. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

L’impératoire commune, qui est une des sept especes de genre de plante, se nomme simplement imperatoria, ou imperatoria major, & par Dodonée astrantia.

Sa racine qui serpente obliquement, est de la grosseur du pouce, & très-garnie de fibres : les feuilles sont composées de trois côtes arrondies, d’un verd agréable, de la longueur d’une palme, partagées en trois, & découpées à leurs bords. La tige s’éleve jusqu’à une coudée, ou une coudée & demie : elle est cannelée, creuse, & porte des fleurs en rose, disposées en parasol : les fleurs sont à cinq pétales blancs, échancrés en maniere de cœur, placés en rond à l’extrémité d’un calice, qui devient un fruit formé de deux graines applaties, presque ovales, rayées légerement sur le dos, & bordées d’une aîle très-mince.

Les anciens Grecs n’ont pas connu l’impératoire, ou du-moins ils l’ont décrite avec tant d’obscurité, qu’on ne peut la retrouver dans leurs écrits. Lorsqu’on fait une incision dans sa racine, ses feuilles, & sa tige, il en découle une liqueur huileuse, d’un goût très-âcre, qui ne le cede guere en acrimonie au lait du tithymale : si l’on coupe en particulier la racine par tranches, on y découvre une infinité de vésicules, qui sont remplies d’une substance oléagineuse, d’une qualité chaude & active.

Cette plante fleurit en Juillet, & se plaît dans les montagnes d’Autriche, de Stirie, d’Auvergne, de plusieurs endroits des Alpes & des Pyrénées : c’est de-là qu’on nous apporte la racine seche, dont on fait avec raison un grand usage en Medecine : celle qu’on cultive dans les jardins & dans les plaines, est fort inférieure à la montagneuse.

La racine d’impératoire est genouillée, de la grosseur du pouce, ridée, comme sillonnée, d’une odeur pénétrante, d’un goût très-âcre, aromatique, & qui pique fortement la langue. (D. J.)

Impératoire, (Mat. med.) la racine que l’on trouve dans les boutiques sous le nom d’impératoire, est d’une odeur vive & aromatique, & d’une saveur âcre & brûlante : elle donne par la distillation une grande quantité d’huile essencielle, selon Geoffroy. On nous l’apporte des Alpes & des Pyrénées.

Elle doit être rangée avec les alexipharmaques & les sudorifiques. Voyez Alexipharmaque & Sudorifique.

Entre plusieurs excellentes propriétés que lui accordent divers auteurs, son efficacité contre la froideur & l’impuissance est sur-tout remarquable.

Cette racine est presque absolument inusitée dans les prescriptions magistrales ; elle entre dans les préparations suivantes de la pharmacopée de Paris, savoir, l’eau thériacale, l’eau impériale, l’eau générale, l’esprit carminatif de Sylvius, & l’orviétan commun. (b)