L’Encyclopédie/1re édition/INDES

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 662).

Indes, (Géog. mod.) les modernes moins excusables que les anciens ont nommé Indes, des pays si différens par leur position & par leur étendue sur notre globe, que pour ôter une partie de l’équivoque, ils ont divisé les Indes en orientales & occidentales.

Nous avons déja parlé des Indes orientales au mot Inde (l’). Nous ajouterons seulement ici, qu’elles comprennent quatre grandes parties de l’Asie, savoir l’Indoustan, la presqu’île en-deçà du Gange, la presqu’île au-delà du Gange, & les îles de la mer des Indes, dont les principales sont celles de Ceylan, de Sumatra, de Java, de Bornéo, les Celebes, les Maldives, les Moluques, auxquelles on joint communément les Philippines & les îles Mariannes. Lorsqu’il n’est question que de commerce, on comprend encore sous le nom d’Indes orientales, le Tonquin, la Chine, & le Japon ; mais à parler juste, ces vastes pays, ni les Philippines, moins encore les îles Mariannes, ne doivent point appartenir aux Indes orientales, puisqu’elles vont au-delà.

Peu de tems après que les Portugais eurent trouvé la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance, ils découvrirent le Brésil ; & comme on ne connoissoit pas alors distinctement le rapport qu’il avoit avec les Indes, on le baptisa du même nom ; on employa seulement pour le distinguer le surnom d’occidentales, parce qu’on prenoit la route de l’Orient en allant aux véritables Indes, & la route d’Occident pour aller au Brésil. De-là vint l’usage d’appeller Indes orientales, ce qui est à l’orient du cap de Bonne-Espérance, & Indes occidentales, ce qui est à l’occident de ce cap.

On a ensuite improprement étendu ce dernier nom à toute l’Amérique ; & par un nouvel abus, qu’il n’est plus possible de corriger, on se sert dans les relations du nom d’Indiens, pour dire les Amériquains. Ceux qui veulent parcourir l’histoire ancienne des Indiens pris dans ce dernier sens, peuvent consulter Herréra ; je n’ai pas besoin d’indiquer les auteurs modernes, tout le monde les connoît ; je dirai seulement que déja en 1602, Théodore de Bry fit paroître à Francfort un recueil de descriptions des Indes orientales & occidentales, qui formoit 18 vol. in-fol. & cette collection complete est recherchée de nos jours par sa rareté.

Le peuple a fait une division qui n’est rien moins que géographique ; il appelle grandes Indes, les Indes orientales, & petites Indes, les Indes occidentales. (D. J.)