L’Encyclopédie/1re édition/INSTRUCTION

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 802).
INSTRUMENT  ►

INSTRUCTION, s. f. (Gram.) il se dit de tout ce qui est capable de nous éclaircir sur quelqu’objet que ce soit. On nous instruit par les discours, par les écrits, par les raisons, par les faits, & par les exemples. L’intérêt est le grand instituteur. Après l’intérêt, c’est le tems ; après le tems, ce sont les passions.

On appelle encore instruction les ordres secrets qu’on donne à un ambassadeur, au commandant d’une flotte, à un capitaine de vaisseau.

Instruction, (Jurisprud.) signifie les procédures que l’on fait pour mettre une affaire en état d’être jugée.

Instruction à la barre de la cour, c’étoient des procédures sommaires qui se faisoient à la barre de la cour ; elles ont été abrogées par l’ordonnance de 1667, tit. II. art. ij. (A).

INSTRUCTION, dans le Commerce, se dit de tous préceptes, enseignemens, ordres donnés, soit verbalement, soit par écrit, par des supérieurs à leurs inférieurs pour l’exécution d’une chose.

Ces instructions peuvent émaner ou de l’autorité publique à un particulier, ou de particulier à particulier.

Du premier genre sont les instructions générales, concernant le commerce, données par le Roi ou ses ministres aux inspecteurs des manufactures, ou les mémoires particuliers donnés à chaque inspecteur par les mêmes ministres, & relatifs aux manufactures de chaque département. En 1680, M. Colbert alors contrôleur général des finances & sur-intendant des arts & manufactures de France, donna aux inspecteurs deux instructions admirables, rédigées, l’une en 65 articles, & l’autre en 319 articles, pour l’exécution des réglemens généraux des manufactures & teintures, registrés en parlement en 1669. Il y a encore des instructions secrettes dont les inspecteurs ne doivent rendre compte qu’à la cour.

Les instructions de particulier à particulier, sont celles que les marchands, négocians, banquiers, &c. donnent par écrit ou de vive voix, à leurs courtiers, commissionnaires, correspondans, commis, &c. soit pour les achats, vente & envoi de marchandises, soit pour les remises d’argent, la réception, acceptation & payement des lettres de change, soit enfin pour la conduite des frabriquans, maîtres & ouvriers de leurs manufactures ou tout autre objet relatif à leur commerce. Ces instructions ne peuvent être dressées avec trop de clarté pour éviter les difficultés, les fausses interprétations, & l’inexécution des ordres qu’on s’est proposé de donner. Dictionn. de comm.