L’Encyclopédie/1re édition/LAGAN

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LAGAN, s. m. (Droit marit.) terme ancien & hors d’usage ; il désignoit le droit que plusieurs nations s’arrogeoient autrefois sur les hommes, les vaisseaux & les marchandises qui avoient fait naufrage, & dont la mer jettoit les personnes ou les débris sur la côte.

S’il en faut croire quelques historiens, les peuples habitans du comté de Ponthieu ne se faisoient point de scrupule, dans le x. & xje. siecle, de déclarer prisonniers tous ceux que le malheur faisoit échouer sur leurs côtes, & d’exiger d’eux une grosse rançon. Mais ce droit barbare, qui s’appelloit en France le lagan (laga maris), loi de mer, étoit reçu chez la plûpart des peuples curopéens.

Ce fut à Amiens que l’an 1191, le roi Philippe Auguste, le comte de Flandres, Philippe d’Alsace, Jean, comte de Ponthieu, Ide, comtesse de Boulogne, Bernard, seigneur de S. Valery, & Guillaume de Caveu, consentirent conjointement d’abolir cet usage, que d’ailleurs la religion & l’humanité ont abrogé dans toute l’Europe. Il n’en reste, à proprement parler, que ce qu’on appelle en françois le jet ; ce sont les marchandises que le maître d’un vaisseau qui se trouve en danger, jette à la mer pour alléger son bâtiment, & que la mer renvoie à terre. Les princes, seigneurs ou peuples qui les recueillent, se les approprient. (D. J.)