L’Encyclopédie/1re édition/LAIT DE LUNE

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Lait de lune, lac lunæ, (Hist. nat.) La plûpart des Naturalistes désignent sous ce nom, une terre calcaire, blanche, légere, peu liée, & semblable à de la farine ; cette substance se trouve presqu’en tout pays ; elle ne forme jamais de lits ou de couches suivies dans le sein de la terre ; mais on la rencontre dans les fentes des rochers, & adhérente aux parois de quelques cavités souterraines où elle a été déposée par les eaux qui avoient entraîné, lavé, & détrempé cette espece de terre. Quoique cette substance ne differe des autres terres calcaires que par sa blancheur & sa pureté, les auteurs lui ont donné plusieurs noms différens, tels sont ceux d’agaric minéral, de farine fossile, de fungus petræus, de medulla sanorum, de stenomarga, lithomarga, &c. d’où l’on peut voir combien la multiplicité des noms est propre à brouiller les idées de ceux qui veulent connoître le fond des choses.

On dit que le nom de lait de lune a été donné à cette substance parce qu’elle blanchit l’eau, & lui fait prendre une couleur de lait ; cela vient de la finesse de ses parties, qui les rend très-miscibles avec l’eau ; elle fait effervescence avec tous les acides, ce qui caractérise sa nature calcaire.

On regarde le lait de lune comme un excellent absorbant, qualité qui lui est commune avec les yeux d’écrevisses, la magnésie blanche, & d’autres préparations de la pharmacie, auxquelles il est plus sûr de recourir qu’à une terre, qui quelque pure qu’elle paroisse, peut avoir pourtant contracté des qualités nuisibles dans le sein de la terre. (—)