L’Encyclopédie/1re édition/SCILLUNTE

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SCILLUNTE, (Géog. anc.) ville du Péloponnèse, dans la Triphylie. Pausanias écrit Scillus.

Quand, dit-il, l. V. c. vj. on a côtoyé quelque-tems l’Anigrus, & qu’on a passé des sables, où l’on ne trouve que quelques pins sauvages, on voit sur la gauche les ruines de Scillunte. C’étoit une ville de la Triphylie, que les Eléens détruisirent, parce que durant les guerres qu’ils eurent contre les Piséens ; elle s’étoit déclarée ouvertement pour ceux-ci, & les avoit aidés de toutes ses forces. Ensuite les Lacédemoniens la prirent sur les Eléens, & la donnerent à Xénophon, fils de Gryllus, qui alors étoit banni d’Athenes pour avoir servi sous Cyrus, ennemi juré des Athéniens, contre le roi de Perse, qui étoit leur allié : car Cyrus étant à Sardes avoit donné de l’argent à Lysander, fils d’Aristocrite, pour équiper une flotte contre les Athéniens. Par cette raison, ceux-ci exilerent Xénophon, qui durant son séjour à Scillunte consacra un temple & une portion de terre à Diane l’éphésienne.

Les environs de Scillunte, continue Pausanias, sont fort propres pour la chasse. On y trouve des cerfs en quantité. Le pays est arrosé par le fleuve Sélinus. Les Eléens les plus versés dans leur histoire, assuroient que Scillunte avoit été reprise, & que l’on avoit fait un crime à Xénophon de l’avoir acceptée des Lacédémoniens ; mais qu’ayant été absous par le sénat d’Olympie, il eut la permission de se tenir à Scillunte tant qu’il voudroit. En effet, près du temple de Diane on voyoit un tombeau, & sur ce tombeau, une statue de très-beau marbre, & les gens du pays disoient que c’étoit la sépulture de Xénophon.

Plutarque de exilio, remarque que ce fut à Scillunte que Xénophon écrivit son histoire. En allant de Scillunte à Olympie, avant que d’arriver au fleuve Alphée, on trouvoit un rocher fort escarpé & fort haut, qu’on appelloit le mont Typée. (D. J.)