L’Encyclopédie/1re édition/SCROTUM

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SCROTUM, s. m. (Anatom.) On donne ce nom à l’envelope cutanée, qui renferme les testicules. Au dehors, c’est une bourse commune à tous les deux, fermée par la continuation de la peau qui couvre les parties voisines, & pour l’ordinaire très inégale par la quantité de rides ou rugosités qui paroissent dans toute sa surface. Au-dedans elle est charnue, & forme à chaque testicule une bourse musculeuse, appellée dartos.

La portion externe ou cutanée du scrotum, est à-peu-près de la même structure que la peau en général, dont elle est la continuation. Elle est plus fine cependant, & elle est parsemée d’espace en espace de plusieurs petits grains appellés glandes sébacées, & de quantité d’oignons de poils.

Quoiqu’elle ne soit qu’une envelope commune aux testicules, elle est néanmoins distinguée en deux parties latérales par une espece de ligne superficiellement saillante & inégale, qui paroît comme une espece de suture ou couture, & pour cela est appellée en terme grec raphé.

Cette ligne est la continuation de celle qui partage pareillement l’envelope cutanée du pénis, & elle continue tout de suite jusqu’à l’anus, en divisant de la même façon le périnée, c’est-à-dire l’espace qui est entre l’anus & le scrotum, en deux parties latérales. Elle n’est que superficielle, & elle ne paroît pas au dedans de la peau.

La surface interne de la bourse cutanée, est tapissée d’une membrane celluleuse fort mince, au-travers de laquelle les grains glandduleux, & les oignons de poils, paroissent assez distinctement quand on l’examine au dedans ; la rugosité du scrotum est pour l’ordinaire une marque de l’état naturel en santé, & pour lors il ne forme qu’un volume médiocre. Ce volume augmente principalement en longueur, & les rides s’effacent plus ou moins, selon les degrés contre nature & d’indisposition.

On lut à l’académie des Sciences en 1711, une relation écrite de Pondichery sur un homme de Malabar, dont le scrotum étoit si prodigieusement enflé, qu’il pesoit soixante livres ; mais il faut mettre cette relation même au rang des exagérations monstrueuses ; il est vrai cependant que les negres de Guinée sont sujets à des enflures du scrotum assez considérables pour les priver du commerce des femmes, & les empêcher de marcher librement. Dans nos pays cette partie est exposée à l’hidropisie, qui demande l’opération de la paracenthèse.

Au reste, Nicolaus Massa nous a laissé le premier une description très-exacte de la cloison du scrotum, dont quelques modernes ont eu tort de vouloir se faire honneur. « Cette poche, dit l’anatomiste vénitien, est partagée en deux parties par une membrane intermédiaire qui sépare le testicule droit du testicule gauche, ensorte que le scrotum a deux cavités, d’où il arrive quelquefois qu’un des côtés est tendu & gonflé par une affluence d’humeurs, ou par une descente d’intestins, tandis que l’autre côté reste dans son état naturel ». Charles Etienne a décrit depuis assez exactement la cloison du scrotum découverte par Massa, & il lui a donné les noms de scroti septum, seu diaphragma.

Scrotum, maladies du, (Médec.) 1°. La bourse lâche formée par les tégumens communs, suspendue au périnée, aux aînes & à la verge, séparée en deux par une cloison, & recouvrant les testicules, s’appelle scrotum. Il est attaqué de différentes maladies, qui ont leurs noms particuliers.

2°. La blessure du scrotum, l’érésipele, l’inflammation, l’ulcere, l’excoriation, la démangeaison, sont aisées à connoître, & demandent le même traitement que ces maladies en général. Le relâchement des bourses indique un suspensoire.

3°. L’humeur aqueuse qui occupe les tegumens, ou qui s’est amassée dans l’une ou l’autre des cavités du scrotum, ou dans les deux, ou même dans le sac qui est une prolongation du péritoine, se nomme hydrocele. Il faut traiter cette hydropisie en soutenant toute l’étendue du scrotum, sans comprimer le cordon des vaisseaux spermatiques, & en y appliquant les discussifs, ou bien après avoir fait une ouverture à la partie, il convient de tirer l’humeur, pourvu qu’en même tems on en prévienne le retour par les mêmes secours.

4°. Si les autres especes d’hernies du scrotum contiennent de l’air, ou qu’elles soient dans le sac formé par le péritoine, ou dans l’intestin qui est tombé ; on les nomme pneumatocele : il faut faire rentrer ces parties dans le ventre, & les tenir en respect à la faveur d’un bandage.

5°. Les tumeurs du testicule ou du corps pyramidal, variqueuses & charnues, qu’on nomme varicocele, circocele & sarcocele, doivent être traitées selon la méthode générale qui convient à ces sortes de maladies. (D. J.)