L’Encyclopédie/1re édition/VOLAILLE

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VOLAILLE, signifie en général la même chose qu’oiseau, Voyez Oiseau.

Mais en prenant ce mot dans un sens plus particulier, il s’applique à ce que l’on appelle volaille, ou à cette espece de gros oiseaux domestiques ou sauvages que l’on éleve, ou que l’on poursuit à la chasse, pour être servis sur nos tables, comme les coqs d’inde, les oies, les coqs, les poules, & les canards sauvages ou domestiques, les faisans, les perdrix, les pigeons, les bécassines, &c. Voyez Chasse aux oiseaux.

Les oiseaux domestiques ; ou la volaille, est une partie nécessaire du fonds d’une ferme, elle rend de fort bons services, & il revient un profit très-considérable des couvées, des œufs, des plumes, de la fiente ou du fumier, &c.

On peut entretenir les oiseaux domestiques à peu de frais, quand on est situé sur une grande route, à cause que pendant la plus grande partie de l’année ils trouvent le moyen de vivre par eux-mêmes, en se nourrissant d’insectes, de vers, de limaçons, de glanes, ou presque de tout ce qui est mangeable.

Les plus vieilles poules sont toujours les meilleures pour couver, & les plus jeunes pour pondre ; mais si elles sont trop grosses, elles ne sont bonnes ni à l’un ni à l’autre ; l’âge le plus avantageux pour faire couver des poulets à une poule, est depuis deux ans jusqu’à cinq ; & le mois de Février est le mois le plus propre à cet effet ; quoique cela puisse réussir assez bien en quelque tems que ce soit, depuis Février jusqu’à la S. Michel. Un coq peut servir dix poules ; une poule couve vingt jours, au-lieu que les oies, les canards, les coqs d’inde, en couvent trente. Le sarrasin, le froment de France, ou le chénevi, ont la propriété, à ce que l’on dit, de faire pondre les poules plus vîte, qu’en leur donnant toute autre nourriture ; & on les engraisse fort promptement, quand on les nourrit avec du sarrasin entier, moulu, ou en pâte ; quoique la nourriture ordinaire dont on se sert pour cet effet, soit de la farine d’orge ou de la fleur de froment réduite en pâte avec du lait ou de l’eau, & deux fois par jour on leur fourre de cette pâte dans le gosier, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus y en tenir. Il est rare qu’une oie veuille couver d’autres œufs que les siens ; mais une poule en couve indifféremment.

Les oies les plus blanches sont les meilleures & celles qui commencent à pondre plutôt, & il peut arriver qu’elles fassent deux couvées par an ; elles commencent à pondre au printems, & elles font douze ou seize œufs : on commence à engraisser les oisons à l’âge d’un mois, & ils deviennent gras en un mois. Pour les oies qui ont atteint toute leur crue, on les engraisse à l’âge de six mois, pendant le tems de la moisson, ou après la recolte. Quand une oie sauvage a les piés rouges & velus, elle est vieille, mais elle est jeune si elle a les piés blancs & non velus.

Quand une poule, ou quelqu’autre volaille couve des œufs, il est nécessaire d’en marquer le dessus ; & quand elle va manger on doit faire attention si elle a soin de les tourner sans-dessus-dessous ou non, afin que si elle y manque, on le fasse en sa place. Voyez Oeuf, Plume, &c.