L’Encyclopédie/1re édition/VULNÉRAIRE

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VULNÉRAIRE, s. f. (Hist. nai. Bot.) vulneraria, genre de plante à fleur papilionacée. Le pistil sort du calice qui a la forme d’un tuyau renflé ; il devient dans la suite une silique courte qui contient une semence arrondie. Ajoûtez aux caracteres de ce genre que la silique est renfermée dans une vessie membraneuse qui a servi de calice à la fleur. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

La vulnéraire sauvage, vulneraria rustica, I. R. H. 391. est des quatre especes de Tournefort la seule qu’on doit ici décrire.

Sa racine est simple, longue, droite, noirâtre, & d’un goût légumineux ; elle pousse des tiges à la hauteur d’environ un pié, grêles, rondes, un peu rougeâtres & couchées par terre ; ses feuilles sont rangées par paires sur une côte, terminée par une seule feuille ; elles sont semblables à celles du galenga, mais un peu plus moëlleuses, velues en-dessous & tirant sur le blanc, d’un verd jaunâtre en-dessus, d’un goût douçâtre accompagné de quelque âcreté ; celles qui soutiennent les fleurs aux sommités des rameaux sont oblongues & plus larges que les autres.

Les fleurs naissent aux sommets des branches disposées en bouquets, légumineuses, jaunes, soutenues chacune par un calice fait en tuyau renflé, lanugineux, argentin & sans odeur ; lorsque la fleur est passée, ce calice s’enfle davantage, & devient une vessie qui renferme une capsule membraneuse remplie pour l’ordinaire d’une ou de deux petites semences jaunâtres.

Cette plante croît aux lieux montagneux, secs, sablonneux, sur des coteaux exposés au soleil, en terrein maigre, & sur les bords des champs. On la cultive quelquefois dans les jardins, à cause de sa fleur qui donne des variétés & qui paroît en Juin. Sa graine mûrit au mois d’Août. (D. J.)

Vulnéraire plante, (Médec.) les Médecins appellent plantes vulnéraires celles qui guérissent les plaies & les ulceres tant internes qu’externes. Or les plaies sont quelquefois accompagnées d’hémorrhagies, ou bien elles dégénerent en ulceres lorsqu’elles sont vieilles ; ou même il survient des inflammations autour des plaies ; enfin il se fait encore un amas d’humeurs qui venant à s’épaissir dans les vaisseaux forment des obstructions. Toutes ces circonstances sont fort contraires à la guérison des plaies. C’est pourquoi selon que ces plantes peuvent remédier à ces différens obstacles, on les divise en plusieurs classes, & sur-tout en trois principales.

La premiere classe contient les plantes vulnéraires astringentes, lesquelles en fronçant l’extrémité des vaisseaux ou épaississant le sang, arrêtent les hémorrhagies, & procurent une prompte réunion des parties. La seconde classe contient les plantes vulnéraires détersives qui dissolvent la mucosité âcre attachée aux bords des plaies ; & la troisieme classe renferme les plantes vulnéraires résolutives, qui calment l’inflammation des plaies & résolvent les tumeurs en adoucissant l’acrimonie des humeurs, & en relâchant les fibres qui sont en crispation. (D. J.)

Vulnéraires de Suisse, (Mat. médic.) Voyez Faltranck.