L’Homme et la Puce

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Fables, deuxième recueil : livres vii, viiiClaude Barbin et Denys Thierry3 (p. 114-116).

V.

L’Homme & la Puce.


PAr des vœux importuns nous fatiguons les Dieux :
Souvent pour des ſujets meſme indignes des hommes.
Il ſemble que le Ciel ſur tous tant que nous ſommes

Soit obligé d’avoir inceſſamment les yeux,
Et que le plus petit de la race mortelle,
A chaque pas qu’il fait, à chaque bagatelle,
Doive intriguer l’Olympe & tous ſes citoyens,
Comme s’il s’agiſſoit des Grecs & des Troyens.
Un ſot par une puce eut l’épaule morduë.
Dans les plis de ſes draps elle alla ſe loger.
Hercule, ce dit-il, tu devois bien purger
La terre de cette Hydre au Printemps revenuë.
Que fais-tu Jupiter, que du haut de la nuë
Tu n’en perdes la race afin de me venger ?
Pour tuer une puce il vouloit obliger

Ces Dieux à luy preſter leur foudre & leur maſſuë.