L’Indépendance de la Corée et la Paix/La Politique Continentale de l’Empire Japonais

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Bureau d’information coréen
(p. 26-30).

La Politique Continentale de l’Empire Japonais




L’Origine de l’Impérialisme Japonais.

Au Japon, c’est une croyance universelle que la plus haute tâche d’une nation est de chercher à s’étendre par tous les moyens. Peu importe que cet agrandissement se fasse aux dépens des autres ou contre l’idéal moral dès lors qu’il peut s’accomplir. Cette extension elle-même est le plus grand des biens et toute valeur humaine peut y être sacrifiée. L’origine du dogme impérialiste remonte à l’aurore de la vie intellectuelle Japonaise. Déjà, en 200 après Jésus-Christ, l’Empereur Jingo avait essayé d’envahir le Royaume de la Péninsule Coréenne. Cette idée de conquête fut délibérément poursuivie jusqu’à la fin du xive siècle, quand Hideyoshi fit une autre tentative pour conquérir la Corée. Ce furent seulement des désordres intérieurs qui en détournèrent l’attention du peuple Japonais pendant les années suivantes. Mais elle se raviva de nouveau au commencement du xixe siècle, quand Yochida Shoin, le maître le plus respecté des hommes d’État, connus sous la dénomination de Genro (les anciens personnages politiques), qui comprenait des noms tels que : Inouye, Ito, Shinagawa, etc., prêcha l’esprit Japonais moderne avec l’Impérialisme le moins scrupuleux. Il conseilla « l’ouverture du Hokkaido, la prise du Kamtschaka et des îles Kurile ; l’absorption des îles Loochoo, l’occupation partielle de la Mandchurie, Formose, et la mise au point des relations du Japon et de la Corée, avec l’intention de revendiquer la suzeraineté du Japon sur ce royaume et de montrer graduellement une tendance agressive ».


La Conception Japonaise de l’État.

Le Genro vit que cette politique d’extension n’était possible et effective que si le gouvernement était complètement centralisé dans la personne du Mikado. « L’Empereur du Japon », pour emprunter les expressions d’un Japonais M. G.-E. Uyehara, « est le Centre de l’État aussi bien que l’État lui-même. Il est, au regard des Japonais, un titre Suprême dans le Cosmos du Japon, comme Dieu est dans l’Univers, pour les philosophes panthéistes. Tout émane de Lui, en Lui tout subsiste, rien n’existe sur le sol du Japon qui ne dépende de Lui. Il est le seul maître de l’Empire, l’auteur de la loi, l’arbitre de la justice, des privilèges et de l’honneur et le symbole de l’unité de la nation Japonaise ». Cette idée est expressément incorporée dans la Constitution Japonaise dont le troisième article est comme suit : « L’Empereur du Japon est divin et inviolable. »

« Comme cet article, important pour des buts politiques, dans l’esprit officiel Japonais », dit M. W.-W. Mc Laren, « n’existe que sur le papier, l’autocrate constitutionnel, l’Empereur est, en réalité, complètement éclipsé par ses actifs agents exécutifs, le Genro et le Cabinet. La politique de l’Empire est incarnée dans ces deux groupes, qui, pour la consolider en appellent à la loyauté de l’Empereur et au chauvinisme du peuple. Cette politique a été pratiquée si assidûment depuis le milieu du dernier siècle qu’aucune race ne peut être comparée aux Japonais à ce point de vue, excepté les Prussiens. »


La Politique formulée.

Avec la centralisation complète des pouvoirs, le Genro et ses successeurs ont commencé l’exécution du programme Yoshida. Mais ce programme n’est pas suffisant : une nouvelle extension est nécessaire. En conséquence, la guerre avec la Russie étant terminée et son succès inattendu aidant, un nouveau programme fut proposé pour l’extension de l’Empire Japonais. Toute la nation fut encouragée à émigrer à Mexico et dans d’autres contrées de l’Amérique du Sud et des îles de l’Océan, avec des mots de passe politiques tels que : « Yare Mexico ! Yare Nang-Yo ! » ce qui veut dire « En avant vers Mexico, en avant vers le Sud. » Ces idées agressives étaient même lues aux petits écoliers et expliquées tout au long dans les livres de classe de géographie et d’histoire. D’un autre côté, la faiblesse de la Chine étant apparue, le vieil Empire devint, non seulement l’objet de l’agression Japonaise, mais une source de danger pour le prestige Japonais, depuis que la Chine était tombée sous l’influence des Puissances Européennes en leur accordant concessions sur concessions. La « Politique Chinoise » du Japon fut et est encore décrite comme étant « une politique de craintes » du côté Chinois ; mais c’est plus que cela. Le Japon craint que la Chine soit sous la domination des Puissances Européennes et la crainte est assez justifiée. Mais le Japon craint aussi que ses intérêts et sa suprématie dans le vieil Empire soient compromis, et, pour réagir, il nourrit les plus noirs projets. C’est ce que l’on appelle quelquefois « la Politique Continentale du Japon » comprenant le formidable programme Yoshida. Sa politique mondiale peut être résumée comme suit :

a) Extension d’outre-mer. — Pour encourager l’émigration, tout à la fois aux continents Américains et aux îles Océaniques, autant que les circonstances le permettent, de façon à ce que l’idée de pénétration pacifique puisse être réalisée.

En excitant le peuple Indien contre la domination britannique ; l’lndo-Chine Française, Java et Sumatra à la Hollande et les îles Philippines à l’Amérique peuvent être aisément annexées si la moindre occasion se présente ;

b) Le Programme Yoshida. — Comme il est exposé ci-dessus.

c) Le Programme Continental. — Pénétrer dans les sphères occidentales de la Chine de telle sorte que la Chine entière soit réellement sous la domination du Japon en favorisant la dissolution de la République Chinoise et en y créant des partis antagonistes. Pénétrer aussi en Mongolie et imposer un protectorat sur le vaste pays, tout en extorquant autant que possible les avantages économiques de la Sibérie.


La Politique exécutée.

a) L’Extension d’outre-mer. — L’ambition Japonaise à cet égard est essentiellement dirigée contre les Puissances coloniales. Le Japon a courtisé Mexico avec les intentions les plus noires, comme il fit avec la Corée. Il a récolté quelques sympathies parmi les Mexicains dont l’anti-Américanisme et le pro-Japonisme ont provoqué de telles scènes scandaleuses, comme d’insulter ouvertement le « Stars and Stripes », tandis qu’on acclamait le « Soleil Levant » dans la capitale du Mexique. Il est confirmé aussi que le Japon a aidé les Mexicains en leur fournissant des munitions. Mais la doctrine de Monroë qui est constamment ridiculisée et dénoncée dans la presse et les écoles Japonaises et dans les Clubs de Tokio, s’est rendue complètement compte du danger qu’elle courait de l’autre côté du Pacifique. Le Japon a sursis pour un moment, mais il n’a pas abandonné son espoir.

La politique de pénétration pacifique dans le Continent Américain (les États-Unis et les Possessions Anglaises du Canada) est encore un sujet de controverses sans issue. La demande de traitement égal pour toutes races faite par le Japon à la Conférence de la Paix, à Paris, aurait rallié tous les peuples de l’Asie Orientale, si elle contenait quelque parcelle de sincérité, si elle émanait d’un « Prométhée des Peuples Asiatiques », du « Défenseur de la culture de l’Asie Orientale ». Cette demande avait réellement pour but de servir les émigrants Japonais des Continents Américains et du Pacifique du Sud. Mais comme il est clair que cette demande était une émanation de la politique d’outre-mer, aucun des peuples de la même race que les Japonais ne l’accueillerait avec sympathie.

Les Philippines se plaignent que leur mouvement d’Indépendance aurait dû être réalisé depuis longtemps, si le Japon avait abandonné son rêve d’agression contre le Pacifique du Sud. Le peuple Javanais déclare que ce qui importe tout d’abord et ce qui est le plus important pour son Indépendance et autonomie est « d’aider l’élément raisonnable du Japon » à écraser l’Impérialisme Japonais, tandis que le peuple Hollandais s’inquiète de ne pouvoir établir de bonne relation avec ses « Frères Coloniaux » à cause du danger Japonais. Tandis que quelques-uns des pensifs Indiens gardent une attitude critique contre l’aide bénévole Japonaise pour leur aspiration, les Australiens et les Nouveaux-Zélandais durent prendre parti contre l’Allié de leur Mère-Patrie.

Ainsi la politique agressive Japonaise d’extension d’outre-mer n’est pas seulement contre les intérêts vitaux des Puissances du Monde, mais par-dessus tout contre les peuples d’Extrême-Orient puisqu’elle empêche leurs propres aspirations. Le Japon lui-même savait depuis longtemps que l’exécution d’une telle politique ne trouverait pas seulement de grandes difficultés, mais aussi rencontrerait une réprobation universelle.

b) Le Programme Yoshida. — N’ayant pas abandonné l’espoir de l’extension d’outre-mer, le Japon dut se tourner vers une autre direction. Le programme Yoshida avait déjà été partiellement mis à exécution aux dépens des peuples faibles, quand l’idée d’une extension d’outre-mer naquit… Le Japon avait annexé les îles Kuriles dans le Nord, il avait aussi annexé les îles Loochoo, qui étaient d’origine un royaume vassal de la Corée. L’annexion de ces îles n’a pas seulement apporté à l’Empire Japonais une grande quantité de terres et de population, mais elle a étendu l’influence Japonaise dans le Pacifique.

Tandis qu’il était décidé de commencer une politique agressive contre la Corée en 1873, le Japon avait envoyé une expédition punitive contre les tribus du Sud de Formose, qui avaient commis des atrocités sur des marins naufragés. Après la punition, le Japon avait décidé de ne pas retirer ses troupes de Formose et la Chine dut payer une somme considérable pour les dépenses de l’expédition afin d’éviter l’intentionnelle occupation permanente de l’île. Mais après la guerre avec la Chine, le Japon avait cédé l’île sans respect du désir de la population.

c) La Politique Coréenne. — B.-L. Putnam Weale dit, dans son livre intéressant et très impartial « La Lutte pour la République et Chine ». On affirme depuis longtemps que le conflit entre le Japon et la Chine eut son origine en Corée quand cette dernière était un État vassal de Pékin, et que le conflit devait s’arrêter là, puisque l’un des deux protagonistes combattant pour l’Empire, le Japon, fût laissé en prédominance indiscutée. Ce rapport étant incomplet est dangereusement faux. Datant de cette période vitale d’il y a trente ans, quand Yuan Shih-Kai alla pour la première fois à Séoul… (quand la Chine a été forcée de s’occuper à protéger ses intérêts, après l’ « ouverture » de la Corée par le traité Américain de 1882), trois contestants : la Russie, la Chine et le Japon, également intéressés dans l’équilibre de puissance occidentale en Extrême-Orient, étaient constamment les uns contre les autres avec la Corée comme champ de bataille commun. Et le Japon s’en sortit maître de la situation. Mais comment ?

La « Politique Coréenne » du Japon fut peut-être le chef-d’œuvre de l’hypocrisie internationale.

Le Japon a expressément garanti l’Indépendance de la Corée en 1873, en 1885, en 1895, en 1902 et même en 1904, quand il fit le traité d’Alliance Offensive et Défensive avec la Corée, il a expressément « garanti l’intégrité et l’Indépendance » de cette dernière, sans faire aucun rapport détaillé concernant l’Histoire de l’Agression Japonaise contre la Corée, que l’on a brièvement exposé dans ce pamphlet sous le titre « Corée et Japon » (voir page 8) : la signification de la domination Japonaise doit être exposée ici.

Si nous regardons la carte de l’Asie Orientale, la Corée commande la totalité des côtes Orientales de la Chine et forme le terminus oriental du grand chemin de fer Sibérien. Ainsi une puissance militaire et navale comme le Japon peut commander les ports les plus importants de Chine et pénétrer aisément dans le grand Continent à travers la Mandchurie (voyez la carte II). La Corée sert l’Empire Japonais de trois façons : Premièrement, la péninsule est une source de richesse pour le peuple manufacturier Japonais et un nouveau foyer pour les émigrants Japonais. On montre sous le titre « La Corée sous le Japon » (voir page 12) comment le Gouvernement Japonais enrichit les impérialistes Japonais aux dépens des Coréens.

Deuxièmement, on verra que toute la côte du Pacifique de l’Asie Orientale est entourée par la longue chaîne d’îles appartenant à la grande puissance navale… le Japon, depuis les îles Kurile au Nord, à travers Hokkaido, Honsu, Hyushu et les îles de Loochoo et Formose. Ce grand mûr de l’Empire Japonais fait de la mer du Japon, de la mer Jaune et de la mer de Chine « un lac » pour l’Empire Japonais. Aucune puissance sur la terre ne peut maintenir son droit légitime de commerce dans ces Hautes Mers appartenant au monde. En cas de guerre un blocus de la flotte Japonaise, affamerait toute la population du Continent et serait une sérieuse menace pour le commerce du monde. Mais une Corée Indépendante et une Chine forte briseraient l’hégémonie Japonaise dans ces Hautes Mers et par cet équilibre de puissance la prospérité de l’Asie Orientale et le libre commerce du monde peuvent être garantis.

Troisièmement, la Corée est employée comme le point d’appui de l’agression Japonaise contre le grand Continent. C’est seulement à travers la Corée que les impérialistes Japonais peuvent exécuter le rêve de dominer la péninsule Mandchurienne, la Mongolie, le Continent Chinois et les Champs Sibériens. Une Corée indépendante rend la protection de ces « Intérêts Japonais » presque impossible, et la menace Japonaise au commerce, aux intérêts et à la paix du monde serait détruite sans aucun effort pour écraser le militarisme et la puissance navale des Japonais.

a) Programme Continental. — Le Programme Continental est exécuté de deux manières : d’abord, l’élimination graduelle de l’influence Européenne de l’Extrême-Orient ; ensuite, la pénétration pacifique dans le Grand Continent. Le premier but est effectué sous le nom déguisé d’une « Doctrine de Monroë » Asiatique accompagné d’une amère pensée de revanche. Quand le Japon eut annexé la Péninsule Liaotung après la guerre victorieuse contre la Chine, il parut aux puissances Européennes qu’une Mandchurie sous la domination Impérialiste Japonaise serait une menace éminente pour le commerce mondial comme cela est maintenant. En conséquence, la Russie, l’Allemagne et la France ont conseillé au Japon de s’abstenir d’annexer. Ce trait fut et est encore considéré au Japon non seulement comme une insulte à la nation Japonaise, mais aussi comme la plus grande obstruction au prestige Japonais. Comme revanche, la Russie fut chassée de la Péninsule Liaotung que le Japon a réellement annexée de nouveau. Le Japon ne l’a pas oublié, il a encore chassé l’Allemagne de toute la Péninsule du Shantung. Il est très clair que la France sera la prochaine puissance dont les possessions de l’Asie Orientale tomberont entre les griffes Japonaises à la première petite opportunité. De même, à quelque moment favorable, le Weu-Hai-Wei Britannique, Shanghai, Hongkong, et très probablement la Péninsule Malayan, l’Inde et l’Australie seront les victimes de l’Impérialisme Japonais. Ces faits montrent alors tout à fait clairement combien l’Impérialisme Japonais est dangereux pour les principales puissances du monde. Elles admettent ces dangers, mais elles ne semblent pas conscientes de leur réelle signification.

Après la guerre avec la Russie, les deux grandes Péninsules de Corée et du Liaotung tombèrent entre les mains des impérialistes Japonais. En partant de ces bases, le Japon a maintenant pénétré dans la Sibérie Orientale, dans la Mongolie intérieure de l’Est et dans le cœur de la Chine. Prenant l’opportunité des troubles bolcheviks en Russie, le Japon a occupé la Sibérie Orientale atteignant jusqu’au Baikal. Le Japon prend à présent des mesures pour capter des avantages économiques dans les champs riches de la Sibérie, fomentant le démembrement de la Russie par des propagandes dirigées par le gouvernement de Tokio. Mais chaque activité des Japonais nous porte à croire que le but du Japon est de forcer le faible gouvernement Mongolien à accepter le Protectorat Japonais. Rien ne peut mieux montrer l’intention Japonaise sur le Continent que les fameuses « 22 demandes » exigées de la Chine, tandis que les autres puissances sont engagées dans la guerre du monde.

C’est peut-être à peine nécessaire d’en établir les termes ici encore, car ils sont bien connus. Le premier des cinq groupes est l’annexion pure et simple du Shantung et le second traite des intérêts Japonais en Mandchurie et Mongolie, tels que la prolongation du bail de Port-Arthur et de Dalny avec les chemins de fer Mandchuriens pour quatre-vingt-dix-neuf ans, la liberté complète et les privilèges des émigrants Japonais dans toute la Mandchurie et la Mongolie, l’exclusion complète des intérêts d’une puissance tierce quelconque dans ces terres et l’emploi obligatoire des conseillers Japonais, politiques, financiers et militaires. Le troisième groupe traite de la Compagnie Hanyeping avant pour but « le plan de conquête de la richesse minérale de « Yangtze Valley », comme Mr. Putnam Weale l’observe justement. « Ces richesses sont principalement autour de Yankow, grâce aux vastes plaines alluviales des parties en contre-bas de cette immense rivière, qui jadis formaient le sol de la mer Jaune. Celles-ci sont les provinces supérieures de Hupeh-Hunan, Kiansi, étant les régions des forêts préhistoriques couvrant les côtes, qui jadis domptaient la lente retraite des eaux et qui contiennent aujourd’hui tout le charbon et le fer. Les gens croient que cette vallée est une sphère britannique. Mais les Japonais ont été les premiers à oser dire que l’idée générale préconçue était stupide. Ils savent naturellement que ce fut une force britannique qui envahit la Vallée de Yangtze, il y a soixante-quinze ans et imposa la signature du traité de Nankin, qui ouvrit primitivement la Chine au commerce mondial. Mais ils ne sont en aucune façon impressionnés par les droits que cette action accordait, parce que les ressources minérales de cette région sont considérées inestimables à leurs yeux et doivent être gagnées de quelque façon. L’étude de ces vingt années d’histoire prouve que cette supposition est correcte. » Le quatrième groupe est l’expression de « la Politique de crainte », qui porte une atteinte sérieuse à la souveraineté Chinoise. Le cinquième montre l’intention Japonaise d’une pénétration pacifique en Chine qui fait de l’indépendance de la République Chinoise un mot dénué de sens, la Chine étant en réalité sous l’influence de l’Empire Japonais. Les conseillers Japonais politiques, financiers et militaires devraient simplement être employés comme dans le cas de la Corée avant l’annexion ; la Chine devrait employer la police Japonaise d’un bout à l’autre du pays comme en Corée avant l’annexion ; la Chine devrait acheter des munitions au Japon seulement et les chemins de fer devraient être bâtis par les seuls Japonais. Ces termes ne satisfont encore pas la cupidité des impérialistes Japonais ; la Chine ne devrait pas exercer sa souveraineté dans la province de Fukien sans le consentement du Japon. Afin d’espionner partout le pays et les habitants, le Japon a aussi demandé le droit de propagande missionnaire en Chine, malgré que tout le monde sache que la religion Japonaise est le Bouddhisme qui fut introduit au Japon par la Chine.


La Doctrine de Monroë Asiatique

Quel est l’objet définitif de cette agression ? Aux yeux Japonais, ainsi qu’il est noté ailleurs, l’extension nationale aux dépens des autres est la plus grande chose de l’humanité. L’agression Japonaise n’a pas d’autre but que celui de conquête pour l’intérêt seul des Japonais et du Japon. Mais le Japon ne perd aucune opportunité pour proclamer hautement la « Doctrine de Monroë » Asiatique, ainsi dénommée. Le Japon fait l’élimination des influences Européennes de l’Asie Orientale pour protéger cette doctrine. Mais l’hypocrisie superficielle peut être vue aisément si nous nous rappelons que, après « l’expulsion » de deux des puissances Européennes, les places conquises ont été immédiatement annexées à l’Empire Japonais deux fois plus formidable. D’autre part, l’esprit de cette politique indique le contraire de la doctrine. Le fait suivant peut renseigner tout à fait clairement sur son intention. Quand la Russie obtint d’affermer Port-Arthur à la Chine, il fut stipulé (article 5) : « Port-Arthur sera un port naval pour l’usage unique des hommes de guerre Russes et Chinois », autrement dit, ce fut un droit d’ancrage auquel la Chine avait autant de droit que la Russie. Quand cette affaire fut portée aux négociations Sino-Japonaises après la guerre avec la Russie, les plénipotentiaires Japonais s’offensèrent immédiatement de cet accord et déclarèrent que c’était dans les annales de l’histoire que, pendant la période du bail Russe, deux croiseurs Chinois ayant essayé de pénétrer dans les docks, les Russes avaient dénié le droit, et en conséquence le droit était déchu.

Heureusement la Chine était en position de prouver par les livres de bord des deux croiseurs en question, que les autorités du port Russe avaient signalé à cette occasion « Docks occupés ; pas de logement » ; et les négociateurs Japonais, finalement convaincus que le point était contre eux, agirent d’une manière qui répand une lumière intéressante sur leur profession d’amitié pour une « Parenté de race asiatique ». On ordonna aux autorités navales de dépouiller entièrement les docks de Port-Arthur de façon à ce qu’on ne puisse plus établir de chantiers de construction, et Port-Arthur qui avait abrité une flotte Russe plus formidable que la marine Japonaise en 1904, devint un abandonné et fut classé comme une station navale de deuxième classe pour en écarter les Chinois. Ce sont les faits qui se sont passés sur place en Extrême-Orient… ce sont les politiques étrangères du Japon démasquées. Ces faits, tels qu’ils sont, indiquent que la politique du Japon ne tend pas à faire une « Asie pour les Asiatiques », mais une Asie pour les Japonais eux-mêmes.


L’Empire Japonais et la Paix du Monde.

C’est maintenant tout à fait évident que l’existence de l’Empire Japonais seule est une grande menace à la Paix du monde puisque des politiques telles que celles du Japon Impérialiste sont certainement contre les existences des nations faibles et les intérêts vitaux des grandes puissances du monde. Imaginez un Japon Impérialiste dirigeant le Continent inépuisablement riche de l’Asie Orientale avec les formidables armée et marine qui, dans leur enfance, ont vaincu l’Impérialisme de Russie alors des plus formidables. On est en mesure de prévoir ce péril Japonais, abandonnant de soi-même le « péril jaune » imaginaire. Il semble que ce soit la distance qui pousse le public Européen et Américain à négliger de réaliser la pleine signification de ce danger. Mais avec les moyens actuels de communications, telles que les chemins de fer, bateaux et dirigeables, la distance a perdu son propre sens d’être une barrière pour l’invasion d’une partie du monde par une autre partie. Déjà le Hochi, l’organe du marquis Okuma, qui est l’homme d’État le plus populaire au Japon et dont les opinions politiques sont considérées comme étant au moins demi-officielles, prévoit un grand avenir à l’Empire Japonais. « Cet âge dans lequel l’Alliance Anglo-Japonaise était le pivot, et la coopération Américo-Japonaise un trait essentiel de la diplomatie Japonaise, n’est plus. Dans le futur nous ne devons pas nous tourner vers l’est pour l’amitié, mais vers l’ouest. Laissez renverser le Bolchevisme de Russie et établir une puissance par des éléments plus pacifiques. En eux, le Japon trouvera un allié fort. En marchant alors vers l’ouest, vers les Balkans, vers l’Allemagne, vers la France et vers l’Italie, la plus grande partie du monde veut être amenée sous notre prépondérance. La tyrannie des Anglo-Saxons à la Conférence de la Paix est telle qu’elle a fâché tout à la fois les dieux et les hommes. Quelques-uns peuvent peut-être les suivre en considération de leurs intérêts mesquins, mais les choses s’établiront à la fin ainsi qu’on vient de l’indiquer. » (Cité du récit de « Literary Digest », sous le titre « Anti-Américanisme au Japon », 5 juin 1919.) Ceci est le compte rendu évident de ce que sont les rêves du peuple Japonais encouragé par les instructions de ses hommes d’État, écrivains et professeurs. Cette ambition est essentiellement l’imitation du récent Prussianisme en Europe, qui a été arraché au peuple Allemand par les plus grands sacrifices que le monde ait jamais vus. Mais le Prussianisme est la plaie d’une nation militaire et, comme toutes les plaies, il atteint les autres dans des conditions similaires. Il affecta le peuple Japonais et il prit racine dans l’esprit Japonais. Il est nourri par la richesse inépuisable des terres de l’est en développement. Il est déjà profondément planté dans les sols fertiles, et le peuple devra sacrifier pour l’arracher bien plus qu’il n’a été fait depuis quatre ans. Mais il n’est jamais trop tard pour corriger un malheur qui croît et met en danger l’humanité. Obsta principilis !



CARTE II
CARTE DE L’EXTRÊME-ORIENT
INDIQUANT L’EXPANSION IMPÉRIALISTE JAPONAISE