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L’Indépendance de la Corée et la Paix/Les Atrocités Japonaises en Corée

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Bureau d’information coréen
(p. 21-25).

Les Atrocités Japonaises en Corée




Le mouvement actuel en Corée pour l’indépendance fut, dès son début, simplement une démonstration pacifique et une résistance passive unanime. Les leaders aussi bien que les partisans furent liés par le serment solennel de ne commettre aucune violence quoiqu’il arrivait et de ne pas offrir de résistance en cas d’arrestation. Cette décision fut observée fidèlement même dans les circonstances les plus effrayantes, à l’exception de quelques cas où les Coréens furent si brutalement traités, et massacrés sans pitié qu’ils furent incités à rendre violence pour violence. Mais le Japon, quoique la plupart de ses principaux hommes d’État (depuis le Premier jusqu’aux simples fonctionnaires qui gouvernent la Corée et aussi quelques uns de ses parlementaires et intellectuels, avec sa presse libérale) admettent que la Corée a été injustement gouvernée, a répondu aux démonstrations pacifiques par un militarisme implacable et des brutalités barbares qui ne trouvent nulle part aucun équivalent. Afin de réprimer par la force les Coréens sans armes, il avait envoyé deux divisions, et six bataillons en plus et 400 gendarmes en Corée pour renforcer la garnison existante déjà formidable, qui comptait quatre divisions en dehors de forces importantes de gendarmerie, de police et de détectives.


Résistance pacifique. — Une dépêche reçue par la Délégation Coréenne à Paris, le 10 avril courant, dit : « Depuis le 1er mars, des démonstrations actives du mouvement pour l’Indépendance ont été très bien conduites par toute la Corée. Les Représentants préfèrent une révolution passive, avec des démonstrations pacifiques, des cours publics et des distributions de manifestes. Les jeunes filles sont les plus agissantes. Des grèves ont éclaté chez les ennemis (Japonais) dans les manufactures, les magasins, etc. Nos églises, nos écoles et nos boutiques sont fermées partout. 32.000 hommes et femmes sont en prison. Environ 100.000 ont été tués et blessés entre autres des vieillards, des jeunes filles et des enfants. Le trafic intérieur et les communication sont coupés. De terribles outrages sont commis par les Japonais. Des missionnaires envoient ces vérités au monde. »


Politique de répression par brutalités et massacres. — Une autre dépêche, reçue le 11 avril courant énumère les atrocités Japonaises : « Le Japon a commencé de massacrer en Corée. Le 28 mars : plus de 1.000 personnes sans armes furent tuées pendant une démonstration de trois heures faite à Séoul. Les gens sont battus, fusillés, passés au fil de la baïonnette et pendus (avec des crochets de fer) sans merci ; et cela progresse d’un bout à l’autre de la Corée. Les églises, les écoles et les demeures des leaders ont été détruites. Les femmes sont dépouillées, mises à nu, traînées dans les rues et battues devant la foule, spécialement les membres des familles des leaders. Les emprisonnés sont torturés. On interdit aux médecins de soigner les blessés. Nous demandons l’aide urgente de la Croix-Rouge étrangère. Nous avons décidé de lutter pour la liberté jusqu’à ce que le dernier Coréen tombe. Nous sollicitons aide au nom de Dieu. »


Témoin oculaire. — Le Literary Digest, du 1er mai courant, dans un article intitulé « Davantage de lumière sur la Corée », contient beaucoup de faits sans valeur. Entre autres choses, il dit :

« … Le Japon, cependant, d’après la lettre d’un résident Anglais à Séoul, imprimée dans le « Japan Advertiser », un organe anglais publié à Tokio, est affronté par la demande d’une nation unie qui, riches et pauvres comme instruits et ignorants, ne demande rien autre que son indépendance nationale. Dans aucun autre coin de la terre, la liberté n’est refusée et aucun peuple n’est opprimé comme celui de la Corée aujourd’hui. Les Coréens disent qu’il vaut mieux mourir pour la cause de la Liberté que de vivre dans la servitude.

« Le résident Anglais fait ce portrait du Coréen et conteste l’autorité militaire Japonaise, que même la population civile du Japon réprouve :

« En vertu de la loi militaire sous laquelle gémit la Corée entière, le Coréen doit être aveugle, sourd, muet, sans défense.

« Aveugle, il lui est défendu de lire des journaux du Japon non censurés ; sourd, il ne doit pas écouter les histoires de la récente résurrection de la Pologne ; muet, il ne doit pas exprimer ses propres aspirations ; sans défense, la nation demeure impuissante devant la garnison des soldats qui la possèdent. Aucun Coréen ne peut quitter son territoire, même pour aller au Japon ; sa correspondance est censurée dans les courriers, sa personne est fouillée sur les trains et dans les rues. J’ai vu moi-même un passant quelconque maintenu et fouillé par des gendarmes dans les rues principales de Séoul.

« Quoi d’étonnant à ce que le peuple Coréen organise résolument la résistance, c’est sa politique… Il n’y eut ni agressions, ni jet de pierres (sauf quand quelques tramways furent endommagés), ni tentatives incendiaires… Mais ici même, dans la capitale, sous les yeux des observateurs étrangers les soldats du 78e régiment essayèrent de réprimer les démonstrations par la force et les armes.

« Samedi dernier, par exemple, nous vîmes une procession, de peut-être 300 personnes, dans la partie ouest de Séoul, chargée à la course par une compagnie de soldats, baïonnette au canon, et les fuyards furent ainsi poursuivis à travers les jardins privés des résidents de Grande-Bretagne et d’Amérique et poignardés… Je vis un homme étendu, sans connaissance, la tête broyée à coups de crosse et ses habits éclaboussés de sang. À la nuit les gendarmes vont à travers les rues déchargeant leurs révolvers pour effrayer les habitants, tandis que des visites domiciliaires sont opérées par centaines.

« S’il en est ainsi dans la capitale, c’est bien pire dans les districts de la campagne, et quelques étrangers ont été témoins de scènes déchirantes. D’autres provocations à Séoul et ailleurs sont le fait des civils Japonais qui s’arment de massues et de crochets de fer et se précipitent sur les manifestants.

« Trois points principaux peuvent être facilement établis dans la situation présente :

« 1o Que l’on ait recours à quelque remède autre que la répression par la force brutale, car les méthodes allemandes ne sont plus de saison ;

« 2o Que les faux rapports insinuant que les Coréens étaient un peuple dégradé et décadent, cessent. En donnant aux Coréens des facilités égales, ils sont capables de produire un personnel administratif équivalent à celui des Japonais ;

« 3o Qu’il faille combattre la conviction trop répandue que l’influence Américaine est à la base de cette agitation Coréenne, car elle n’est pas fondée… Déjà trois sujets britanniques ont été emprisonnés à tort, et un d’entre eux fut sévèrement rossé par une populace Japonaise de civils et de gendarmes… »


Témoignages de missionnaires. — Le même article cite une autre lettre d’un missionnaire de Corée, le révérend Paul-B. Jenkins, lettre apportée en Chine par un courrier spécial pour la soustraire à la censure Japonaise et envoyée par la poste Américaine au « Literary Digest ». Après le récit des manifestations, le Dr Jenkins ajoute :

« … Les Chrétiens étant ici en majorité, dimanche fut particulièrement tranquille, quoique aucun service ne fut autorisé. Une foule de fidèles s’était réunie, chantant et acclamant. La police et les soldats vinrent à la charge, mais elle ne se dispersait que pour se réunir ailleurs. Elle poussait des cris sauvages quand un des siens tombait aux mains de la police. Mais elle ne faisait d’autre résistance que de prier à genoux, et les pauvres policiers ne savaient que faire. »

« … Des Coréens n’ont aucune sorte d’armes, mais les soldats font feu sur eux, jettent à terre les passants et prennent les jeunes filles par les cheveux, les vieillards des deux sexes sont battus jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus marcher.

« … Deux des dames du « Methodist Episcopal » (Américain) furent frappées dans le dos avec la crosse d’un fusil. Une de nos dames (Américaine) fut envoyée rouler sur la chaussée.

« Un Japonais, non chrétien, qui fut témoin de ces atrocités déclara qu’il protesterait devant les autorités, et un chrétien Japonais dit « J’en suis si malade que je peux à peine me soutenir. » Et un autre : Ils traitent les Chrétiens Coréens comme les Turcs, les Arméniens !… De petits villages éloignés viennent des histoires épouvantables. Plusieurs églises de campagne ne sont plus que ruines, les fenêtres, les lampes, les cloches et les accessoires de communion brisés, les bibles et les livres d’hymnes brûlés. Tous les chrétiens qu’on découvre sont torturés comme seuls les Huns et les Japonais peuvent le faire. Dehors dans quelques endroits de la campagne il semble que tous les efforts tendent à supprimer la Chrétienté du Nord.


Courage indompté des coréens. — Il arrive récemment de l’Extrême-Orient des histoires terrifiantes. À Wei-Ju, Corée du nord, une compagnie de soldats Japonais se tint prête baïonnette au canon pour charger la foule des manifestants. Les Coréens enlevèrent immédiatement leurs vêtements, ouvrirent leurs chemises et offrirent leurs poitrines aux poignards. Le courage manqua aux soldats et leur capitaine s’excusa disant qu’ils accomplissaient ces brutalités par ordre supérieur.


Outrages récents. — Un des exemples les plus frappants des cruautés les plus barbares est apporté par un télégramme daté de Shanghaï, 37 mai (retardé dans la transmission) et reçu par la Délégation Coréenne le 23 juin courant : « La terreur règne à l’intérieur. Les actes barbares deviennent de plus en plus atroces et inexprimables Le 15 avril à Chaiammi, village du District de Suwon (35 kilomètres de Séoul), trente-neuf maisons furent cernées par les soldats Japonais en armes et incendiées. (Voir phot. VII.) Tous ceux qui essayèrent d’échapper au feu furent fusillés ou passés à la baïonnette. Les bâtiments sont détruits de fond en comble, une église fut brûlée avec cinquante Chrétiens. Quarante-deux maisons à Suchon et vingt-cinq à Whasuri, district de Suwan, furent détruites de la même manière. Il n’en reste que des briques et des cendres. Des étrangers témoins de ces scènes ont pris des photographies. Le 28 avril, au village Kinhuri, Kwaksan, Corée du nord, quarante maisons furent envahies par les soldats Japonais à minuit. Tous les habitants, hommes et femmes, furent réunis dans la rue, mis à nu et passés au fil de la baïonnette jusqu’à ce que la mort s’en suivit. Cinq jeunes filles subirent les derniers outrages. »

Une autre dépêche reçue le 30 juin courant dit : les Japonais continuent à employer les méthodes barbares. Des hommes sont torturés jusqu’à la mort, et les jeunes filles prisonnières sont atrocement violées. Dans la plupart des cas leurs poitrines sont marquées au fer.


L’investigation d’un touriste. — Dans le « Philadelphia public Ledger » du 7 juin dernier, M. Henry Wiederhold, un banquier éminent et clubman d’Atlantic City, U. S. A., qui maintenant excursionne en Extrême-Orient et a fait une enquête personnelle sur quelques-unes des atrocités ci-dessus rapportées écrit :

« Il y a trois jours des gendarmes Japonais entourèrent l’hôpital (Severance memorial Hospital, de la Mission Presbytérienne) et y entrèrent, vérifiant les noms des infirmières et les soumettant à toutes sortes d’indignes pratiques. Quand ils ordonnèrent à Miss Esteb, un exemple des plus accomplis du sacrifice de soi-même qu’offre la femme Américaine, l’ordre d’ouvrir son bureau, elle se retrancha derrière sa qualité de citoyenne Américaine. Ces chiens dégénérés se précipitèrent alors dans la pièce où se trouvaient les pauvres Coréens mortellement blessés et les arrêtèrent, leur ordonnant de se tenir prêts à être emmenés en prison… Quoique les médecins dirent que c’était pour eux la mort certaine, trois des malades furent emportés sur une charrette. »


Investigations par les Consuls Américain et Britannique. — « Le Consul Américain à Séoul, M. Raymond-S. Curtis, avait au commencement de la semaine examiné des rapports sur des villages du Nord, brûlés par les Japonais, et sur les innombrables personnes tuées ; il avait constaté que les rapports n’étaient que trop vrais. Il certifia que les gendarmes arrivés le matin, dirent aux habitants de venir à la petite église… Il y avait onze chrétiens et vingt-sept autres. Dès qu’ils furent tous à l’intérieur, les gendarmes fermèrent les portes et commencèrent à faire feu sur eux à travers les fenêtres et ils mirent ensuite le feu au bâtiment. M. Curtis trouva les corps à demi-carbonisés près de l’entrée. Il dit plus tard au docteur (du Severance Hôpital), qu’en allant à cinq autres villages il trouva que, partout où des Chrétiens avaient vécu, la torche était passée, et que quand les malheureux essayaient de fuir, ils étaient passés à la baïonnette ou fusillés. M. Curtis a fait un rapport complet à Washington et attend des instructions.

« Je trouvai l’Y. M. C. A. Coréen, le bâtiment donné par John Wanamaker, mais je m’aperçus que les portes en étaient fermées et j’appris que les Coréens craignaient de les garder ouvertes à cause des Japonais. Dans la soirée je rencontrai notre Consul, M. Curtis. Il se sentait si mal après tout ce qu’il avait vu qu’il était trop énervé pour en parler avec détails, des photographies ont été prises des villages en ruines. (Voir Phot. VI et IX.)

« Pendant que notre train s’arrêtait à Sven Chun, nous remarquâmes un groupe d’au moins 25 ou 30 Coréens étroitement gardés, qu’on emmenait à quelque prison, et un missionnaire qui prit notre train me dit que c’étaient encore là des victimes des persécutions Japonaises. Avec des larmes dans les yeux, il ajouta que deux d’entre eux avaient reçu des grades dans les collèges d’Amérique. »

Le « Philadelphia Inquirer » du 8 juin publia cette dépêche spéciale du Correspondant de l’ « Associated Press » à Tokio du 7 juin :

« Trente-cinq Coréens furent fusillés ou tués à coups d’épées ou de baïonnettes par les soldats Japonais dans une église chrétienne à Cheam-Mi, à quarante miles de Séoul en connexion avec le mouvement d’Indépendance Coréen.

« Ceci a été confirmé par une enquête que les agents des Consulats Britannique et Américain et les leaders missionnaires ont faite en Corée. Ces faits sont reconnus par les autorités Japonaises à Séoul, y compris le gouverneur général Hasegawa…

« Des détails sur le massacre de Cheam-Mi, furent recueillis par le correspondant de l’ « Associated Press » qui visita les lieux en compagnie de Raymond-S. Curtis le Vice-Consul Américain à Séoul, et de M. Underwood, un missionnaire Américain. Par la suite le correspondant renouvela sa visite avec M. Royce, le consul Britannique…

« Décrivant sa visite à Cheam-Mi, le correspondant de Séoul écrit que, lorsqu’ils demandèrent aux habitants des villages environnants pourquoi tel hameau avait été brûlé, on leur répondit que c’était parce qu’il y avait une église chrétienne et des indigènes chrétiens. Lorsque nous atteignîmes l’endroit qui fut un village d’environ quarante maisons, nous en trouvâmes quatre ou cinq debout, tout le reste était ruines fumantes. » (Voir phot. VIII.) Il continua : « Nous trouvâmes un corps horriblement brûlé et tordu dans les environs, et un autre, soit d’un jeune homme, soit d’une femme, juste en dehors des dépendances de l’église. Plusieurs groupes de gens avaient été jetés pâle-mêle sous un petit abri de paille sur le versant de la colline avec les objets qui leur appartenaient pitoyablement assemblés autour d’eux. C’étaient pour la plupart des vieilles femmes avec leurs objets familiers ou des jeunes mères avec leurs bébés… La veille de notre arrivée des soldats vinrent au village et donnèrent l’ordre à tous les hommes chrétiens de se réunir à l’église. Quand ils furent au nombre de trente environ, les soldats ouvrirent le feu sur eux et ensuite, entrant dans l’église, les achevèrent à coups d’épées et de baïonnettes. Après quoi ils mirent le feu à l’église et aux maisons… »

« Le groupe des voyageurs ayant à sa tête le consul Britannique visita ensuite Soochun et trouva le village brûlé. Les Coréens dirent aux visiteurs qu’ils avaient été éveillés dans la nuit par le feu mis à leurs maisons, quand ils s’enfuirent ils furent poursuivis, l’épée et la baïonnette aux reins ou fusillés. Cinq autres villages des environs furent l’objet de mêmes massacres.


Les crimes japonais dans le nord de la Corée. — Le révérend Stacy L. Roberts, un missionnaire presbytérien Américain vivant à Pyen-Yang a, dans un rapport, certifié que plus de cent Coréens avaient été fusillés ou battus à mort à Tyung-Ju et qu’une église y fut incendiée par les Japonais. Dans un autre village, 8.000 miles plus loin, une autre église chrétienne et une académie pour garçons furent brûlées.

Les lignes suivantes sont extraites d’un rapport signé par un missionnaire Américain vivant en Corée :

« La visite des femmes… est des plus humiliante et déshonorante… Les Japonais… mettent les femmes Coréennes à la question, ceci, remarquez-le bien, avant qu’elles ne soient condamnées. Elles sont mises absolument nues, non dans la pièce où l’on doit les questionner, mais dans celle où elles sont détenues, et cela par des gendarmes. De là elles doivent passer à travers une cour ouverte où elles peuvent être vues par n’importe qui. Elles sont traduites devant des hommes naturellement, pour être soumises à l’examen le plus dégradant qui soit au monde. Les jeunes filles célibataires aussi bien que les femmes de la Bible (femmes qui prêchent dans les familles et vendent des Bibles) ayant vécu dans des milieux raffinés, avec tous les égards dus à leur sexe ont été ainsi outrageusement traitées. On les appelait mauvaises femmes dans les termes les plus révoltants, simplement pour avoir crié dans la rue : Hourrah pour la Corée !

« À quelques femmes qui essayèrent de se couvrir de leurs mains on les leur attacha dans le dos. Une quêteuse eut le bras arraché de la sorte. Quelques jeunes filles après l’odieux examen reçurent l’ordre de se mettre à quatre pattes et défaire ainsi le tour de la pièce, en se figurant qu’elles marchaient sur des miroirs et en se disant qu’elles avaient l’air très jolies !

Mais ceci n’est pas tout, quelques-unes furent frappées à coups de pieds dans l’estomac et traitées férocement par ces êtres diaboliques ; elles furent traitées connue on eût fait de vaches, puis empalées.

« Dans quelques secteurs de la campagne les femmes ne sont pas en sûreté dans leurs maisons pendant le jour. Elles passent leur temps sur les collines et rentrent chez elles seulement vers la nuit. »


Témoignages individuels. — Un autre étranger donne cet échantillon suivant de ce qu’il a vu personnellement des brutalités Japonaises :

1o Les petits garçons cruellement frappés et battus par les soldats ;

2o Les soldats s’arrêtent et délibérément font feu sur une foule où il n’y a que des jeunes filles et des femmes qui crient simplement « Vive la Corée » ;

3o Un petit garçon de 10 ans fusillé dans le dos ;

4o Un vieil homme de 65 ans broyé, frappé à coups de pied, battu par plusieurs soldats Japonais ;

5o Une vingtaine environ d’écolières qui marchaient tranquillement sur la voie publique, sans même crier, furent chassées par des soldats, frappées à coups de crosses, renversées et traitées si honteusement que cela vous met le sang en ébullition ;

6o Des pompiers Japonais pourchassant des garçons et des filles avec des crochets de fer, essayant de les attraper et de les bousculer ;

7o Un Coréen conduit à l’hôpital, et frappé de paralysie avec la tête écrasée par un de ces crochets ;

8o Un homme mourant fusillé dans le dos ;

9o Cent hommes avec des habits déchirés et sanglants liés ensemble avec des cordes, traînés à la prison ;

10o Deux Coréens si mal accommodés qu’ils ne pouvaient marcher, liés ensemble sur un chariot sans ressort et conduits à la prison ;

11o Des spectateurs, n’étant pour rien dans la démonstration, attaqués et frappés par des soldats ;

12o Un missionnaire Américain arrêté pendant qu’il était dans sa propre cour à regarder, mais sans plus ;

13o Des femmes renversées par des fusils et poussées à coups de pied dans un fossé.


Nouvelles apportées par un courrier venant d’Extrême-Orient. — Un autre voyageur venu de l’Extrême-Orient en apporte des récits supplémentaires d’horreurs trop épouvantables et trop nombreuses pour pouvoir les mentionner. Il confirme le rapport selon lequel une jeune fille avait eu les mains coupées : Elle criait : Vive la Corée ! avec un manifeste dans la main droite, quand un soldat trancha cette main d’un coup d’épée. La jeune fille ayant ramassé le manifeste de la main gauche et ayant continué de crier, le soldat frappa encore et trancha cette main gauche comme il avait fait de la droite.

À Chul-San, Corée du Nord, les deux mains d’un garçon de 11 ans furent coupées de la même manière, mais le garçon s’obstinant à crier : Vive la Corée ! plus fort que jamais, en sautillant, il fut frappé et mourut instantanément.

À Taiku, Corée du Sud, un jeune garçon fut passé au fil de la baïonnette et exhibé à travers la ville aux regards du peuple.

Tortures. — Les prisonniers sont torturés de la même façon et encore plus sévèrement que pendant le « Cas de Conspiration » de 1911-1913.

Les hommes sont frappés sur la tête de telle façon qu’ils sortent de prison à l’état d’épave mentale. On emploie des machines électriques pour comprimer le corps du prisonnier jusqu’à ce qu’il soit incapable de respirer, et que, finalement, il succombe. Quelques accusés sont revêtus de vestes de cuir, sur lesquelles on verse de l’eau si bien que le cuir en séchant se rétrécit et occasionne une souffrance inimaginable à ceux qui les portent. Des personnes sont suspendues par les pouces pendant des heures. Dans la plupart des cas on les force à se tenir demi-debout, demi-assises, pendant huit à dix heures consécutives.

Les hommes aussi bien que les femmes sont mis complètement à nu et roués sur des planches garnies de clous, les pointes en l’air.

Un Chrétien Japonais remarque que beaucoup des gens arrêtés sont relâchés parce qu’ils sont déclarés « innocents » mais que ces « innocents » sont obligés de rester à l’hôpital pendant des mois pour retrouver en partie leur santé.


Exposé japonais. — Dans un article du Times de Londres du 14 juillet 1919, sous le titre « Mécontentement Japonais », le correspondant cite un rapport du vicomte Kato (le leader du parti constitutionnel au Japon).

« En Corée il fut absolument nécessaire de mettre en jugement et de punir avec rigueur les officiers qui commirent les prétendus outrages et les fonctionnaires qui les tolérèrent. Ces outrages furent généralement exposés dans la presse étrangère. Ceci pour montrer au monde que les mains du gouvernement étaient nettes.



CONCLUSION


Telle est la conduite d’une puissance qui accuse la Conférence de la Paix de son extrême injustice et dénonce ouvertement les principes démocratiques du monde comme étant une dérision et une hypocrisie parce qu’on déniait son droit à l’égalité des races. Telle est la méthode de l’arrogant Japon impérialiste pour essayer d’imposer sa volonté aux pacifiques Coréens. Combien de temps le monde civilisé tolérera-t-il cet état de choses ?



PHOTOGRAPHIE IV
LE BARRAGE JAPONAIS À L’ENTRÉE DU PARC DE LA PAGODE À SÉOUL POUR EMPÊCHER LA MANIFESTATION PACIFIQUE


PHOTOGRAPHIE V
LE CORPS D’UN MANIFESTANT CORÉEN PASSÉ AU FIL DE LA BAÏONNETTE PAR LES JAPONAIS


PHOTOGRAPHIE VI
UNE MAISON CORÉENNE BRÛLÉE PAR LES JAPONAIS


PHOTOGRAPHIE VII
LES HABITANTS DU VILLAGE CHAIAM-MI BRÛLÉ PAR LES JAPONAIS


PHOTOGRAPHIE VIII
UN TÉMOIN AMÉRICAIN EXAMINE LES RUINES DU VILLAGE BRÛLÉ


PHOTOGRAPHIE IX
UN CORRESPONDANT DE L’ « ASSOCIATED PRESS » CAUSE AVEC UN POLICIER JAPONAIS DANS UN VILLAGE DÉTRUIT


PHOTOGRAPHIE X
LE CORPS D’UN ENFANT BRÛLÉ VIF ET LES ORPHELINS CORÉENS