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L’Onanisme (Tissot 1769)/Article 3/Section 10/G

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Les remedes.


Je suivrai le même ordre, que dans l’article précédent. J’indiquerai les remedes qu’on doit éviter avant que de parler de ceux qu’on doit suivre. J’ai déjà indiqué une première classe de ceux qu’on doit exclure ; ce sont ceux qui irritent, les remedes chauds & volatils. Il y en a une seconde très-opposée, & également nuisible, les évacuants. J’ai déjà dit que les sueurs, la salivation, les urines abondantes épuisoient le malade. Je ne reparlerai pas de ces évacuations, l’on sent que tous les remedes qui les exciteroient doivent être bannis : il reste à examiner la saignée, & les évacuations des premières voies. L’indication étant de redonner des forces, pour juger s'ils conviennent, il ne s'agit que de sçavoir si ces évacuations sont propres à la remplir. Je serai court. Il y a deux cas dans lesquels la saignée rétablit les forces, dans les autres elle les ôte ; ou quand on a trop de sang, ce n'est pas le cas des personnes en consomption, ou quand le sang a acquis une densité inflammatoire qui, le rendant impropre à ses usages, détruit promptement les forces ; c'est la maladie des gens vigoureux, de ceux qui ont les fibres roides, & la circulation forte : nos malades sont précisément dans le cas contraire ; la saignée ne peut que leur nuire. Toutes les gouttes de sang, dit. M. Gilchrist, sont précieuses aux personnes qui sont en consomption ; la force assimilante qui la répare est détruite, & ils n'en ont que ce qu'il faut pour soutenir la circulation très foiblement[1]. M. Lobb, qui a très-bien approprié les effets des évacuations, est positif. Dans les corps, dit-il, qui nom que la quantité de sang nécessaire, si on la diminue par les saignées ou par les autres évacuations, on diminue les forces, on trouble les sécretions, & on produit plusieurs maladies[2]. La façon dont M. Senac parle de la saignée, lui donne encore plus sûrement l’exclusion dans ce cas. Si la matière dense ou rouge manque, les saignées sont inutiles ou pernicieuses ; on doit donc les interdire aux corps exténués, dont le sang est en petite quantité, ou a peu de consistance ; quand il ne sort des vaisseaux qu’une liqueur qui à peine peut donner de la couleur au linge ou à l’eau[3]. L’on a vu que tel étoit l’état du sang des masturbateurs ; & c’est généralement celui des personnes foibles & valétudinaires. Que ceux qui travaillent a les guérir par la saignée, comparent leur méthode à ce précepte fondé sur la théorie la plus éclairée, & les observations pratiques les plus nombreuses & les mieux réfléchies ; ce sont les bases de l’ouvrage d’où je le tire, & qu’ils jugent des succès auxquels ils doivent s’attendre.

Les remedes, qui évacuent les premieres voies, fortifient, quand il se trouve dans ces parties, ou des amas de matières si considérables, que par leur masse elles gênent les fonctions de tous les visceres, ou quand il y a dans l’estomac & dans les premiers intestins des matieres putrides dont l’effet ordinaire est une grande foiblesse. Dans ces cas-là on peut employer les évacuants, si rien ne les contr’indique, s’il n’y a point d’autres moyens de débarrasser les premières voies, ou s’il y a du danger à ne pas les évacuer promptement. Ces trois conditions se trouvent rarement chez les personnes qui sont dans un état de consomption, chez lesquelles la foiblesse & l’atonie des premières voies est une contr’indication toujours présente aux purgatifs ou aux émetiques. Il y a le plus souvent un autre moyen d’en procurer l’évacuation successive, c’est d’employer les toniques non astringents, tels sont un grand nombre d’amers qui, en redonnant du jeu aux organes, produisent le double bon effet de digérer ce qui peut l’être, & d’évacuer le superflu. Il y a enfin rarement du danger à ne pas les évacuer promptement ; ce danger a lieu quelquefois dans les maladies aiguës ; l’âcreté des matières que la chaleur augmente, & la prodigieuse réaction des fibres, peuvent occasionner des symptômes violents, qui n’ont jamais lieu dans les maladies de langueur, dans lesquelles les évacuants proprement dits ne sont par-là même jamais, à beaucoup près, aussî nécessaires, & sont, comme je l’ai dit très-souvent contr’indiqués. L’atonie, le manque d’action sont la cause des amas, quand il s’en fait ; qu’on les vuide par un purgatif, l’effet est dissipé, mais la cause qui l’a produit est considérablement augmentée ; l’on a à réparer & le mal existant, & celui que le remède a fait ; si l’on ne parvient pas à y remédier promptement, l’effet se reproduit plus vite qu’auparavant, & si l’on se laisse aller à employer de nouveau les purgatifs, on augmente une seconde fois le mal ; l’on fait d’ailleurs contracter aux intestins une paresse qui les empêche de faire leurs fonctions ; l’on parvient au point de ne plus avoir d’évacuation que par art ; en un mot, les purgatifs, dans les embarras des premières voies chez les personnes foibles, ne produisent une diminution dans l’effet qu’en augmentant la cause ; ne soulagent pour le moment qu’en empirant la maladie. L’on ne suit cependant que trop cette méthode ; les malades l’aiment, elle paroît plus prompte, & effectivement pourvu que la chûte des forces ne soit pas trop considérable, ils se trouvent soulagés pour peu de jours ; le mal, il est vrai, revient, mais on aime mieux l’attribuer à l’insuffisance qu’à l’opération du remède, auquel on s’affectionne ; d’ailleurs les malades sont pour le soulagement présent, & peu de Médecins ont le courage de s’y opposer : il est cependant bien important, en Médecine comme en morale, de sçavoir sacrifier le présent à l’avenir ; la négligence de cette loi peuple le monde de malheureux & de valétudinaires. Il seroit à souhaiter que l’on pût inculquer à tant de Médecins & à tant de malades le beau morceau qu’on trouve dans la pathologie de M. Gaubius, sur tous les maux que cet abus des purgatifs entraîne[4].

N’y a-t il point de cas, dira-t-on, dans lesquels les émétiques & les purgatifs puissent être admis pour les malades dont je parle ? Sans doute il en est quelques-uns, mais très-rares ; & il faut bien de l’attention pour ne pas se laisser tromper aux signes qui paroissent indiquer les évacuants, & qui souvent dépendent d’une cause qu’on doit attaquer par de tout autres remedes. Je n’entrerai point dans le détail de ces distinctions, il seroit hors de place ; & il me suffit d’avoir averti que les évacuants devoient rarement avoir lieu dans cette maladie. M. Lewis croit qu’un émétique doux peut préparer utilement les premières voies pour les autres remedes, mais il ne veut pas qu’on aille au-delà : plusieurs cas m’ont appris qu’on pouvoir & qu’on devoir très-souvent s’en passer ; & j’ai rapporté plus haut deux observations de M. Hoffman qui prouvent tout le danger de ce remede. Sans expérience le seul bon sens persuade qu’un remede, qui donne des convulsîons, doit peu convenir dans des maladies qui sont l’effet de convulsions réitérées ; il est cependant vrai qu’il y a des circonstances qui peuvent le rendre nécessaire ; je l’ai employé depuis peu, & il a opéré favorablement.

C’est en combattant la cause qu’on détruit le mal ; pour peu qu’on en enleve chaque jour, on est sûr que l’effet disparoîtra sans crainte de retour. Si l’on n’agit que sur l’effet, le travail de chaque jour est non-seulement inutile au jour suivant, mais presque toujours nuisible.

Après avoir indiqué ce qu’on doit éviter, que doit-on faire ? J’ai marqué plus haut les caractères que doivent avoir les remedes ; fortifier sans irriter. Il en est quelques-uns qui peuvent remplir ces deux indications ; cependant le catalogue n’en est pas long, & les deux plus efficaces font, sans contredit, le quinquina & les bains froids. Le premier de ces remedes est, depuis près d’un siecle, regardé, indépendamment de sa vertu fébrifuge, comme l’un des plus puissants fortifiants, & comme calmant. Les Médecins modernes les plus célebres le regardent comme spécifique dans les maladies des nerfs. L’on a vu qu’il entroit dans l’ordonnance de M. Boerhaave rapportée plus haut ; & M. Vandermonde s’en est servi avec beaucoup de succès dans le traitement d’un jeune homme que des débauches en femme avoient jette dans un état très-fâcheux[5]. M. Lewis le préfère à tous les autres remèdes, & M. Stehelin, dans la lettre dont j’ai déjà parlé plusieurs fois, dit qu’il le croit le plus efficace de tous.

Vingt siecles d’expériences exactes & raisonnées ont démontré que les bains froids posssédoient les mêmes qualités. Le Docteur Baynard en a prouvé l’usage plus particulièrement dans les désordres produits par la masturbation & les excès vénériens, surtout dans un cas où, indépendamment de l’impuissance & d’une gonorrhée simple, il y avoit une si grande foiblesse, augmentée, il est vrai, par les saignées & les purgatifs, qu’on regardoit le malade comme au bord du tombeau[6].

M. Lewis ne craint pas d’affirmer encore plus positivement leur efficacité : De tous les remedes, dit-il, soit internes, soit externes, il n’y en a aucun qui égale les bains froids. Ils rafraîchirent, ils fortifient les nerfs, & ils aident la transpiration plus efficacement qu’aucun remède intérieur ; bien ménagés ils sont plus efficaces dans la consomption dorsale que tous les autres remedes pris ensemble.[7] L’on doit même remarquer que les bains froids ont, comme je l’ai déjà dit de l’air, un avantage particulier ; c’est que leur action dépend moins de la réaction, c’est-à-dire des forces de la nature, que celle des autres remedes ; ceux-ci n’agissent presque que sur le vivant ; les bains froids donnent du ressort même aux fibres mortes.

L’union du quinquina & des bains froids est indiquée par la parité de leurs vertus, ils operent les mêmes effets ; & étant combinés ils guérissent des maladies que tous les autres remèdes n’auroient fait qu’empirer. Fortifiants, sédatifs, fébrifuges, ils redonnent les forces, diminuent la chaleur fébrile & nerveuse, & calment les mouvements irréguliers produits par la disposition spasmodique du genre nerveux. Ils remédient à la foiblesse de l’estomac, & dissipent très-promptement les douleurs qui en sont la suite. Ils redonnent de l’appétit ; ils facilitent la digestion & la nutrition, ils rétablirent toutes les sécretions, & sur-tout la transpiration, ce qui les rend si efficaces dans toutes les maladies catarrhales & cutanées ; en un mot ils remédient à toutes les maladies causées par la foiblesse, pourvu que le malade ne soit attaqué ni d’obstructions indissolubles, ni d’inflammation, ni d’abscès ou d’ulcères internes, conditions qui n’excluent, même nécessairement ou presque nécessairement, que les bains froids, mais qui permettent souvent le quinquina.

J’ai vu, il y a quelques années, un étranger âgé de vingt-trois ou vingt-quatre ans, qui, dès sa plus tendre enfance, étoit tourmenté par des maux de tête cruels, & presque continus, vu la fréquence & la longueur des accès qui etoient toujours accompagnés d’une perte totale de l’appétit. Le mal avoir considérablement empiré par l’usage des saignées, des évacuants, des eaux purgatives, des bains chauds, des bouillons, & d’une foule d’autres remèdes. Je lui ordonnai les bains froids & le quinquina. Les accès devinrent en peu de jours plus foibles & beaucoup moins fréquents : le malade au bout d’un mois se crut presque radicalement guéri ; la cessation des remèdes & la mauvaise saison renouvellerent les accès, mais infiniment moins violemment qu’auparavant ; il recommença la même cure au printemps suivant, & la maladie vint à être si légère, qu’il crut n’avoir plus besoin de rien. Je suis persuadé que les mêmes secours réitérés une ou deux fois le guériront radicalement.

Un homme de vingt-huit ans étoit désolé, depuis bien des années, par une goutte irréguliere qui se jettoit toujours à la tête, & occasionnoit des désordres effrayants sur le visage ; il avoir consulté plusieurs Médecins, & essayé des remèdes de plusieurs especes, & depuis peu un vin médicinal composé des aromates les plus pénétrants infusés dans le vin d’Espagne ; tous, & sur-tout le dernier, avoient augmenté le mal ; l’on avoit appliqué des vésicatoires aux jambes qui occasionnoient des symptômes violents ; ce fut à cette époque que je fus demandé. Je lui conseillai une forte décoction de quinquina & de camomille, qu’il continua pendant six semaines, & qui lui redonna plus de santé qu’il n’en avoit eu depuis bien des années. Il seroit inutile de rapporter un plus grand nombre d’exemples, sur-tout étrangers à la matière, pour prouver la vertu fortifiante de ces remèdes si bien démontrée depuis long-temps, & dont tout indique l’usage dans cette maladie, usage dont les plus heureux succès ont confirmé l’utilité.

Quand j’ai employé le quinquina en forme liquide, j’ai ordonné la décoction d’une once avec douze onces d’eau, ou suivant l’indication, de vin rouge, cuit pendant deux heures dans un vaisseau bien fermé, pour en prendre trois onces trois fois par jour. Je place les bains froids le soir, quand la digestion du diner est entièrement finie ; ils contribuent à procurer un sommeil tranquille. J’ai vu un jeune masturbateur qui passoit les nuits dans l’insomnie la plus inquiète, & qui étoit baigné tous les matins dans des sueurs colliquatives ; la nuit qui suivit le sixieme bain, il dormit cinq heures, & se leva le matin sans sueur, & beaucoup mieux.

Le mars est un troisieme remède, trop employé dans tous les cas de foiblesse, pour qu’il soit nécessaire d’insister sur son efficacité comme fortifiant ; comme il n’a rien d’irritant, il est extrêmement approprié à nos malades. On le donne ou en substance, ou en infusion ; mais la meilleure préparation ce sont les eaux martiales préparées par la nature, & surtout les eaux de Spa, l’un des plus puissants toniques qu’on connoisse, & un tonique qui, bien loin d’irriter, adoucit tout ce que les humeurs peuvent avoir de trop âcre. Les gommes, la myrrhe, les amers, les aromates les plus doux sont aussi d’usage. Ce sont les circonstances qui doivent décider sur le choix entre ces différents remedes. Les premiers que j’ai indiqués méritent généralement la préférence ; mais il peut se trouver des cas qui en exigent d’autres ; on peut en général les choisir dans toute la classe des nervins, en prenant pour boussole dans ce choix les précautions que j’ai indiquées plus haut. C’est une maladie de nerfs, on doit la traiter comme telle, & souvent on l’a fait, & on a réussi sans en connoître la cause ; il est vrai ; & des observations incontestables me l’ont démontré, que l’ignorance de cette cause, & par-là même la négligence des précautions qu’elle exige, a d’autres fois rendus infructueux les traitements les mieux indiqués en apparence, sans que les Médecins pussent pénétrer la cause de ce peu de succès.

J’ordonnai au jeune homme, dont le cas est décrit dans un fragment de ses lettres (p. 35), des pilules, dont la myrrhe faisoit la base, & une décoction avec le quinquina, qui eurent le plus heureux succès[8]. Je m’apperçois chaque jour, m’écrivoit-il seize jours après avoir commencé ces remèdes, du grand bien qu’ils me font ; mes maux de tête ne sont plus ni si fréquents, ni si violents ; je ne les ai plus que lorsque je m’attache trop, l’estomac va mieux, je n’ai plus que rarement les douleurs dans les membres. Au bout d’un mois sa guérison fut complette, à cela près qu’il n’avoit pas, & n’aura peut-être jamais les forces qu’il auroit eues sans sa mauvaise conduite. L’échec, que la machine reçoit dans le temps de l’accroissement a des conséquences qui ne se réparent point. Puisse cette vérité être bien imprimée dans l’esprit des jeunes gens ; elle a été depuis peu fortement prêchée. La jeunesse, dit M. Linnæus, est un temps important pour se former une santé robuste. Rien n’est plus à craindre que l’usage prématuré ou excessif des plaisirs de l’amour : il en naît des foiblesses dans la vue, des vertiges, la diminution de l’appétit, & même l’affoiblissement de l’esprit & de la raison. Un corps énervé dans la jeunesse n’en revient plus ; sa vieillesse est prompte & infirme, & sa vie courte[9]. Seize cents ans avant ce grand Naturaliste, Plutarque, dans son bel ouvrage sur l’éducation des enfants, avoit recommandé la formation de leur tempérament comme une chose extrêmement importante. L’on ne doit, dit-il, négliger aucun des soins qui peuvent contribuer à l’élégance & à la force du corps (les excès dont je traite nuisent autant à l’une qu’à l’autre), car, ajoute-t-il, le fondement d’une vieillesse heureuse c’est une bonne constitution dans la jeunesse : la tempérance & la modération à cet âge sont un passeport pour vieillir heureusement[10].

À l’observation précédente, dont le succès paroît dû au quinquina, j’en joindrai une autre dans laquelle les bains froids furent le principal remède. Un jeune homme d’un tempérament bilieux, instruit au mal dès l’âge de dix ans, avoit toujours été dès ce temps-là foible, languissant, cacochyme ; il avoit eu quelques maladies bilieuses qui avoient eu beaucoup de peine à se guérir, il étoit extrêmement maigre, pâle, foible, triste. Je lui ordonnai les bains froids, & une poudre avec la crême de tartre, la limaille & très-peu de cannelle, dont il prenoit trois fois par jour. Dans moins de six semaines il acquit une force qu’il n’avoit jamais connu auparavant.

Un grand avantage des eaux de Spa & du quinquina, c’est que leur usage fait passer le lait. Les eaux de Spa partagent cet avantage avec quelques autres eaux. L’on a vu plus haut que M. Hoffman ordonnoit le lait d’ânesse avec un tiers d’eau de Selter. M. de la Mettrie nous a conservé une belle observation de M. Boerhaave. Ce Duc aimable, je traduis mot à mot, s’étoit mis hors du mariage ; je l’ai remis dedans par l’usage des eaux de Spa avec le lait[11].

La foiblesse de l’estomac qui rend la digestion trop lente, les acides, le peu d’activité de la bile, les engorgements dans les visceres du bas-ventre sont les principales causes qui empêchent la digestion du lait, & qui n’en permettent pas l’usage. Les eaux qui remédient à toutes ces causes, ne peuvent qu’en faciliter la digestion ; & le quinquina, qui remplit les mêmes indications, doit aussi se marier très-bien au lait. L’on peut employer ces remedes, ou avant, pour préparer les voies, ce qui est presque toujours nécessaire, ou en même temps.

Je rétablis parfaitement en 1753 un étranger qui s’étoit tellement épuisé avec une courtisane qu’il étoit incapable d’aucun acte de virilité ; son estomac étoit aussi extrêmement affoibli ; & le manque de nutrition & de sommeil l’avoient réduit à une grande maigreur. A six heures du matin il prenoit six onces de décoction de quinquina, à laquelle on ajoutoit une cuillerée de vin de Canarie : une heure après il prenoit dix onces de lait de chèvre qu’on venoit de tirer, & auquel on ajoutoit un peu de sucre de une once d’eau de fleur d’orange. Il dinoit d’un poulet rôti, froid, de pain & d’un verre d’excellent vin de Bourgogne avec autant d’eau. A six heures du soir il prenoit une seconde dose de quinquina ; à six heures & demi il entroit dans un bain froid, dans lequel il restoit dix minutes ; & au sortir duquel il entroit dans son lit. A huit heures il reprenoit la même quantité de lait ; il se levoit depuis neuf jusqu’à dix. Tel fut l’effet de ces remèdes, qu’au bout de huit jours il me cria avec beaucoup de joie, quand j’entrai dans sa chambre, qu’il avoit recouvré le signe extérieur de la virilité, pour me servir de l’expression de M. de Buffon. Au bout d’un mois il avoit presqu’entierement repris ses premieres forces.

Quelques poudres absorbantes ; quelques cuillerées d’eau de menthe ; souvent la seule addition d’un peu de sucre ; quelques pilules avec l’extrait de quinquina peuvent aussi contribuer à prévenir la dégénération du lait. L’on pourroit aussi employer cette gomme, nouvellement introduite dans quelques endroits d’Angleterre, sous le nom de gummi rubrum Gambiense, & sur laquelle on trouve une petite dissertation dans l’excellente collection que publie la nouvelle Société de Médecins formée à Londres[12] ; elle fortifie, & elle adoucit : ce sont les deux grandes indications dans les maladies dont il est question.

Enfin, si quelque soin qu’on prît, il étoit impossible de soutenir le lait, on pourroit essayer le lait de beurre ; je l’ai conseillé avec succès à un jeune homme pour lequel un principe d’hypocondrialgie me faisoit craindre le lait entier. Les bilieux le boivent avec plaisir, & s’en trouvent toujours bien ; on doit le préférer au lait toutes les fois qu’il y a beaucoup de chaleur, un peu de fièvre, une disposition érésipélateuse ; & il est surtout d’un très-grand usage, quand les excès vénériens produisent une fièvre aiguë, telle que celle dont mourut Raphaël. Malgré la foiblesse, les toniques nuiroient ; la saignée est dangereuse ; le fameux Jonston, mort Baron de Ziebendorf, il y a plus de quatre-vingt ans, l’avoit déjà défendue positivement dans ce cas[13] ; les cures trop rafraîchissantes ne réussissent pas, comme M. Vandermonde le prouve, & comme je l’ai vu moi-même ; mais le lait de beurre réussit très-bien, pourvu qu’il ne soit pas trop gras. Il calme, il délaie, il adoucit, il désaltere, il rafraîchit, & en même temps il nourrit & il fortifie, ce qui est bien important dans ce cas, dans lequel les forces se perdent avec une promptitude dont on n’a point d’idée. M. Gilchrist, qui ne fait pas grand cas du lait dans l’éthisie, loue extrêmement le lait de beurre dans la même maladie[14].

Depuis la dernière édition de cet Ouvrage, faite il y a sept ans, j’ai été consulté par plusieurs personnes énervées : quelques-unes ont été entièrement guéries ; un assez grand nombre considérablement soulagées ; d’autres n’ont rien gagné ; & quand le mal est parvenu à un certain point, tout ce qu’on peut espérer c’est que les remèdes arrêtent les progrès du mal : j’ai ignoré une partie des succès.

Le lait, dans presque toutes ces cures, a été l’aliment principal ; le quinquina, le fer, les eaux martiales & le bain froid ont été les remedes. J’ai mis quelques malades entièrement au lait, d’autres n’en prenoient qu’une ou deux fois par jour.

Le malade, dont j’ai détaillé la maladie dans la section V, où j’en ai promis le traitement, ne vécut pendant trois mois que de lait, de pain bien cuit, d’un ou deux œufs sortant du ventre de la poule, par jour, & d’eau fraîche, au moment où on l’apportoit de la fontaine. Il prenoit du lait quatre fois par jour ; deux fois au sortir du pis, sans pain, deux fois chauffé avec du pain. Le remède étoit un opiat composé de quinquina, de conserve d’écorce d’orange, & de sirop de menthe. Il avoit l’estomac couvert avec un emplâtre aromatique ; on lui frottoit tout le corps avec une flanelle tous les matins ; il prenoit le plus d’exercice qu’il pouvoit à pied & à cheval, & surtout il vivoit beaucoup en plein air. Sa foiblesse & ses maux de poitrine m’empêchèrent de lui conseiller les bains froids à cette époque. Le succès des remèdes fut tel, que les forces revinrent, l’estomac se rétablit ; il put au bout d’un mois faire une lieue de chemin à pied ; les vomissements cesserent entièrement ; les douleurs de poitrine diminuerent considérablement, & il continue depuis plus de trois ans à être dans un état fort tolérable ; il revint peu-à-peu aux aliments ordinaires, parce qu’il se dégoûta du lait.

Les parties génitales sont toujours celles qui recouvrent le plus lentement leurs forces, souvent même elles ne les recouvrent point, quoique le reste du corps paroisse avoir recouvré les siennes ; l’on peut prédire à la lettre, dans ce cas, que la partie qui a péché sera celle qui mourra.

J’ai toujours trouvé plus de facilité à guérir ceux qui se sont épuisés par des grands excès en peu de temps, dans l’âge fait, que ceux qui se sont épuisés à la longue par des pollutions plus rares, mais commencées dans la première jeunesse, qui ont empêché leur accroissement, & ne leur ont jamais laissé acquérir toutes leurs forces. On peut envisager les premiers comme ayant eu une maladie très violente qui a consumé toutes leurs forces ; mais les organes ayant acquis toute leur perfection, quoiqu’ils aient beaucoup souffert, la cessation de la cause, le temps, le régime, les remèdes peuvent les rétablir. Les seconds n’ont jamais laissé former leur tempérament, comment se rétabliraient-ils ? Il faudroit que l’art operât dans l’âge de la maturité ce qu’ils ont empêché la nature d’opérer dans l’enfance & dans la puberté : on sent combien cet espoir est chimérique ; & les observations me prouvent tous les jours que les jeunes gens qui se sont livrés à cette souillure dans l’enfance, & à l’époque du développement de la puberté, époque qui est une crise de la nature, pour laquelle toutes ses forces lui sont nécessaires, l’observation me prouve, dis je, que ces jeunes gens ne doivent point espérer d’être jamais vigoureux & robustes, & ils sont très-heureux quand ils peuvent jouir d’une santé médiocre, exempte de grandes maladies & de douleurs.

Ceux qui ne se repentent que tard, dans un âge où la machine se conserve quand elle est bien montée, mais où elle ne répare que péniblement, ne doivent pas non plus avoir de grandes espérances : au-dessus de quarante ans il est rare de rajeunir.

Quand j’ordonne le quinquina avec du vin, je ne fais pas vivre uniquement de lait, mais je fais prendre le remède le matin, & du lait le soir. J’ai trouvé quelques malades pour lesquels il a fallu changer cet ordre : le vin pris le matin les faisoit constamment vomir.

Quand j’emploie les eaux minérales, j’en fais boire quelques bouteilles pures avant que de les mêler avec du lait.

Quand le mal est invétéré il dégénère ordinairement en cacochymie, & il faut commencer par la détruire avant que travailler au rétablissement des forces : c’est dans ce cas que les évacuants sont quelquefois indispensablement nécessaires, & opèrent très-efficacement. Les fortifiants, les nourrissants, le lait, ordonnés dans ces circonstances, jettent dans une fièvre lente, & le malade perd les forces à proportion de l’usage qu’il en fait.

Quand des excès prompts jettent tout-à-coup dans des foiblesses si considérables, qu’on a lieu de craindre pour la vie du malade, il faut recourir aux cordiaux actifs, donner du vin d’Espagne avec un peu de pain, des bouillons succulents avec des œufs frais, mettre le malade au lit, & lui appliquer sur l’estomac des flanelles trempées dans du vin chauffé avec de la thériaque.

Dans les cas où les excès vénériens ont occasionné une fièvre aiguë, on ne doit employer la saignée que quand elle est indiquée par la plénitude & la dureté du pouls ; & il vaut mieux en faire deux petites qu’une grande. La décoction blanche, de l’eau d’orge avec un peu de lait, quelques prises de nitre, des lavements avec une décoction de fleurs de bon-homme, quelques bains de pieds tiedes, & pour nourriture des bouillons de veau farineux, sont les remèdes véritablement indiqués, & ceux qui ont réussi très-promptement dans les cas où je les ai employés.

Les symptômes demandent rarement un traitement particulier, & ils cedent au traitement général. On peut cependant joindre quelquefois les fortifiants externes aux fortifiants internes, quand on veut fortifier plus particulièrement une partie, & j’ai souvent conseillé, avec succès, des épithèmes, ou des emplâtres aromatiques sur l’estomac ; & il n’est pas inutile d’envelopper les testicules dans une fine flanelle trempée dans quelque liquide fortifiant, & de les soutenir par l’usage d’un suspensoire.

L’on peut placer ici ce que dit M. Gorter. » J’ai quelquefois guéri la goutte sereine occasionnée par des excès vénériens, en employant les fortifiants internes, & des poudres nasales céphaliques qui, par l’irritation légère qu’elles produisoient, déterminoient un plus grand afflux des esprits animaux sur le nerf optique[15].

Il seroit inutile d’entrer dans de plus grands détails sur la cure ; quelqu’étendue que je leur donnasse, ils ne pourroient jamais servir à guider les malades sans le secours d’un Médecin, pour lesquels ils seroient inutiles. Je me suis plus étendu sur le régime, parce que, quand le mal n’a pas fait de grands progrès, joint à la cessation de la cause, il peut seul opérer la guérison, & que chacun peut s’y astreindre sans aucun danger. Il ne me resteroit pour terminer cette partie, qu’à joindre la cure préservatoire ; j’ai senti que cet article manquoit à la première édition de cet ouvrage, & que c’étoit un vuide essentiel. Un homme célèbre dans la République des Lettres par ses ouvrages, & plus respectable encore par ses talents, ses connoissances & ses qualités personnelles, que par son nom & par les emplois qu’il remplit si dignement dans une des premières villes de Suisse, M. Iselin, Secrétaire d’Etat à Basle, (il voudra bien me permettre de le nommer), m’a fait sentir ce vuide d’une manière bien polie. Je rapporterai le fragment de sa lettre avec d’autant plus de plaisir, qu’il marque précisément ce qu’il faudroit faire. Je souhaiterois, m’écrit-il, de voir de votre main un ouvrage dans lequel vous expliquiez les moyens les plus sur sûrs & les moins dangereux, par lesquels les parents, pendant le temps de l’éducation, & les jeunes gens, lorsqu’ils sont abandonnés à leur propre conduite, pourvoient le mieux se préserver de cette violence des desirs, qui les porte à des excès dont naissent des maladies si horribles, ou à des désordres qui troublent le bonheur de la société, & le leur propre. Je ne doute pas qu’il n’y ait une diète qui favorise particulièrement la continence ; je crois qu’un ouvrage qui nous l’enseigneroit, joint à la description des maladies produites par l’impureté, vaudroit les meilleurs traités de morale sur cette matière.

Il a sans doute bien raison ; rien ne seroit plus important que cette addition qu’il desire ; mais rien de plus difficile en la séparant des autres parties de l’éducation, non seulement médicinale, mais morale. Pour traiter cet article à part, si l’on vouloit le traiter bien, il faudrait établir un grand nombre de principes, qui prolongeraient beaucoup trop ce petit ouvrage, & qui lui sont d’ailleurs très-étrangers. Quelques préceptes généraux, isolés des principes & des divisions nécessaires, non-seulement seroient peu utiles, mais pourroient même devenir dangereux ; ainsi il vaut mieux renvoyer ce traité, à faire partie d’un plus considérable sur les moyens de former un bon tempérament, & de donner aux jeunes gens une santé ferme, matière qui, quoique traitée par d’habiles gens, n’est pas encore épuisée, tant s’en faut, & sur laquelle il y a une foule de choses extrêmement importantes à ajouter, aussi bien que sur les maladies de cet âge. Ainsi, malgré moi, je ne toucherai point ici cet article. Tout ce que je puis dire, c’est que l’oisiveté, l’inaction, le trop long séjour au lit, un lit trop mol, une diète succulente, aromatique, salée, vineuse, les amis suspects, les ouvrages licencieux, étant les causes les plus propres à porter à ces excès, on ne peut les éviter avec trop de soin. La diète est surtout d’une extrême importance, & l’on n’y fait pas assez d’attention. Ceux qui élèvent les jeunes gens devraient avoir présente la belle observation de S. Jérôme : Les forges de Vulcain, les volcans du Vésuve & le mont Olympe ne brillent pas de plus de flammes, que les jeunes gens nourris de mets succulents & abreuvés de vin. Menjot, l’un des Médecins de Louis le grand, dès le milieu jusqu’à la fin du siecle dernier, parle de femmes que l’excès d’hippocras jetta dans une extase vénérienne. L’usage du vin & des viandes est d’autant plus fâcheux, qu’en augmentant la force des aiguillons de la chair, il affoiblit celle de la raison, qui doit leur résister. Le vin & les viandes hébetent l’ame, dit Plutarque dans son Traité du manger des viandes, ouvrage qui devroit être généralement lu. Les plus anciens Médecins avoient déjà connu l’influence du régime sur les mœurs ; ils avoient l’idée d’une Médecine morale ; & Galien nous a laissé sur cette matière un petit ouvrage, qui est peut-être ce que l’on a de mieux jusqu’à présent. L’on sera convaincu y après l’avoir lu, de la réalité de sa promesse. » Que ceux qui nient que la différence des aliments rend les uns tempérants, les autres dissolus ; les uns chastes, les autres incontinents ; les uns courageux, les autres poltrons ; ceux-ci doux, ceux-là querelleurs ; d’autres modestes, des derniers présomptueux ; que ceux, dis-je, qui nient cette vérité viennent vers moi, qu’ils suivent mes conseils pour le manger & pour le boire, je leur promets qu ils en retireront de grands secours pour la philosophie morale ; ils sentiront augmenter les forces de leur ame ; ils acquerront plus de génie, plus de mémoire, plus de prudence, plus de diligence. Je leur dirai aussi quelles boissons, quels vents, quelle température de l’air, quels pays ils doivent éviter, ou choisir[16] » Hippocrate, Platon, Aristote, Plutarque nous avoient déjà laissé de très-bonnes choses sur cette importante matière ; & parmi les ouvrages qui nous restent du Pythagoricien Porphyre, ce zélé antichrétien du troisieme siecle, il y en a un de l’abstinence des viandes, dans lequel il reproche à Firmus Castricius, à qui il l’adresse, d’avoir quitté la diete végétale, quoiqu’il eût avoué qu’elle étoit la plus propre à conserver la santé, & à faciliter l’étude de la philosophie ; & il ajoute, depuis que vous mangez de la viande, votre expérience vous a appris que cet aveu étoit bien fondé. Il y a de très-bonnes choses dans cet ouvrage.

Le préservatif le plus efficace, le seul infaillible, c’est sans contredit celui qu’indique le grand homme qui a le mieux connu ses semblables, & toutes leurs voies ; qui a vu non-seulement ce qu’ils sont, mais ce qu’ils ont été, ce qu’ils doivent être, & ce qu’ils pourraient encore devenir ; qui les a le plus véritablement aimés ; qui a fait les plus grands efforts en leur faveur ; qui s’est sacrifié pour eux, qui en a été le plus cruellement persécuté. Veillez avec soin sur le jeune homme, ne le laisser seul ni jour, ni nuit ; coucher tout au moins dans sa chambre. Des qu’il aura contracté cette habitude, la plus funeste à laquelle un jeune homme puisse être assujetti, il en portera jusqu’au tombeau les tristes effets ; il aura toujours le corps & le cœur énervés. Je renvoie à l’ouvrage même pour lire tout ce qu’il y a d’excellent sur cette matière[17].

La peinture du danger, quand on s’est livré au mal, est peut-être le plus puissant motif de correction ; c’est un tableau effrayant, bien propre à faire reculer d’horreur. Rapprochons-en les principaux traits. Un dépérissement général de la machine ; l’affoiblissement de tous les sens corporels & de toutes les facultés de l’ame, la perte de l’imagination & de la mémoire ; l’imbécillité, le mépris, la honte, l’ignominie qu’elle entraîne après soi ; toutes les fonctions troublées, suspendues, douloureuses ; des maladies longues, fâcheuses, bizarres, dégoûtantes ; des douleurs aiguës & toujours renaissantes ; tous les maux de la vieillesse dans l’âge de la force ; une ineptitude à toutes les occupations pour lesquelles l’homme est né ; le rôle humiliant d’être un poids inutile à la terre ; les mortifications auxquelles il expose journellement ; le dégoût pour tous les plaisirs honnêtes ; l’ennui ; l’aversion des autres & de soi qui en est la suite ; l’horreur de la vie, la crainte de devenir suïcide d’un moment à l’autre ; l’angoisse pire que les douleurs ; les remords pires que l’angoisse, remords qui, croissant journellement, & prenant sans doute une nouvelle force, quand l’ame n’est plus affoiblie par les liens du corps, serviront peut-être de supplice éternel, & de feu qui ne s’éteint point ; voila l’esquisse du sort réservé à ceux qui se conduiront comme s’ils ne le craignoient pas.

Avant que de quitter l’article du traitement, je dois avertir les malades, (& cet avis regarde également tous ceux qui ont des maladies chroniques, sur-tout quand elles sont accompagnées de foiblesse), qu’ils ne doivent point espérer que l’on puisse réparer dans quelques jours des maux qui sont le produit des erreurs de quelques années. Ils doivent s’attendre aux ennuis d’une cure longue, & s’astreindre scrupuleusement à toutes les règles du régime y si quelquefois elles paroissent minutieuses, c’est parce qu’ils ne sont pas en état d’en sentir l’importance ; il faut qu’ils se répètent sans cesse, que l’ennui de la cure la plus rigide est fort inférieur à celui de la maladie la plus légere. Qu’il me soit permis de le dire, si l’on voit des maladies curables qui ne guérissent point parce qu’elles sont mal traitées, l’on en voit aussi un grand nombre que l’indocilité du malade rend incurables, malgré les secours les mieux indiqués de la part du Médecin. Hippocrate exigeoit, pour mieux s’assurer du succès, que le malade, le Médecin & les assistants fissent également leur devoir : si ce concours étoit moins rare, les issues heureuses seroient plus fréquentes. Que le malade, dit Arétée, soit courageux, & qu’il conspire avec le Médecin contre la maladie[18]. J’ai vu les maladies les plus rebelles céder à l’établissement de cette harmonie ; & des observations très-récentes m’ont démontré que la férocité même des maladies cancéreuses cédoit à des cures ordonnées peut-être avec quelque prudence, mais sur-tout exécutées avec une docilité & une régularité dont les succès sont l’éloge.

  1. On sea voyage, p. 117.
  2. A letter shewing what is the propter préparation of persons for inoculation, §. 4.
  3. Traité du cœur, l. 4, c. 1, §. 2, t. II, p. 16.
  4. 484.
  5. Recueil périodique d’observations de Médecine, &c. t. 6, p. 165. L’on trouve dans le second volume de ce même ouvrage la description d’une maladie produite par la même cause qui mérite d’être lue.
  6. YXP0AYSIA, or the history of cold bathing. p. 254, 281.
  7. p. 36.
  8. R. Myrrh. elet. unc. ss. gum. galban. extr, trifol. fibr. terr. Japon. aa. dr. II. Syr, cort, aur, q, s, s. pil. gr. III. sept, Une heure avant le déjeûner, le dîner & le souper, avec trois onces de la boisson. R. cort. peruv unc. II. cor. rad. canp. unc. I. cinnam. acut. dr II. limai. mart. in nodul. lax. unc. ss. cum aq. font. lib. II. ss. l. a. f. decoct.
  9. Ce morceau est tiré d’une Dissertation de cet illustre Naturaliste, sur les fondements de la santé ; voyez Mercure Danois, Juillet 1758, p. 95.
  10. De puerorum institut. c. 10
  11. Supplément à l’ouvrage de Pénélope, ch. p. l. 35. Amabilis ille Dux se posuerat extra matrimonium ; ego illum reposui intra.
  12. Medical observations and inquiries. I. p. 36.
  13. In febre ex venere cavendum à venae sectione. Syntagma l. 1, tit. 1, c. I.
  14. On sea voyage. p. 119.
  15. De perspir, insensib. p. 514, 515.
  16. Quod animi mores corporis temperamenta sequantur, c. 9. Charterius, t. 5, p. 457.
  17. Voyez de l’Education, t. 2, p. 232. t. 3, p. 255, &c.
  18. De diur. morb. l. 1. proëm. p. 27.