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La Corée et les puissances étrangères

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ANNALES
des
SCIENCES POLITIQUES


Revue bimestrielle
Publiée avec la collaboration des professeurs et des anciens élèves
de l’École libre des Sciences politiques



dix-neuvième année


II. — 15 MARS 1904


EXTRAIT

la
CORÉE ET LES PUISSANCES ÉTRANGÈRES
par
M. COURANT



FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR
ancienne librairie germer baillière et Cie
108, boulevard saint-germain, 108
PARIS, 6e

1904



LA CORÉE & LES PUISSANCES ÉTRANGÈRES[1]


i

Le 20 septembre 1875, le bâtiment japonais le Oun-yô se trouvant près de l’île de Kang-hoa et demandant à se ravitailler, essuya le feu du fort coréen de Yeng-tjong : les deux jours suivants, le fort fut bombardé. À Tôkyô : Iwakoura, Okoubo, Kido, qui étaient à la tête des affaires, décidèrent de demander satisfaction. Depuis la Restauration (1868) les relations étaient tendues entre les deux pays. Dès 1868, le seigneur de Tsousima avait avisé le gouvernement voisin des faits accomplis dans l’Empire ; le préfet de Tong-rài avait renvoyé la lettre pour manque de forme ; on avait en effet employé quelques termes impliquant la supériorité du Mikado sur le roi de Corée. Successivement Sô Sigémasa, seigneur de Tsousima (septembre 1871), Hanabousa Yosimoto (septembre 1872), Moriyama (février 1875) furent envoyés comme ambassadeurs pour nouer des liens d’amitié : ils ne furent pas reçus dans le pays. Un décret de 1872 déclara que les Japonais, se mêlant aux hommes d’outre-mer, devenaient eux-mêmes des barbares, il était interdit aux Coréens sous peine de mort d’avoir aucun rapport avec eux.

La Corée en effet, depuis les invasions japonaises de 1592 et de 1597 et les guerres mantchoues de 1627 et de 1637, s’était tenue strictement renfermée. Les Japonais n’étaient pas autorisés à dépasser Pou-san ; dans cette ville, ils ne devaient pas sortir de leur factorerie ; le seigneur de Tsousima ne pouvait envoyer chaque année qu’un nombre fixe de jonques. Les ambassadeurs chinois, apportant l’investiture ou les condoléances impériales, étaient gardés depuis Eui-tjyou, pendant tout leur voyage et pendant leur séjour à Seoul ; ils n’avaient communication qu’avec des fonctionnaires désignés. Sur la frontière du nord, une zone déserte était réservée depuis l’Amnok (Ya-lou) sur une centaine de ri (douze lieues) ; dans trois villes seulement, Eui-tjyou, Hoi-nyeng et Kyeng-ouen, des foires étaient ouvertes tous les ans ou tous les deux ans ; les transactions duraient quelques heures et étaient surveillées par les mandarins, Seuls pouvaient sortir du royaume, à titre provisoire, ceux qui, en une qualité quelconque, faisaient partie de l’ambassade annuelle envoyée à Péking, des missions occasionnelles qui se rendaient à Tsousima ou à Édo ; les membres de ces missions faisaient quelque trafic ; quelques-uns de ceux qui visitèrent Péking, reçurent, soit des Chinois, soit des Jésuites, des notions sur les sciences européennes et sur la religion chrétienne. À cela se bornaient les communications de la Corée avec le monde extérieur.

Dans cet isolement le gouvernement voyait sa sauvegarde et il méprisait la Chine et le Japon de leur complaisance pour les barbares. Ceux-ci avaient tenté de pénétrer dans la péninsule ; les évêques et les missionnaires français avaient été mis à mort (1839, 1866) ; les bateaux étrangers avaient été éconduits ou repoussés, ainsi avait été massacré l’équipage du General Sherman (août 1866). L’échec des Français (octobre 1866), des Américains (juillet 1871) gonfla les mandarins coréens d’orgueil, leur fit dédaigner les avis donnés par le Tsong-li yamen en 1866, 1868, 1871, 1874.

D’abord le gouvernement de Tôkyô avait patienté, la longanimité d’Iwakoura et d’Okoubo avait amené la grande crise ministérielle de septembre 1873. Mais en 1875, le pays était calme, l’état des finances satisfaisant ; les questions diplomatiques pendantes avec la Chine, la Russie, la France et l’Angleterre étaient réglées. Le 13 décembre, le gouvernement impérial prit sa résolution. Kouroda Kiyotaka et Inoouhé Kahorou partirent pour Séoul comme ambassadeurs ; ils étaient soutenus par un corps de troupes. Après quelque contestation, la Cour de Séoul céda ; un traité d’amitié et de commerce en 12 articles fut signé à Kang-hoa (26 février 1876). Tous les anciens règlements relatifs aux rapports des deux pays et à la factorerie de Pou-san étaient abolis (art. 4). Pou-san, avec deux autres ports à désigner, était ouvert au commerce du Japon (art. 4 et 5) ; des consuls étaient admis à résider dans les ports ouverts et investis de la juridiction sur leurs nationaux (art. 8 et 10) ; un envoyé de l’Empereur pouvait être accrédité à Séoul (art. 2). Peu à peu des conventions réglementèrent le commerce et les concessions japonaises à Pou-san (14 octobre 1876, 30 janvier 1877), à Ouen-san (30 août 1879, 4 août 1881), à Tchémoulpo (30 août 1882, 30 septembre 1883), déterminèrent les principes relatifs aux dépôts de charbon (20 décembre 1877), aux naufragés, aux pécheurs. La Corée était donc ouverte aux Japonais qui y prenaient la même position que les Occidentaux tenaient au Japon et en Chine. Enfin et surtout, elle avait signé une déclaration d’indépendance : « la Corée, étant un État indépendant, jouit des mêmes droits souverains que le Japon » (traité de Kang-hoa, art. 1). Cette clause capitale ne satisfît pas toutefois l’opposition militaire, qui aurait voulu traiter la Corée en pays inférieur, tributaire.

Dès lors, et chaque année davantage, les Japonais usèrent de leurs nouveaux droits. Leurs vaisseaux firent l’hydrographie des côtes, leurs officiers voyageant comme touristes ou comme marchands relevèrent les routes, leurs pêcheurs exploitèrent les eaux coréennes, leurs commerçants, dans les ports ouverts et à Séoul même, sillonnant bientôt l’intérieur contrairement aux traités, profitèrent de l’infériorité commerciale des Coréens, prêtèrent à gros intérêts et sur gage, s’attirèrent les profits et l’odieux du rôle de banquiers tant soit peu usuriers. Ceux qui s’établirent en Corée étaient, en trop grand nombre, gens peu recommandables, dont la situation était difficile au Japon ; naturellement vaniteux, méprisants pour les étrangers, ils traitèrent les Coréens en peuple conquis : c’est un spectacle fréquent, ridicule et pitoyable, que celui d’un Japonais, un petit homme de mine chétive, qui brusque et frappe un Coréen, bien musclé, le dépassant de la tête et ne songeant pas à résister.

Toutes ces causes d’irritation qui apparurent peu à peu, s’ajoutèrent à la haine nationale contre les yei-nom, les « coquins de Japonais » : on se rappelle encore l’invasion de 1592-1598, le souvenir en est entretenu par les romans et les complaintes populaires. Les ryang-pan, l’aristocratie, partageaient en général ces sentiments ; xénophobes par principe, ils regardaient volontiers vers la Chine ; quelques nobles seulement, mis en rapports avec les Japonais, essayèrent, par intérêt ou par conviction, de jouer un role de réformateurs. Auprès du Roi, bien intentionné mais faible, la Reine, intelligente et énergique, concevait peut-être une politique nalionale ; les Min, parents de la Reine, songeaient avant tout à garder leur influence ; le Tai-ouen koun, père du Roi, régent de fait jusqu’en 1873, auteur des massacres de 1866, en voulait à tous les étrangers, mais était prêt à tout pour ressaisir le pouvoir. Une sédition éclata le 23 juillet 1882 ; les soldats pillèrent les greniers à riz ; la Reine menacée se réfugia dans une bonzerie à la campagne et ne reparut que quand la Cour portait déjà son deuil ; plusieurs ministres furent massacrés ; les Japonais, attaqués dans leur légation, se retirèrent à Tchémoulpo sous la conduite de leur ministre Hanabousa Yosimoto et ne trouvèrent de salut que sur un vaisseau anglais qui était en rade. Dès la fin d’août, le ministre Hanabousa rentra à Séoul avec une escorte de 500 hommes ; une convention autorisa le maintien de cette troupe comme garde de la légation et stipula une indemnité de 500 000 taëls dont 400 000 furent remis par la suite au gouvernement coréen (9 novembre 1884).

La Chine, en Corée, comme en Annam, en Formose, aux Ryou-kyou, essayait de concilier sa souveraineté avec la non-responsabilité pour les actes de ses tributaires. Li Hong-tchang, chargé des affaires coréennes en qualité de vice-roi du Tchi-li, voulait atténuer la portée de l’article 1er du traité de Kang-hoa ; dès 1879 il conseillait à un haut fonctionnaire coréen d’opposer les étrangers les uns aux autres ; sous ses auspices et par son intervention furent conclus les traités entre la Corée et les États-Unis (22 mai 1882), la Grande-Bretagne (6 juin 1882), l’Allemagne (30 juin 1882)[2]. Une lettre du Roi au président des États-Unis, accompagnant le traité, réservait la suzeraineté chinoise, tout en affirmant l’indépendance de la Corée. La sédition de juillet donna à la Chine l’occasion de faire valoir ses droits et de neutraliser les Japonais en coopérant avec eux ; un corps de 4 000 hommes fut débarqué à Nam-yang au sud de Tchémoulpo ; 1500 furent admis dans Séoul où l’ordre était déjà rétabli. Peu après, l’un des commandants chinois, Ma Kien-tchong, invita le Tai-ouen koun à un banquet où il lui déclara qu’il avait ordre de l’arrêter le père du Roi fut interné à Pao-ting fou et y resta jusqu’en septembre 1885.

Malgré l’éloignement momentané de ce prince, la situation restait complexe. Li Hong-tchang, désireux de faire profiter son pays des avantages commerciaux accordés à d’autres, obtenait par deux conventions (septembre 1882 et mars 1883) le droit pour les Chinois de commercer en Corée par terre et par mer, d’avoir dans les ports ouverts des délégués commerciaux investis de la juridiction sur leurs nationaux ; s’il mettait ainsi la Chine en face de la Corée dans une condition conforme au droit international de l’Occident, il maintenait expressément la position de suzeraineté et, selon le droit chinois, traitait, lui vice-roi, sur pied d’égalité avec le Roi de Corée. Le gouvernement coréen créait quelques nouveaux organes pour les besoins nouveaux, Conseil des Affaires étrangères (1882), Douanes maritimes organisées par M. von Möllendorff[3] ; les réformateurs, peu nombreux, mais remuants, voulaient davantage. Enfin les troupes japonaises et chinoises restaient en présence. Le 4 décembre 1884, à l’issue d’une fête donnée pour l’inauguration de l’hôtel des Postes, Min Yeng-ik, parent de la Reine, fut attiré dans un guet-apens et percé de coups ; les conspirateurs, Kim Ok-kyoun, Sye Koang-pem, Sye Tjai-hpil, Pak Yeng-hyo à leur tête, se rendirent au Palais, massacrèrent sous les yeux du Roi onze fonctionnaires membres ou partisans de la famille Min, appelèrent le ministre japonais et sa garde pour protéger le souverain ; mais le surlendemain (6 décembre) les commandants chinois, Wou Tchao-yeou et Yuen Chi-khai, le même dont le rôle est si important en Chine depuis 1898, se présentèrent avec leurs troupes au Palais ; après une heure de combat ils repoussèrent les émeutiers et les Japonais ; le peuple se souleva et massacra les Japonais dans les rues ; le 7, la légation du Japon dut être évacuée par le ministre Takézoé Sin-itsiró et ses nationaux, qui se replièrent sur Tché-moulpo ; la légation fut aussitôt incendiée, soit par la population, soit que les Japonais eussent mis le feu avant de partir. Le 9 janvier suivant, la Corée convint de présenter des excuses, de punir les émeutiers et de payer une indemnité ; au mois d’avril, le comte Itô signa à Thien-tsin avec Li Hong-tchang une convention par où les deux puissances s’engageaient à retirer leurs troupes, à conseiller au Roi d’appeler pour son armée des instructeurs étrangers, ni chinois ni japonais, à s’avertir mutuellement au cas où une intervention armée serait jugée nécessaire.

Si les Japonais avaient fomenté l’émeute, ce qui est probable, ils n’y gagnèrent rien. L’égalité était en apparence établie entre eux et les Chinois, mais ceux-ci restaient maîtres du terrain : la Douane maritime coréenne devint ouvertement (1885) un service détaché de la Douane maritime chinoise ; le télégraphe entre Séoul et Eui-tjyou fut posé par les soins de Li Hong-tchang, dirigé par des mandarins chinois ; Yuen Chi-khai, portant le titre de résident chinois, fut consulté, fut reçu au Palais avec des honneurs spéciaux ; il insista même avec exagération sur les privilèges de son gouvernement et indisposa peu à peu le Roi et quelques fonctionnaires, auxquels plaisait l’idée d’indépendance sans qu’ils fussent prêts à user de la réalité. Une tentative d’instituer une représentation à l’étranger (1887) manifesta les désirs du Roi[4] ; le gouvernement rencontra chez Li Hong-tchang, relativement à la prééminence des ministres chinois sur leurs collègues coréens, des exigences qui empêchèrent l’envoi de ceux-ci en Europe ; toutefois des représentants coréens s’étaient déjà rendus à Tokyo et à Washington.

La trêve entre la Chine et le Japon dura quelques années, traversées d’intrigues ; les chefs de la conspiration de 1884 réfugiés au Japon étaient gardés en réserve par le ministère japonais. Le 28 mars 1894, l’un d’eux, Kim Ok-kyoun, se trouvant à Chang-hai sur la concession internationale, fut assassiné par un de ses compatriotes, Hong Tjyong-ou, qui avait été forcé de quitter son pays plusieurs années auparavant et avait séjourné quelque temps à Paris. Il s’agissait peut-être d’une vengeance privée. Quoi qu’il en fût, faute de juridiction coréenne à Chang-hai, le meurtrier fut remis aux mandarins chinois qui l’expédièrent immédiatement à Séoul avec le corps de la victime. Kim Ok-kyoun était un rebelle ; suivant la loi coréenne, son cadavre fut dépecé et exposé en divers endroits ; Hong Tjyong-ou fut accueilli en triomphateur. Cette procédure surexcita la sentimentalité de la presse japonaise. En même temps une révolte des Tong-hak, société religieuse opposée à tous les étrangers et dont l’origine remonte au milieu du dernier siècle, agitait le sud-ouest de la péninsule, menaçait le commerce japonais. S’appuyant sur la convention de Thien-tsin et d’accord avec le Roi, la Chine et le Japon envoyèrent des troupes ; puis le 28 juin, M. Otori, ministre japonais, présenta un mémoire exposant tout un plan de réformes auquel le Roi et le gouvernement ne se hâtèrent pas d’acquiescer. Dans la déclaration de guerre lancée le 2 août, le Japon accusait la Chine de s’être immiscée dans l’administration de la Corée et d’avoir délibérément violé l’indépendance du pays : l’immixtion du Japon n’était pas moins flagrante. Dès le 23 juillet, les Japonais attaquèrent le Palais, retinrent prisonniers le Roi et la famille royale, déposèrent le souverain (qu’ils remirent bientôt sur le trône) et donnèrent la régence au Tai-ouen koun qui refusa le titre de Roi ; le 27, le gouvernement coréen déclarait la guerre à la Chine et chargeait les Japonais de chasser les Chinois de Corée. Le 25 sans déclaration d’hostilité, le Naniwa-kan, navire japonais, avait coulé le Kow-shing, bateau anglais, qui transportait à Tché-moulpo des troupes chinoises.

Les Japonais se trouvant maîtres à Séoul, les réformes, pendant plusieurs mois, se succédèrent rapidement, à l’imitation de celles qui avaient été accomplies au Japon lors de la Restauration. Réorganisation de la justice et des finances dont la direction est retirée aux préfets, exhortations et mesures contre les malversations et les « squeezes » des mandarins c’était en effet attaquer des maux urgents ; mais si l’exécution d’un pareil plan touchant aux intérêts des ryang-pan et des castes privilégiées, demandait autant de discrétion que de fermeté, il était puéril de créer sans préparation une assemblée délibérative, il était fou de bouleverser en même temps les formes sociales et familiales. La noblesse fut supprimée, l’égalité déclarée entre les mandarins civils et militaires ; les mandarins sans charge furent autorisés à faire le commerce ; les lois sur le mariage et l’adoption furent renversées ; les Coréens eurent ordre de se vêtir de couleurs foncées, de raccourcir leurs manches, de rogner leurs pipes, de couper leurs cheveux. En même temps les conspirateurs de 1884 étaient graciés ; il est vrai que dès le milieu de 1895, le principal d’entre eux, Pak Yeng-hyo (Bokou Éi-kô) était accusé de conspiration et arrêté.

Le ministre du Japon était fréquemment reçu en audience, assistait au conseil, inspirait tout le gouvernement. Après M. Otori, le comte Inoouhé, qui plus d’une fois avait eu à s’occuper des affaires coréennes, représenta le Mikado à Séoul (20 octobre 1894) ; ce politique de grande valeur, l’un des hommes de la Restauration, s’efforça d’introduire des réformes effectives dans l’administration et obtint du Roi un serment (7 janvier) instituant une sorte de constitution ; il fit écarter du Palais le Tai-ouen koun dont les intrigues étaient tour à tour dirigées contre les Chinois, contre les Japonais, contre tous les hommes et contre tous les partis. Mais bientôt il fut dégoûté, autant que par l’ignorance et l’esprit de coterie des Coréens, par l’attitude de ses propres compatriotes de Corée ; il s’en expliqua publiquement, citant de nombreux exemples de malhonnêteté commerciale, de violence contre les Coréens, d’indiscipline à l’égard des autorités. Le 1 septembre (1895), il remit la gestion au vicomte Mioura Gorô. Le 8 octobre, une troupe de Japonais dirigée par Okamoto Ryôno-souké, conseiller du gouvernement coréen, et soutenue par des troupes japonaises et par les Kounryentài (troupes coréennes ayant des instructeurs japonais) força les portes du Palais ; ils y firent entrer le Tai-ouen koun qu’ils escortaient, massacrèrent toutes les femmes du harem, de peur de laisser échapper la Reine, brûlèrent les corps arrosés de pétrole. Le vicomte Mioura fut rappelé ; une enquête judiciaire du tribunal siégeant à Hirosima reconnut la conspiration, la préméditation de meurtre, l’entente du ministre du Japon et de son secrétaire avec les meurtriers ; elle conclut : « Malgré ces faits, il n’y a pas d’évidence suffisante pour prouver qu’aucun des accusés a actuellement commis le crime prémédité ». Les accusés furent donc renvoyés indemnes.

Cependant le Roi, prisonnier des conspirateurs, tremblait pour sa vie, tandis que pleuvaient les décrets de réforme.

ii

Le vicomte Mioura avait ruiné l’influence de son pays ; alors apparaît un nouvel acteur qui s’était contenté jusque-là d’un rôle effacé. La Russie a au nord-est de la Corée une courte frontière commune depuis le traité de Péking (1860). Dès 1863 quelques familles passèrent le fleuve Touman, reçurent des terres, des grains, du bétail ; elles trouvaient sur territoire russe une administration régulière, bien différente de celle de leur pays ; en 1866, il y avait déjà dans la Province Littorale cent familles coréennes ; en 1895, trente-deux villages existaient, jouissant de l’autonomie communale. Après avoir traité avec la Corée comme les autres puissances européennes (1884), et avoir établi un ministre à Séoul, la Russie régla les rapports commerciaux sur la frontière de terre (convention du 20 août 1888) et s’engagea à renvoyer en Corée tout sujet coréen qui viendrait sur territoire russe sans passeport : l’exode des Coréens du Ham-kyeng préoccupait, en effet, et préoccupa encore plusieurs fois le gouvernement de Séoul. Il ne s’éleva d’ailleurs aucune difficulté entre les deux puissances. En 1891, le rôle du ministre russe était encore seulement d’observation M. Waeber, racontait-on à Séoul, cherchait à se faire bien venir du Roi en lui envoyant des gâteaux et des primeurs.

Au début de 1896, tandis que le Roi était prisonnier des conspirateurs et que le corps diplomatique délibérait, M. Waeber agissait secrètement par les intelligences qu’entretenaient dans le Palais ses Coréens de la Province Littorale. Le 11 février, le Roi et le prince héritier, cachés chacun dans une des chaises qui servent aux femmes du palais et que les mœurs coréennes ne permettent pas de fouiller, sortirent subrepticement et vinrent demander l’hospitalité à M. Waeber : pendant plus d’un an les décrets furent fabriqués par les ministres et signés par le Roi dans le salon du ministre russe, à côté de son cabinet de travail. Cependant, le peuple murmurant à la longue de voir son souverain dans la maison d’un étranger, la Cour se transporta (20 février 1897) dans le nouveau palais dont la construction s’achevait et qui est presque contigu aux légations de Russie, des États-Unis, de la Grande-Bretagne. Quelques mois plus tard (12 octobre) le Roi affirma son indépendance en changeant le nom du pays qui de Tjyo-syen devint Han et prenant le titre d’Empereur pour s’égaler à ses grands voisins de Chine, du Japon et de Russie.

Cette dernière puissance profita de l’heure qui s’était levée pour elle, avec la discrétion habituelle de sa diplomatie asiatique ; elle laissa le Roi à sa guise abolir les réformes, faire le procès des conspirateurs, combler d’honneurs ceux qu’ils avaient destitués ; elle se contenta d’offrir au nouvel Empereur ses services pour la réorganisation du pays ; ainsi fut créée une banque russo-coréenne (décembre 1897), furent appelés des instructeurs militaires (août 1897) et fut engagé (5 novembre) un conseiller financier, M. Kyril Alexiev, investi d’une autorité presque absolue dans son département. Ce protectorat déguisé promettait de donner bientôt à la Russie le port libre de glaces qu’elle n’a pas à Vladivostok. Déjà elle avait touché le but quand le commandant Byrilev était descendu à Tsou-sima (1861) ; peut-être avait-elle en vue une tentative analogue sur Port-Lazarev en 1885 ; mais la première fois les protestations de l’amiral Hope avaient fait rembarquer les Russes, et la seconde les Anglais s’étaient installés à Port-Hamilton dans un petit groupe d’îles (Ke-moun to) au sud de la péninsule (12 mai 1885). Sur la protestation de la Chine et de la Russie, les Anglais avaient évacué Port-Hamilton (27 février 1887), les Russes s’engageant à n’occuper aucun point de la côte coréenne, tant que la situation de la Corée n’aurait pas changé.

En 1897 encore, le but ne fut pas atteint, et encore à cause de l’Angleterre. Après la guerre, les Douanes coréennes séparées des Douanes chinoises, avaient conservé comme chef un ancien collaborateur de Sir Robert Hart, M. Mac Leavy-Brown ; celui-ci, dirigeant l’administration la plus productive du pays, avait au printemps de 1896 été nommé conseiller financier, puis, en juillet, été chargé du contrôle de toutes les recettes et de toutes les dépenses ; avec un talent incontestable, il rétablit la régularité des finances, écarta la banqueroute menaçante, présenta des excédents en fin d’exercice. Il n’y avait pas place à la fois pour l’Anglais et pour le Russe ; le journal l’Indépendant, organe du Club de l’Indépendance[5], protesta énergiquement contre la nomination illégale de M. Alexiev, une flotte anglaise parut à Tchémoulpo. En même temps la Russie demandait des concessions de terrains à Pou-san, Mok-hpo et Tjeung nam-hpo ; cette demande, justifiée, semble-t-il, par les précédents japonais[6], souleva les récriminations des ministres coréens qui donnèrent leur démission. M. de Speyer, ministre russe, déclara que son gouvernement désirait vivre en bons termes avec la Corée et n’avait pas l’intention d’imposer les services de ses sujets ; un meeting populaire organisé par le Club de l’Indépendance (10 mars 1898) déclara qu’on devait accepter la démission du conseiller et des instructeurs militaires, la suppression de la banque russo-coréenne. L’Empereur se soumit.

Il est probable que la Russie, qui négociait alors même l’acquisition de Port-Arthur, se tenait pour assurée du succès de ce côté et renonçait plus facilement à des avantages qui soulevaient de telles protestations. Cette retraite inopinée ne fut pas sans surprendre les Coréens mêmes ; elle fut toutefois moins complète qu’il ne paraissait. La convention Nisi-Rosen, signée à Tôkyô le 15 mai 1898 et qui complétait les conventions Komoura-Waeber (14 mai 1896) et Lobanov-Yamagata (9 juin 1896), acheva de définir les rapports en Corée des deux puissances signataires. L’indépendance de la Corée est confirmée et les deux puissances contractantes promettent d’engager le souverain à organiser une force armée pour la défense de son pays. En attendant le complet rétablissement de l’ordre, le Japon est autorisé à conserver 400 hommes à Séoul, 200 à Pou-san, 200 à Ouen-san, 200 le long de la ligne télégraphique Séoul-Pou-san ; la Russie a le droit de protéger sa légation et ses consulats par un nombre d’hommes égal à celui des soldats japonais. Les deux puissances doivent s’avertir mutuellement au cas où elles prêteraient à la Corée des instructeurs militaires ou des conseillers. Le Japon sera libre de développer ses entreprises économiques ; si la Corée voulait contracter des emprunts à l’étranger, les deux puissances s’entendraient pour les lui faciliter ; enfin la Russie a le droit d’établir une ligne télégraphique entre Séoul et la frontière russe.

Ainsi était constitué pratiquement un condominium des deux puissances sur l’empire indépendant de Corée : situation analogue pour le Japon à celle de 1885, mais avec un adversaire singulièrement plus redoutable. Cette fois le Japon employa plus utilement le temps. Des consulats soutenus par des forces de police furent établis dans les ports ouverts[7] ; près de chaque consulat fut installé un bureau de poste, bien que la Corée eût adhéré à l’Union postale. Une quinzaine d’écoles furent fondées pour l’étude du japonais et des sciences occidentales. Trois banques japonaises étendirent leurs affaires en Corée, aidèrent à la frappe de monnaie d’argent coréenne, promirent leur appui à une banque nationale coréenne qui a été au moins projetée ; la circulation des billets japonais en Corée fut imposée au gouvernement malgré les protestations de corporations coréennes importantes. La voie ferrée Séoul-Tchémoulpo, ouverte en septembre 1899, fut rachetée à la société américaine qui l’avait construite. La voie Séoul Pou-san fut entreprise avec des capitaux fournis en partie par la Maison de l’Empereur et par les plus grands capitalistes du Japon ; cette ligne sera ouverte l’an prochain et la compagnie a le droit de réclamer près de chaque station une concession territoriale. Bien plus, au début de l’an dernier, le Japon réclamait des terrains de culture pour des colons. En même temps, il a constamment exercé une action négative consistant à mettre des entraves à toutes les entreprises étrangères ; cette politique est assurée de succès avec les Coréens indolents et versatiles.

La Russie a plus qu’aucune autre puissance excité les criailleries de la presse japonaise, et aussi de la presse anglaise, par ses moindres démarches, prêts au gouvernement coréen, location de stations de pêche, engagement demandé de ne céder à aucune puissance l’île de Ke-tjyei (Kargodo, en avant de Ma-san-hpo), établissement d’un consulat à Ma-san-hpo. Au printemps dernier, forte d’une clause du protocole Lobanov-Yamagata, elle a commencé à poser un fil télégraphique du Touman vers Kyeng-syeng : conseillé par les Japonais le gouvernement coréen a fait arracher les poteaux. Des difficultés se sont ensuite élevées à propos de l’exploitation des forêts de l’Amnok (Ya-lou) dont la Russie est concessionnaire par un arrangement de 1896. Dans les bâtiments élevés pour le service de l’exploitation à Ryong-am-hpo et dans les agents de ce service, la presse a voulu voir une garnison et des forts ; l’inexactitude de ces assertions a été reconnue même par les Japonais. Ryong-am-hpo, situé en aval de Eui-tjyou, est d’ailleurs un point important comme débouché de la vallée de l’Amnok et terminus futur de la voie ferrée Séoul Eui-tjyou ; mais il perdra sa condition unique par l’ouverture de Ngan-tong situé sur la rive mantchoue, une dizaine de milles en amont (traité américain-chinois de 1903). Depuis l’été dernier, les négociations se poursuivaient entre le Japon et la Russie, relativement à Ryong-am-hpo, à la Corée tout entière, à la Mantchourie.

iii

En dehors de ces principaux intéressés, d’autres puissances seront-elles appelées à prendre parti dans la question coréenne ?

Dans les États-Unis, la Corée, comme la Chine, a placé une grande confiance, parce qu’elle ne leur attribue pas d’ambition territoriale. Elle a donc accueilli les missionnaires américains, très nombreux, qui ont trouvé au Palais un appui pécuniaire et moral pour leurs écoles et hôpitaux. Après la convention de 1885, c’est aux États-Unis que le roi de Corée a demandé des instructeurs militaires et des conseillers ; les uns et les autres, le général Dye, MM. Denny, Legendre, Greathouse, ont obtenu peu de résultats ; ils n’ont pas su inspirer aux mandarins coréens l’esprit de suite et l’honnêteté ; la tâche était d’ailleurs difficile, peut-être impossible à l’époque. Une maison de commerce existe depuis une quinzaine d’années. Plus récemment des entreprises industrielles, tramways électriques, exploitation d’une mine, ont été fondées par des Américains et leur appartiennent encore.

Pour la France, très redoutée d’abord en souvenir du massacre des missionnaires, les méfiances se sont peu à peu effacées ; grâce à une gestion très ferme et très suivie de ses intérêts[8], les missionnaires nombreux sont respectés, sont entrés en rapports avec les mandarins, ont pu sans difficultés excessives étendre leurs chrétientés ; des maisons de commerce françaises ont été fondées ; un grand nombre de nos compatriotes sont employés comme directeur des postes, directeur d’une école franco-coréenne, ingénieurs de la ligne coréenne de Séoul à Eui-tjyou, conseiller pour les mines, etc.

L’Allemagne et l’Angleterre ont aussi quelques intérêts industriels et commerciaux ainsi que des écoles ; l’Angleterre a un petit nombre de missionnaires et jouit d’une influence sérieuse par M. Mac Leavy-Brown, directeur des douanes.

Quels que soient ces intérêts étrangers, ils ne semblent pas suffisants pour justifier éventuellement autre chose qu’une action diplomatique. L’envoi récent à Séoul de détachements de diverses nationalités n’a eu pour but que la protection des Européens contre une effervescence populaire possible ; vraisemblablement le gouvernement coréen voyait avec plaisir cette mesure qui semblait de nature à écarter les occasions d’intervention pour les troupes japonaises.

Les Coréens eux-mêmes auraient leur mot à dire dans la question. L’antipathie traditionnelle pour le yei nom, le « coquin de Japonais », est universelle ; elle est augmentée par tous les événements que j’ai rappelés, par la présence en trop grand nombre parmi les Japonais de marchands malhonnêtes, de contrebandiers, de faux monnayeurs, de sôsi en disponibilité. Mais d’autre part une minorité plus remuante que nombreuse a partie liée avec les Japonais. Le souverain n’a pas de volonté, les mandarins sont dépourvus d’esprit public, la société est dans l’anarchie. On conçoit difficilement une politique déterminée du gouvernement, l’État reste sans direction et sans défense ; mais on imagine beaucoup mieux une résistance passive, des attaques, voire des guérillas, rendant pour longtemps impossible l’administration régulière du pays et mettant dans de graves embarras les occupants japonais.

La Chine étant éliminée par sa défaite de 1895 et par son état intérieur[9], il ne reste en présence que les deux voisins, Japon et Russie. Le premier a en Corée une situation économique prééminente, non pas fort grosse actuellement, le montant total du commerce extérieur étant de cent millions de francs environ, mais susceptible d’accroissement par une meilleure exploitation agricole et industrielle. Le gouvernement japonais n’est pas fâché de déverser en Corée le surplus de sa population qui ne s’acclimate ni en Ézo ni en Formose ; il se débarrasse ainsi d’éléments aventureux et dangereux. La situation géographique est telle que la Russie, établie dans la péninsule, serait pour le Japon un objet de souci constant ; il est dur à cet Empire, après avoir vécu isolé, après avoir dominé des voisins plus faibles, de tomber dans la condition des puissances européennes qui ont toujours l’ennemi éventuel à leurs portes. Ce qui agit enfin sur l’imagination populaire, c’est le souvenir des expéditions légendaires et historiques les descendants des Argonautes regardent toujours vers la Colchide.

La Russie n’a ni l’attrait historique ni le besoin de terre d’immigration ; ses intérêts économiques en Corée sont faibles[10] ; maîtresse de Port-Arthur, dominant la Mantchourie, communiquant librement par terre de Port-Arthur et Vladivostok à Irkoutsk et à Moscou, elle peut se passer de la mer du Japon ; elle a donc pu sur le terrain coréen se montrer coulante dans l’occurrence présente. Mais elle a sans doute peu de goût pour la mitoyenneté avec un voisin querelleur ; elle parait aussi n’avoir pas oublié l’importance prochaine du Pacifique, n’avoir pas voulu que ses communications fussent entravées à tout jamais par d’autres Dardanelles.

En fin de compte, la guerre a éclaté sans déclaration, les Japonais ont occupé la Corée, pays neutre, pays qui a le tort d’avoir depuis trois cent ans désappris à se défendre. C’est le destin de la Corée qui est en question ; mais l’enjeu est plus considérable il s’agit de savoir si, après tant de vaines tentatives, les Japonais prendront pied sur le continent ; s’ils vengeront sur la Russie la défaite infligée par les Chinois et les Coréens au xvie siècle, l’invasion manquée des Mongols au xiiie ; si enfin l’expansion de l’Europe en Extrême-Orient va se briser contre une expansion rivale et suscitée par elle.

Maurice Courant.
  1. Bibliographie : Henri Cordier, Histoire des relations de la Chine avec les Puissances Occidentales, 3 vol., Paris, 1901-1902 ; voir t. ii, chap. 5 et 27 ; t. iii, chap. 11 à 14. — Treaties, Regulations, etc., between Corea and other Powers, 1876-1889 ; published by order of the Inspector General of Customs, 1 vol. ; Shang-hai, 1891. — M. von Brandt : 33 Jahre in Ost-Asien, 3 vol., Leipzig, 1901, vol. iii, chap. 9. — Korean Repository, publié à Seoul : 1897, the Emeute of 1884, by F. H. Mörsel (nos de mars, avril, juin), — 1895, the King’s oath at the Ancestral Temple (No de février), — 1896, official report on matters connected with the events of october 8th 1895 and the death of the queen (No de mars), — 1898, the Deer Island episode, etc. (No de mars), — 1897, the Agreement between Russia and Japan (No de mars), — 1898, the Nishi-Rosen convention (No de mai), — 1895, the Fate of the « General Sherman » by Rev. Jas. S. Gale (No de juillet). — Htong moun koan tji (Historique de la Cour des Interprètes), 6 vol., in-folio, publication officielle coréenne, 1882 et 1889 ; voir livres 5, 6, 9, 10, 11, 12.
  2. Les deux derniers traités non ratifiés ont été remplacés par de nouveaux instruments signés l’un et l’autre le 26 novembre 1883. Parmi les traités signés depuis lors, celui de la Russie est du 7 juillet 1884, celui de la France du 4 juin 1886.
  3. Von Möllendorff fut recommandé au roi par Li Hong-tchang, ou même nommé par ce dernier (fin de 1882).
  4. Min Yeng-tjyoun et Kim Ka-tjin furent envoyés au Japon ; Pak Tyeng-yang fut désigné pour l’Amérique, Tjyo Sin-heui pour l’Europe.
  5. Ce club remuant a été fondé au début de 1896, par le Dr Philip Jaisohn : ce personnage n’est autre que Sye Tjai-hpil qui, compromis en 1884, s’est réfugié aux États-Unis et est rentré en 1895 pour être nommé conseiller privé.
  6. Outre ses concessions spéciales dans les ports ouverts, le Japon a deux dépôts de charbon, l’un à Tjyel-yeng to (Deer Island, Pou-san), l’autre à Ouel-mi to (île Roze, Tchémoulpo) ; il en demandait récemment un sur le Tai-tong kang.
  7. Les ports ouverts sont Pou-san (ouvert en 1877), Ouen-san (1880), Tché-moulpo (1883), Kyeng-heung (1888), Tjeung-nam-hpo et Mok-hpo (1897), Hpyeng-yang, Koun-san, Ma-san-hpo, Syeng-tjin (1899). Séoul est aussi ouvert au commerce étranger (1882).
  8. M. Collin de Plancy qui en 1887 a procédé à l’échange des ratifications du traité franco-coréen, est encore aujourd’hui, après une absence de quelques années, ministre en Corée.
  9. Les relations officielles ont été rétablies entre la Chine et la Corée par le traité du 11 septembre 1899. Voir la traduction italienne dans le Bollettino di legislazione e slatistica doganale e commerciale (avril, mai, juin, 1900, p. 564).
  10. Elle a toutefois une mine, les forêts du nord, des droits pour la pêche de la baleine ; la Banque russo-chinoise est représentée. Une école russo-coréenne existe depuis 1896.