La Figure de proue/Sieste

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Eugène Fasquelle (p. 52-53).

Sieste

Les regards et les dents brillent comme des perles
Au fond de la maison obscure,
Cloche de fraîcheur, nuit légère qui dure
Dans l’océan de la lumière qui déferle.

L’Afrique est tout autour de la maison, et brûle.
Fermez les volets, fermez les rideaux !
Pour que l’insoutenable été s’annule
Contre ces rideaux et ces volets clos.

Une croix de feu flamboie aux fenêtres,
Mince filtration du dehors sans espoir,
Et l’on entend autour de soi l’errement noir
Des mouches ivres de bien être.


Ah ! couchons-nous morts de fatigue dans les lits,
Parmi le petit bruit de ces mouches funèbres,
Et dormons enroulés au quadruple repli
De la paradoxale et fragile ténèbre !…