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La Fleur d’Or/Frutti di Mare

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La Fleur d’OrAlphonse Lemerre, éditeurvol. 3 (p. 122).


Frutti di Mare


Vers le tomber du jour à la Mergellina
Vint l’étranger ; vous, à votre fenêtre,
Une quenouille en main, vous souriiez, Nina…
Mon cœur a dit : « Peut-être ? »

Il revient, l’étranger, manger des fruits de mer ;
De vos doigts fins écorçant une orange,
Ou lissant vos cheveux, vous entonnez un air :
Plus d’un regard s’échange.

Puis, ses paniers au bras, voici le brun pêcheur ;
Dans l’eau saline il trempe l’huître fraîche…
Ah ! son œil en dessous rit à votre œil moqueur.
J’ai compris : double pêche !

Oui-da, beaux fruits de mer, long regard virginal
Prennent deux fois l’étranger : on le guette…
Heureux Napolitains, ainsi, sa’ns trop de mal,
La dot est bientôt faite.