La France Juive (édition populaire)/Livre 4/Chapitre 3

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Victor Palmé (p. 257-263).


CHAPITRE TROISIÈME


L’Alliance israélite universelle, son organisation, sa puissance. — La presse israélite. — Juifs d’Allemagne et Juifs de France. — Le Bulletin de l’Alliance. — Les contributions volontaires. — Le testament de Crémieux. — Ce qui est captation et démence sénile chez un Chrétien, est un acte de générosité intelligente et réfléchie chez un Juif.


I


La grande œuvre de Crémieux, en effet, c’est l’Alliance israélite universelle, et il a eu raison de dire, à son point de vue, qu’elle était « l’institution la plus belle et la plus féconde qui ait été fondée dans les temps modernes ».

On ne peut rêver d’instrument de domination plus puissant, et l’on s’explique qu’elle gouverne le monde.

L’Alliance, telle qu’elle est constituée actuellement, ne date que du mois de juillet 1860 ; sa première assemblée générale eut lieu le 30 mai 1861. En réalité, elle fonctionnait déjà à l’état latent depuis de longues années ; mais les Juifs, sûrs de leur victoire, éprouvèrent le besoin d’avoir un pouvoir officiel, une représentation effective de leur nation, qui pût parler en leur nom à l’Europe.

La constitution de l’Alliance est fort simple en apparence. Tout Juif peut faire partie de l’Alliance, moyennant une faible cotisation de six francs par an.

L’Alliance est gouvernée par un comité central, qui se composait d’abord de 40 membres et qui en compte maintenant 60, les Juifs étrangers ayant trouvé qu’ils n’étaient pas assez représentés. Le comité central réside à Paris ; il correspond avec les comités régionaux ou locaux. Les membres du comité sont nommés pour neuf ans parle vote universel des membres de l’Alliance, renouvelables par tiers tous les trois ans et indéfiniment rééligibles ; ils élisent, chaque année, parmi eux, un bureau, composé d’un président, de deux vice-présidents, d’un trésorier et d’un secrétaire général.

Un comité peut être constitué dans toute localité où la Société compte dix adhérents, et les comités régionaux constitués dans tout pays où il existe plusieurs comités locaux.

Les comités locaux et régionaux agissent par eux-mêmes dans les questions d’un intérêt purement local, mais sous leur propre responsabilité.

Ils transmettent au comité central et en reçoivent lea communications sur tout objet intéressant la Société.

Ils provoquent et recueillent les souscriptions, et en versent le produit dans la caisse du comité central. Le comité central est composé, en ce moment, de la manière suivante :


Membres résidant à Paris. — MM. Isidor, grand rabbin de France, président honoraire ; Goldschmidt président ; Joseph Derenbourg, vice-président ; Narcisse Leven, vice-président ; Kann, secrétaire général ; Leonce Lehmann, trésorier délégué ; Astruc, grand rabbin ; Bédarrides ; Jules Carvallo ; Abraham Créhange ; Hartwig Derenbourg ; Michel Erlanger ; baron M. de Hirsch ; Zadoc Kahn, grand rabbin ; Edouard Kohn ; Ernest Lévi-Alvarès ; Théodore Lévy ; Eugène Manuel ; Jules Oppert ; Eugène Pereire ; Joseph Reinach ; Jules Rosenfeld ; Victor Saint-Paul ; Louis Singer ; E.-F. Veneziani ; Hippolyte Rodrigues, membre honoraire.

Membres ne résidant pas à Paris. — MM. Dr Adler, grand rabbin, à Cassel ; Dr Baervvald, à Francfort-sur-Mein ; Dr Bamberger, rabbin, à Kœnigsberg ; comte A. de Camondo, à Constantinople ; Israël Costa, rabbin, à Livourne ; Alexandre-A. Daniels, à Amsterdam ; Samuel Dreyfus-Neuman, à Bâle ; Moses-A. Dropsie, à Philadelphie ; Dr Dunner, grand rabbin, à Amsterdam ; Dr Feilchenfel, rabbin, à Posen. ; Dr Frank, rabbin, à Cologne ; Dr Fuld, avocat, à Francfort-sur-Mein ; Dr Grœtz, professeur, à Breslau ; sir Julian Goldsmith, Bart, à Londres ; Myer-S. Isaacs, à New-York ; Dr Josephthal, avocat, à Nuremberg ; Eude Lolli, grand rabbin, à Padoue ; H. Magnus, à Leipzig ; Maroni, grand rabbin, à Florence ; Dr S. Neumann, à Berlin ; J. Oppenheim, à Bruxelles ; Dr Philippson, rabbin, à Bonn ; Esdra Pontremoli, rabbin, à Verceil ; Dr Leone Ravenna, à Ferrare ; Simon C.-Salomon, à Metz ; Dr A. Salvendi, rabbin, à Durkeim, a. d. H ; Philipp Simon, à Hambourg ; le chevalier Joseph de Wertheimer, à Vienne ; Dr A.-A. Wolff, K. D., grand rabbin, à Copenhague.


Le nombre des adhérents est de 28, 000 environ. Le budget ostensible dont dispose l’association, est d’un million de francs ; mais les ressources réelles, on le comprend, sont à peu près illimitées.

Disposant, par l’argent, de toute la grande presse européenne, sauf de rares exceptions, et agissant par elle sur les peuples, les Israélites n’en ont pas moins des centaines de journaux qui s’adressent uniquement aux fils de leur race et les entretiennent des destinées qui les attendent.


II


L’Alliance est absolument étrangère à l’idée de patrie dans le sens que nous prêtons à ce terme ; il serait superflu d’insister sur ce point. Quelques mots de Crémieux résument l’esprit de l’institution plus nettement que nous ne pourrions le faire :

L’Alliance n*est pas une Alliance française, ailemande ou anglaise : elle est juive ; elle est universelle. Voilà pourquoi elle marche, voilk pourquoi elle réussit.

Rien ne montre plus clairement les sentiments qui animent les membres de l’association que les effusions auxquelles les Juifs français allèrent se livrer, entre les bras de leurs frères d’Allemagne, quelques mois avant la guerre de 1870. Écoutez Crémieux vous racontant la séance du 3 février 1870, cette scène idyllique qui eut lieu à propos d’une souscription organisée en faveur des Juifs de la Pologne russe.

Tous y vont : Goldschmidt, le vice-président, « toujours empressé quand il faut payer de sa personne et de sa bourse » ; Albert Cohn, « toujours dévoué » ; et Leven, « qui sanctifiait ainsi son grand deuil ». C’est une vraie fête de famille, un bouquet de fleurs jaunes.


Il n’y avait dans notre réunion que des Juifs. Ai-je besoin de vous rappeler que nous étions en Allemagne, dans ce grand pays de savoir et d’intelligence où les esprits, en apparence calmes et froids, se passionnent si noblement pour les idées du Beau et du Bien ; que nous étions à Berlin, dans ce grand foyer de science que les triomphes sur les champs de bataille viennent de grandir avec tant d’éclat, et que dans notre réunion étincelaient les grandes lumières de l’intelligence ! (Applaudissements.)


Cette réunion eut l’importance historique du fameux convent de Wilhemsbad où furent résolues la mort de Louis XVI et celle du roi de Suède. Ce fut là qu’on décida l’écrasement de la France, qui devait rapporter tant de milliards à la finance Israélite, et, en désorganisant pour longtemps notre cher pays, permettre aux Juifs d’envahir toutes les situations importantes et d’en chasser tous les Français.


III


On devine, en effet, de quel poids pèse dans le plateau de la balance le concours de ces hommes de toutes les nationalités étroitement unis entre eux, obéissant docilement à un mot d’ordre. Gambetta rêva sans doute un moment d’avoir à son tour dans la main ce levier qui se déplace selon l’intérêt du moment ; mais l’Allemagne, avec sa forte organisation, son personnel d’officiers sévèrement fermé aux Juifs, son patriotisme clairvoyant et solide, est autrement difficile à entamer que cette France qui choisit pour la gouverner le premier étranger venu.

L’Alliance israélite traite d’égal à égal avec les puissances ; elle envoie des notes, des protestations, des ultimatums, que les souverains reçoivent avec une docilité exemplaire. Nous avons montré à nos lecteurs, à propos de la question de la Roumanie, la politique extérieure que Crémieux avait fait accepter du gouvernement républicain. Sous le prétexte, assurément bizarre, que la France, au temps où elle avait son bon sens et où elle comptait dans le monde, a été la seule nation de l’Europe qui ait extirpé complètement les Juifs de son sein, Crémieux prétendait que nous étions les pères, les champions, les tuteurs nés de tous les Israélites de la terre.

Cette thèse a fini par ne plus soulever de contradictions, et dès qu’un Juif est emprisonné pour vol dans quelque coin de la planète, nos ambassadeurs, nos consuls, nos chanceliers, nos drogmans s’agitent, se remuent, trottent, rédigent des mémoires, formulent des protestations. Au zèle déployé l’on voit tout de suite quels sont les membres du corps diplomatique qui auront de l’avancement. Mellinet, ministre de France en Roumanie, puis en Perse, se multiplie à Téhéran ; Tissot se met en quatre au Maroc pour mériter d’être envoyé à Constantinople, puis en Angleterre ; mais Roustan les surpasse tous à Tunis.

Crémieux, dans son testament, tint à laisser publiquement une preuve de sa sollicitude à l’Alliance isrâélite.


Je lègue, écrivait-il, une somme de 10,000 francs à l’Alliance isrâélite universelle. Comme l’Alliance n’est pas une société légalement autorisée, j’impose à mes enfants l’obligation de compter, dans les trois mois de mon décès, au président de l’Alliance israélite universelle cette somme de dix mille francs, dont l’emploi sera fait selon la décision que prendra le Comité central.


Les catholiques n’eurent garde de blâmer cette disposition. Quel droit plus sacré que celui de disposer d’une partie de son patrimoine en faveur d’une cause qu’on a servie toute sa vie, de se survivre en quelque sorte par sa fidélité à une idée qui vous a été chère, de s’associer par delà le tombeau à des labeurs et à des préoccupations qui ont été les vôtres ?

Supposez que je lègue dix mille francs à l’ordre des Bénédictins, chez lesquels j’ai passé un mois charmant dans ma jeunesse, dont les travaux littéraires et historiques se rapprochent des miens : voyez-vous d’ici Lockroy ou Camille Dreyfus à la tribune. « Captation ! Messieurs, bien de main morte !… Cet homme sait que cette congrégation n’est pas autorisée, et il lui lègue tout de même. Peut-on imaginer un mépris plus profond pour les lois ? Voilà ce qu’enseigne le Syllsibus ! Vous n’admettrez pas qu’un Français puisse enrichir un ordre dans lequel il y a des étrangers[1]) ! »

Pour ces gens-là, en effet, et pour la majorité républicaine suspendue à la poche des financiers juifs, les membres du comité central qui habitent Berlin, Munich, Hambourg, ne sont pas des étrangers, et, si on les pressait un peu, ils finiraient par avouer qu’il n’y a que les Juifs qui soient chez eux en France…

  1. Au mois de mars 1884, le conseil d’État, dont le Juif Camille Sée est le plus beau fleuron, a refusé à la supérieure des Filles de Saint-Vincent-de-Paul l’autorisation d’accepter le legs d’une dame Lecerf, qui avait consacré une somme de quarante mille francs à fonder deux lits dans la maison de retraite de Sainte-Anne d’Auray, à Chàtiilon-sous-Bagneux.
      Dans leur haine pour ces saintes Filles de la Charité, que les sauvages eux-mêmes vénèrent, ces misérables n’ont pas reculé devant la pensée de spolier les pauvres.
      Si l’on proposait aux Juifs de détourner de leur destination les dix mille francs de Crémieux, ils pousseraient les hauts cris ; ils trouvent tout simple qu’on chasse les Sœurs de Charité de l’hôpital Cochin et qu’on garde l’argent que le fondateur a laissé spécialement pour leur entretien.