La France juive/Livre Sixième/III/1

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
(vol 2p. 380-435).


III


LES JUIFS


Hypocrite chez les Francs-Maçons et les Protestants et exagérée surtout par cette servilité qui pousse certains hommes à se mettre toujours du côté du plus fort, la persécution religieuse prend, avec les Juifs, un caractère d’âpreté tout particulier. Rien pour eux n’est changé ; ils haïssent le Christ en 1886, comme ils le haïssaient du temps de Tibère Auguste, ils le couvrent des mêmes outrages. Fouetter le crucifix le Vendredi-Saint, profaner les hosties, souiller les saintes images, telle est la grande joie du Juif au Moyen Age ; telle est sa grande joie aujourd’hui. Jadis, il s’attaquait au corps des enfants ; aujourd’hui, c’est à leur âme qu’il en veut avec l’enseignement athée ; il saignait jadis, maintenant il empoisonne : lequel vaut mieux ?

En constatant la persistance de ces sentiments de haine chez les Juifs, il est impossible de ne point parler un peu longuement de ce sacrifice sanglant, cette accusation mille fois prouvée et contre laquelle ils se défendent toujours avec l’aplomb qui les caractérise.

Cet usage a-t-il existé réellement ? Renan, à propos de l’affaire Tiszla Elzlar, a délivré aux Juifs un certificat de bonne conduite, « Parmi les calomnies engendrées par la haine et le fanatisme, dit-il, il n’y en a certes pas de plus absurde que celle qui affirme que les Juifs versent le sang à l’occasion de leurs fêtes religieuses. Croire de pareilles histoires n’est rien moins qu’une folie monstrueuse[1]. »

Par malheur d’innombrables faits contredisent le témoignage fort suspect de Renan.

En 1071, à Blois, un enfant est crucifié par les Juifs et ensuite jeté à la rivière ; en 1114, à Norwich, en Angleterre, un enfant de douze ans est attiré dans une maison juive et subit d’affreux supplices ; eu 1179, un enfant, que l’Église vénère sous le nom de saint Richard et dont elle célèbre la fête le 25 mars, est assassiné le jour de Pâques ; en 1181, un autre enfant, Radbert, est tué par les Juifs, également au moment des fêtes de Pâques ; en 1236, près d’Haguenau, trois enfants de sept ans sont immolés par les Juifs ; en 1244, un enfant chrétien est martyrisé ; en 1255, un enfant de Lincoln, Hugues, est séquestré jusqu’aux jours de la Pâque, et les Juifs, venus de tous les coins de l’Angleterre, le mettent en croix ; en 1257, en 1261, mêmes attentats à Londres et à Wellsenbourg ; en 1261, à Pforztzheim, près de Bade, une petite fille de sept ans est étranglée ; en 1283, à Mayence, un enfant est vendu par sa nourrice aux Juifs qui le tuent ; en 1285, à Munich, un enfant est saigné ; en 1286, un enfant de quatorze ans, du nom de Uthernher, est martyrisé pendant trois jours ; en 1287, à Berne, un petit garçon, Rudolph, est tué pour la Pâque ; en 1292, 1293, 1295, mêmes fait à Colmar, à Crems, à Berne ; en l303, un petit écolier, Conrad, fils d’un soldat, est égorgé ; en 1345, le bienheureux Henry est égorgé de même ; en 1401, à Düssenlofen, en Wurtemberg, un enfant de quatre ans a le même sort ; en 1407, les Juifs sont expulsés du pays, à la suite de faits semblables ; en 1429, à Rovensbourg, Louis Von Bruck est sacrifié par les Juifs qu’il servait à table pendant la Pâque ; en 1454, en Castille, un enfant est mis en pièces et l’on fait cuire son cœur ; en 1462, un enfant, le bienheureux André, est immolé ; en 1475, martyre du bienheureux petit Simon, à Trente ; en 1480, mêmes crimes à Trévise et en Vénétie ; en 1486, à Ratisbonne, six enfants sont victimes des Juifs ; en 1303, un enfant est livré aux juifs par son propre père ; en 1520, à Biring, deux enfants sont saignés ; en 1541, un enfant de quatre ans, Michel, est torturé pendant trois jours ; en 1547, à Rave, le fils d’un tailleur est crucifié par deux Juifs ; en 1569, un enfant est égorgé par le Juif Jacques de Leozyka ; en 1574, à Punia, en Lithuanie, une petite fille âgée de sept ans est assassinée par le Juif Joachim Smieilavicz ; en 1597, près de Siyalow, les Juifs égorgent un enfant pour asperger de son sang la nouvelle synagogue ; en 1550, à Ladaen, un enfant de cinq ans Mattheus Jillech, est assassiné ; en 1670, le Juif Raphaël Lévy est brûlé vif pour avoir saigné un enfant[2].

Des faits analogues se passent à chaque instant en Orient.

Tous ces crimes sont attestés par d’innombrables historiens dont les témoignages allongeraient démesurément cet ouvrage. M. Rupert, dans son Histoire de la Synagogue, a cité quelques-uns des récits les plus frappants.

Il n’est pas un écrivain du Moyen Age qui ne parle de ces faits comme d’une chose ordinaire.

Le Chroniqueur Saxon, qui mentionne tout ce qui se passe autour de lui et n’oublie pas de noter le temps qu’il fait, a raconté l’assassinat de l’enfant de Norwich.

« En ce temps-là, dit-il, les Juifs de Norwich achetèrent un enfant chrétien avant Pâques et le torturèrent avec toutes les mêmes tortures dont Notre-Seigneur avait été entouré, et, le Vendredi-Saint, ils le pendirent à une corde en haine de Notre-Seigneur et ensuite le brûlèrent. Il fait de merveilleux miracles et on l’appelle saint Guillaume. »

Mais c’est Chaucer peut-être qui est le plus intéressant à consulter sur ce point. Le poète du XVe siècle, qui repose à Westminster et sur la tombe duquel on a gravé quelques jolis vers de la Fleur et de la Feuille, fut le peintre exact des mœurs de son temps. Les Contes de Canterbury (The Canterbury tales) sont une sorte de Décaméron auquel sert de prétexte et de cadre le pèlerinage, ce pèlerinage aux reliques de saint Thomas Becket, qui joua un si grand rôle dans la vie anglaise d’autrefois et qui attirait, chaque année, vers le célèbre sanctuaire, des centaines de milliers de voyageurs non point d’Angleterre seulement, mais des plus lointains pays[3].

Réunis par hasard, des pèlerins de toutes les conditions : un homme de loi, un seigneur campagnard, un capitaine de navire, un riche marchand, un médecin, une commère de Bath, « veuve de cinq maris sans plus, » une supérieure de couvent, conviennent pour charmer l’ennui du chemin de conter tour à tour une histoire. Rien n’est plus touchant que le Récit de la Prieure. Il est vraiment d’un charme si profond dans son mysticisme féminin que nous le traduisons presque en entier en nous efforçant de respecter, autant que possible, la naïveté de l’original.


LE RÉCIT DE LA PRIEURE

… Dans une grande cité d’Asie se trouvait, au milieu du peuple chrétien, une Juiverie, protégée par un seigneur du pays, « for foul usure and lucre of felonye, » odieuse au Christ et à sa compagnie. Et l’on pouvait s’en aller à travers ce quartier à cheval et à pied, car il était libre et ouvert aux deux bouts.

Or, à une des extrémités existait une petite école de chrétiens où se trouvaient des enfants, un grand nombre d’enfants issus de sang chrétien, qui apprenaient dans cette école, année par année, les leçons usitées dans ce pays-là, c’est-à-dire à chanter et à lire, comme le font tous les petits enfants dans leur bas âge.

Parmi les enfants était un fils de veuve, un gentil petit clerc de sept ans d’âge, qui chaque jour venait à l’école, et toutes les fois qu’il voyait une image de la Mère du Christ, il avait en usage, comme on lui avait appris, de s’agenouiller et de dire « Ave Maria » comme il passait par le chemin.

Aussi la veuve avait-elle appris à son petit fils à honorer notre bienheureuse Dame, chère Mère du Christ, et il ne l’oubliait jamais ; car les bons enfants simples apprennent cela bien vite ; et vraiment chaque fois que j’y pense, Nicolas me revient à l’esprit, lui qui, si jeune, au Christ fit révérence. « For he no young to Crist dede reverence. »

Ce petit garçon, encore fort occupé de son abécédaire, entendait d’autres enfants chanter l’Alma Redemptoris qu’ils apprenaient dans leur antiphonaire et lui était assez audacieux pour s’approcher de plus en plus, écoutant constamment les paroles et les notes, jusqu’à ce qu’il sût le premier verset tout à fait par cœur.

Mais il ne comprenait rien à ce latin, tant il était jeune et tendre d’âge. « For he so young and tender was of age. »

Il priait son camarade de lui expliquer ce chant en son langage, et de lui dire pourquoi ce chant était en usage. Ainsi le priait-il, et bien souvent sur ses genoux tout nus, de le lui expliquer et éclaircir.

Son compagnon, un peu plus âgé que lui, répondait ainsi : « Ce chant, m’a-t-on dit, a été fait en l’honneur de notre bienheureuse Dame pour la saluer, et aussi pour la prier d’être notre secours et notre assistance quand nous mourrons. Je ne puis pas t’en dire plus long en cette matière ; car j’apprends le chant, mais je ne sais que fort peu de grammaire. »

Et ce chant a été fait en l’honneur de la Mère du Christ ? disait cet innocent. Oui ! certes, je vais faire grande diligence pour le savoir tout entier, avant la Christmas. Dussé-je être disgracié pour mon abécédaire, et battu trois fois en une heure, je veux le savoir, « I wol it conne, our lady for to honoure. »

Son camarade le lui apprit en particulier, quand ils rentraient à la maison, et cela tous les

jours, jusqu’à ce qu’il le sût par cœur.


Puis il le chanta bien et hardiment.
Tout mot à mot d’accord avec le chant.

Deux fois par jour il repassait à travers sa gorge, quand il allait à l’école et quand il rentrait à la maison ; et toute son intention était placée dans la Mère du Christ. Comme je l’ai dit, ce petit enfant en s’en allant et s’en venant par la Juiverie, chantait et criait plein d’allégresse : O Alma Redemptoris. La douceur de la Mère du Christ avait tellement percé son cœur, que, pour la mieux prier, il ne pouvait cesser de chanter en chemin.

Notre premier ennemi, « the serpent Sathanas, » qui a au cœur des Juifs son nid de guêpes.

That hath in Jewes hert his waspis nest,

se gonfla de rage et dit : « O peuple hébraïque ! hélas ! est-ce là pour vous une chose honnête que semblable gamin se promène à sa guise, à votre grand dépit, et chante une telle chanson qui est contre le respect de vos lois ? »

Dès lors, les Juifs conspirèrent pour chasser cet innocent de ce monde ; ils louèrent un homicide qui avait un domicile retiré dans une allée ; ce maudit Juif le saisit, le tint ferme, lui coupa la gorge et le jeta dans une fosse.

Je dis qu’il le jeta dans un cloaque immonde, où ces Juifs « purgen her entraile. » O maudit peuple ! tous neveux d’Hérode, de quoi vous servira votre mauvais dessein ? Le meurtre sera connu, certes cela ne manquera pas… et la voix du sang couvrira de ses clameurs votre action maudite.

O martyr confirmé en virginité, tu peux chanter à présent et suivre continuellement le céleste agneau dont le grand Evangéliste saint Jean écrivait à Pathmos que les vierges marchent devant lui, en chantant un cantique toujours nouveau.

Et la pauvre veuve attendit toute la nuit son petit chéri, et il ne vint pas. Aussi dès qu’il fit jour, le visage tout pâle de peur et de pensées anxieuses, elle s’en alla le chercher à l’école et ailleurs, jusqu’à ce qu’enfin elle découvrit à force de recherches, que c’était dans le quartier des Juifs qu’on l’avait vu en dernier lieu.

Le cœur rempli d’une maternelle pitié, elle s’en va, à moitié hors d’elle-même, de place en place, partout où elle pouvait supposer trouver son petit enfant. Et sans cesse elle criait vers la Mère du Christ douce et bénigne, et elle alla enfin tout droit le chercher parmi les Juifs maudits.

Elle priait, et suppliait piteusement tous les Juifs qu’elle rencontrait de lui dire si par hasard son fils avait passé là. Ils disaient : non ; mais Jésus, par sa grâce, lui mit en pensée de pousser des cris vers son fils à l’endroit même où on l’avait jeté dans la fosse.

O grand Dieu, qui tires ta louange de la bouche des innocents, telle est donc ta puissance ! Cette perle de chasteté, cette émeraude, bien plus ce brillant rubis du martyre, gisait là, la gorge coupée, et il se mit à chanter Alma Redemptoris mater si haut, que toute la place en retentit.

Le peuple chrétien, qui passait dans la rue, entra pour admirer ce prodige, et en toute hâte on envoya chercher le prévôt. Il arriva aussitôt et sans tarder, et loua le Christ qui est le roi du Ciel, et puis sa Mère, honneur de l’humanité, puis il fit lier les Juifs.

Avec de profondes lamentations, on retira l’enfant qui chantait toujours son chant ; et, avec honneur et grande procession, on le transporta à l’abbaye voisine. Sa mère gisait évanouie près de la bière ; et c’est à peine si les gens qui étaient là purent en arracher cette nouvelle Rachel. Le prévôt fit périr chacun de ces Juifs avec tourments et honteuse mort, et cela sur le champ. Et il ne put s’empêcher de les maudire en disant : Celui-là aura le châtiment qui mérite le châtiment. Il les fit donc traîner par un cheval fougueux, puis suspendre de par la loi.

Et notre innocent reposa sur sa bière devant l’autel, tandis qu’on disait la messe. Puis l’abbé et son couvent engagèrent les bonnes gens à le faire enterrer de suite. Et quand on jeta sur lui l’eau bénite, l’enfant, arrosé de cette eau sainte, parla de nouveau et chanta Alma Redemptoris mater.

Cet abbé, qui était un saint homme (comme le sont les moines, ou du moins devraient l’être), se mit à conjurer le jeune enfant et dit : « O cher enfant, je t’implore en vertu de la Sainte-Trinité, dis-moi donc quelle raison tu as pour chanter, puisque ta gorge est coupée, ce me semble. »

« Ma gorge est coupée jusqu’à l’os de mon cou, dit cet enfant, et par voie de nature j’aurais dû mourir il y a longtemps. Mais Jésus-Christ, comme vous le trouvez dans les livres, veut que sa gloire demeure et reste grande dans les esprits, et pour l’honneur de sa Mère chère, je puis chanter encore Alma, haut et clair.

Cette fontaine de merci, du Christ douce Mère, je l’ai toujours aimée. Et sur le point de mourir je la vis venir à moi ; et elle m’ordonna de chanter cette antienne pendant mon trépas, telle que vous l’avez entendue. Et quand j’eus chanté il me sembla qu’elle déposait un grain sur ma langue.

Voilà pourquoi je chante et je chanterai bien sûr en l’honneur de cette Vierge bénie et toute bonne, jusqu’à qu’on enlève le grain de ma langue. Puis elle me dit aussi :

« Mon petit enfant, alors je viendrai te chercher, quand on aura enlevé le grain de ta langue. N’aie pas peur, je ne t’abandonnerai pas. »

Ce saint moine, cet abbé, je veux dire, tira la langue du petit et en enleva le grain ; et l’enfant rendit l’esprit tout doucement. Et quand l’abbé eut vu cette merveille, ses larmes amères coulèrent comme de la pluie, et il tomba étendu tout de son long par terre, et il y resta longtemps, comme s’il y était, attaché.

Tout le couvent se prosterna aussi sur le sol, pleurant et louant la chère Mère du Christ. Et après s’être relevés et s’être avancés, ils sortirent le martyr de sa bière, et dans une tombe de marbre brillant ils enfermèrent son cher petit corps. « Enclosen they his little body sweet. »

Dieu nous ordonne de le rejoindre là où il est maintenant !

Et toi, jeune Hugues de Lincoln ! tué aussi par les Juifs maudits (la chose est notoire, car elle est bien récente), prie aussi pour nous autres, peuple pécheur et instable, afin que dans sa pitié le Dieu si miséricordieux multiplie sur nous les trésors de sa merci, par révérence pour sa Mère Marie.

O yongë Hughe of Lincoln, slayn also
With cursed Jewës, (as it is notable,
For it nys but a litel while ago)
Pray eek for us, we synful folk unstable
That. of his mercy God so merciable,
Ou us his grete mercy multiple,
For reverence of his modir Mary.

Faisons comme la Prieure, et prions les enfants martyrs d’autrefois, Hugues, Guillaume, Henry et notre petit Parisien, saint Richard, d’intercéder pour leurs camarades d’aujourd’hui victimes de la Franc-Maçonnerie juive. Eux

Eux aussi ne demanderaient, pas mieux que de joindre leurs mains innocentes et de chanter l’Alma Redemptoris mater, eux aussi sont précipités par leurs bourreaux dans un cloaque immonde où, selon l’expression de Chaucer, les Juifs ont vidé le fond de leurs entrailles : l’enseignement laïque. Plaignons-les et prions pour eux !

Nous pourrions, je le répète, multiplier les preuves à l’infini.

La Civitta catholica, dans le numéro du 1er avril 1882, a reproduit toutes les pièces relatives au procès de Trente, en 1475, et conservées aux archives du Vatican.

Rien de plus étrange que les détails de ce procès qui sont d’une incontestable authenticité, rien de saisissant comme les aveux des accusés eux-mêmes. Tout un côté de la vie du passé apparaît brusquement, à nous. Un Juif chargé d’années, Moïse le Vieux, âgé de 80 ans, s’est servi de sang chrétien toute sa vie. Il existe des marchands de sang chrétien, comme Isaac de Cologne et Richard de Brescia, qui fournissent à toutes les demandes. Ours de Saxe est le commis voyageur, le représentant de commerce de ces industriels affreux : il va de ville en ville, de ghetto en ghetto, offrant sa terrible marchandise, et muni d’un billet de son rabbin, Spring. Un autre des accusés, Vitale (anagramme de Levita) a eu pour initiateur son oncle Salomon, qui habitait à Monza, près de Milan. Le sang d’ordinaire était mêlé à un gâteau en forme de triangle, qui a sans doute donné l’idée du triangle franc-maçonnique.

Dans les temps modernes, le procès de Raphaël Lévy, jugé à Metz en 1670, est également d’un extraordinaire intérêt. On ne peut arguer ici de l’éloignement, des superstitions d’époques arriérées ; la chose s’est passée en France, à la fin du XVIIe siècle. Tous les documents sont à la disposition de la critique. Il y a là, tous les éléments qui constituent un drame émouvant, et si les Juifs n’étouffaient pas obstinément tout ce qui leur déplaît, s’il s’agissait d’un catholique, on aurait raconté cette cause célèbre un millier de fois, et on l’aurait publiée dans des livraisons illustrées.

Nous avons pour ce procès un guide excellent, la relation d’un historien très consciencieux, Amelot de la Houssaye, qui a pour titre : Abrégé du procès fait aux Juifs de Metz. Un oratorien, Richard Simon, essaya timidement d’atténuer les faits dans un factum qu’il reproduisit plus tard dans le premier volume de sa Bibliothèque critique, mais on sait le goût qu’avait pour le paradoxe le religieux qui signait la notice sur lui-même, qu’on retrouva à Dieppe en 1863 : R. Schimeon ben Joachim.

Quoiqu’il en soit, les réserves de Richard Simon n’enlèvent, rien à la réalité des faits minutieusement circonstanciés que nous allons résumer le plus rapidement possible.

Le mercredi 25 septembre 1669, environ une heure après midi, la nommée Mangeotte Willemin, femme de Gilles le Moine, charron du village de Glatigni, au pays Messin, allait à une fontaine éloignée de deux cents pas du village pour y laver quelques linges ; elle était suivie de son fils âgé de trois ans, qui était couvert d’un bonnet rouge et qui avait les cheveux blonds et frisés. A vingt-cinq pas de la fontaine, l’enfant se laissa tomber, la mère se retourna pour le relever, mais l’enfant ayant dit qu’il se relèverait tout seul, elle continua son chemin et alla laver son linge convaincue qu’il la suivait.

Environ demi-quart d’heure après, continue Amelot de la Houssaye, cette mère ne voyant point revenir son enfant, elle courut à l’endroit où elle l’avait laissé et ne l’ayant pas trouvé elle crut qu’il s’en était retourné au logis où elle alla à l’instant le demander à son mari et encore à son beau-père et à sa belle-mère, qui lui ayant tous répondu qu’ils ne l’avaient pas vu les uns et les autres, commencèrent à craindre que cet enfant ne se fût égaré, et dans cette appréhension le cherchèrent dans le village, reviennent ensuite à la fontaine avec le maire du lieu, fouillent dans les buissons qui sont auprès, appellent l’enfant par le nom de Didier qu’il avait reçu au baptême, crient et se tourmentent, mais sans le trouver.

La mère, accompagnée de son beau-père et d’une autre femme, s’étant advisée d’aller sur le grand chemin de Metz, éloigné de la fontaine d’environ deux cents pas, y trouva les vestiges des pieds de son enfant, qu’elle suivit jusqu’à ce que les ayant perdus parmi la trace des roues de charrettes et des pieds des chevaux, elle s’en revint le dire à son mari, qui courut en ce moment sur le même chemin et peu après ayant vu venir à lui, du côté de Metz, un cavalier de la compagnie du sieur comte de Vaudemont, nommé Daniel Payer, il lui demanda s’il n’avait point trouvé un enfant, à quoi le cavalier répondit ingénument qu’il avait trouvé un Juif qui était monté sur un cheval blanc, qui avait une grande barbe noire, qui allait du coté de Metz, qui portait un enfant devant lui pouvant être âgé de trois ou quatre ans, et qu’à sa rencontre il s’était éloigné du grand chemin de la portée d’un coup de pistolet.

Ce pauvre père, qui reconnut par la circonstance de l’âge que le Juif lui avait enlevé son enfant, court après lui, demande à la porte de la ville qu’on nomme des Allemands, si on l’avait vu passer. Un nommé Thibault Regnault, tourneur, qui demeure près de la même porte, lui dit qu’il l’avait vu entrer ; mais ce n’était pas assez, car il ne lui disait point où ce Juif était allé, ni où il avait porté l’enfant.

Néanmoins, le père ayant appris, presque dans le même temps, d’un habitant du village de Hez, que ce Juif était Raphaël Lévy de Boulay, lequel cet habitant avait rencontré le même jour sur le grand chemin, portant devant lui quelque chose qu’il couvrait de son manteau, et que, lorsqu’il venait à Metz, il logeait chez le nommé Garçon, Juif, son parent, il fut à l’heure même chez ce Juif demander son enfant. On lui dit qu’on ne savait ce que c’était et que le maître du logis n’y était pas, il se résolut de l’attendre et ayant vu près de la porte une femme, il lui dit encore qu’il cherchait son enfant, et tôt après une fille juive qui revenait de la ville et qui savait que cet homme demandait von enfant, dit, parlant à la femme en langue allemande, qu’il ne fallait rien dire. Ce que le père, qui parle allemand, ayant entendu, s’en revint et ne doutant plus de la perte de son fils, songea dès lors d’en poursuivre la vengeance contre Raphaël Lévy.

Ce Raphaël Levy était un homme de cinquante-six ans, de moyenne taille, les cheveux noirs et frisés, la barbe noire et fort épaisse. Agent juif très zélé, il avait parcouru le Levant, l’Italie, l’Allemagne, la Hollande chargé des intérêts de sa religion. Il était né dans le village de Xelaincourt, situé dans le pays messin et s’était installé depuis quelques années dans la ville de Boulay.

Le procès fut ce que sont tous les procès faits aux Juifs dans lesquels on retrouve sous toutes les latitudes les mêmes procédés qui se reproduisent avec une exactitude surprenante. Tous les Juifs de la contrée se mirent en mouvement, subornèrent les témoins, établirent une correspondance avec l’accusé. Ces lettres saisies furent plus tard une preuve de plus contre lui. Dans l’une d’elles il écrivait aux chefs de la synagogue de Metz :

Chers directeurs, la servante du maître de la prison m’a dit que le Juif qui m’apporte à manger lui a dit qu’on avait lié l’enfant. Ah ! écrivez-moi comment mes affaires sont touchant mes témoins, écrivez-moi de façon ou d’autre, à cette fin que je puisse avoir une fois de la consolation, envoyez-moi du papier ! Le Haman[4] a esté aujourd’hui en prison, a dit qu’il casserait tout ce que la justice a fait ; pour cet effet, ayez égard au Parlement. Je prie que l’on m’assiste, que je sorte de cette misère, et, si j’étais surpris et que je ne puisse parler avec ma chère femme et enfant et que je ne puisse compter dans Metz avec le contrôleur, que ma chère femme de bien et mes enfants puissent avoir un morceau de pain. Je souffriray la mort comme un vrai fils d’Israël et sanctifieray le nom de Dieu ; je demande seulement que l’on marie ma fille Blimelé qui est fiancée et n’abandonner ma femme et mes entants. Je me suis mis dans cette misère pour la communauté, le grand Dieu m’assistera ; je désire l’enterrement judaïque, autrement je ne pardonne pas.

Un autre billet est curieux par les détails qu’il fournit sur les mœurs juives. On envoie à l’accusé un petit fétu de paille qu’il devait mettre sous sa langue au moment des interrogatoires, pour se rendre les juges favorables. On lui recommande aussi de prononcer comme incantation cinq mots hébreux. Un billet est ainsi conçu :

Si en cas (Dieu t’en garde) on te veut donner la question, tu diras trois fois tout cela : Moy Juif. Juif moy, vive Juif, Juif vive, mort Juif, Juif mort.

Les Juifs, qui tenaient de continuels conciliabules chez un de leurs plus zélés coreligionnaires Gédéon Levy, eurent recours à une stratégie analogue à celle qu’ils ont employée dans l’affaire de Tisza-Elzlar ; ils renouvelèrent l’histoire des enfants de Jacob qui, après avoir vendu leur frère, vinrent dire à leur père qu’une bête féroce l’avait dévoré : Fera pessima comedit eum, Ils annoncèrent que l’enfant qu’on cherchait avait été dévoré par les loups.

Ils s’advisèrent, dit Amelot des Houssayes, d’exposer les habits et le reste de cet enfant à laquelle tenoit encore partie du col et des costes, dans on bois éloigné d’un quart de lieue du village de Glatigni, et afin qu’on pût le découvrir plus aisément, ils étendirent sa chemise sur un buisson de la hauteur de trois pieds. Ensuite ils s’adressèrent à plusieurs personnes, et de la ville et de la campagne, pour les obliger d’aller chercher dans le bois, leur disant que s’ils pouvoient trouver quelque reste de cet enfant, ils les reconnoistroient de sommes considérables.

Une femme du village de Ratonsai, qui n’est pas beaucoup éloigné de celuy de Glatigni, a déposé dans l’information faite au Parlement, que trois Juifs de Metz, qu’elle ne connaissoit point par leurs noms, s’adressèrent à elle pour savoir ce que l’on disoit de l’enfant enlevé. Et sur ce qu’elle leur répondit que s’il estoit vray que cet enfant eust esté mangé des bestes, ils dévoient faire chercher dans le bois, qu’on y trouveroit encore quelques petits restes de ses hardes : l’un des Juifs adjouta qu’on pourrait bien aussi y trouver la teste.

En effet, peu de jours après, sçavoir le vingt-sixiesme septembre 1669, quatre porchers, qui gardoient leurs troupeaux dans le mesme bois, trouvèrent la teste d’un enfant avec le col et partie des cotes, deux petites robes l’une dans l’autre, un bas de laine, un bonnet rouge, et une petite chemise étendue sur un buisson, le tout sans estre déchiré, ny ensanglanté.

Sur l’advis qu’ils en donnèrent au père de l’enfant et luy au procureur général, le Parlement commit à leur réquisitoire, un conseiller qui se transporta sur les lieux, et qui dressa procez verbal de l’estat du lieu où l’enfant avoit esté perdu, et de celuy où l’on avoit trouvé une teste et des habits d’enfant, lesquels habits le père reconnut, en présence du conseiller, pour ceux dont son enfant estoit vestu le jour qu’il fut enlevé. A l’égard de l’enfant, il ne put estre reconnu à l’aspect de cette teste, parce que le visage en estoit défiguré, quoy que les chairs parussent assez fraîches et sanguinolentes, selon qu’il est porté par le mesme procez verbal qui en contient la levée.

Dans le mesme temps les porchers furent ouïs, qui déposèrent avoir trouvé les choses exposées de la manière qu’elles ont esté dites cy dessus, et l’un d’eux adjousta qu’il n’estoit pas possible que cet enfant eust esté dévoré par les bestes : car, outre que les habits n’estoient point déchirez ny ensanglantez, il avoit remarqué que lorsque les bestes féroces ravissoient quelques brebis ou autre animal domestique, ils en mangeoient toujours la teste la première.

Cette manœuvre, qui pouvait réussir et qui a réussi dans un pays comme l’Autriche où les Juifs sont tout-puissants, n’avait guère de chance de succès dans un pays comme la France du XVIIe siècle, où les Parlements, jouissant d’une indépendance absolue, jugaient dans la sérénité de leur conscience et sans obéir aux influences extérieures[5].

Les voisins déposèrent qu’ils avaient vu Gédéon Levy entrer dans le bois et en sortir avec une hotte sur le dos quelque temps avant qu’on eût trouvé les habits et la tête de l’enfant. Un autre témoin déclara que ce Gédéon lui avait dit d’aller chercher ces restes et lui avait indiqué l’endroit du bois où il les trouverait.

Le Parlement mit Gédéon Levy en prison et poursuivit l’instruction du procès.

Le crime était évident. Accablé par des témoignages écrasants, Raphaël Levy fut condamné à être brûlé vif et la sentence fut exécutée le 17 janvier 1670.

La mort de cet homme fut véritablement superbe. Il fit ses adieux à quelques-uns de ses coreligionnaires qui l’étaient venus voir, leur recommanda sa femme et ses enfants et, non content de leur promesse, il les obligea à s’engager par serment. Il refusa de boire le vin qu’on lui apporta parce qu’il n’était pas Casher, repoussa le cierge qu’on voulut lui mettre dans la main, donna un vigoureux coup de coude au capucin qui l’exhortait avec une patience digne d’un meilleur sort, en s’écriant qu’il était Juif et qu’il voulait mourir Juif. « Son âme, dit une relation allemande, s’élança un samedi avec sainteté et pureté vers le sein de Dieu. »

Pour les siens qui ne pouvaient pas avoir une seconde d’illusion sur le fait matériel de l’assassinat, mais qui y voyaient l’accomplissement d’un acte rituel, qui vénéraient l’homme qui, ainsi qu’il le disait lui-même, s’était sacrifié pour la communauté, Raphaël Levy était un martyr. Quoiqu’il fût illettré, on le nomma rabbin honorifique après sa mort, on lui décerna le Chover, l’épithète d’honneur ; quand on prononce son nom, on l’appelle Kadosch, le saint et Chasid, le pieux. Les Archives Israélites proposaient, il y a quelques années, de lui élever une statue, elles contenaient également quelques vers de Mme C. P. Merlieux, née Polack, en l’honneur du martyr :

Ombre de Raphaël, pourquoi ta voix plaintive
De tes tristes accents vient-elle me troubler ?
Pourquoi, quittant les cieux, ton âme fugitive,
Errante, à mes regards vient-elle se montrer ?
En vain ma faible voix de ta vertu sublime,
Cherche à redire ici le noble dévouement.
Tu mourus en héros, et ton cœur magnanime
Bénit avec ferveur le nom du Tout-Puissant.

Gédéon Lévy s’en tira avec le bannissement. L’enquête faite à propos de ce crime mit une fois de plus en lumière l’habitude, constante chez les Juifs, d’outrager la foi des autres, de parodier les cérémonies de notre religion. Le Vendredi-Saint de chaque année, les Juifs se réunissaient chez Maieur Schaub pour contrefaire la Passion du Christ et fouetter le crucifix. Nous assistons chaque année à des scènes analogues, seulement, les Juifs étant les maîtres, elles se passent en plein jour.

Après l’affaire de Raphaël Lévy, qui ne laisse pas de place au doute, le fait d’assassinat rituel le plus topique est l’assassinat du P. Thomas, à Damas, en 1840, dont les moindres particularités sont connues, dont il est impossible de nier l’évidence puisque l’événement s’est produit en plein XIXe siècle. Au moment de l’affaire Tisza Elzlar, le journal l’Union d’Alsace-Lorraine a résumé avec infiniment de netteté ce procès fameux.

Le Père Thomas, de l’ordre des Capucins, était aimé de tous à Damas, il exerçait la médecine en même temps qu’il se livrait à l’apostolat, il guérissait les âmes et soignait les corps.

Chrétiens, Turcs et Juifs étaient unanimes à louer son talent et ton inaltérable charité : tous l’appelaient le saint missionnaire. Il s’était attiré la confiance de toutes les classes de la société ; mais, c’est pour les Juifs surtout qu’il se montrait bon et bienveillant, à cause du grand désir qui le pressait de gagner leurs âmes à Dieu. Un jour qu’il fut menacé de mort par un mauvais chrétien dont il refusait de bénir un mariage illicite, il lui tendit le cou en disant : je suis prêt à mourir, mais non à manquer à mon devoir. — Pendant que la peste ravageait Damas, il s’enferma avec les pestiférés et leur prodigua ses soins. Aucune peine, aucun sacrifice ne lui coûtait, quand il s’agissait du bien de ses semblables. Aussi Schérif-Pacha, le gouverneur turc, l’honorait lui-même d’une affection toute particulière. Il avait donné l’ordre à ses serviteurs de lui laisser à toute heure libre accès dans sa demeure.

Il se trouva cependant de misérables fanatiques pour massacrer ce saint homme. Comme il passait un soir le 5 février 1840, devant la maison d’un Israélite, nommé David Harari, ce dernier le pria d’entrer chez lui. Le P. Thomas se rendit sans défiance à cette invitation. David Harari était considéré, en effet, comme le Juif le plus pieux de Damas.

A peine la porte s’était-elle refermée sur le Père, que David Harari, ses deux frères, son oncle et deux autres Juifs se précipitèrent sur le pauvre religieux, le terrassèrent, le bâillonnèrent et le lièrent solidement.

Il vint encore un rabbin ou Chakam, et le barbier juif Soliman fut appelé. Ce dernier reçut l’ordre de couper le cou à la victime et, comme il n’en avait pas le courage, David Harari, le bon et pieux ami du Père, saisit lui-même le couteau ! — Mais sa main tremblait, et la lugubre besogne n’avançait pas, quand son frère Aaron vint à son aide, pendant que Soliman maintenait par la barbe la tête du Père fortement tendue.

Le sang, recueilli et mis en bouteilles, fut envoyé au grand-rabbin. Le corps fut dépouillé de ses vêtements, qu’on brûla, puis désarticulé et coupé en menus morceaux. Les os furent même broyés dans un mortier et tous ces restes informes furent jetés dans un cloaque.

Les malheureux croyaient ainsi faire disparaître à jamais la trace de leur crime.

La nuit venue, Ibrahim Amoran, le serviteur chrétien du Père, inquiet de ne pas le voir rentrer et le sachant dans le quartier juif, s’y rendit pour le chercher. Il y trouva le même sort que son maître. Comme lui, il fut saisi et assassiné par les Juifs, qui s’étaient réunis, dit l’Union d’Alsace-Lorraine, « pour avoir du sang chrétien à mettre dans le doux pain pour la fête du Pourim. »

Mais ces disparitions furent bientôt signalées : on eut des soupçons. Le consul français prit l’affaire à cœur et provoqua une enquête. On savait que Soliman, le barbier juif, avait été appelé cette même nuit dans la maison de David Harari. Il fut arrêté, interrogé, et par ses aveux on retrouva les restes du Père, et on mit la main sur les auteurs des deux crimes.

Des seize personnes arrêtées, deux moururent pendant l’instruction ; quatre furent graciées, entre autres ce Soliman, à cause de leurs révélations ; les dix autres furent condamnées à mort.

La race Juive donna là, un nouvel exemple de son admirable esprit de solidarité, elle mit toute l’Europe en mouvement. Crémieux et Montefiore se transportèrent à Damas ; ils ne purent cependant empêcher une condamnation qui était inévitable puisque les faits étaient prouvés, démontrés, indiscutables, mais ils arrachèrent au vice-roi, en pesant sur lui de tout le poids de la finance juive cosmopolite, la grâce des condamnés. On ne justifiait, ni n’excusait les coupables, on levait simplement une peine justement méritée[6].

Le Moniteur de Rome, dans son numéro du 15 juin 1883, citait des faits de ce genre à une date toute récente.

Il y a quelques années, à Smyrne, lui écrivait son correspondant de Constantinople, un petit enfant appartenant à une des premières familles grecques de la ville fut volé aux approches de la Pâque juive. Quatre jours après, on retrouva, sur les bords de la mer, son cadavre percé de mille coups d’épingle. La mère, folle de douleur, accusa hautement les Juifs de ce meurtre : la population chrétienne se souleva en masse et courut au quartier juif, oû eut lieu un épouvantable massacre : plus de six cents Juifs périrent.

L’année passée, à Balata, le ghetto de Constantinople, un enfant fut attiré dans une maison juive où plus de vingt témoins le virent entrer. Le lendemain, on trouvait son cadavre dans la Corne-d’Or : la conséquence fut encore une émeute.

A Galata, même fait se produisit. M. l’avocat Seroulos, l’avocat le plus renommé de la communauté grecque, adressa une requête à tous les représentants des puissances chrétiennes à Constantinople, pour demander justice et pour obtenir vengeance. Mais les Juifs soudoyèrent la police turque qui fit disparaître les interrogatoires et les dépositions des témoins. Le patriarcat oecuménique, obéissant à des ordres venus d’en haut, fit déclarer, par des médecins stipendiés, que la mère était atteinte d’aliénation mentale. On étouffa l’affaire, quoi que pût faire M. Seroulos, et les Juifs déposèrent au patriarcat oecuménique une somme d’argent, pour servir une pension à la mère de l’enfant volé.

Au commencement de 1883, deux enfants, appartenant à des familles maltaises, furent enlevés par un Juif. Le Stamboul, sur les renseignements fournis par le père d’un des enfants volés, M. Caruana, appela l’attention de la police sur ce rapt et réclama énergiquement la punition du coupable. L’affaire eut un retentissement énorme dans la ville et mit toute la population en révolution.

Le chef de la police de Péra, S. E. Bahri pacha, et le commissaire de police de Galata, chargé d’instruire l’enquête, convaincus par des raisons sonnantes et trébuchantes, s’abstinrent d’interroger le père, la mère et la marraine de l’enfant, ainsi qu’un boucher turc, qui avaient arraché le pauvre petit des mains du ravisseur.

Le Stamboul refusa de démentir le fait quoiqu’on lui eût offert une subvention de mille francs par mois. Que firent les Juifs ? Moyennant un basckchich de six mille livres (cent trente-sept mille francs environ), ils obtinrent la suppression du journal et l’affaire fut étouffée[7].

Sans pouvoir nier les faits de cet ordre, les Juifs ont toujours prétendu qu’ils étaient des actes de férocité individuelle et non l’accomplissement d’un précepte liturgique. Là encore, la science allemande, infiniment plus indépendante que la nôtre, les a convaincus de mensonge. Le docteur Justus, dans une brochure publiée à Paderbonne, Judens spiegel écrit :

« Les livres théologiques des Juifs se partagent en deux catégories, à savoir Peschath et Kabala. A la première classe appartiennent le Talmud et le Schulchan. Or, d’après le Schulchan Aruch, ce n’est pas un péché si un Juif tue un chrétien. (Loi 50 et 81.) Dans le Talmud publié à Amsterdam en 1646, il est ordonné aux Juifs d’exterminer les disciples du Nazaréen. (Sanhédrin Pireck X, Cheleck et Aboda, Sarah Pireck I.)

« Quelques pages plus plus loin on lit :

« Il est étonnant que le sang des Klipoth, c’est-à-dire des filles non juives soit cependant un sacrifice si agréable au Ciel. C’est au point que verser le sang d’une jeune fille non juive est un sacrifice aussi saint que celui des plus précieux parfums, en même temps qu’un moyen de se réconcilier avec Dieu et d’attirer ses bénédictions. »

La question, du reste, a été élucidée complètement dans un livre fort curieux : Réfutation de la religion des Juifs et de leurs rites par démonstration du vieux et du nouveau Testament. L’auteur est un Juif, né au siècle dernier, et de rabbin, devenu moine.

Rien n’est plus singulier que la destinée de ce livre, même pour ceux qui connaissent avec quel soin les Israélites font disparaître tout ce qui peut éclairer l’opinion sur leur compte. Publié d’abord en 1803, en langue moldave, il fut traduit en grec moderne par Jean de Giorgio, et en arabe par les Orientaux qui, victimes séculaires des Juifs, s’intéressent à la question sémitique beaucoup plus que nous ne le supposons. Réimprimé à maintes reprises en Roumanie, à Constantinople et dans plusieurs villes d’Orient, il a toujours disparu. Un habitant de Damiata écrivait à ce sujet : « On peut appeler riche d’un grand trésor celui qui en possède une copie, et très riche, qui en possède un exemplaire imprimé. La cause de ce fait est l’or juif qui a essayé de faire disparaître du monde le souvenir de cet ouvrage. »

Une nouvelle édition, imprimée en grec, a paru en 1834 à la typographie patriarcale. C’est d’après un exemplaire de cette édition, devenue elle-même fort rare, qu’un illustre savant d’Italie a eu l’idée de traduire en italien le chapitre spécialement consacré au rite du sang.

En 1883, l’ouvrage paraissait sous ce titre : Il sangue cristiano nei riti e tracci della moderne sinagogua revelazioni di neofito ex rabbino monaco greco per la prima volta publicate in italia versione dal greco del professore N. F. S.[8].

On comprend, en lisant cet ouvrage, le zèle que les Juifs mirent à en anéantir même la trace et les cris de fureur que poussèrent les Archives Israélites lors de sa réimpression, il y a trois ans[9].

Le dessous de la vie du Moyen Age apparaît là de la plus saisissante façon. On se rend compte de mille points obscurs, du secret impénétrable dont les Juifs s’entouraient, de la défiance persistante dont ils étaient l’objet et qu’un nouveau crime venait ranimer au moment où elle commençait à s’effacer, de détails incompréhensibles de certains procès de sorcellerie. Une fois de plus s’évanouit la légende sotte qu’on veut nous faire accepter, l’éternelle mystification d’hommes très méchants habillés en Inquisiteurs persécutant un Juif qui est le modèle de toutes les vertus. Nous pénétrons dans l’antre de l’alchimiste se livrant à d’étranges mixtures, demandant du sang pour ses opérations à ceux qui s’adressent à lui sous prétexte de découvrir la pierre philosophale, l’anima mundi et, en réalité, pour accomplir un rite monstrueux, écho des abominables mystères d’Astoret.

Ce qu’on adore dans le ghetto, ce n’est pas le dieu de Moïse, c’est l’affreux Moloch phénicien auquel il faut, comme victimes humaines, des enfants et des vierges.

L’existence de l’ancien Israël, d’ailleurs, fut-elle autre chose qu’une lutte perpétuelle entre le Molochisme et le Jehovisme ? Moloch, dont le symbole est le taureau d’airain de Carthage, qu’on fait à certains jours rougir au feu et qu’on bourre de chair humaine, est la divinité sémitique par excellence. C’est vers lui et vers Baal, dont le symbole est un âne, que les Juifs sont sans cesse attirés par l’attraction de la race. C’est lui que Manassé et les autres rois prévaricateurs installent dans le Temple profané ; c’est à lui qu’on offre d’effroyables sacrifices sur les hauts lieux. C’est contre lui que les Prophètes s’élèvent sans se lasser avec une énergie dans l’indignation, une violence dans le langage qui retentissent encore à travers les siècles. Ils bravent la mort pour combattre l’idolâtrie, ils annoncent les châtiments prochains, ils vont, dans leur zèle intrépide, renverser les faux dieux, les images impudiques et barbares. Il n’est pas une page de la Bible qui ne témoigne de ces efforts pour défendre l’idée du vrai Dieu contre les superstitions corruptrices des peuples voisins.

Le Pentateuque, lui-même, met en garde les Hébreux contre l’habitude de boire du sang chaud soit à la chasse, soit devant l’autel.

Seulement, sois ferme, ne fléchis pas ; résiste à l’inclination de manger du sang ; — non, tu ne dois pas le manger ; je veux que tu le verses sur le sol comme de l’eau.

Les prescriptions relatives à la viande, observées encore par les Israélites modernes, semblent un souvenir de ces précautions, contre cette volupté du sang propre à la famille sémitique et que les Aryens ne connurent pas.

Les écrivains allemands ont parfaitement dégagé tous ces points. Frédéric Daumer (Le culte du Moloch chez les Hébreux de l’antiquité, recherches critiques et historiques) et T.W. Ghillany (Les Sacrifices humains chez les Hébreux de l’antiquité) sont arrivés à la même conclusion sans se connaître puisque leurs travaux ont été publiés la même année[10]. Daumer emploie beaucoup de précautions, il est vrai, et déclare qu’il ne rend pas le peuple israélite responsable des actes « de quelques fanatiques qui célébraient par ci par là une fête molochiste ; » il n’en montre pas moins l’étroite connexion qui existe entre les mœurs d’Israël à certaines époques et les holocaustes sanglants du Moyen Age[11].

Par une sorte de phénomène de regression, le Juif du Moyen Age, tombé dans la dégradation, en revint à ses erreurs primitives, céda à l’impulsion première de la race, retourna au sacrifice humain.

A ces réminiscences des dépravations phéniciennes s’ajoute un sentiment bizarre et explicable cependant. Le Juif est troublé involontairement par cette atmosphère de foi ardente qui règne autour de lui aux premiers siècles du christianisme, il est frappé par les miracles qu’accomplissent les saints ; il a beau se raidir contre la Vérité, il a des moments d’anxiété terrible, il est ému du sens si clair de certaines prophéties et il s’imagine que, si le Christ est vraiment le Messie, la gouttelette de sang d’un baptisé absorbée par un circoncis, suffira à assurer son salut.

L’écho de ces choses arrive au dehors et ceux qui veillent sur la société se bornent simplement à défendre le travail de l’homme contre l’usure, la vie de l’enfant contre l’assassinat rituel ; — ce qui leur vaut aujourd’hui les anathèmes de la Franc-Maçonnerie pleurant sur le sort du bon Juif.

L’école historique française, encore une fois, a passé à côté de tout cela sans le voir, en dépit des méthodes nouvelles d’investigation qu’elle prétend avoir inventées. Elle s’est arrêtée niaisement devant des oubliettes qui, selon Viollet-le-Duc lui-même, étaient des latrines, devant des in pace qui étaient des celliers, elle n’est pas entrée dans ce sacrificarium mystérieux, dans ce cabinet plus sanglant que celui de Barbe-Bleue, où dorment exsangues et les veines taries les enfantines victimes de la superstition sémitique.

Peut-être un de nos jeunes savants entreprendra-t-il quelque jour un travail dans ce sens ? Peut-être essaiera-t-il de rechercher l’origine, de reconstituer l’existence de cette secte effroyable que la Civitta Catholica croit être celle des Kasadim ou des Kabalistes ? Peut-être nous racontera-il les transformations de cette association analogue à celle des Assassins du Vieux de la Montagne, des Skopsis de Russie, des Thugs de l’Inde, qui, après avoir été toute-puissante au Moyen Age, ne semble plus être représentée dans le Judaïsme moderne, épris uniquement à l’heure actuelle de luxe et de bien-être, que par quelques retardataires isolés. Il faudrait, à l’auteur d’un tel travail, outre l’indépendance matérielle, l’indépendance morale si rare à notre époque, le détachement de la publicité dont les Juifs disposent seuls, le renoncement à ces rubans, à ces places bien rétribuées, à ces sièges d’académiciens après lesquels chacun court si vite qu’il oublie sa conscience en chemin.

Ce qui s’est passé en 1883, à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, pour le prix biennal de vingt mille francs, n’est guère fait pour encourager la jeunesse studieuse. Sous prétexte qu’Oppert, qui avait eu le prix la première fois, était Juif, Renan profita de ce que l’assemblée n’était pas en nombre pour faire voter pour Paul Mayer — encore un ! — fils d’un Juif allemand. Après lui, on avait inscrit sur la liste le Juif Darmesteter et Maspero, un Italien dont la mère avait pour devise mai spero.

En entendant lire ces noms à désinence exotique, un vieil érudit, un de ces vieillards blancs, comme disait Chenier, qui vivent à demi dans leurs souvenirs, eut un mot mélancolique et touchant : » Nos jeunes savants d’origine française, ne travaillent donc plus, demanda-t-il, pour qu’on ne nous présente que des descendants d’étrangers ? » Un ricanement énorme s’éleva, raillant la naïveté patriotique du vieillard, et tous les membres se précipitèrent au dehors pour avoir l’honneur d’annoncer les premiers au fils de l’Allemand qu’il avait la grande récompense qui aurait fait la joie de tant de travailleurs français, honnêtes, modestes et pauvres.

Nul, dans cette assemblée où l’on compte quelques catholiques, n’eut l’idée de préférer à ce Mayer notre cher et grand Léon Gautier, l’érudit-poëte qui aime la France chrétienne d’un amour si enthousiaste et si jeune, qui communique soudain à tout ce qu’il touche parmi ces vieilles choses du passé la fraîcheur, la couleur et la vie. Qui sait ce qu’a écrit Mayer ? Quelques rapsodies sur une chanson de la croisade albigeoise dont il s’est occupé parce que les Juifs étaient mêlés là-dedans et à laquelle il n’a rien compris, s’il faut en croire M. Cénac-Moncaux. Qui ne connaît, au contraire, Les Epopées françaises et cet admirable livre : La Chevalerie, que l’auteur a porté vingt ans dans son cerveau, ou plutôt dans son cœur, et dont j’ai entendu M. de Mun parler avec un ravissement attendri[12] ?

En attendant que les savants français osent s’occuper de ces questions, nous renvoyons nos lecteurs à cette brochure du moine grec, qui est d’un palpitant intérêt ; ils y trouveront au long l’emploi divers du sang humain pour les cérémonies différentes, la circoncision, le mariage, les funérailles, le Pourim et la Pâque.

Il y a là encore un grand jour jeté sur cette tradition orale qui se transmet de père en fils et qui rendit les Juifs si forts par l’habitude de porter en commun un secret terrible, sur ce Judaïsme inconnu dont aucun livre ne parle et qui chemine à travers les âges sans que nul regard profane l’aperçoive.

Pour recevoir la confidence du secret d’Israël, le père choisit parmi ses fils celui qui lui paraît le plus digne de confiance, à l’époque où les Juifs ont coutume de placer sur la tête de leurs enfants ce qu’ils appellent la Couronne du courage ; ils l’initient et lui font jurer de la façon la plus solennelle de ne jamais rien révéler ni aux frères, ni aux sœurs, ni à la mère, ni à personne vivante et surtout à aucune femme.

Mon fils, dit le père du moine grec qui nous a transmis ces détails, que la terre refuse la sépulture à ton corps, qu’elle te repousse de son sein après ta mort, si jamais, dans quelque persécution terrible que tu te puisses trouver, tu dévoiles ce que je t’indique, tais-toi là-dessus, même si tu devenais chrétien pour ton intérêt ou pour un motif quelconque.

En dehors des pays reculés, nos Juifs modernes sont-ils encore fidèles à ces pratiques ? Je ne le pense pas, sans être éloigné de croire que certains cas isolés se produisent de temps en temps et viennent grossir le chiffre de ces crimes ignorés, de ces disparitions énigmatiques sur lesquelles on ne veut pas faire la lumière.

Le sacrifice sanglant, nous le répétons, s’il procède de l’aversion du Juif pour le goy, s’il fut encouragé par quelques livres de Kabbale, peut-être même par quelques pasages du Talmud, n’a rien de commun avec la loi mosaïque ; il représente une crise, une phase de la vie de cet étrange peuple qui changea si souvent d’orientation, qui eut la phase guerrière et patriotique dans sa défense contre les Romains, la phase conspiratrice au XIIIe et au XIVe siècle avec les Templiers, la phase ténébreuse et sanguinaire après l’insuccès de ces tentatives, la phase de recueillement pendant le XVIe et le XVIIe siècle, la phase franc-maçonnique au XVIIIe siècle, la phase socialiste, financière, cosmopolite au XIXe siècle.

En tous cas, la haine du Christ, du chrétien, du crucifix, du religieux est restée aussi vive qu’autrefois.

L’étude physiologique ne serait guère moins intéressante que l’étude historique, dont nous parlions tout à l’heure, si les savants, pour de bonnes raisons, ne s’obstinaient à éviter toutes ces questions et à nous présenter, dans le passé comme dans le présent, un Juif de convention qui n’a aucun rapport avec le Juif réel.

L’analyse de ces sentiments de haine contre les objets inanimés eux-mêmes qui représentent des idées chrétiennes, entre dans la catégorie de ces phénomènes à la fois moraux et physiologiques qu’a étudiés M. Ribot, dans son livre sur l’Hérédité ; on peut dire à leur sujet ce que dit Montaigne : « Quel monstre est-ce que cette goutte de semence de quoy nous sommes produits et qui porte en soy les impressions, non de la forme corporelle seulement, mais des pensements et inclinations de nos pères[13] ? »

Je n’ai point vu cependant ce point traité dans ce livre de l’Hérédité physiologique, qui n’est pas sans valeur, quoique la conception générale manque d’élévation ; je n’ai rencontré qu’un dithyrambe de M. Candoles, qui croit qu’un État juif serait la réalisation de la Salente idéale. Ce monsieur a maintenant dans la France actuelle l’État de ses rêves. C’est du propre !

Quoi qu’il en soit, cette haine héréditaire fait comprendre ce qui se passe sous nos yeux et qui serait absolument Incompréhensible autrement. Le déchaînement d’invectives, de grossièretés, de violences contre le Christ, la Vierge, l’Eglise, le Clergé, ne répond effectivement à aucun sentiment réel de la population ; il est absolument factice, il est organisé par les Juifs avec l’habileté qu’ils mettent à organiser autour d’une affaire financière, grâce à leurs journaux, un courant de fausse opinion publique. Nous avons vu l’opération se faire sous nos yeux. Il y a dix ans, même après la Commune, vingt mille hommes suivaient le cortège funèbre du Frère Philippe et les ouvriers, les moins religieux, parlaient avec affection et respect des bons Frères qui les avaient élevés et avaient fait d’eux d’honnêtes gens.

J’ajoute que, si elle était l’expression sincère de l’état d’esprit général, une telle explosion de haine serait un fait qui se produirait pour la première fois dans l’histoire, dans de telles conditions. Les peuples, même devenus indifférents, tiennent à la religion de leurs ancêtres par les liens du souvenir. Longtemps après la venue du Christ, les Romains restaient encore attachés à leurs Pénates, à leur dieu Terme, au Génie du lieu qui avaient été associés à l’existence de la famille. Le Baptême, la première Communion, le Mariage à l’église, sont des dates chères encore à l’immense majorité des Parisiens eux-mêmes, de ceux-là dont la foi est la plus tiède.

Certaines abbayes d’autrefois, avec leurs vastes domaines et leurs riches revenus, pouvaient exciter l’envie. Les congrégations à l’heure actuelle sont toutes pauvres ; ce qui suffit à faire vivre des milliers d’êtres humains n’est rien à côté de ce que possède pour lui seul un de nos grands banquiers juifs d’aujourd’hui.

Est-ce donc le sort du pauvre desservant de campagne, du curé même qui justifie ces colères ? Assis au confessionnal pendant de longues heures, ou debout à l’autel dans une église souvent glaciale, toujours prêt à aller consoler ceux qui l’appellent et qui habitent parfois à deux ou trois lieues du presbytère, il se met en route quelque temps qu’il fasse ; ni le soleil l’été, ni la neige l’hiver ne l’arrêtent. Pour cela il touche quelquefois huit cents francs, douze ou quinze cents francs au plus. Quel petit remisier juif accepterai une telle tâche pour un tel salaire ?

Au fond, l’immense majorité de la nation est sympathique à ces braves gens que les Juifs seuls haïssent vraiment.

Chez les Juifs illettrés cette haine du chrétien se traduit sous la forme du mouvement brutal, c’est l’impulsion irrésistible dont parlent les aliénistes. Chaque jour les faits divers nous apportent une preuve de cette situation d’esprit se manifestant sous l’apparence de l’attaque violente. Le 2 février 1881, c’est un Juif qui vient troubler une cérémonie funèbre.

Un incident, déplorable à tous les points de vue, s’est produit, avant-hier, à l’église Saint-Eustache.

On enterrait les deux pauvres petites filles qui ont péri dans l’incendie de la rue des Deux-Ecus : Jeanne et Marie Verpillat. Une foule très grande assistait à cette douloureuse cérémonie, s’unissant de cœur à la douleur des parents, quand tout à coup des clameurs retentirent ; un individu ivre venait d’entrer et trouvait très amusant de crier à tue-tête.

Le suisse s’approcha de cet homme pour le faire sortir et mettre fin à cette scène scandaleuse, mais l’ivrogne résista et se mit crier encore plus fort. En même temps, quelques curieux entrés à sa suite, et qui trouvaient la chose drôle, entourèrent le suisse et voulurent l’empêcher de faire son devoir.

Heureusement, des agents arrivèrent et rétablirent l’ordre en conduisant l’ivrogne au commissariat des Halles. C’est un sieur Eugène David, âgé de vingt-huit ans, homme de peine[14]

.

Le 24 octobre 1882, un fait plus grave se passe à Lyon.

Ce matin, dit le Gaulois, un individu d’une quarantaine d’années est entré, le chapeau sur la tête, dans l’église Saint-Bonaventure. Il était six heures du matin, le curé disait sa messe.

L’inconnu s’est avancé vers l’autel. Il a souffleté le prêtre ; puis, saisissant le calice, il l’a jeté par terre et répandu les hosties sut le sol. En commettant ces sacrilèges, il s’écria : « En voilà assez ! Il faut que toutes ces comédies finissent. »

Tout cela avait été fait comme en un clin d’œil. Quand les fidèles, revenus de leur stupeur, arrêtèrent l’inconnu, celui-ci n’opposa pas de résistance.

Conduit au poste, l’individu déclara qu’il était Israélite.

Au mois de décembre 1885, la France raconte les exploits d’un autre Juif, nommé Weber, qui, au moment de la grand’messe, entre dans l’église de Clamart le chapeau sur la tête, le cigare à la bouche et vient se camper au pied du maitre-autel en narguant les fidèles.

Il fallut l’intervention des gendarmes pour expulser ce mécréant.

Le 21 mars 1882, jour de la mi-carême, les Juifs organisèrent à Roubaix une mascarade impie.

Fait incroyable, dit le journal de la localité, aucunes poursuites n’ont été exercées contre de sinistres farceurs qui, le jour de la mi-carême, ont organisé une mascarade outrageante pour les catholiques. Sur un char, dans un confessionnal surmonté d’un coffre-fort, un individu, revêtu de l’habit ecclésiastique, recevait les confidences de drôlesses, en costume ressemblant à celui des religieuses, qui venaient s’agenouiller à tour de rôle devant lui, lui remettre une pièce d’argent et, après l’avoir embrassé, se retiraient en simulant le signe de la croix.

Le public, indigné et écœuré de cet ignoble spectacle, voulait l’empêcher, mais deux agents protégeaient le char contre toute manifestation hostile.

Il est peu de jours où quelque scandale ne se produise dans une église avec l’appui tacite de l’autorité. J’ai vu le jour de Noël, à Saint-Pierre du Gros Caillou, pendant la messe de minuit, des individus au type sémitique se livrer à de grossières plaisanteries dans l’église, en présence des gardiens de la paix qui ne bougeaient pas.

Remarquez que depuis des siècles aucune attaque de ce genre n’est venue du côté des catholiques. Il n’y a point d’exemples que l’un de nous ait insulté un rabbin, ait pénétré dans une synagogue pour troubler les cérémonies, ait manqué de respect aux choses que les autres vénèrent.

Dans l’âme généreuse et large de l’Aryen, la tolérance est une vertu naturelle et il faut l’exciter bien longtemps pour le décider à user de son droit de légitime défense.

Mais ceci n’est qu’un très petit côté de la persécution juive, la bonne, la vraie, est celle qui est exercée par les Juifs qui disposent de l’autorité et de l’opinion, les ’lamdauine’, les lettrés, ministres, sénateurs, députés, journalistes. Partout vous rencontrez un de ceux-là toutes les fois qu’il s’agit de faire du mal.

C’est un Juif autrichien, Hendlé, devenu préfet de Saône-et-Loire qui, nous l’avons vu déjà, s’entend avec un Juif nommé Schnerb, directeur de la Sûreté générale, et autrefois rédacteur en chef d’un journal pornographique, pour organiser la destruction des croix à Montceau-les-Mines, faire condamner quelques-uns de nos ouvriers français et permettre ainsi l’introduction en France d’un plus grand nombre de ses coreligionnaires étrangers[15].

Hendlé reçut de l’avancement, comme il convenait, et alla continuer le cours de ses exploits dans la Seine-Inférieure. A Dieppe, il fut un moment gêné. Il existait là une école tenue par des religieuses qui jouissaient de l’estime et de l’affection de la population tout entière. La municipalité s’opposait résolument à ce qu’on chassât les Sœurs.

Plutôt que de consentir à cette infamie, M. Levert et ses adjoints donnèrent leur démission et furent immédiatement réélus à l’unanimité par le conseil municipal. Hendlé ne pouvait employer le fameux argument : « la voix du peuple, la volonté générale ; » il se rappelle alors les articles qu’il a publiés jadis dans les Archives Israélites sur les Juifs en Pologne, il se dit qu’on peut imiter les Russes et tout se permettre en pays conquis ; il crochette les portes de l’école et jette les religieuses dans la rue[16].

Exalté par ce triomphe, il devient furieux quand il retrouve devant lui ce crucifix qu’il hait tant. Un jour, cependant, il se heurte à un homme résolu comme il y en a malheureusement trop peu à notre époque. Pour remplacer un crucifix enlevé, M. Auge, maire d’Hermanville, vient lui-même acheter à Dieppe, un magnifique Christ, et, le 7 octobre 1882, le fait placer avec l’inscription suivante :

Ce Christ a été posé à l’école communale d’Hermanville a la suite d’une souscription faite par le maire, le conseil municipal et toute la population à l’unanimité.

Hendlé et ses agents écument, ils menacent de faire fermer l’école, le maire regarde bien en face ces misérables et leur dit froidement : « Ce Christ est dans notre école et il y restera, c’est la volonté de mes administrés. Si vous y touchez, je fais sonner le tocsin et alors gare ! »

Il n’en fallait pas plus, on le devine, pour donner à des Juifs une panique épouvantable, et le préfet Hendlé s’en fut épancher, en blasphémant dans les cafés de la ville, sa rage de n’avoir pas pu toucher au Christ.

Ce qui surpasse, ce qui donne l’idée du degré où les caractères sont descendus, c’est de voir une femme, qui a du sang royal dans les veines, la duchesse de Chartres, aller rendre visite, avant son départ de Rouen, à la femme d’un Hendlé, du représentant du gouvernement qui vient de chasser son mari de l’armée, aller présenter ses hommages à cette fée Carabosse qui a pour le Christ plus de haine encore que le préfet républicain lui-même !

Isaïe Levaillant, ancien élève rabbin, jadis associé avec Cyprien Girerd, pour l’affaire du faux petit papier trouvé dans un wagon, est un autre type de Juif. Celui-là n’aime pas les persécutions… pour les siens. Dans un article des Archives Israélites (année 1866), il reproche à M. Swchab de ne pas s’indigner assez quand il raconte les persécutions subies par les Juifs en Espagne et leur expulsion en masse du territoire. « II aurait fallu, s’écrie-t-il, au lieu d’un abrégé, qui sent un peu le procès-verbal, quelques paroles émues et éloquentes. »

En attendant qu’il puisse expulser en masse tous les chrétiens, ce Juif, si sentimental quand il s’agissait d’Israël, juge charmant de faire mourir nos prêtres de faim. Préfet de la Haute-Savoie, il voulait empêcher Mgr Isoard de faire son devoir d’évêque, et, ne pouvant l’atteindre, frappa sans pitié sur les desservants qui furent sublimes d’abnégation et aimèrent mieux renoncer à leur pain que de manquer à leur devoir.

Isaïe Levaillant se vengea de cette résistance sur une pauvre religieuse. A vrai dire, Sœur Blandine, tel est nom de la victime de ce méchant Juif, n’était pas sans reproche ; elle avait commis un grand crime. En ce pays peu fortuné, où les servantes de Dieu se souviennent parfoi qu’elles sont filles du peuple, la paysanne parfois revient sous l’institutrice, et ma foi celle-ci, pour économiser lessive, retroussa ses manches et, un jeudi, lava dans l’école. On ajoute même qu’elle profita de l’occasion pour donner une leçon à quelques fillettes qui se tenaient là et leur apprendre à se rendre utiles dans leurs pauvres familles.

II se trouva par malheur que chez Isaïe Levaillant l’atavisme juif se produit d’une façon toute particulière ; il reste, sous l’habit du préfet, le « Juif sordide et chassieux » dont parle Saint- Victor, et que Rembrandt a dessiné souvent dans le pittoresque de ses haillons crasseux. Le président du Conseil général du département, qu’il quitta pour Annecy, disait de lui en pleine séance : « On ne peut se faire une idée de l’état de malpropreté et de puanteur dans lequel le préfet Levaillant a laissé notre préfecture[17]. » La pauvre Sœur, coupable d’aimer la propreté dans un département où le préfet était sale par goût, fut frappée de destitution. Si mes souvenirs sont exacts, quelques braves femmes qui avaient voulu manifester en sa faveur furent même punies de la prison[18].

Au prétoire nous retrouvons le Juif fidèle à sa haine pour le Christ. Nous l’avons vu jadis s’efforcer de se débarrasser du serment More judaico, protester qu’il voulait n’être distingué par rien de ses frères les Français, qu’il tenait à entrer dans la collectivité ; dès qu’il y est c’est pour faire scandale.

Un Juif, nommé Moyse[19], refuse une première fois de prêter serment devant le Christ. Un autre Juif, ancien condamné de la Commune, Lisbonne[20], imite cet exemple. Il faut voir comme le président est poli, il prend le récalcitrant par la douceur : « Voyons, monsieur Lisbonne, soyez donc indulgent pour notre Christ, il nous est bien difficile de faire disparaître ce tableau pour vous. »

Avec Camille Dreyfus même mise en scène. Chacun sait ce que c’est que ce Camille Dreyfus, et sur quel fumier a poussé cette fleur vénéneuse de ghetto ; condamné pour avoir insulté un prêtre, ainsi qu’il s’en vantait dans une circulaire aux électeurs du Gros Caillou, ce Dreyfus n’en a pas moins reçu de Wilson une croix qu’il déshonore.

L’impression de répulsion qu’il inspire, en venant insulter devant ce tribunal la religion de la majorité, l’enchante loin de l’humilier. Pourvu qu’il y ait du bruit autour de son nom, le Juif ne s’occupe guère de savoir si ce bruit est un applaudissement ou une huée ; il confond la famosité malsaine avec la belle gloire, il préfère même la famosité, elle rapporte, effectivement : quand quelqu’un a un mauvais coup à proposer, il sait où aller.

Regardez au point de vue physiologique, comme le Dreyfus se carre devant le tribunal ; il se panade, dirait La Fontaine, il piaffe, écrirait Saint-Simon, Il est tout fier d’être en scène. On dit : « C’est Dreyfus, vous savez bien Dreyfus, l’homme de paille de Wilson pour les jolies négociations que vous connaissez, Dreyfus l’agent de la Compagnie du gaz. » Dreyfus est heureux, il sourit, la névrose vaniteuse de cette race, née pour le cabotinage, s’épanouit en liberté.

Ces faits, d’ailleurs, mettent bien en relief ce qu’on pourrait appeler le goujatisme constitutionel du Juif. Un chrétien serait incapable d’une manifestation de ce genre[21]. Prenez un grand seigneur, un paysan, un ouvrier de souche vraiment française, vous retrouverez chez tous, dans des conditions diverses, cette distinction de sentiments, ce don inné de la sociabilité qui caractérise l’Aryen, cette préoccupation de se faire respecter mais de ne pas choquer son prochain. Rien de semblable chez le Juif ; dès qu’il le peut, il s’étale, il attire l’attention sur lui, il gène les autres.

Ce qu’il convient d’observer encore, c’est l’importance que prennent ces scrupules dès qu’il s’agit du Juif[22]. La Cour de cassation en délibère, on change la loi qui déplaît. « Attenter à la liberté de conscience, monsieur, y songez-vous ? » Je me suis toujours demandé en quoi pouvait bien être la liberté de conscience du Juif, qui est l’objet de tant de sollicitude. Est-elle donc en émeraude sans tache, en diamant ? Ce qui est certain, c’est qu’elle est d’une autre espèce que la nôtre. Les catholiques, les religieux ont subi des atteintes autrement cruelles à leur conscience, ils n’ont jamais pu seulement arriver à un tribunal, on les a arrêtés en route et la Cour de cassation n’a jamais statué sur leur cas. Ce sont des goym, encore une fois, des êtres un peu au-dessus du chien en ce sens qu’ils paient plus d’impôt que lui.

Cherchez dans l’histoire des peuples vaincus une race qu’on ait mis aussi complètement en dehors du droit commun et je vous défie de m’en citer une.

Partout où l’attaque contre la religion prend un caractère particulièrement répulsif et odieux, vous rencontrez le Juif allemand. Hérold, en se portant candidat, en 1869, dans l’Ardèche, protestait en vain contre l’opinion publique qui affirmait son origine juive. Sa figure démentait énergiquement son discours. Sans doute il appartenait à la classe des Juifs interlopes qui ne pratiquent aucune religion, mais il suffit d’examiner le type pour connaître la vérité, pour reconstituer l’évolution qui fut commune à ce sectaire et à beaucoup d’autres.

Hérold est, sous ce rapport, un spécimen excellent à observer. Le grand-père, petit professeur de musique allemand, arrive à Paris, y prend pied modestement ; le fils y compose des opéras comiques. La Franc-Maçonnerie juive qui sait, par la tradition orale, que le compositeur est de la compagnie, déclare qu’on n’a jamais rien vu d’aussi remarquable que cette musique, mais ostensiblement l’auteur de Zampa se conforme aux mœurs du pays et quand il meurt on l’enterre religieusement à Saint-Louis-d’Antin.

Le petit-fils se déclare d’abord Protestant quoiqu’il ne se soit jamais converti, que je sache, au Protestantisme. Puis le milieu se trouve favorable, le germe de haine juive se développe ; le fils du musicien aimable devient le frénétique que vous savez, insultant les Sœurs, empilant les crucifix dans les tombereaux, s’entourant de Juifs, prenant pour chef de cabinet un Juif, nommé Lyon, qui trépignait de joie à chaque infamie, enfin il meurt en inspirant le dégoût à ceux même dont il a flatté les plus bas instincts.

Ce phénomène d’atavisme[23] qui, selon la loi ordinaire, saute deux, et parfois trois générations, est physique autant que moral ; il se traduit même par les traits du visage.

L’auteur de Zampa apparaît dans ses portraits un peu mélancolique, mais point méchant.

Avec ses lunettes d’or et le bas de sa figure, qui est vipérin comme celui du fils, le préfet, il a bien l’air d’un changeur d’or de Francfort, mais une impression de rêverie souffreteuse et de tristesse tempère l’ensemble et prête même un charme voilé à ces yeux rusés. On ressent particulièrement cette sensation devant la belle lithographie de L. Dupré (L. Dupré à son ami Hérold), qui représente le musicien entouré de ses partitions et posant la main droite sur les touches d’un clavecin. Cæcilie Brand a particulièrement accusé le côté allemand.

Qui ne connaît la repoussante figure d’Hérold, avec ses yeux chassieux striés de filaments sanglants, ses os maxillaires énormes, sa bouche contractée par un rictus effroyable ? Après le mélodiste facile et gracieux que l’atmosphère parisienne avait encore assoupli et humanisé, la nature fait renaître tout à coup, du fond de l’Allemagne, un Juif d’autrefois, un de ces Juifs comme on en voit dans les vieilles images, toujours inquiets, toujours tremblant d’être pris et pendus entre deux chiens, toujours cherchant quelque petit enfant à égorger dans une cérémonie sacrilège.

Si l’examen attentif et serré de ces types est souvent pénible, pour nous autres écrivains, il faut le considérer comme une manière de rançon payée pour les joies intellectuelles si élevées et si pures que nous éprouvons à un si haut degré en pénétrant par l’analyse dans l’intimité d’esprits d’élite comme les Vauvenargue, les Joubert, les Chénier, les Maurice de Guérin, eu vivant dans le commerce de tant d’âmes tendres et fières presque inconnues de la foule.

Ce grand problème de l’hérédité du mal est, d’ailleurs, des plus passionnants. Il y a évidemment des êtres qui, en dehors même du péché de nos premiers parents qui nous est commun à tous, portent le poids d’une de ces déchéances ancestrales que Bourdaloue a appelées : « Un second péché originel[24]. »

Chez certains individus, comme chez Lockroy, un élément de Juiverie se greffe sur un héritage sanglant de Jacobin de 93 et constitue un très singulier mélange.

Fils d’un Juif italien, Simon, qui fut longtemps comédien tous le nom de Lockroy, et qui, d’après Vapereau, est né à Turin, le député de la Seine, l’ennemi des Frères de la Doctrine chrétienne[25], descend de Jullien de la Drôme qui joua un si triste rôle pendant la Révolution. Il publié lui-même chez Calmann Lévy, sous ce titre : Journal d’une bourgeoise pendant la Révolution, les impressions de sa grand’mère dont il a eu la pudeur, du reste, de ne donner que les initiales. En ceci il a eu raison car on ne peut rien imaginer de plus odieux que ce Journal.

C’est une vraie lécheuse de guillotine que cette Philaminte bourgeoise. On devine une âme gonflée de rancune et d’envie, à la façon dont cette mégère applaudit à tous les crimes, au massacre de vieillards dans les prisons, aux exécutions populaires. Laide sans doute et mal élevée, elle hait d’une haine de servante cette reine qui fut la triomphante de Versailles par l’élégance et le charme plus que par le rang. Elle est fermée à tout sentiment généreux ; elle prélude aux ignominies d’Hébert ; elle insulte cette mère qui est au Temple, cette chrétienne sublime qui, prête à monter à l’échafaud, employait ses derniers instants, dans le cachot de la Conciergerie, à recommander le pardon aux siens ; elle l’appelle Médicis, elle prétend que devant ses gardes elle faisait réciter à son fils des vers qui se terminaient ainsi :

 
Et d’un peuple rebelle abhorrant la noirceur,
Il faut, mon fils, apprendre à lui percer le cœur[26].

Elle sait qu’elle ment, que lui importe ! C’est avec ces mensonges qu’on fait tomber les têtes. La bonne nature tient à jouir jusqu’au bout de l’agonie de sa victime ; la hyène veut du moins sentir le sang puisqu’elle ne peut pas le boire.

Un matin d’octobre un artiste s’installe, une plume et du papier à la main, à une fenêtre de la rue Saint-Honoré. Une femme est à ses côtés, riant, coquettant, étalant ses grâces terribles ; soudain un éclair de joie passe dans les yeux de cette femme, une rumeur à couru dans la plèbe qui attend sa proie, une charrette apparaît, elle porte à l’échafaud celle qui fut la reine de France. La Furie cependant ne peut dissimuler un mouvement de dépit. Marie-Antoinette est plus majestueuse encore qu’à Versailles. Brisée ce jour-là par une de ces indispositions qui anéantissent les femmes, sous le faix de douleurs qui semblent au-dessus du courage humain, l’infortunée trouve encore la force d’être calme jusqu’à l’heure, heureusement proche, où, touchant au terme de sa longue agonie, elle criera au bourreau : « dépêchez-vous ! »

L’artiste était David[27], la femme était Mme Jullien.

Le père, terrorisé par cette gracieuse compagne, vota la mort de Louis XVI en assurant qu’il avait toujours haï le roi et que « son humanité éclairée ayant écouté la voix de la justice lui ordonnait de prononcer la mort. »

Le fils chassait de race. Qu’on se figure Gilles ou Abadie investis de l’autorité d’un proconsul et l’on aura l’idée de ce que fut Jullien fils : « Rien, dit le Dictionnaire biographique des hommes marquants de la fin du XVIIIe siècle, ne peut rendre son exaltation fanatique, son goût pour les supplices et son idolâtrie pour la guillotine qu’il appelait « le purgatif des royalistes. » On l’envoya à 19 ans remplacer à Bordeaux Tallien et Ysabeau qu’on trouvait trop tièdes et ce gamin féroce justifia les espérances du Comité de Salut public. On l’entendit un jour, raconte Prudhomme, s’écrier dans la Société populaire que « si le lait était la nourriture des vieillards, le sang était celle des enfants de la liberté qui reposant sur un lit de cadavres »[28].

Les lettres que cet éphèbe sanguinaire, qu’on appelait l’espion morveux de Robespierre, écrivait à son maître figurent dans les Papiers saisis chez Robespierre.

Quelques-unes sont des chefs-d’œuvre de précoce perfidie. Ce tigre était aussi mouton. Il éprouve un irrésistible besoin de dénoncer ; il dénonce Bordeaux, qu’il nomme « un foyer de négociantisme et d’égoïsme, » il dénonce Ysabeau « qui mange du pain blanc tandis que le peuple le nourrit de fèves ; » il dénonce même Carrier « qui vit dans un sérail entouré d’insolentes sultanes et d’ëpaulettiers qui lui servent d’eunuques. »

Avec cela il était folâtre. Il demandait des subventions pour le théâtre de Bordeaux, il voulait régénérer la nation par les ballets : « Comme j’ai vu les incalculables effets de ce genre de fêtes, disait-il, j’ai cru salutaire de l’offrir, au moins sur la scène, à toute la France et j’ai composé un petit divertissement patriotique ; les Engagements de citoyennes. »

C’est par ce côté badin que Lockroy tient de la famille. Après avoir traversé les petits journaux à la suite de Wolff, il a passé par le théâtre Déjazet, avant de monter sur le théâtre de la politique. C’est le persécuteur vaudevilliste. Saint-Simon disait de Pussort qu’il avait « une mine de chat fâché. » Lockroy, quand il a réussi à attirer l’attention sur lui, a une mine de chat content, de chat qui fait ses ordures dans de la braise. L’œil est à signal, comme celui des joueurs de bonneteau ; il y a de l’inquiétude du camelot, qui amasse la foule sans cesser d’être aux aguets, dans cette petite physionomie éveillée, sournoise et méchante.

Il est malin. Il l’a prouvé sous la Commune. Il était fort embarrassé de son attitude à Paris. Approuvant les actes du gouvernement insurrectionnel, mais redoutant prudemment de s’associer à un mouvement qu’il savait devoir échouer, il trouva à cette situation un dénouement plus habile que celui du Zouave est en bas. Il profita des circonstances pour aller faire une promenade champêtre et voir si les lilas poussaient du côté de Clamart ; des amis obligeants le firent enlever par une patrouille et remettre sa liberté quand la Commune fut terminée.

Le bon peuple resta convaincu que ce pur serait mort pour lui, et depuis ce temps le regarde comme un bon, ce qu’on appelle un républicain numéro un.

Aux dernières élections ce Paillasse trouva moyen d’être inscrit sur toutes les listes. Aujourd’hui il est Ministre du Commerce !

Le grand titre de Lockroy, auprès de la Franc-Maçonnerie, a été de s’introduire dans la famille de Victor Hugo, et d’y monter la garde pour empêcher que celui qui avait été un si grand poète religieux ne retourne au Christ. L’affaire a été admirablement menée. On prit l’aïeul par l’amour qu’il avait pour ses petitsenfants. Quelle douleur ce dut être pour le poète de voir ce vilain moineau installé ainsi dans le nid de l’aigle ! Qui saurait exprimer l’intensité du regard plein d’une hostilité sourde que le vieillard, d’une si magnifique bonhomie envers tous, lançait parfois sur Lockroy imperturbablement assis dans son rôle de père nourricier, immobile dans une posture à la fois arrogante et très basse ? Toute l’horreur de cette vie commune se lisait dans ce regard.

Que se passa-t-il au lit de mort ? On ne le saura jamais exactement. Les dernières heures de ce souverain de l’intelligence furent entourées d’autant de mystère que celles d’un souverain de droit divin.

Le fameux testament, publié avant les funérailles, ne me parait pas de la main de Victor Hugo.

Louis XIV avait pour secrétaire de la main le président de la Cour des comptes, Toussaint Rose. Rose, qui fut membre de l’Académie en remplacement du silencieux Conrart, avait la même écriture que le roi et il écrivait les lettres qui, d’après l’étiquette, devaient être autographes. Personne n’ignore dans le monde littéraire que M. Richard Lesclide remplissait les mêmes fonctions près de Victor Hugo et que les autographes authentiques du maître sont excessivement rares pour la dernière période de sa vie. Victor Hugo, évidemment, n’aurait pas suffi à son écrasant labeur, s’il lui avait fallu écrire cinquante lettres par jour pour annoncer aux gens « qu’ils avaient le Verbe en eux, » et qu’il « pressait cordialement leurs mains loyales. »

Ce Lesclide, aposté dans la maison par Lockroy, était un Juif Je Bordeaux, un Juif de l’espèce gaie qui pintait rigoureusement au dîner, mais qui n’était pas désagréable.

Ainsi entouré, Victor Hugo n’avait plus guère le moyen de manifester une opinion libre. Il est moralement certain pour moi qu’il a demandé un prêtre et bien des témoignages matériels tendraient à confirmer cette conviction. On a entendu Vulpian affirmer positivement ce fait dans un salon. Vulpian, sans doute, a démenti par écrit ce qu’il avait dit de vive voix, mais sa lettre sue le mensonge et la peur. Il est démontré, en tous cas, que Lockroy a intercepté la lettre remplie d’une si évangélique charité de l’archevêque de Paris, et qu’elle n’a pas été remise au malade.

Ce qu’il faut toujours regarder c’est le ton que prennent ces gens-là dans ces questions. Je ne songerai jamais à m’étonner qu’un Israélite fasse demander un rabbin pour le consoler à ses derniers moments ; j’ajoute même que, s’il m’en priait, j’irais le chercher moi-même et que je payerais le fiacre au besoin. Voulez-vous savoir comment Germain Sée qualifie la possibilité même d’un acte pareil ? « Mon cher ami, écrit-il à son complice Lockroy, si vous avez lu le Monde d’hier, vous y trouverez une monstruosité sur le désir qu’aurait manifesté le Maître de se confier à un prêtre. »

Je vous demande en quoi il serait monstrueux qu’un homme qui a dû ses plus belles inspirations à la religion chrétienne, qui a célébré Jésus, l’Eglise, la prière en vers immortels eût le désir, avant de quitter la terre, de causer avec la ministre d’un Dieu qui a été le sien.

Locroy est plus insolent encore. Les rédacteurs du Monde, voulant espérer quand même que l’âme du poète était sauvée, avaient demandé simplement et très convenablement si Victor Hugo n’avait pas souhaité voir un prêtre. « Les drôles, qui rédigent un journal religieux appelé le Monde, » voilà sur quel ton Lockroy commence sa réponse.

Lockroy est sûr de ce qu’il fait en écrivant ceci. Il est de ceux qui ont reçu le plus de corrections dans leur vie et qui les ont reçues le plus patiemment. Il avait fait tout jeune l’apprentissage des humiliations en voyant son père, moyennant quelques feux modestes, se livrer à des pitreries ou tendre le dos pour amuser la foule au théâtre. Il justifie donc ce que dit Montaigne, dans son langage imagé, de la puissance de l’habitude : « Celui-là me semble avoir très bien conçu la force de la coustume, qui premier forgea ce conte qu’une femme de village ayant appris à caresser et a porter entre ses bras un veau dès l’heure de sa naissance et continuant toujours à ce faire, gagna cela par l’accoutumance que, tout grand bœuf qu’il était, elle le portait encore. »

Avec les journalistes catholiques, Lockroy prend sa revanche. Il y a là des officiers, d’anciens zouaves pontificaux, qui ont été héroïques sur les champs de bataille et dont la vue seule ferait cacher Lockroy sous la table ; retenus par les défenses de l’Eglise, ils laissent ce malheureux les insulter sans lui envoyer de témoins.

Les camarades de Lockroy tirent de là, naturellement, des conséquences absolument fausses. Je vous citerai Louis-Stanislas Meunier. J’ai lu de lui des articles où retentissait parfois, à travers les blasphèmes, une note vibrante et originale, où l’on trouvait une peinture sincère de nos misères sociales que la France doit à la Révolution. Voyez, cependant, ce qu’il écrit à ce sujet :

Quel derrière, mes amis, que celui du cléricalisme ! Comme cette rotondité charnue semble destinée admirablement aux coups de bottes ! Voyez comme le pied s’y enfonce bien ! Cela fait : ploc ! Un plaisir, vraiment. C’est gras, huileux, malsain. Et pour bouquet, la lettre de M. Lockroy : « Les drôles qui rédigent un journal religieux intitulé le Monde… » En avez-vous assez, dites. Demandez, faites-vous servir ! Voulez-vous des gifles ?

M. Meunier n’ignore pas, cependant, qu’au premier geste de ceux qu’il attaque, Lockroy s’enfuirait comme il s’est enfui éperdu, au mois de juillet 1885, de la salle des concerts de la rue de Lyon, lorsque quelques électeurs, moins naïfs que les autres, l’ont couvert de huées en traitant ses discours de « boniments. » Plus soucieux de la vérité, le rédacteur du Cri du peuple, tout en employant la comparaison qu’il parait affectionner, aurait pu, au contraire, au point de vue même de ses idées anti-religieuses, tirer un argument en apparence spécieux contre la prévoyance du maître de l’univers, de ce fait qu’un homme, comme Lockroy, qui était destiné à recevoir un nombre de coups de pied et de claques véritablement exceptionnel, n’ait eu en naissant que deux fesses et deux joues comme le commun des mortels réservé à des émotions moins violentes[29]

  1. Revue des Etudes juives, No 5.
  2. L’auteur du livre Pro Judæis, reflesioni e documenti publié en 1884, à Turin, à la librairie Roux et Favale, ne répond à aucun de ces faits. L’ouvrage, d’ailleurs, comme le titre l’indique, n’est qu’une plate apologie des Juifs de tous les pays et de tous les temps.
  3. Voir pour Chaucer l’ouvrage de Taîne et surtout l’Histoire de la littérature anglaise de Filon. Filon s’est attaché à ce pays où il avait été le précepteur ou plutôt le compagnon d’exil et l’ami d’un jeune prince héroïque ; il vit comme un sage avec ses souvenirs et ses livres dans son cottage de Margate, et c’est là qu’il a écrit sur les écrivains anglais ce volume plein de fins aperçus et d’observations pénétrantes.
        Ajoutons que Chaucer, qui est un railleur à la façon de Rabelais, n’a pas épargné les moines. Ce Récit de la Prieure n’a donc aucun caractère fanatique ; il ne fait que constater une certitude qui était dans tous les esprits sur les assassinats d’enfants commis par les Juifs.
  4. Raphaël Lévy donne ce nom d’Haman (Aman) au procureur général en souvenir d’Aman, qui est resté en exécration chez les Juifs. Aman, l’impie Aman, race d’Amalécite.
  5. M. Emmanuel Michel, conseiller a la Cour royale de Metz, auteur d’un livre excellent, Histoire du Parlement de Metz, constate que si les magistrats lorraine éprouvaient le mépris général alors pour les Juifs, ils ne se départissaient pas vis-à vis d’eux de leur devoir d’impartialité. « En 1660, écrit-il, un Juif avait été tué par un soldat. C’est sur les instances de la cour que le coupable fut poursuivi. Il avait été arrêté, mais le commandant de la place et le colonel du régiment avaient placé des corps de garde devant la prison pour qu’on ne pût disposer du soldat. Le roi, par une lettre de cachet donnée à Vincennes le 29 juillet 1660, manda au Parlement qu’il venait de donner des ordres pour que les corps de garde fussent levés et que le cours de la justice ne fût pas interrompu. »
  6. A consulter à ce sujet un livre fort curieux, mais malheureusement presque introuvable aujourd’hui, Relation historique des affaires de Syrie depuis 1840 jusqu’à 1842, par Achille Laurent.
  7. Même en Europe, les faits de ce genre sont encore relativement fréquents. Les journaux, d’ailleurs, ne parlent jamais en pareil cas que des aquittements ; ils ont gardé le silence sur un crime de ce genre commis à la fin de 1881, a Lulcza, petit village du cercle de Rzeszov, dans la Gallicie autrichienne, sur une jeune fille nommée Francesca tich. Les trois accusés, Moïse Ritter, sa femme Gittel et Stochinski, furent condamnés à mort le 21 décembre 1882 par le jury de Rzeszov. La cour supérieure de justice cassa le jugement pour vice le forme et renvoya les trois Juifs devant le tribunal de Cracovie, qui, le 10 octobre 1883, renouvela la triple condamnation à mort.
  8. Prato, tipographia Giachetti, figlio et cie.
  9. Le livre avait paru avec la permission de l’autorité ecclésiastique ; les Archives israélites eurent l’audace de prétendre qu’il avait été désavoué par le Moniteur de Rome, organe du Vatican ; le Moniteur affirma qu’il n’avait rien désavoué du tout, bien au contraire, et les Archives durent se rétracter.
  10. Le livre de Gustave Tridon, Le Molochisme juif, met bien en relief également cette lutte soutenue par les Prophètes contre le culte de Moloch personnifié, soit par le taureau, soit par le veau d’or.
  11. Avec sa table de pierre pour le sacrifice, la vieille gravure de Sadler représentant le meurtre de six enfants de Ratisbonne donne tout à fait l’impression d’une cérémonie du culte sanglant à Carthage. Voici le texte qui accompagne cette gravure :
        « A la suite d’une perquisition du gouverneur de Ratisbonne, on trouva les cadavres mutilés de six enfants disparus. Les sacrificateurs avaient établi, au milieu de cet étrange sanctuaire, une pierre énorme, de plus d’une coudée de largeur, qui avait la forme d’un calice, monté sur un pied. C’était l’autel sur lequel on immolait les victimes. Au fond de cet antre, on découvrit aussi un laboratoire où l’on se livrait, sans scrupule, à la fabrication de la fausse monnaie. »
        Une autre gravure de Sadler représente le supplice d’un enfant de Munich dont la mort provoqua le massacre des juifs eu 1285.
        « L’enfant, dit le texte, fut retrouvé sur les indications de la pourvoyeuse des sacrificateurs ; la victime avait été liée sur une table de la synagogue et percée de stylets, elle avait les yeux arrachés. Le sang avait été recueilli par des enfants. Le peuple excité commit les plus graves excès contre lea Juifs de la ville, et il fallut toute l’autorité de l’évêque pour calmer l’effervescence populaire et arrêter le massacre. »
        Ces deux curieuses gravures ont été reproduites dans la belle publication scientifique qui a pour titre le Cosmos (No du 30 mars 1885).
  12. On pourrait citer des faits innombrables de cet ordre. Un des plus brillants élèves de l’Ecole des Chartes, qui est en même temps un ferme chrétien, M. Lecoy da La Marche, publie un remarquable ouvrage sur saint Martin. La commission de l’Académie propos Saint Martin pour un prix. Gaston Paris, toujours prêt à servir la haine des Juifs contre l’Eglise, proteste contre cet acte de justice, parce que l’auteur, en citant Sulpice Sévère, a rappelé les miracles de saint Martin. C’est la pure doctrine de l’Ecole des Chartes, d’après laquelle on doit s’appuyer surtout sur les témoignages contemporains. Renan, toujours cauteleux, agit en dessous. Bref ce qui est, je crois, sans exemple l’Académie casse la décision de sa commission. Je dois ajouter que M. Lecoy de la Marche fut très mollement soutenu par les catholiques qui, là comme ailleurs, au lieu de tenir tête à des hommes comme Renan, et de les accabler de mépris, lâchent pied dès le commencement de la discussion.
        Vous verrez que lorsque ce Gaston Paris se présentera, comme il en a manifesté l’intention, à l’Académie française à laquelle il n’a aucun titre, les catholiques voteront encore pour l’homme qui traque les écrivains chrétiens.
  13. A l’appui de ce caractère presque inexorable de l’hérédité, rappelons les curieuses observations d’un médecin de Francfort qui avait remarqué que beaucoup de Juifs naissaient circoncis.
  14. Nos belles cérémonies funèbres où tout parle d’espoir, où la tenture mortuaire semble n’être qu’un simple rideau qui nous laisse deviner la présence de l’être disparu ont le don d’exaspérer les organisateurs d’enterrements civils.
        N’est-elle pas d’un caractère véritablement diabolique et digne du pinceau de quelque peintre épris du fantastique cette scène qui s’est passée à Brest, le jour du Mardi-Gras, le 26 février 1884 :
        « Vers trois heures, mardi, le convoi funèbre d’une petite fille suivait la rue Saint-Yves ; arrivé devant le magasin Cailloux, le cortège fut remarqué par des voyous déguisés en moines, qui menaient grand tapage sur la place.
        « Ces misérables, sans égard pour la douleur du père, qui suivait en pleurant le frêle cercueil de sa fille, se mirent à psalmodier le De Profundis et à donner leur bénédiction au clergé. »
        Un pareil scandale restera-t-il impuni ? Demandait le journal qui racontait ces faits ignobles. Il fallait être bien naïf pour se poser même cette question.
        L’Annuaire des Archives Israélites fait du reste figurer le Mardi-Gras parmi les fêtes chrétiennes entre Noël et Pâques.
  15. Mgr Freppel, qui avait su si bien démasquer Naquet dans la question du divorce, a été moins perspicace lorsque, dans la commission de l’amnistie, il a dit à M. Rochefort, qui affirmait de nouveau ce fait : « Quel intérêt la préfecture aurait-elle eu à cela ? »
        Le grand évéque ne sait pas ce que c’est que les haines héréditaires, les fatalités de race et tout un côté du mouvement actuel lui échappe encore.
  16. Cet Hendlé semble avoir eu la spécialité de s’occuper des Juifs polonais ; en 1863 il publie dans les Archives israélites un dithyrambe sur eux ; le 4 novembre 1865, il s’emporte à la police correctionnelle contre l’avocat général, M. Dupré Lasalle, qui, dans un procès où figuraient des Israélites polonais prévenus d’escroquerie. disait : « Il m’est d’ailleurs difficile d’ajouter foi au récit des prévenus, ce sont des Juifs et je ne sache pas que les Juifs aient combattu aux côtés de leurs frères et versé leur sang sur les champs ds bataille de la Pologne. »
  17. Elle est absolument vraie au point de vue physique comme au point de vue moral la loi que Maxime Du Camp formulait en cet termes dans la Revue Des Deux-Mondes, du 1er avril 1861 :
        « On pourrait, sans craindre de se tromper, formuler cet axiome : « Plns les hommes par leur religion se rapprochent du Judaïsme, plus ils sont sales ; plus ils s’en éloignent, plus ils sont propres. »
        L’état de puanteur, l’infection des rues de la capitale depuis que Paris est devenu une ville juive sont des preuves éclatantes de cette vérité.
  18. Isaïe Levaillant a reçu de l’avancement, il a été nommé directeur de la Sûreté générale, poste important au point de vue de l’espionnage, et que les Juifs tiennent à voir occupé par l’un d’autre eux. Schnerb, nous l’avons vu, avait précédé là Isaïe Levaillant.
  19. C’est chez ce Moyse, conseiller général de la Seine et qui a été candidat au Sénat, qu’habite Louise Michel. Les Juifs tiennent à avoir sous la main ceux qui peuvent jouer un rôle dans une révolution.
  20. Ce Lisbonne, tour à tour comédien, homme d’affaire et colonel de la commune, est encore un type très intéressant pour nos études. Après avoir essayé d’ouvrir un établissement, où les consommateurs auraient été servis par des religieuses, il a fondé un café, où les garçons, habillés en académiciens, portent l’habit à palmes vertes et l’épée ; il a fondé aussi l’Auberge des reines où les filles de service ont le costume des souveraines illustres dans l’histoire par leur beauté ou leurs malheurs. Nous retrouvons là ce besoin impérieux chez le Juif de souiller, d’avilir, de tourner en ridicule tout ce qui a été grand dans le passé. C’est chez lui une véritable monomanie du genre stercoraire sur laquelle il tente une opération commerçiale avantageuse.
        Au fond, Lisbonne c’est Ludovic Halevy, communard, comme Ludovic Halevy c’est Lisbonne académique. Tous deux ont orienté leur vie d’une façon différente, mais en réalité l’œuvre est la même.
  21. En Prusse cependant, où l’on est moins endurant que nous, on refuse de prêter serment devant les magistrats juifs. C’est un prédicateur de grand mérite et de haute vertu, M. Hapke, qui a pris cette initiative.
        A Esseg, dans le Comtat d’Agram, un courageux citoyen, nommé Bartholovic, suivit cet exemple au mois de juillet 1883. Frappé d’une amende de 100 florins, il alla en appel ; l’arrêt fut cassé et il fut décidé que le serment aurait lieu devant un juge catholique.
        Si les Français agissaient de même, les Moyse et les Dreyfus renonceraient vite à leurs fantaisies.
  22. Tout officier suspect de cléricalisme est impitoyablement dénoncé par les journaux juifs, tandis que le ministre de la guerre veille avec soin, grâce à l’intervention de l’Alliance israélite, à ce que des congés soient accordés au moment des fêtes juives aux soldats de cette religion qui se trouvent sous les drapeaux.Voilà ce qu’où appelle l’égalité.
        M. Baudry d’Asson a en l’idée de relever la moyenne des traitements des pasteurs des différents cultes, elle est instructive :
    Moyenne des traitements du clergé catholique. Fr.    922
    — des muftis musulmans 1.600
    — des pasteurs protestants 2.111
    — des rabbins Israélites 2.522
  23. Atavisme n’est pas le terme tout à fait exact ici, le mot juste at le retour au type.
        L’atavisme est la tendance qu’ont les descendants modifiés et croisés par métissage, c’est-à-dire par croisement d’espèces appartenant à la même race, à reprendre un ou plusieurs caractères de la souche primitive.
        Un retour au type est la tendance qu’ont les descendants modifiés et croisés par hybridation, c’est-à-dire par le croisement de deux races distinctes, à revenir en totalité à l’une des races mères.
  24. Il est très regrettable que l’Ecole de la Paix sociale n’ait point porté ses investigations de ce coté. J’aurais aimé, par exemple, voir Guérin, auquel nous devons l’excellente monographie d’une famille de cordonnier de Malakoff ou MM. Ed. Demolins et P. Bocquet, auteurs de la monographie d’un chiffonnier de Paris, appliquer la méthode de M. Le Play à une monographie d’un gouvernant actuel. Il y a un chef-d’œuvre à faire avec une famille-type se glissant en France, gagnant avec les petits trafics de biens nationaux, avec le prix des dénonciations sous la Terreur, de quoi faire donner un peu d’instruction aux enfants, tirant de l’Empire tout ce qu’il peut donner et se résumant dans un de nos hommes d’Etat à la fois pourris et sectaires, étrangers à toute conviction et fanatiques d’intolérance.
  25. Lockroy a reçu cependant quelques notions de catéchisme. Une brave femme qui, sous le nom d’Elise Moreau, avait eu quelque célébrité comme poétesse avant d’épouser Gagne, l’archi Gagne, l’auteur de l’Uniteide, s’apitoya sur la misère morale de ce malheureux qui, à douze ans, ne savait des vérités fondamentales de la religion que ce que l’on en peut savoir entre deux portants de coullisses. Elle mena le petit sauvage à un respectable ecclésiastique, dont nous avons déjà parlé à propos de la Commune, l’abbé Ravailhe. Le digne prêtre s’efforça d’apprendre du moins à l’enfant à connaître et à bénir le nom de son Créateur. Le terrain, hélas ! était ingrat, et Lockroy profita peu de cet enseignement qui aurait pu le préserver de tant d’écarts.
  26. Journal d’une bourgeoise de Paris pendant la Révolution (page 181).
        « Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père que je lui repète : qu’il ne cherche jamais à venger notre mort. » (Testament de Marie-Antoinette.)
  27. Ce dessin fait partie de la collection Hennin à la Bibliothèque nationale. Au-dessus on lit cette note de la main de M. Hennin : « Portrait de Marie-Antoinette, reine de France, conduite au supplice, dessiné à la plume par David, spectateur du convoi et placé à une fenêtre avec la citoyenne Jullien, femme du représentant Juillien. Copié sur l’original existant dans la collection Soulavie. »
  28. M. Charles Vatel, dans son livre Charlotte de Corday et les Girondins, nous apprend que cet aimable jeune homme lançait des chiens de boucher sur les proscrits et les traquait comme des bêtes fauves.
        Le poète bordelais Joseph Despaze a rappelé ce détail dans les Quatre Satires ou la fin du XVIIIe siècle.

    L’un des trois Jullien, proscripteur de vingt ans,
    Ranime dans Bordeaux les bouchers haletans ;
    Les meurtres sont ses jeux et les têtes coupées
    A cet enfant cruel tiennent lieu de poupées.

  29. Si M. Meunier veut voir comment des hommes comme moi, qui n’ont pas à remonter bien loin dans leurs ancêtres pour y trouver des ouvriers chrétiens, traitent des Turlupins comme Lockroy, qui n’ont parmi les leurs que des bouffons et des assassins, il n’a qu’à lire, dans le Monde du 10 janvier, l’article intitule Bobèche. Ce n’est pas ce que j’ai fait de mieux littérairement, car c’est un de ces articles qu’on écrit plutôt avec le pied qu’avec la main, mais enfin, à moins de laisser la botte dans la partie en litige, il est impossible d’être plus net.