La France juive/Livre Sixième/III/2

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
(vol 2p. 436-474).

Avec sa rapacité légendaire, ses virements obscurs au ministère de l’instruction publique, Paul Bert est de la même catégorie ; il est, à coup sûr, le premier grand maître de l’Université qu’on ait vu mêlé à ces questions d’argent et, en ceci, il prouve sa race. Si Bert, comme le constate M. Lorédan Larcher, est un nom d’origine germanique, les prénoms des grands pères de l’insulteur de l’église Isidore Bert et Simon Boyer sont des prénoms de Juifs.

Simon Boyer, on le sait, était fesseur au collège des Jacobins à Auxerre. Habitué à voir l’espèce humaine par le vilain coté, il ne fut pas effrayé par le sans-culottisme.

C’était lui, dit l’Almanach administratif, historique et statistique de l’Yonne (année 1861), qui était chargé d’appliquer à certaine place, que la décence nous défend de nommer, les punitions corporelles infligées aux élèves, et il s’en trouvait parmi eux de l’âge de vingt ans. Chaque correction rapportait douze sous au sieur Boyer, qui allait aussi en ville exercer ses touchantes fonctions. Les revenus de cet emploi furent, sans doute, pour lui d’un bon rapport, puisqu’il put faire l’acquisition d’un immeuble aussi important que celui des Jacobins. Il me souvient d’avoir vu M. Roux, chirurgien à Auxerre, amener son fils dans la classe de M. Amé, pour lui faire infliger la susdite correction, et, avant d’être à genoux, lui mettre dans la main une pièce de douze sous (système duodécimal) que, tout pleurant et encore agenouillé, l’écolier corrigé remit à son tour au cinglant officiel. Cet écolier est devenu le célèbre chirurgien Roux, membre de l’Académie des sciences.

Ainsi que le fait remarquer l’auteur de cette note, les sommes considérables déboursées à la Révolution par ce zélateur de la discipline, qui aimait la jeunesse à sa façon, s’il faut en croire le proverbe « qui aime bien châtie bien, » donneraient à supposer que le nombre des fessées était considérable à Auxerre. Ce serait peut-être là une indication inexacte ; tout était bizarre en ces temps troublés. On vit même certaines communautés, menacées d’être dépouillées, confier à des hommes, dont les protestations de dévouement les avaient trompées, les fonds nécessaires pour acheter l’immeuble mis en vente, et ces hommes, abusant le la confiance qu’on leur témoignait, employer l’argent à acheter l’immeuble pour eux-mêmes et nier énergiquement le dépôt[1].

Bert, d’ailleurs, semble avoir rompu avec la Synagogue, il pose volontiers pour le pontife de l’athéisme, mais là encore il est plagiaire, plagiaire de Juifs naturellement. En 1848, au Parlement de Francfort, un Juif allemand, nommé Oppenheim, demanda qu’on instituât un Pape de l’athéïsme, ein Papft der atheistcihen. Paul Bert a volé cette idée, il n’est pas fier.

J’ai pris l’homme en flagrant délit de mensonge, la main dans le sac.

Dans la deuxième édition de son Manuel, je lis cette phrase, page 156, lignes 14 et suivantes : « Je suis lieutenant de Dieu, disait Louis XIV dans son Testament, je possède la vie et la fortune de mon peuple en toute propriété. Lorsque je prends une résolution, Dieu m’envoie son esprit. »

La phrase m’étonna un peu, elle était donnée cependant comme absolument authentique puisqu’elle était écrite non seulement en italiques, mais placée entre guillemets. Avec une signature de tout autre, on n’aurait pas même eu l’idée d’y aller voir, mais Bert est de ceux qu’on ne croit pas sur parole. Je relus le Testament de Louis XIV. Paul Bert avait tout bonnement inventé la phrase, c’était un simple faux[2].

Remarquez que ce Testament est un document connu de tous, un monument historique écrit ; la copie figurée, dont la cote est, je crois. K. 137, n° 1.6°, a été faite sur l’original par le greffier du Parlement, qui a respecté scrupuleusement la disposition des lignes et des pages. Ce Testament a été imprimé une vingtaine de fois et il se trouve dans les Œuvres de Louis XIV de Grimoard ; je l’ai republié dans le Journal des Anthoine, dont Victorien Sardou m’avait obligeamment prêté le manuscrit.

N’est-il pas vrai que c’est bien bas, que cela peint bien une époque et un homme, ce ministre de l’instruction publique falsifiant un texte comme celui-là, mentant à des enfants pour essayer de déshonorer la mémoire d’un grand roi ? Dieu en soit loué, aucun de nos humbles Frères, que ce calomniateur insulte chaque jour, ne serait capable d’une telle vilenie.

L’esprit général du Testament, ajoutons-le, est en désaccord avec cette phrase qui n’est, d’ailleurs, pas dans le style du temps. Dès le début, Louis XIV exprime le regret des maux que la guerre a causés à ses peuples : « Comme par la miséricorde infinie de Dieu, dit-il, la guerre, qui a, pendant plusieurs années, agité notre royaume, avec des événements différents, qui ont causé de justes inquiétudes, est heureusement terminée ; nous n’avons présentement rien de plus à cœur que de procurer à nos peuples le soulagement que tant de guerres ne nous ont pas permis de leur donner, et de les mettre en état de jouir longtemps des fruits de la paix, et d’éloigner tout ce qui pourrait troubler leur tranquilité. »

« Nous n’avons eu d’autre vue, dans toutes les autres dispositions de notre testament, dit encore Louis XIV, en terminant, que le bien de notre Etat et de nos sujets ; nous prions Dieu qu’il bénisse notre postérité et qu’il nous fasse la grâce de faire un assez bon usage du reste de notre vie, pour effacer nos péchés et obtenir sa miséricorde. »

Qui ne se rappelle la scène grandiose de Louis XIV à son lit de mort, se confessant, devant un enfant, des glorieuses erreurs de sa vie et les nobles paroles que Mme de Ventadour fit inscrire près du berceau du jeune Louis XV ?

Voilà les livres mensongers que l’on force les parents à mettre entre les mains de la jeunesse !

Ce manuel calomnieux est une entreprise absolument juive. Les éditeurs Picard Bernheim[3] sont des Juifs et mettent à lancer l’affaire la double âpreté qu’inspirent l’espoir de l’argent à gagner et la perspective du mal à faire.

Tous les livres approuvés par le ministère et destinés à détruire le sentiment religieux dans de jeunes esprits sont publiés par des Juifs.

C’est un Juif, les Archives Israélites nous l’apprennent, que ce Giedroye qui fabrique ce livre singulier, la Gerbe de l’Ecolier, dont la presse républicaine elle-même a fait des gorges chaudes et dans lequel le nom de Dieu est supprimé de tous les passages d’auteurs classiques dans lesquels il figurait.

Petit poisson deviendra grand
Pourvu que Dieu lui prête vie.

Ainsi parle La Fontaine.

Petit poisson deviendra grand
Pourvu qu’on lui laisse la vie.

Ainsi s’exprime Giedroye qui obéit lui aussi à l’instinct de sa race en déshonorant et en mutilant les chefs-d’œuvre que la France a produits quand les Juifs, grâce à Dieu, n’avaient pas accès chez nous.

Cette haine de Dieu arrive à la monomanie. Au mois de février 1885, nous voyons reparaître Camille Dreyfus qui soulève au Conseil municipal un débat grotesque. Il veut proscrire Victor Hugo de l’école parce que le nom de Dieu se trouve dans les œuvres du poète, qu’on y parle de la prière, qu’on y rencontre des vers comme ceux-ci :

Donnez, riches, l’aumône est sœur de la prière…
Donnez, afin que Dieu qui dote les familles…

Le Conseil municipal approuve ce Juif et une enquête sévêre est prescrite.

C’est le Juif Lyon Allemand qui, au mois de mars 1885, dénonce au Conseil municipal un professeur de Chaptal, M. Pellissier, qui jouissait de l’estime de tous. Quel était le crime de ce savant ? On ne lui reprochait pas d’avoir violé la neutralité de l’école, d’avoir communiqué ses idées à ses élèves, il avait simplement usé de son droit individuel, de la liberté de penser dans ce qu’elle a de plus sacré, en publiant sous ce titre : les Leçons de l’antiquité chrétienne, un livre plein de nobles enseignements et d’éloquents aperçus qui reçut de l’Académie Française un prix Monthyon. Dans ce livre, l’écrivain s’était permis de constater l’influence moralisatrice et féconde du christianisme. Lyon-Allemand fut indigné de cette audace et le malheureux professeur fut brutalement révoqué après 25 années de services.

C’est un Juif allemand, Ollendorff, dont la famille est originaire de Rawicz (duché de Posen) qui, secrétaire de Ferry, excitait contre Jésus-Christ cet homme qui cependant n’a pas besoin d’encouragement pour le mal[4].

Quilly, le prêtre défroqué, l’àme damnée de Paul Bert, qui se sert du peu de science théologique qu’il possède pour fournir à ce malfaiteur des arguments pour insulter l’Église, est un instrument des Juifs, il a épousé une Juive allemande nommée Salomé Brandt.

Tout l’enseignement supérieur sera d’ici à quelques années aux mains des Juifs. Nous trouvons rien qu’à l’école des Hautes Études : Philologie : directeur-adjoint, M. Henri Weil ; grammaire comparée, directeur des études : M. Michel Bréal ; langue zende, directeur-adjoint, M. James Dar-mesteter ; langue sémitique : directeur des études, M. Joseph Derenbourg ; langue arabe, M. Hartwig Derenbourg ; langue éthiopienne et himyarite, M. Joseph Halevy ; Philologie et antiquités assyriennes, M. Jules Oppert.

Parmi les meneurs de l’œuvre de destruction entreprise contre tout ce qui rappelle la Patrie d’autrefois, une place à part doit être réservée au Juif allemand Michel Brêal. Celui-ci se chargea de poursuivre la vieille France dans ces belles lettres, ces humanités, humaniores litteræ, qui rendent l’homme plus humain, plus civilisé. Il fut l’instrument de ce besoin qu’a le Juif de tout abaisser, de tout niveler dont nous avons parlé si souvent dans ce livre.

Grâce aux méthodes pédagogiques allemandes, que Michel Bréal fit adopter en France, les pauvres cervelles de nos enfants, brouillées par mille notions confuses, devinrent incapables d’aucun effort sérieux. Le niveau des études classiques baissa rapidement et les candidats au baccalauréat en arrivèrent à ne plus savoir l’orthographe.

Les Facultés sont unanimes dans leurs rapports à se plaindre de cette lamentable décadence. Un des hommes qui connaissent le mieux les questions d’enseignement, M. Albert Duruy, a publié à ce sujet un travail fort remarqué[5] où il met admirablement en relief l’effort accompli pour déformer l’âme française, en donnant à notre jeunesse une éducation contraire au génie national.

Dans ce débat, dit-il fort bien, ce n’est pas une simple question de pédagogie qui s’agite, ce n’est pas seulement l’éternelle querelle littéraire des anciens et des modernes qui s’est rallumée : ce qui est en cause, c’est le clair génie français qu’on est en train d’obscurcir ; c’est toute une génération, déjà triste, élevée dans la douleur et dans les larmes, au bruit de la défaite, sans ouverture sur le ciel qu’on lui a pris et sur la gloire qui n’est plus ; ce sont nos enfants qu’on excède et qu’on déprime ; c’est notre pays abattu, mutilé, qu’on voudrait, tout frémissant encore, courber sous le joug de méthodes et d’une culture étrangères. Voilà le grand, le vrai danger des nouveaux programmes. A tous leurs autres défauts ils ajoutent celui d’être antipathiques à notre race ; ils ne sont pas nés en terre gauloise, en terre sainte ; ils ont été confus là-bas. Ils nous sont venus de l’Est, avec l’invasion, ils l’ont complétée et ils la continuent.

Partout, vous retrouvez le Juif essayant de détruire directement ou indirectement notre religion. Le divorce est d’institution juive, le Juif Naquet fait passer le divorce dans nos lois. Nos belles cérémonies funèbres irritent le Juif, c’est un ingénieur du nom de Salomon qui se met à la tète d’une société pour la crémation qu’il voudrait rendre obligatoire.

C’est un Juif, Camille Sée, qui organise les lycées de jeunes filles, de façon à en exclure tout enseignement religieux.

Des Français, même peu zélés dans leur foi, disent à cet homme : « Voyons, vous allez donner à ces jeunes filles une culture raffinée, une éducation bien supérieure à leur position dans le monde, leur apprendre la musique, les arts d’agrément, vous savez combien on a de la peine à vivre en courant le cachet. Placées entre le déshonneur et la pauvreté qui leur semblera plus rude qu’à des natures moins cultivées, ces enfants d’employés, de vieux soldats, de bourgeois auront bien des tentations. Pourquoi ne pas leur mettre au cœur une de ces croyances qui soutiennent dans la vie, un idéal qui élève, qui console, qui empêche les défaillances ? »

L’autre sourit de cet air impertinent et fat qui a fini par dégoûter jusqu’aux électeurs de Saint-Denis. Après boire, il avoue sa pensée secrète. A ces banquiers, à ces enrichis d’hier, à ces Juifs frottés de civilisation ne faut-il pas des compagnes de la main gauche qui puissent les distraire, les Klipoth (filles non juives), qui soient en état de bercer ces hypocondres, comme David apaisait avec sa harpe la démence de Saûl ?

Chair à impôt, chair à plaisir, chair à canon, n’est-ce pas la destinée du chrétien, de sa fille, de ses sœurs ? Voilà pourquoi on peut hardiment écrire Ecole de filles sur le fronton de ces lycées, d’où sortiront tant d’infortunées trop peu religieuses pour qu’un honnête foyer s’ouvre devant elles, trop instruites pour se contenter de la misérable condition faite aux femmes dans notre société désorganisée...

Dans le journal du Juif Valentin Simon, l’Echo de Paris, un ancien soldat de la Commune, M. Edmond Lepellelier, en constatant que cinquante mille jeunes filles, dont trois mille seulement avaient été reçues, s’étaient présentées en une année aux examens d’institutrice, traçait de l’existence de ces malheureuses Klipoth un tableau instructif malgré sa forme brutalement réaliste.

Et elles se ruent, écrivait-il, les malheureuses, à l’assaut des places promises. On en a distribué, l’an dernier, trois mille. C’est beaucoup, direz-vous ? Hélas ! les demandes s’élevaient à cinquante mille. Que feront, que font actuellement, sans parler de celles qui ont échoué à l’examen, ces quarante-sept mille institutrices sans emploi, sans espoir d’en avoir ? Où les retrouverons-nous ?

Nous savons déjà qu’il est inutile de chercher à l’atelier ou au magasin. Elles ne sauraient déroger à ce point. Oui, en cherchant bien, nous les retrouverons, ces déclassées réfractaires, parmi leurs congénères les poètes lyriques sans courage, les journalistes sans journaux, les avocats qui ne plaident pas, les officiers défroqués et les curés déserteurs. C’est dans la fumée des brasseries que nous apercevons leur silhouette ironique et moqueuse ; dans le tapage des bocks qu’on choque et des absinthes qu’on bat, nous les entendons déblatérer contre la société ; nous les verrons pérorer, ayant une salle de café pour chaire et des filles alcooliques pour clients, ces produits inutiles des écoles normales supérieures ; de jeunes filles. Paris en est déjà empoisonné.

Nihilistes de l’amour et de la famille, on les renontre à chaque pas, les bohèmes enjuponnées, portant le chignon court, le faux-col masculin, et ayant pour signe de ralliement le pince-nez professionnel. Elles enseignent, elles consultent, elles décident. Une cour est autour d’elles. On les voit corriger les demandes d’argent ou écrire les lettres d’amour de leurs collègues ignares, vachères promues ou filles de faubourg n’ayant, en fait d’école, que passé par l’École militaire. Elles ont une clientèle. Les placiers en liquides les admirent et font assaut d’érudition avec elles. En outre, pour affirmer leur supériorité, elles ont des raffinement extrêmes et contribuent au développement de ce culte de Lesbos, dont les autels de chair voient aujourd’hui tant d’agenouillées.

Nous les retrouverons aussi ailleurs, dans ces établissements spéciaux, que Scholl a baptisés les bouillons Duval de l’amour. Quand ils sont bien montés, ils comptent toujours parmi leurs pensionnaires une dame diplômée, et au consommateur qui en fait la demande, on sert aujourd’hui « l’institutrice. » comme autrefois la négresse ou la femme à barbe. Voila le progrès[6].

Pervertir les jeunes générations voilà, d’ailleurs, le point essentiel, celui sur lequel porte tout l’effort. C’est un Juif, Benoit Levy, qui publie chez un éditeur juif, Léopold Cerf, le Manuel pratique de la loi scolaire ; il la trouve fort avenante, lui, il en explique les beautés avec complaisance, il menace ceux qui hésiteraient à obéir. Tout ce qui concerne les emblèmes religieux le ravit particulièrement, il insiste sur ce sujet.

Les écoles publiques, écrit-il, étant, de par notre loi, absolument laïques, il s’ensuit qu’aucun emblème religieux ne doit figurer dans l’école. Ce serait une inconséquence que de la proclamer laïque et d’y laisser l’emblème religieux, ce serait contraire à toutes les idées qui ont fait prévaloir dans la discussion le principe de la laïcité.

La loi anti-chrétienne, encore une fois, est leur œuvra de prédilection. Ils accourent dès qu’on la menace.

La commission scolaire de Lavaur, un des rares pays où les citoyens aient fait courageusement leur devoir et usé de tous leurs droits, excuse un père de famille qui avait refusé d’envoyer son enfant à l’école parce qu’on y donnait l’enseignement avec le manuel Compayré.

Aussitôt Ferdinand Dreyfus, un des membres de cette tribu qui grouille sur la France, comme la tribu des Mayer, s’élance dans les couloirs et dans les commissions ; il traîne après lui une ombre gémissante, pleurante, lamentable, c’est Compayré qui soupire, Compayré qui se désespère : « On ne veut plus de mon manuel, qu’est-ce que je vais devenir ? Je vais être obligé d’écrire des ouvrages religieux. » Bref, le Dreyfus accouche d’un amendement dans lequel figure ce paragraphe :

« Les commissions scolaires ne peuvent, en aucun cas, s’immiscer dans l’appréciation des matières et des méthodes d’enseignement. »

Une commission scolaire qui ne s’occupe pas de l’enseignement, c’est un comble, comme on dit dans cet argot des boulevards que les Juifs ont mis à la mode, mais qu’est-ce que cela peut faire à Dreyfus, dès qu’il s’agit de molester les chrétiens ?

Cet épisode, en tous cas, met bien en relief le côté Cottin qui se mêle dans ces persécutions au côté coquin, la fureur du cuistre contre ceux qui s’obstinent à ne pas admirer sa littérature. « Ce que l’Almanach des Muses, a dit Chateaubriand, a fourni d’agents à la Terreur est incroyable. La vanité des médiocrités en souffrance produisit autant de révolutionnaires que l’orgueil blessé des culs-de-jatte et des avortons : révolte analogue des infirmités de l’esprit et de celles du corps. »

Sous ce rapport, Compayré a peut-être dépassé Paul Bert, par son opiniâtreté à imposer son manuel à peser sur les ministres en les menaçant de son vote pour que ce manuel, que rejettait tout le monde, fût rendu obligatoire. En 1883, toujours sous la pression de Compayré, le préfet de la Manche révoqua, non pas une institutrice laïque, mais une religieuse qui ne pouvait, on en conviendra, accepter un ouvrage condamné par le Pape, Mme Fontaine, en religion sœur Thérèse, du Carmel d’Avranches. Quelque temps auparavant, l’impudent Ferry déclarait « qu’il n’y avait aucun manuel autorisé dans les écoles[7]. »

Partout, je le répète, vous rencontrez le Juif pour diriger et envenimer les débats religieux.

Prenez cet épisode de la seconde expulsion des Bénédictins de Solesmes, qui eut un caractère particulièrement révoltant.

Ces pauvres gens, mis à la porte une première fois, sont rentrés petit à petit chez eux. Ils n’ont pas de fortune, en effet, ils ne peuvent vivre en dehors du monastère où ils ont installé leur vie, où leur bibliothèque est restée, où ils ont ces habitudes de travail qui sont, chacun de nous le sait, si importantes pour les lettrés.

Parmi les radicaux, même violents, beaucoup sachant cela, auraient gardé le silence en se disant que les représentants de cet ordre, qui a sauvé la civilisation au Moyen Age, qui a recueilli dans les cloîtres les chefs-d’œuvre de l’esprit humain, sont un peu nos confrères.

Le Juif Charles Laurent[8], mis au courant par la police juive, va trouver son directeur, le Sémite Veil-Picard, et lui dit : « Bonne nouvelle ! il y a du mal à faire. » Il dénonce ces vieillards, il fournit sur leur séjour les détails les plus circonstanciés et ce Pilate de Freycinet se déshonore en expulsant des hommes dont il a été l’hôte, le protégé, l’obligé.

Je ne suis pas comme le Pharisien qui priait debout et qui se vantait devant Dieu d’être vertueux. Les mauvaises fréquentations auraient pu faire de moi un homme semblable à ceux dont je parle, à ces hommes qui, dit l’Ecriture, « ont la main droite pleine d’iniquités et la main gauche pleine de présents. » Il est, cependant, des actes que je n’aurais jamais accomplis. Si j’avais su que des rabbins proscrits se réunissaient pour myauder[9], je ne les aurais certes pas dénoncés. Laurent n’a pas ce scrupule.

Ici encore, il faut s’arrêter pour examiner le cas psychologique. Né dans un milieu de cabotins, comme Lockroy, le rédacteur en chef du Paris est évidemment fermé à certains sentiments de délicatesse et d’honneur que d’autres respirent en quelque sorte dès le berceau ; il est excusable peut-être, sous ce rapport, jusqu’à un certain point. Le fait de ce jeune homme, de cet écrivain se faisant dénonciateur pour complaire à un banquier juif, n’en est pas moins bizarre. On me dit qu’il porte, dans quelques circonstances, le costume d’officier, je ne puis le croire et n’imagine pas, en France, un corps d’officiers assez singulièrement composé pour qu’un délateur avoué y puisse prendre place.

Tel qu’il est il est curieux. Il n’a pas seulement le menton glabre des comédiens, il est tout blanc. Que mange-t-il donc pour être ainsi ? Comme ses pareils, il a été un des affranchis de Gambetta et, de la jarretière d’une Egérie rouge, se fit un soir, en riant, une décoration que confirma Marcère, l’austère ministre, qui ne sut répondre qae par des larmes à certaines accusations.

Si vous voulez voir une âme d’opportuniste, lisez un volume de ce Laurent, Monsieur et Madame Neuburger. Le Neuburger en question était-il parent de l’ingénieux inventeur des Neuburgiennes ? Je l’ignore. Toujours est-il qu’après avoir été condamné pour usure, et avant de fonder la Banque de Paris et de Bretagne, qui rafla tant de petites économies, il avait créé, en manière de passe temps un établissement financier sous le titre de Crédit locatif.

Laurent, jeune et candide alors, parait-il, car c’est de cette époque, je crois, que date son surnom de Comme la Lune, fut séduit par l’aspect des grillages et par la bonne apparence des bureaux. Il porta là son argent pour qu’on le fit fructifier, et fut traité par Neuburger comme un simple goy. Il perdit tout, plaida et, quoique défendu par Joseph Reinach, il se heurta à la loi fort sage, quoi qu’en pense Naquet, qui ne reconnaissait pas encore les paris et les jeux de Bourse.

Peu satisfait, on le comprend, Laurent consacra un volume entier à traîner Neuburger dans la boue. Rien n’est bizarre comme de voir quelqu’un, qui se prétend écrivain, employer deux cents pages à vous raconter qu’un jour il a acheté des Pampelune, un autre jour des Obligations ottomanes, qu’il levait des Romains, qu’il liquidait des Suez, mettre en cause, à propos de ses déboires, Mme Neuburger qui parait bien étrangère à tout cela. Jamais le livre n’a été rabaissé à cette besogne.

Malgré tout Monsieur et Madame Neuburger n’est point un document tout à fait à dédaigner pour l’avenir. Il est très intéressant de constater qu’un homme déjà condamné, objet de plaintes de la part d’un homme bien vu du Gouvernement comme Laurent, a pu tranquillement fonder une banque nouvelle sans que la police, absolument convaincue que l’argent qu’on déposerait là serait perdu, intervienne en aucune façon.

Cette transmission par l’hérédité des haines religieuses ou des instincts anti-sociaux est un des spectacles qui nous ont le plus frappé dans le cours de cet ouvrage. Sans accorder à l’hérédité le caractère fatal que lui attribue la science moderne, il faut admettre qu’elle joue un rôle considérable dans la constitution des êtres. Il y a de véritables prédestinations diaboliques. En 1790, le marquis de Rochefort, seigneur de Coulanges-la-Vineuse, gentilhomme ruiné devenu partisan de la Révolution, fait planter dans la cour de son château le premier arbre de la Liberté qu’on eût vu en Bourgogne. L’arbre est béni par le curé Pyat. Le gentilhomme a été le grand-père d’Henri Rochefort. Quant au curé Pyat, il épousa une religieuse et il eut d’elle deux enfants dont l’ainé fut Félix Pyat. N’est-il pas étrange de retrouver ces deux noms dans la Commune ?

Un fils de forçat peut-il être un saint ? Oui, dit l’Eglise. Mais le sociologue, en acceptant cette affirmation, est obligé de reconnaître que, pour rester dans le chemin de la vertu, il lui faudrait plus d’efforts qu’à d’autres. S’il a reçu de l’éducation, l’homme né dans ces conditions évitera tout ce qui heurte de front la loi, il abritera son action mauvaise derrière des phrases, des mots de progrès, de guerre au cléricalisme, il s’appuiera sur une collectivité comme la Franc-Maçonnerie, mais au fond il restera fils de forçat. C’était un psychologue plus fort que Bourget, que celui qui a dit : « Les parents ont des enfants qui ressemblent au fond de leur cœur. »

Voyez Challemel-Lacour. Nous n’aurions peut-être pas publié de nous-mème les pièces relatives à ses ancêtres, mais elles sont dans le domaine public ; tout le monde les a lues et relues ; il est donc permis au philosophe et au penseur d’en tirer les conclusions qui lui semblent justes[10]

S’il n’avait reçu aucune instruction, l’ancien chef du Foreign Office français aurait probablement pillé Calluire lui-même ; normalien distingué, rhéteur habile, il se contente de le faire piller et se tire d’affaires avec des dommages-intérêts qu’il ne paie pas. Né dans les rangs du peuple, il aurait dit à M. de Carayon-Latour : « Je vas te tuer ! » Poli et lettré, sans que ce vernis ait pu faire disparaître le tempérament originairement pervers, il écrit : « Fusillez-moi tous ces gens-là ! » La culture pour lui n’a été qu’un moyen de faire plus de mal à autrui et de se faire plus de bien à lui-même[11].

A toutes ces machines de guerre, à tous ces moyens d’attaque contre Jésus-Christ et son Eglise, le Juif a joint la propagande anti-religieuse par le journal à scandales, la publication obscène, la pornographie[12].

En tout ce qui touche à l’ordure, le Juif est passé maître, il a le génie porcin. Toussenel n’a pas été trop loin lorsqu’il a écrit : « Le porc est l’emblème du Juif qui n’a pas honte de se vautrer dans la bassesse, dans l’ignominie, dans l’usure pour augmenter son capital, qui ne trouve pas de spéculation infâme dès qu’il y a du profit à faire. »

Là encore l’hérédité apparaît avec un caractère en quelque sorte impérieux. Cette crasse du ghetto, cette saleté proverbiale, dans laquelle le Juif a vécu pendant des siècles, semblent l’avoir imprégné à tout jamais. L’horreur d’Isaïe Levailliant pour la propreté n’est pas une exception ; il y a évidemment une forme de la névrose, un commencement de pica et de malaxie dans l’incroyable torrent d’immondices imprimées ou dessinées que les Juifs ont fait couler à travers la France depuis quelques années. Ils ont véritablement rétabli dans cette France qui fut chrétienne le culte des Phallophories antiques, sans le côté artistique qui se mêlait à Rome et à Athènes à ces exhibitions publiques d’images impudiques et d’attributs cyniquement promenés par la ville.

C’est une véritable sentine juive que cette rue du Croissant, cette halle aux journaux pornographiques où les échoppes Israélites, pressées les unes contre les autres, luttent entre elles à qui aura les imaginations les plus dévergondées. L’historien de l’avenir qui dressera le catalogue de ce qu’on a mis d’horreurs en circulalion depuis six ans, avec la complicité du gouvernement, n’en pourra croire ses yeux.

Scènes de crapuleuse débauche, moines roulant ivres avec des filles, prêtre fouettant une femme nue, comme dans l’affiche des Débauches d’un confesseur, groupes impudiques, tout est là. Jadis, les pères de famille, les hommes du peuple auraient fait un mauvais parti au préfet de police qui tolère et qui encourage ces turpitudes ; aujourd’hui, on aperçoit dans les quartiers populeux des familles entières, pères, jeunes fillettes, gamins regardant et commentant longuement ces Priapées. Voilà où a roulé la France[13].

Ignotus, avec son don de voir et de rendre le spectacle de la rue, a tracé un saisissant tableau de ce Musée secret devenu public, de cette scatologie s’étalant en plein jour.

Dans ces quartiers populaires, la plupart des femmes sont en cheveux. Il y a un grand nombre de petits enfants. Devant chaque devanture d’imagier, il y a des groupes d’hommes, de femmes, de petites filles. Tout le monde rit — excepté peut-être les petites filles, qui regardent sérieuses et d’abord comme effarouchées. J’ai entendu et noté les réflexions de ce public.

« Tiens, regarde donc cet évêque ! » Il s’agit de la caricature de Mgr Freppel. Certes, j’admets la caricature d’un évêque qui a voulu affronter tous les dangers du Forum. Mais, ici, les attributs les plus sacrés de la religion sont tournés en ridicule. Un gamin dit à son plus petit compagnon : « Regarde, gosse, son calice où il y a un roquet qui crache… » A part quatre ou cinq exceptions, je n’ai entendu, dans ma promenade, aucune expression trop injurieuse. Le public se contentait de détailler tout haut la vision qui était devant lui, comme il le fait, quand il assiste à un spectacle dans une baraque de foire, « Tiens… un curé qui fait la quête à domicile. Il est reçu par une femme en chemise… Ce monsieur avec des cornes, qui les regarde par un trou, c’est le mari de la bourgeoise… »

« Ah ! ah ! ce curé qui fouette une petite fille… et cet évêque qui est à coté de lui avec sa mitre… »

Le plus gros succès était pour une lithographie, très grande, dont les couleurs violemment heurtées raccrochaient le passant.

Elle représente une sorte de chaîne de forçats. Les forçats sont habillés en curés, — comme dit le peuple. Chacun des forçats a au dessous de sa tonsure, sur le dos, un large écriteau. On y lit en caractères très nets ces diverses inscriptions : Condamné pour viol d’une petite fille. — Condamné pour deux cent vingt attentats à la pudeur sur enfants…

Je passe sous silence d’autres motifs de condamnations qui ne peuvent s’écrire ici — et qui pourtant sont étalés là, devant les petits garçons, les petites filles… Cette image a le plus grand succès de curiosité. Quatre fois, — c’est-à-dire deux hommes, une femme et une sœur de Gavroche, à la voix argentine, ont lancé des commentaires obscènes qui ont fait chanceler tout à coup, comme sous un coup de vent, le groupe des femmes et des enfants…

En dehors de ces actualités, — les Mystères d’un évêché, la quête à domicile, les Nouveaux Martyrs chrétiens, sont les dessins parus dans les semaines précédentes.

Cette guerre pornographique saisit toutes les occasions, se sert de tous les moyens.

Par l’exécution, les Billets de la Sainte Farce de Léo Taxil, fort soignés de tirage, se rapprochent presque de l’art ; les collectionneurs, plus tard, seront heureux de les trouver comme un témoignage de ce qu’on pouvait faire impunément à notre époque. De chaque côté, des religieuses et des prêtres sont représentés dans une attitude ignoble ; au-dessus figure un saint Pontife, un souverain prisonnier, mais avec lequel la France n’a point rompu encore tout rapport diplomatique ; il est coiffé d’un bonnet de galérien sur lequel on lit le chiffre 13. L’œuvre porte la signature d’Ernest Renan, Encaisseur des anathèmes et ces mots : Vu pour le contrôle : Léo Taxil.

Comme on tombe ! pense-t-on, en voyant le nom de l’ancien élève de Saint-Sulpice imprimé sur ces saletés qu’il n’a jamais osé désavouer ! Quel châtiment vaudrait ce dégoût perpétuellement renouvelé qui prendra les chercheurs futurs en fouillant dans toutes ces hontes pour écrire enfin ce récit définitif que nous ne faisons qu’esquisser aujourd’hui.

Supérieur par le caractère à Renan, Léo Taxil, du moins, a su s’arracher à ces fanges. Il a eu honte d’être l’homme des Juifs et il a bravé leurs colères en se séparant d’eux. Ce sont les Juifs et les Francs-Maçons, il le reconnaît lui-même, qui l’avaient conduit dans la voie où il était, ce sont les Juifs qui l’appuyaient, le préservaient de tout risque, lui garantissaient qu’il pouvait tout oser sans danger. C’est le Juif Strauss qui a été le premier éditeur de Léo Taxil, c’est ce nom que l’on trouve au bas de la première édition d’A bas la calotte. C’est Mayer qui donne en prime le Manuel des confesseurs, qui proteste lorsque les honnêtes gens indignés arrachent des murailles les affiches immondes annonçant les Amours secrètes de Pie IX. C’est Benoit Lévy qui défend Léo Taxil poursuivi, à propos de ces Billets de la Sainte Farce, non pour outrage à la pudeur publique, non pour avoir fourni le moyen de commettre d’innombrables escroqueries, mais pour « simple contravention pour le dépôt du second exemplaire, »

Les Juifs ont une grande force pour eux : l’honnêteté de leurs adversaires, qui les empêche d’user de représailles. Supposez, en effet, que j’aie l’idée d’écrire quelque inconvenance sur Mlle de Rothschild. Figurez-vous l’accueil que réserveraient a mon projet les religieux qui veulent bien m’honorer de quelque amitié, mes amis catholiques, le plus humble des fidèles : « Ne faites pas cela, laissez en dehors des insultes ce qui est pur, ce qui est chaste, ce qui est faible. »

Les Juifs de la Lanterne n’ont pas de ces scrupules ; ils vous racontent tranquillement, avec force détails à l’appui, qu’une religieuse la Sœur Saint-Charles a mis au monde un enfant dans le train d’Aix. Ils en sont quittes pour quelques centaines de francs d’amende et de dommages-intérêts. Encore les dommages-intérêts sont-ils vivement combattus par le ministère public, représentant de la morale. Il serait fâcheux de ne point donner le nom de ce magistrat qui répond à l’appellation de Morin. Goûtez le raisonnement de cet homme étonnant : « Il est inutile, dit-il, d’accorder des dommages-intérêts ; il y a eu diffamation sans doute, mais la Sœur Saint-Charles est une personne respectable et bien connue ; or le préjudice causé est d’autant moindre que la personne qui en souffre est plus respectée et plus estimée[14]. »

D’après cette doctrine singulière, celui qui discuterait la moralité de Tropmann serait plus coupable que celui qui traînerait saint Vincent de Paul dans la boue. Je me tromperais fort si « l’acacia n’était pas connu » à ce magistrat paradoxal et s’il n’avait pas un tablier maçonnique sous sa robe de procureur.

Ce que je dis de la Sœur Saint-Charles se peut, d’ailleurs, appliquer à tous les scandales montés par les Juifs.

Supposez que Camondo ou un Juif quelconque ait été malheureux en ménage. Se sentant mourir, il enlève à la femme qui l’a trompée la garde de son fils, il prie la vieille mère qu’il vénère d’élever honnêtement cet enfant. Un rabbin vient consoler cet homme, apporter quelque espoir d’une vie supérieure dans cette famille cruellement frappée.

Croyez vous qu’un journal catholique se serait mêlé à ce drame intime, aurait attaqué cette grand’mère, insulté ce rabbin ? Assurément non. Voyez, au contraire, ce que la presse juive, le Paris, de Veil-Picard, la Lanterne, de Mayer, le Voltaire, de Lafitte et de Strauss, ont tiré de cette affaire de Chaulnes, en haine de cette noble duchesse de Chevreuse, coupable de porter un des plus beaux noms de France[15].

Sous ce rapport, le roman d’Alexis Bouvier, publié dans la Lanterne, sous le titre des Deux Duchesses, est encore un document à consulter. Les noms mêmes sont à peine modifiés ; l’abbaye de Solesmes est devenue l’abbaye de Solente, elle est le théàtre, est-il besoin de le dire, des orgies les plus dégoûtantes. Le moine Gadouin consacre ses journées à tenir des propos sales et à courir après les laveuses de vaisselle. Dans Solanges de Croix Saint-Luc, Albert Delpit, cet Alexis Bouvier des salons, a repris le même thème mais en y mettant quelque forme. Le Juif Ollendorff a imprimé l’ouvrage, le Juif Meyer le loue dans son journal et le Juif Koning a promis de jouer la pièce.

J’avoue que, sous ce rapport, je me sépare nettement des catholiques. Je ne puis m’expliquer qu’ils n’aient pas commandé à quelque pornographe un roman les Deux Baronnes, dont le titre se serait étalé sur les murs à côté de l’affiche des Deux Duchesses. Des châteaux juifs indiqués de façon à ne pas s’y tromper, deux baronnes Israélites à peine voilées par des initiales transparentes se livrant aux actes les plus répréhensibles, un intérieur de synagogue souillé par la débauche, un rabbin jouant un rôle aquatique… Vous voyez la trame d’ici.

L’erreur des catholiques est de placer leurs sentiments d’hommes du monde, d’hommes bien nés, de gentlemen au-dessus de la responsabilité qu’ils ont de veiller sur les pauvres, sur les simples, sur les naïfs qu’on égare avec de pareilles publications.

— Vous êtes coupable et bien coupable, disais-je à l’un d’eux, de ne pas vous servir de tous les moyens pour combattre le mal. Parmi les cent cinquante mille lecteurs de la Lanterne, dix mille, relativement très honnêtes, subissent l’influence du papier imprimé et sont absolument convaincus que les moines de Solesmes passent leur vie à perpétrer tous les crimes, A la prochaine révolution, ils croiront très bien faire en fusillant les religieux qui leur tomberont sous la main.

Je suis parfaitement convaincu, pour ma part, que si on fondait une librairie anti-juive sur le plan de la librairie anti-cléricale, on arriverait, au bout d’un an, à supprimer complètement non point la discussion même violente des questions religieuses, discussion parfaitement légitime, mais l’outrage aux prêtres, aux Sœurs de Charité, aux cérémonies du culte.

Similia similibus Les Juifs aiment la boue, donnez-leur en, et ils vous laisseront tranquilles.

Quelles risées ne s’élevèrent pas des bancs de la gauche lorsque M. de Lanjuinais vint se plaindre à la tribune des honteuses exhibitions du Musée républicain qui promène de ville en ville des tableaux de torture où figurent des moines ? N’aurait-il pas mieux fait de réunir quelques fonds et d’organiser un spectacle où l’on aurait vu l’assassinat du petit enfant de Metz par Raphaël Lévy, le martyre du P. Thomas à Damas ou l’affaire Tizla Elzar. Les Juifs auraient hurlé, M. de Rothschild aurait montré les dents, Naquet et David Raynal se seraient agités et le Waldeck, qui persifla si agréablement M. de Lanjuinais, serait monté à la tribune pour déclarer que tout ce qui était respectable devait être respecté, et que la concorde entre citoyens lui avait toujours semblé le plus enviable des biens pour un gouvernement sincèrement républicain.

Je n’ai pas l’intention, bien entendu, de remuer toutes les immondices du journalisme juif, de rappeler toutes les injures, toutes les ignominies qu’ils ont versées sur les chrétiens. Tout prétexte est bon pour frapper sur ce qu’ils nomment l’ensoutané. Les plus belles, les plus touchantes cérémonies de notre culte, celles qui ont fait longtemps, même au point de vue des yeux, la joie de l’ancienne France, sont des occasions de blasphèmes et de grossièretés. Les processions sont des exercices funambulesques, des mascarades, des comédies cléricafardes, des promenades de ferblanterie religieuse. Le Saint Sacrement s’appelle la pendule de M. le curé.

Voilà les aimables procédés de gens qui, sous l’Empire, ainsi que je l’ai raconté, s’indignaient qu’on donnât le nom de Juif à un usurier dans une pièce Moyen Age ; de gens qui, il y a quelques années, faisaient condamner à quinze jours de prison un jeune homme qui, dépouillé par les Juifs, avait publié dans le Furet, de Montpellier, une satire en vers intitulée : Le Juif.

Comment les trouvez-vous ? Sont-ils assez chatouilleux avant ? Sont-ils assez insolents, assez intolérants après le triomphe ?

Ce qui stupéfait dans tout cela, c’est l’absence totale de toute originalité.

Prenez les journaux juifs et vous n’y trouverez pas une idée nouvelle, pas une infamie inédite. C’est le Talmud versé dans le ruisseau, c’est le blasphème hébraïque traduit en argot. Là encore s’affirme la pauvreté d’imagination du Juif.

Pour la presse juive comme pour le Talmud, la prédication est un aboiement Nabuab, les saints sont des libertins Kedeschim, les saintes des courtisanes Kedeschot, les églises sont des mauvais lieux ou des latrines Bet motchab ou Bet kyce, les croix une abomination Tœba, l’eau bénite de l’eau sale Mayim temeim, la bénédiction une malédiction Kelala, l’Eucharistie un sacrifice impur Zabut temi[16].

Vous connaissez tous l’histoire scandaleuse que les Dreyfus et les Lockroy racontent de temps en temps à propos de l’apparition de la Vierge Immaculée à Bernadette dans la grotte de Lourdes, apparition attestée par d’innombrables miracles, confirmée par l’Eglise, après une minutieuse enquête qui a duré de longues années. Selon eux il s’agirait d’une femme de Lourdes, qu’ils ont d’abord désignée à mots couverts mais qu’ils nomment clairement maintenant que ce gnome hideux de Goblet a osé injurier à la tribune du Sénat Celle qui a si longtemps protégé la France. Surprise avec un capitaine de cuirassiers par une jeune paysanne, elle aurait trompé l’enfant en lui disant qu’elle était la Vierge. C’est abject sans doute, mais ce n’est pas nouveau. Les malheureux qui déshonorent ce journalisme, qui a compté des hommes comme Carrel, Chateaubriand, Genoude, Veuillot, Marrast ont simplement pillé le Talmud. Pour le Juif, en effet, la Vierge sainte est l’objet d’autant d’horreur que son divin Fils ; ils l’appellent une coiffeuse et une accoupleuse de femmes, et prétendent qu’elle aurait commis un adultère avec un soldat du nom de Pandara.

Dans Yeschuot, traité Sanhédrin, chapitre Arba Milot, il est dit :

C’est ce qu’ils firent au fils de Satada, qu’ils pendirent la veille de la Pâque « Demande : Le fils de Satada ! n’est-ce pas plutôt le fils de Pandara ? Rab répond : Le mari s’appelait Satada, l’amant Pandara. » Objection : mais non, le mari s’appelait Pappos, fils de Juda ? » Réponse : « C’est donc sa mère qui s’appelait Satada. » Demande : « Mais non, la mère s’appelait Miriam (Marie), la coiffeuse et l’accoupleuse de femmes ? » Réponse : « C’est vrai, mais si on lui donne le nom de Satada, c’est d’après l’usage de la ville de Pumbadita et l’on dit : celle-ci s’est éloignée (en rhaldéen : Sata tada) en commettant l’adultère. La glose dit là-dessus : « Le fils de Sata tada, c’est Jésus Noceri (de Nazareth). Cela se trouve dans les mêmes formes, dans Moëd, traité du Sabbat, chapitre Ha-Bone, à la fin[17].

A toutes ces formes de l’attaque il faut ajouter la persécution terrible, insaisissable, indéfinissable qui s’exerce de haut en bas de l’échelle sociale maintenant qu’on a chassé les honnêtes gens de toutes les fonctions.

Où commence, où finit cette persécution ? Il est presque impossible de le dire. Elle est de tous les jours, de tous les instants ; elle se produit de mille manières par d’innombrables agents affiliés à la police franc-maçonnique et juive et parfois ne se rendant même pas compte nettement de ce qu’ils font ; elle dénonce, elle calomnie, elle salit, elle tend des pièges, elle organise des scandales, elle déshonore ceux contre lesquels elle ne peut réunir assez de faux témoignages ; elle conduit les uns à la folie, les autres au suicide et, dès qu’on veut l’étreindre, elle glisse entre les mains, elle vous défie de la désigner par un nom.

L’agent de cette œuvre épouvantable s’appelle Légion ; il est né sur la pourriture des nouvelles couches, chères à Gambetta ; il prend tous les déguisements, il revêt toutes les formes, il tire cinq ou six moutures de son sac.

Quand un prêtre a déplu à la Maçonnerie dans un village, l’agent vient dans les cabarets recueillir de quoi échafauder une accusation d’attentat aux mœurs ou d’assassinat que la presse juive se charge de propager ; si par la même occasion il constate qu’une auberge, un peu isolée, est tenue par un vieillard, il devient d’indicateur polique, indicateur criminel, il donne les éléments d’une affaire aux rôdeurs de Paris qu’il connaît. Quelle prise a-t-on contre lui ? Si on le surprend blotti dans une église ou relevant les empreintes des serrures, il déclare qu’il est sur la piste d’un gros crime commis par un curé, et la magistrature d’aujourd’hui est trop bien dressée pour nuire à l’action d’un ennemi du cléricalisme. Quinze jours après on pille l’église, mais la police, qui s’est bien gardée de découvrir les malfaiteurs qui avaient dévalisé le Trésor de la basilique de Saint-Denis, a trop d’esprit pour chercher le vrai coupable. Notre homme, d’ailleurs, ne se contente point de surveiller les méfaits du cléricalisme dans les églises, il suit ses manœuvres, il entre dans les casernes, il visite les forts sous prétexte de voir si on n’y a pas réservé de local aux aumôniers et, en souvenir du Kulturcampf, sans doute, ne néglige pas de faire profiter l’Allemagne de ses observations militaires.

Où qu’on l’arrête, il est sûr de l’impunité. Tout ce monde se tient, en effet. L’agent Tricoche et Cacolet a un grand chef qui est le préfet de police. Jadis, dit-on, dès l’aube, quand les valets de tripots et les garçons de lupanar commençaient à balayer les salles et à faire entrer un peu d’air dans ces bouges où flottaient partout des vapeurs de corruption, un émissaire matinal venait remettre à Fouché le rouleau de louis qu’il prélevait sur les produits de la débauche. Aujourd’hui Fouché n’est plus seul à palper, il partage le gain des agences interlopes avec tout un monde de républicains affamés. Il est comme le président honoraire, je veux dire le président à honoraires d’un immense tripot ; la maison Tricoche et Cacolet a été déclarée établissement d’utilité publique ; elle fait tout ce qui concerne son état : elle espionne les curés, elle épie tout ce qui pourrait les compromettre ; elle fournit des renseignements excellents sur des commissionnaires en marchandises comme les frères Bloch qui se sont enfuis en 1883, après avoir volé six cent mille francs aux négociants parisiens ; elle protège le Vice et persécute la Vertu.

Parfois il y a un malentendu. On s’attaque par mégarde à la femme d’un député radical, alors on entend un joli vacarme. Comme la liberté de conscience d’un Dreyfus, l’honneur d’une républicaine est, parait-il, d’une essence particulière, c’est une pièce rare ; en s’en occupe et les journaux conservateurs, qui ne défendraient pas les leurs, font un tapage infernal autour de cet honneur précieux. Ce n’est pas mauvais, d’ailleurs : la boue remuée pue davantage que lorsqu’elle reste stagnante, et le chimiste social peut s’instruire en étudiant la composition des vapeurs méphytiques qu’elle dégage. Il faut se hâter par exemple : à peine, par l’ouverture béante, a-t-on aperçu le cloaque qui est au-dessous de notre Paris républicain, que tout le monde crie : « Remettez la plaque ! »

Dieu me garde de manquer de respect à une mère de famille calomniée ; je ne crois pas qu’on puisse trouver dans ce livre violent une allusion qui puisse même effleurer l’honneur d’une honnête femme. Il est permis cependant de regarder et de juger la pièce à grand spectacle qu’on a montée à l’occasion de l’affaire Hugues.

Quelle salle, plus faite pour inspirer les républicains que celle du 8 janvier 1885 ! Terrifié d’avance a l’idée d’être en butte aux attaques de la presse radicale, le président Bérard des Glajeux s’est dessaisi, avec une prudence peu héroïque, du droit de maintenir le bon ordre, il a délégué tous ses pouvoirs à Lunel, le chef des gardes du Palais.

Ce Lunel est-il parent de l’agent de change juif de ce nom ? Je ne sais. En tous cas, après avoir été congédié, il a été réintégré dans son emploi, grâce à l’appui énergique le la Lanterne et de l’Intransigeant. Les billets d’entrée sont aux plus offrants, on les met aux enchères aux environs du Palais de Justice, et les gamins poursuivent les passants de leurs offres.

Les souteneurs et les prostituées ont envahi le prétoire ; ce monde ignoble se mêle aux jurés, chasse les avocats de leurs bancs. Une fille publique, à moitié déshabillée, se montre, le corsage ouvert et la mine provocante, entre le chef du jury et l’avocat général Bernard. Un magistrat, en regardant son voisin, reconnaît un voleur qu’il a condamné le 12 mai précédent. Le président, pressé entre des rôdeurs de barrières et d’anciens galériens, ose à peine faire un mouvement pour ne pas déranger ses assistants.

Le soir vient. Toute cette foule excitée et énervée commence à échanger des propos grivois. Les femmes se prêtent aux attouchements, vident des fioles de Champagne, donnent à haute voix des rendez-vous dans les hôtels du voisinage, puis, fatiguées de l’attente, n’osant quitter leurs places, sacrifient publiquement à la nature sur le parquet qu’elles souillent[18].

C’est devant ce public bien digne d’eux que paradent les défenseurs de la vertu outragée.

M. Henri Rochefort s’était chargé du prologue dans son journal. Qui ne se rappelle avec quel esprit féroce il s’est acharné sur la pauvre reine Hortense, à laquelle Mme de Rémusat elle-même, qui n’est pas tendre, a rendu un éloquent hommage, il a répété cent fois qu’elle avait été la maîtresse de l’amiral Werhuel ; il a traité l’Impératrice de la façon la plus outrageante, il a affirmé que le prince impérial était un bâtard ; il a renouvelé sur l’infortunée Marie-Antoinette l’attentat que le bourreau commit, dit-on, sur Marie Stuart, il a ramassé les calomnies d’Hébert, pour accuser cette reine de mœurs sans nom et souffleté cette tête coupée que l’exécuteur n’avait pas osé prendre par les cheveux pour la montrer au peuple. Maintenant, il déclare que l’honneur d’une femme est chose sacrée et que ceux-là sont vils qui osent y toucher.

Mais Anatole de la Forge vient d’entrer en scène. Il a félicité sans doute Mayer, « son vieil ami, » lorsqu’il a accusé une Sœur de Charité d’avoir accouché en wagon, et le voilà, lui aussi, qui entonne son grand air sur l’honneur des femmes[19]. N’essayez pas de faire comprendre à ce chevalier que la calomnie contre une femme est aussi infâme chez Mayer que chez Morin, ce galant homme vous répondrait cyniquement : «  Morin n’était pas utile à ma candidature, et Mayer l’est infiniment ; si Morin avait eu un journal républicain je l’aurais appelé : « mon vieil ami. »

Celui qui s’indigne le plus haut, c’est M. Gatineau, qui détestait tant l’armée qu’il fut frappé depuis d’apoplexie en sortant de l’atelier d’Yvon, où il avait été voir le portrait du général Forgemol. Jamais plus effronté diffamateur n’a déshonoré le barreau français, qui compte cependant de beaux spécimens dans ce genre.

Attendez qu’il ait fini de s’indigner et vous le verrez se précipiter, la toque levée, pour serrer la main à Me Cléry qui, dans le procès de Marais, a accusé, sans l’ombre d’une preuve, une comédienne d’avoir donné la mort à sa compagne en jetant sur elle un seau d’eau glacée dans un moment critique.

Un peu plus loin, il saluera Me Cresson, un ancien préfet de police, un membre du conseil de l’ordre. Celui-ci, dans le procès intenté à Mme Edmond Adam par son beau-frère, ne s’est pas contenté de prendre ce qui, dans la vie de la femme de lettres, peut sembler ridicule : les livres, les ambassades, les réceptions ; il a été regarder dans le pot de nuit des diabétiques et il a raconté au tribunal ce qu’il avait vu ; il a parlé « du délire de Vénus adultère à sa proie attachée[20] ; » il a publiquement et solennellement affirmé contre Mme Adam des faits aussi calomnieux probablement que ceux articulés contre Mme Hugues[21].

La bête immonde, pour tous ces démocrates, c’est le pauvre hère crotté, qui s’en va, pour quarante sous, chercher des arguments qui rapportent dix mille francs aux avocats lorsqu’ils les présentent aux juges en leur donnant une gravité qu’ils n’auraient pas dans la bouche d’un Morin[22].

L’opinion publique en France a tellement perdu la perception du juste et de l’injuste qu’elle est incapable de se rendre compte de tout ceci ; pour elle tout se réduit à des jeux scéniques : elle applaudit quand c’est bien joué et c’est tout.

Supérieurs à tout, les républicains peuvent tout oser. Si une chrétienne exaspérée par les persécutions s’était permis de recourir au revolver, les journaux amis de M. Hugues l’auraient dénoncée avec ensemble et la loi aurait épuisé ses rigueurs sur elle. Vous avez vu, au contraire, l’attitude du juge Athalin devant Mme Hugues, soudain transformée de déesse de la Liberté en furibonde Euménide ; il l’accable de politesses, il embrasse le bas de sa robe en lui demandant sa protection ; il refuse de confronter l’accusée avec le cadavre de sa victime, ce qui est une formalité obligatoire, et cela sous prétexte d’épargner une émotion à une femme qui peut avoir toutes les qualités, mais qui ne ressemble certainement pas à une sensitive, s’il faut en juger par le sang-froid avec lequel elle a ajusté son ennemi.

  1. On lira avec intérêt sur cette question un volume plein d’humour et de couleur : Grippard, histoire d’un bien de moines, par le R. P. Clair.
        Voir aussi la Revue de la Révolution, du 5 juin 1884.
  2. Malgré son aplomb Paul Bert fut obligé de retirer ce mensonge des éditions suivantes. Inutile de dire que je tiens le volume à la disposition de qui voudrait le consulter.
  3. Le Figaro du 25 février 1883 annonce le mariage au temple israélite de la rue de Buffault, de Mlle Berheim, la fille de l’expert, avec M. Gustave Rodrigues.
  4. Dès son arrivée au ministère, Lockroy s’empressa d’appeler ce Juif à lui et il le nomma chef du cabinet du ministre et directeur du personuel.
  5. Revue des Deux-Mondes du 15 février 1884.
  6. Echo de Paris du 11 août 1884.
        Ce qu’il y a d’amusant c’est qu’un journal religieux d’Auvergne, le Dimanche des Familles, avant constaté à son tour ces navrantes évidences, la Lanterne, qui ne supposait pas qu’un journal juif eût pu avoir un jour, par hasard, l’idée de dire la vérité, accusa la feuille catholique de calomnie et la dénonça naturellement aux juges francs-maçons dont elle est sûre. Voilà en quels termes polis elle l’exprimait, sans se douter qu’elle s’adressait directement non à un conservateur, mais à un républicain éprouvé comme M. Edmond Lepelletier.
        « L’abominable gredin qui diffama ainsi tout un corps honorable donne à ses inventions mensongères des conclusions plus odieuses encore.
        « Voilà les polissonneries qu’on ose publier dans une feuille soi-disant religieuse.
        « Le lâche bandit qui commet ces jolies choses se cache sous une signature de fantaisie ; mais il y a un libraire-éditeur, un imprimeur. Laissera-t-on passer ces infamies sans infliger à ce Basile auvergnat la correction qu’il mérite ? »
  7. C’est ce Compayré, célébrant dans ses manuels le suffrage universel, qui, dans une réunion publique pour les élections de 1885, lança une botte de foin aux électeurs qui sifflaient le candidat opportuniste.
        — Vous avez tort, monsieur le député, lui dit un paysan, de vous priver de votre déjeuner de demain.
  8. Le 14 juin 1883 nous voyons Mme Marie Laurent présenter la fille de M. Coblenz à l’initiation religieuse, au temple de la rue de la Victoire.
  9. Myauder c’est se réunir pour étudier la doctrine talmudiqne, la Kulacca. D’après le Talmud, traité Sirassin, Dieu lui-même, après avoir quitté le Temple, s’est réservé dans le ciel un certain lieu grand de quatre coudées ou il myaude une partie de la journée.
        Dans Yeschuot, traité de Abodu-Zara (Culte des payens), chap. 1er, on lit : Le jour a douze heures, pendant les trois premières Dieu myaude, pendant le deuxième quart Dieu est assis et juge le monde entier, mais voyant que le monde entier est coupable, il se lève de son siège de justice et s’assied sur son siège de miséricorde. Pendant le troisième quart de la journée. Dieu est assis et nourrit le monde entier, depuis les rhinocéros jusqu’aux puces ; pendant le quatrième quart Dieu est assis et joue avec le Leviathan, comme il est dit dans les Psaumes : « Ce Leviathan que tu as créé pour jouer avec lui. »
  10. Voici ces pièces qui, en se plaçant au point de vue de Zola, dans son Histoire d’une famille, constituent un document humain d’une considérable importance. D’après une lettre adressée au Français le 23 férrier 1882, l’acte de décès du grand-père de l’ancien ministre des Affaires étrangères, mort à l’hôpital maritime de Brest, c’est-à-dire au bagne, figure à l’état civile de Brest et à celui de la Ferté-Maceé, lieu du domicile du forçât, ainsi qu’aux mairies et aux greffes des tribunaux de Brest et de Domfront. Il parait, en outre, qu’il y a eu un parent guillotiné sous Louis-Philippe.
    Le père

    On y lit dans le Journal de Granville du 12 mai 1838 :

    FAILLITES

    « Par jugement du tribunal civil de Granville (Manche), du 11 mai 1838, le nommé Armand-Fidèle Constant CHALLEMEL-LA-COUR, épicier à Avranches, a été déclaré en état da faillite.
        « M. Théroulde a été nommé juge-commissaire, et Lefrançois, huissier à Avranches, syndic de ladite faillite.
        « Le jugement ordonne, en outre, que la personne de Armand-Fidèle-Constant Challemel-Lacourr sera gardée a vue par Legros, huissier à Avranches, »

    Le grand père et le grand-oncle

    On lit dans le Journal d’Alençon du 14 mai 1815 :
        « Arrêt rendu par la cour d’assises du département de l’Orne, séant à Alençon, pendant la setion du premier trimestre de 1815 :
        « Les 20 et 21 avril. — Alexandre-Fortuné-Armand CHALLEMEL- R0COUX, cidevant huissier, demeurant à Joué-du-Bois, arrondissement d’Alençon ; François CHALLEMEL, marchand de toiles, demeurant à la Ferté-Macé, arrondissement de Domfront ;
        « Convaincus de complicité de faux en écriture de commerce,
        « Ont été condamnés, savoir :
        « Le premier à vingt années, et le second à six années de travaux forcés, à la flétrisure de la marque des letres T. F. et solidairement aux frais »

    Le bisaïeul
    Réquisitoire de l’avocat du Roi au Bailliage de Falaise.

    L’avocat du Roi au bailliage de Fallaise, qui a eu communication de la plainte prèsentèe par le sieur R… de Mesuil, propriétaire, demeurant à Joué-du-Bois, contre la sieur « Challemel-Lacour, » notaire au bourg de la Ferté-Macé, ensemble de toutes les pièces du procès, requiert que le sieur « Challemel », prévenu par ladite information « d’avoir été à main armée, » le 5 septembre dernier, « accompagné de ses deux fils Rocoux et Mesnilcourt, » de ses fermiers, nommés Levannier et Bobot, d’un autre particulier, Michel Chollet, et de deux inconnus, tous armés à leur maniére, les uns de haches, de fusils, les autres de couteaux de chasse, « de bàtons ferrés, et, dans cet appareil de guerre, de s’être transportés sur la propriété dudit sieur R… du Mesnil, d’avoir, ledit sieur Challemel, présidé et travaillé lui-même au renversement d’une barrière, à la démolition d’un mur servant à clore et à partager les héritages du plaignant, » d’avoir fait abattre deux noyers plantés sur les mêmes héritage.
        Prèvenu pareillement d’avoir continué ces excès en tous genres et dont on ne connait pas d’exemple, quoique le plaignant, tout malade qu’il était, se fût transporté sur le lieu de la scène et lui eut interjeté clameur de haro de passer outre.
        Prévenu encore « de s’être transporté, sur les dix heures du soir, toujours accompagné de ses deux fils, » du nommé Chollet et de quelques inconnus « armés de fusils et d’épées, dans le jardin du plaignant, d’avoir dévasté et arraché des palis servant de clôture, enfin de s’être porté a toutes les dévastations possibles, malgré les défences réitérées en clameur de haro. »
        Requiert que le sieur Lacour……
        « Soit, décrété ainsi que ses deux fils, Rocoux et Mesnilcourt, » les nommés Levannier, Bobot et Chollel « à comparaître personnellement devant M. le lieutenant criminel » et dans les délais de l’ordonnance, pour prêter interrogatoire sur les faits mentionnés dans la plainte et résultant de l’interrogation, « pour après être requis contre eux et ordonné ce qu’il appartiendra. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

    Ce 28 août 1790.     Signé : Brunet
    Le fils
    Cour d’appel de Dijon.
    Audience du 24 janvier 1879. — Arrêt.
    La Cour,

    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
        Attendu que les faits ci-dessus constituent de véritables attentats contre les personnes et les propriétés, et donnent incontestablement ouverture à une action en dommages-intérêts contre leurs auteurs, au profit de ceux qui en ont été les victimes ; qu’il s’agit maintenant d’examiner dans quelle mesure les diverses parties appelantes sont responsables et quelle est la valeur des conclusions, par elles prises devant la Cour.
        . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
        Attendu que, dans l’espèce, les faits sur lesquels repose la demande constituent {{sc|non seulement des quasi-délits, mais des délits et même des crimes} ; qu’il s’agit, d’ailleurs, d’atteintes portées à la liberté individuelle et à la propriété qui, l’une et l’autre, sont placées sous la sauvegarde de l’autorité judiciaire par les principes fondamentaux de notre droit constitutionnel.
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
        Condamne solidairement Challemel-Lacour, Vassel, etc., etc.

  11. Presque tous les hommes politiques de la gauche ont ainsi dans leur famille des antécédents fâcheux qui les ont fait tenir en suspicion par les honnêtes gens du pays et les ont jetés corps et biens dans les bras de la Franc-Maçonnerie qui n’est pas difficile dans le choix de ses recrues. Le père de Gomot, le ministre de l’agriculture, fut assez habile pour échapper à la rigueur des lois, mais il fut l’objet de considérants déshonorants. Tous les journaux ont publié le jugement rendu, le 13 août 1847, dans une affaire de soustraction frauduleuse au détriment d’une faillite, affaire à laquelle était mêlé Gomot (Martin-Gilbert).
  12. D’après le Talmud, c’est un heureux présage que de rêver d’excréments. Presque toutes les publications sadiques sont éditées par les Juifs. Un libraire juif, millionnaire aujourd’hui, a commencé en vendant Justine.
  13. Cette fureur à souiller l’âme de l’enfant a les proportions d’une véritable monomanie de caractère contagieux. Les débats de la Cour d’assises d’Indre-et-Loire (Mars 1884) nous montre un professeur du lycée, M. Vallet, tenant aux jeunes gens confiés à ses soins les propos les plus orduriers et les plus dégradants, fournissant au directeur d’une baraque foraine s’intitulant le Musée républicain ou Senctum magasin, une toile où la religion est tournée en ridicule, et forçant ses élèves à aller la voir, interpellant lui-même les passans sur la voie publique pour les forcer à entrer.
        A Marseille, au mois d’avril 1884, un M. T…, inspecteur divisionnaire du travail des enfants dans les manufactures, en visitant un atelier de jeunes filles du quartier Rouet, se déshabille tout a coup net se montre tout nu à ces enfants.
  14. Tribunal correctionnel de Grenoble, présidence de M. Piat Dervial, décembre 1882.
        Si l’on se plaçait au point de vue de ce Morin, il faudrait donc admettre que le tribunal a fait peu de cas de la réputation de Mme Hugues, puisqu’il lui a accordé 2.000 francs de dommages-intérêts et qu’il n’a condamné la Lanterne qu’à cent cinquante francs de dommages-intérèts envers la Sœur Saint-Charles. Je me hâte de dire que ce serait là une conclusion forcée, il ne faut voir dans la disproportion des deux chiffres qu’une nouvelle preuve de la servilité de la magistrature envers les députés de la gauche.
  15. Toute cette campagne, déclamations sur la maternité, apitoiements sur la mère privée de ses enfants, aboutit naturellement à procurer une affaire a une Juive. Toutes les fois que vous verrez la presse parisienne partir tout à coup en guerre à propos d’une calastrophe ou d’un scandale, dites-vous : « il y a un brave Israélite qui a envie de gagner quelques louis. » Les Delpit s’agitent, les Juifs les mènent.
        C’est Mme Gerst qui est chargée de porter les diamants de la duchesse de Chaulnes au Mont de Piété, et il est permis de penser qu’elle a tiré quelque rémunération de sa peine. La Lanterne du 9 mars 1883 ; nous a donné le portrait de cette femme dévouée :
        « Mme Gerst est marchande à la toilette et demeure Chaussée-d’Autin, à coté de la République française. Elle a là une grande boutique où l’on voit entassés les objets les plus hétéroclites, depuis les dentelles de grand prix, depuis les pièces d’argenterie jusqu’aux bibelots les plus insignifiants, les plus inattendus. C’est ainsi qu’à côté d’une soupière d’argent qu’à failli acheter M. Gambetta, et qui est cotée dix mille francs, on voit accroché un minable cor de chasse tout bosselé, qui vaut bien soixante-quinze centimes, et dans lequel est passé un volant de Chantilly, dont l’extrémité flotte sur un encrier de zinc doré d’un franc cinquante.
        « La maîtresse du logis est une petite femme au type Israélite très accentué, à l’accent alsacien prononcé, et universellement connue dans le quartier de la Chaussée d’Antin, où tout le monde la désigne sous le nom de la Juive, »
        Il va sans dire que Mme Gerst proteste qu’elle n’a agi que par amour pour l’humanité. « La duchesse, dit-elle, avait beaucoup d’amitié pour moi et me disait souvent : Gerst, tu vas faire telle ou telle chose. Je le faisais et ne racontais ses affaires à personne, bien qu’on vint me dire souvent : Vous connaissez la Chaulnes, parlez-nous donc de ses projets. »
        Quelle leçon dans le spectacle de cette femme refusant d’écouter les conseils de saints religieux qui l’auraient aidée à sauver on corps et son âme et en arrivant à s’échouer dans une boutique de bric à brac, entre un cor de chasse bosselé et une vieille soupière, pour l’entendre appeler la Chaulnes, par une revendeuse à la toilette juive ! Voila le roman qu’il eût fallu faire…
  16. En dehors du Talmud, de nombreux ouvrages juifs versent l’outrage sur le Christ et son Eglise. L’histoire de Notre Seigneur Jésus-Christ a été écrite en hébreu talmudique, sous ce titre : Tholedot-Ieschau, Histoire de Jésus-Christ. Ne pouvant nier les miracles du Sauveur, l’auteur les attribue à des opérations magiques et à la vertu du nom ineffable qu’il aurait eu l’adresse de dérober dans le Saint des Saints.
        « Ce livre, dit M. Drasch dans sa Lettre d’un rabbin converti, n’existe parmis les Juifs qu’en manuscrit . »
  17. Pour nous purifier de ces miasmes juifs, que je vous demande pardon de vous faire respirer, relisons l’adorable épisode de la vie du Bienheureux Gilles, qui fut le troisième compagnon de saint François d’Assise et dont le Séraphique disait : «  C’est un des paladins de ma Table ronde. » Un jour un religieux dominicain, docteur en théologie, torturé depuis longtemps par un doute sur la virginité de la mère de Dieu, vint trouver l’humble frère. Gilles en fut prévenu miraculeusement ; il marche à sa rencontre, et, sans lui laisser le temps de parler, il lui dit en frappant la terre de son bâton : « Frère prêcheur, Marie est vierge avant son enfantement. » Et un beau lys sortit de terre au même moment. Frappant de nouveau la terre, il reprit : « Frère prêcheur, Marie est vierge dans son enfantement. » Un second lys s’éleva de terre. Enfin donnant un troisième coup de bâton en terre : « Frère prêcheur, s’écrie-t-il, Marie est vierge après son enfantement. » Et un troisième lys d’une blancheur éblouissante comme les deux premiers se dressa devant eux. Et le religieux dominicain, non moins frappé de l’autorité de la parole que du triple miracle des lys, se retira emportant dans son âme cette paix divine qu’il avait jusqu’alors cherchée en vain.
  18. Voir, sur toutes ces scènes incroyables que nous atténuons, les journaux de l’époque, depuis le Figaro jusqu’à la Justice et un tableau très vivement brossé de cette orgie en pleine salle d’audience dans la Revue générale. Cest là qu’il faudra puiser pour se rendre compte de ce qu’était la justice en France en 1885.
  19. Anatole de la Forge, on s’en souvient, se livra à une chaleureuse apologie de l’assassinat.
        Le président, malgré sa faiblesse, eut un mouvement de protestation ; il comprit ce qu’avait de corrupteur pour un pays ce fait d’un représentant de la nation venant solennellement affirmer le droit de tuer ; il essaya de ramener le témoin à la pudeur.
        De la Forge, sous cette flétrissure si méritée, parut éprouver un mouvement de honte, puis devant les œillades de toutes les pleureuses qui étaient là, le vieux Beau se redressa : « C’est mon sentiment, » dit-il.
        Ni le Rouquin ni le Pacha de la Glacière n’ont été aussi loin ; ils n’ont pas excusé l’assassinat, ils ont plaidé les circonstances atténuantes, l’ivresse… Pour être bien renseignés sur l’étal d’esprit général, observe la façon dont les journaux conservateurs parlent de l’incident. De Pêne, un homme de droiture et de cœur, n’ose blâmer et Robert Macaire républicain qu’en enveloppant son blâme dans les épithètes les plus flatteuses.
  20. C’est ce que Me Le Berquier, dans son discourt à la conférence des stagiaires du 1er décembre 1884, appelle « plaider les causes les plus enflammées, sans dépasser la ligne qui sépare le droit de la licence, la discution nécessaire des agressions blessantes et stériles. » « Le barreau, ajoute-t-il, est courtois et tient à honneur de garder à la barre cette altitude correcte d’hommes divisés d’opinion, et s’expliquant sur toutes chose avec une modération qui n’ôte rien à la sincérité, ni même a la vivacitè de leurs convictions. »
        Le Berquier lui-même ne s’est pas gêné pour diffamer Alphonse Daudet en donnant un sens mensonger à des lettres toutes personelles écrites avec le laisser-aller de la vie littéraire.
  21. Gazette des tribunaux du 16 novembre 1881.
  22. Les journaux républicains, si respectueux de l’honneur des hommes, ont trouvé moyen de diffamer une malheureuse femme qui n’avait plus de jambes et qui vivait de la charité des pastants ! Vous avez tous connu ce triste spécimen des misères humaines qui se tenait sur le boulevard des Capucines et que Charles Yriarte a oubliée dans ses Célébrités de la rue. Assurément, vous vous seriez attendu à ce que la presse ne s’attaquât jamais à celle infortunée. Vous ne conaissez pas les publicistes rouges ; ils racontèrent que cette femme était une ancienne prostituée qui, poursuivie par des agents des mœurs, s’était brisé les deux jambes en sautant d’une fenêtre pour leur échapper. Or cette femme n’avait jamais été inscrite sur les registres de la prostitution ; elle n’avait jamais été recherchée par les agents des mœurs et elle n’avait jamais eu de jambes.
        « Cette malheureuse, dit M. Macé dans son livre : Le service de sûreté par son ancien chef, est une honnête mère de famille. Mariée, il y a trente ans, à un sieur L… ouvrier boulanger, elle a eu dix-huit enfants, dont trois vivent encore, habitent Paris, y exercent un métier honorable et jouissent d’une excellente réputation.
        « Cette veuve incapable de tout autre travail a toujours gagné sa vie en implorant la pitié publique. Les habitués du boulevard la conaissaient depuis longtemps et lui venaient en aide.
        « Mais depuis qu’elle a été calomniée dans la seule chose qu’elle possédait — son honneur — tout le monde la regarde avec mépris et aucune main ne s’ouvre plus pour elle. Elle a pu jadis, avec des dons charitables, élever une nombreuse famille ; elle ne peut plus aujourd’hui suffire à sa propre existence. »
        Avouez que cette victime est autrement intéressante que Mme Hugues qui est jeune, belle, spirituelle, qui fait des bustes et qui a pour la défendre un mari qui tire admirablement et qui a déjà tuer un homme en duel. Hélas cette cul-de-jatte ne parait pas assez distinguée à M. Anatole de la Forge, il faut tenir compte de la haine du pauvre qui est spéciale aux républicains Francs-Maçons (Voir chapitre 1er de ce même livre VI).