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La Grande Révolution/LXI

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P.-V. Stock (p. 654-666).


LXI

CONSTITUTION DU GOUVERNEMENT CENTRAL. —
LES REPRÉSAILLES


Après le 31 mai et l’arrestation de principaux représentants girondins, les Montagnards avaient travaillé, pendant tout l’été de 1793, à constituer un gouvernement fort, concentré à Paris, capable de tenir tête à l’invasion, aux soulèvement en province et aux mouvements populaires qui auraient pu se produire à Paris même, sous l’influence des Enragés et des communistes.

Dès le mois d’avril, la Convention avait confié, nous l’avons vu, le pouvoir central à son Comité de salut public, et elle continua à renforcer celui-ci, après le 31 mai, de nouveaux éléments montagnards[1]. Et lorsque l’application de la nouvelle constitution fut prorogée jusqu’à la fin de la guerre, les deux Comités, de salut public et de sûreté générale, continuèrent à concentrer le pouvoir entre leurs mains, tout en suivant une politique moyenne, — celle de se placer entre le partis avancé (les Enragés, la Commune de Paris) et les Dantonistes, auxquels se rattachaient les Girondins.

En cela, les Comité étaient puissamment secondés par les Jacobins qui étendaient leur sphère d’action en province et serraient leurs rangs. De huit cents, en 1791, le nombre des société affiliées au club des Jacobins de Paris montait à huit mille en l793, et chacune de ces société devenait un centre d’appui pour la bourgeoisie républicaine : une pépinière où se recrutaient de nombreux fonctionnaires de la nouvelle bureaucratie, et un centre policier, dont le gouvernement s’aidait pour découvrir et frapper ses ennemis.

En outre, quarante mille Comités révolutionnaires furent bientôt formés dans les communes et les sections, et tous ces Comités, menés pour !a plupart, comme l’a déjà fait remarquer Michelet, par des bourgeois lettrés — très souvent par des fonctionnaires de l’ancien régime — furent bientôt soumis par la Convention au Comité de sûreté générale, tandis que les sections elles-mêmes ainsi que les sociétés populaires devenaient rapidement des organes du gouvernement central, des branches de la hiérarchie républicaine.

Cependant l’état de Paris n’était nullement rassurant. Les hommes énergiques, les meilleurs révolutionnaires s’étaient enrôlés en 1792, en 1793, pour marcher aux frontières ou en Vendée, et les royalistes relevaient la tête. Profitant de l’affaiblissement de la surveillance, ils rentraient en nombre. En août, le luxe de l’ancien régime faisait soudain sa réapparition dans les rues. Les jardins publics et les théâtres étaient envahis par les muscadins. Aux théâtres on applaudissait à outrance les pièces royalistes, et l’on sifflait les pièces républicaines. On allait jusqu’à représenter dans une pièce la prison du Temple et la délivrance de la reine, et il s’en fallut de peu que l’évasion de Marie-Antoinette ne s’accomplît.

Les sections étaient envahies par les contre-révolutionnaires girondins et royalistes. Alors que les journaliers, les artisans, fatigués après leurs longues journées de travail, rentraient au logis, les jeunes bourgeois, armés de gourdins, venaient aux assemblées générales des sections et les faisaient voter à leur gré.

Il est évident que les sections seraient parvenues à repousser ces incursions, comme elles l’avaient déjà fait une fois, en se prêtant main-forte entre sections voisines. Mais les Jacobins voyaient de mauvais œil le pouvoir rival des sections. Ils profitèrent de la première occasion pour les paralyser, et l’occasion ne tarda pas à se présenter.

Le pain continuait à manquer à Paris, et le 4 septembre des attroupements qui se rassemblaient aux cris : Du pain ! commencèrent à se former autour de l’Hôtel-de-Ville[2]. Ils devenaient menaçants, il fallut toute la popularité et la bonhomie de Chaumette, l’orateur favori des pauvres à Paris, pour les apaiser par des promesses. Chaumette promit d’obtenir du pain et de faire arrêter les administrateurs des subsistances. Le mouvement fut ainsi manqué, et le lendemain, le peuple n’envoya que des députations à la Convention.

La Convention ne sut et ne voulut rien faire pour répondre aux vraies causes de ce mouvement. Elle ne sut que menacer les contre-révolutionnaires, mettre la Terreur à l’ordre du jour, et renforcer le gouvernement central. Ni la Convention, ni le Comité de salut public, ni même la Commune — menacée d’ailleurs par le Comité — ne se trouvèrent à la hauteur de la situation. Les idées égalitaires qui germaient dans le peuple ne trouvèrent personne pour les exprimer avec la même vigueur, la même audace et la même précision que Danton, Robespierre, Barère et tant d’autres avaient trouvées pour exprimer les aspiration de la Révolution à ses débuts. Le dessus fut pris par les hommes de gouvernement, — par les médiocrités de la bourgeoisie plus ou moins démocratique.

Le fait est que l’ancien régime gardait encore une force immense, et que cette force avait été augmentée par l’appui qu’il trouva chez ceux mêmes sur lesquels la Révolution avait versé ses bienfaits. Pour briser cette force il fallait une nouvelle révolution, populaire, égalitaire, — et la grande masse des révolutionnaires de 1789-1792 n’en voulait pas.

La majorité de la bourgeoisie, qui avait été révolutionnaire en 1789-1792, croyait maintenant que la Révolution était allée « trop loin. » Saurait-elle empêcher les « anarchistes » de « niveler les fortunes » ? Ne donnerait-elle pas aux paysans trop de bien-être, si bien qu’ils refuseraient de travailler pour les acheteurs de biens nationaux ? Où trouverait-on alors les bras pour mettre ces biens en rapport ? Car si les acheteurs avaient versé des millions au Trésor pour acheter les biens nationaux, c’était bel et bien pour les faire valoir ; et que ferait-on s’il n’y avait plus de prolétaires inoccupés dans les villages ?

Le parti de la Cour et des nobles avait maintenant pour alliés toute une classe d’acheteurs des biens nationaux, de bandes noires, de fournisseurs militaires et d’agioteurs. Ceux-là avaient fait fortune et ils avaient hâte maintenant de jouir, de mettre fin à la révolution, à une seule condition — celle que les biens achetés et les fortunes amassées ne leur fussent pas enlevés. Toute une masse de petits bourgeois, d’origine récente, les soutenait dans les villages. Et tout ce monde s’intéressait fort peu à la forme de gouvernement, pourvu qu’il fût fort, pourvu qu’il sût contenir les sans-culottes et résister à l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse, qui pourraient faire restituer les biens enlevés par la Révolution au clergé et aux émigrés.

Aussi, lorsque la Convention et le Comité de salut public se virent menacés par les sections et la Commune, ils s’empressèrent, avant tout, de profiter du manque de cohésion dans ce mouvement pour renforcer le gouvernement central.

La Convention se décida, il est vrai, à mettre fin au commerce des assignats ; elle le défendit, sous peine de mort: et elle créa une « armée révolutionnaire » de 6.000 hommes sous les ordres de l’hébertiste Ronsin, pour comprimer les contre-révolutionnaires et réquisitionner les subsistances dans les campagnes, afin de nourrir Paris. Mais comme cette mesure n’était suivie d’aucune action organique qui remît la terre à ceux qui voulaient la cultiver eux-mêmes, et qui leur donnât la possibilité de le faire, les réquisitions de l’armée révolutionnaire ne furent qu’une cause de haine des campagnes contre Paris ; elles ne firent bientôt qu’augmenter les difficultés de l’alimentation.

Pour le reste, la Convention se borna à faire des menaces de Terreur, et à nantir le gouvernement de nouveaux pouvoirs. Danton parla de nation armée et menaça les royalistes. Il fallait, disait-il, « que chaque jour un aristocrate, un scélérat payât de sa tête ses forfaits ». Le club des Jacobins demanda la mise en accusation des Girondins arrêtés. Hébert parla de guillotine ambulante. Le tribunal révolutionnaire allait être renforcé, les visites domiciliaires devenaient permises pendant la nuit.

Et, tout en marchant ainsi vers la Terreur, on prenait en même temps des mesures pour amoindrir la Commune. Comme les comités révolutionnaires, chargés de la police judiciaire et des arrestations, étaient accusés de divers abus, Chaumette obtint de les épurer et de les placer sous la surveillance de la Commune ; mais douze jours plus tard, le 17 septembre 1793, ce droit était enlevé à la Commune par la Convention, et les comités révolutionnaires étaient placés sous la surveillance du Comité de sûreté générale, — cette sombre force de police secrète, qui grandissait à côté du Comité de salut public et menaçait de l’engloutir.

Quant aux sections, sous prétexte qu’elles se laissaient envahir par les contre-révolutionnaires, la Convention décida, le 9 septembre, que le nombre de leurs assemblées générales serait réduit à deux par semaine et, pour dorer la pilule, elle alloua quarante sous par séance à ceux des sans-culottes qui assistaient à ces assemblées et qui ne vivaient que du travail de leur bras. Mesure que l’on a souvent représentée comme une mesure très révolutionnaire, mais que les sections semblent avoir jugée d’une autre façon. Quelques unes (Contrat social, Halle aux blés, Droits de l’homme, sous l’influence de Varlet) refusèrent l’indemnité et en blâmèrent le principe ; tandis que les autres, comme l’a démontré Ernest Mellié, n’en firent qu’un usage très modéré.

Enfin, le 19 septembre, la Convention augmenta l’arsenal de répression par la loi des suspects, qui permettait d’arrêter comme suspects tous les ci-devant nobles, tous ceux qui se montreraient « partisans de la tyrannie ou du fédéralisme », tous ceux qui « ne s’acquittaient pas de leurs de devoirs civiques », — quiconque, enfin, n’avait pas constamment manifesté son attachement à la Révolution ! Louis Blanc et les étatistes en général s’extasient devant cette mesure de « formidable politique » alors qu’elle signifiait tout bonnement l’incapacité de la Convention de marcher dans la voie ouverte par la Révolution. C’était aussi préparer l’affreux encombrement des prisons, qui amena plus tard aux noyades de Carrier à Nantes, aux mitraillades de Collot à Lyon, aux « fournées » de juin et juillet 1794 à Paris, et qui prépara la chute du régime montagnard.

À mesure qu’un gouvernement redoutable se constituait ainsi à Paris, il était inévitable que des luttes terribles s’engageassent entre les diverses fractions politiques, pour décider à qui appartiendrait ce puissant instrument. C’est ce que l’on vit à la Convention le 25 septembre, jour où une mêlée générale fut engagée entre tous les partis, après quoi la victoire échut, comme il fallait bien s’y attendre, au parti de juste-milieu révolutionnaire : aux Jacobins et à Robespierre, leur fidèle représentant. Le tribunal révolutionnaire fut constitué sous leur influence.

Huit jours plus tard, le 3 octobre, on vit la nouvelle puissance s’affirmer. Ce jour-là, Amar, du Comité de sûreté générale, après de longues hésitations, fut forcé de faire un rapport pour envoyer devant le tribunal révolutionnaire les Girondins expulsés de la Convention le 2 juin ; et soit par peur, soit par toute autre considération, il demanda, en plus des trente-et-un qu’il accusait, la mise en jugement de soixante-treize représentants girondins qui, en juin, avaient protesté contre la violation de la Convention et qui continuaient à y siéger. Là-dessus Robespierre, au grand étonnement de tous, s’y opposa avec force. Il ne fallait pas frapper, disait-il, les soldats : il suffisait de frapper les chefs. Appuyé à la fois par la droite et par les Jacobins, il obtint ce qu’il voulait de la Convention, et il apparut ainsi avec l’auréole d’une force pondératrice, capable de dominer et la Convention et les Comités.

Encore quelque jours, et son ami Saint-Just lisait déjà à la Convention un rapport où, après s’être plaint de la corruption, de la tyrannie, de la nouvelle bureaucratie, et visant déjà la Commune de Paris, Chaumette et son parti, il concluait en demandant « le gouvernement révolutionnaire jusqu’à la paix. »

La Convention accepta ses conclusions. Le gouvernement central était constitué.


Pendant que ces luttes se déroulaient à Paris, la situation militaire se présentait sous un jour d’une tristesse effroyable. Au mois d’août une levée générale avait été ordonnée, et Danton, retrouvant son énergie et sa compréhension du génie populaire, développa la superbe idée de confier tout l’enrôlement, non pas à la bureaucratie révolutionnaire, mais aux huit mille fédérés, qui avaient été envoyés à Paris par les assemblées primaires pour signifier l’acceptation de la constitution. Ce plan fut adopté le 25 août.

Cependant, comme une moitié de la France ne voulait pas de la guerre, la levée se faisait très lentement ; les armes et les munitions manquaient.

Ce fut d’abord une série de revers en août et septembre. Toulon était aux mains des Anglais, Marseille et la Provence — en révolte contre la Convention ; le siège de Lyon continuait encore — et il dura jusqu’au 8 octobre, et en Vendée la situation ne s’améliorait nullement. C’est seulement le 16 octobre que les armées de la République remportèrent leur première victoire, à Wattignies, et le 18 que les Vendéens, battus à Chollet, passaient la Loire pour marcher vers le nord. Cependant le massacre des patriotes continuait toujours. À Noirmoutiers, nous l’avons vu, le chef vendéen Charette fusillait tous ceux qui s’y étaient rendus.

On comprend qu’à la vue de tout ce sang versé, des efforts inouïs et des souffrances que supportait la grande masse du peuple français, le cri : Frappez tous les ennemis de la Révolution, tous, en haut et en bas ! s’échappa des poitrines des révolutionnaires. On ne pousse pas à bout une nation sans qu’elle ait un sursaut de révolte.

Le 3 octobre, l’ordre fut donné au tribunal révolutionnaire de juger Marie-Antoinette. Depuis le mois de février on entendait continuellement parler à Paris de tentative d’évasion de la reine. Plusieurs d’entre elles, on le sait aujourd’hui, furent bien près de réussir. Les officiers municipaux que la Commune préposait à la garde du Temple se laissaient continuellement gagner par les partisans de la famille royale. Foulon, Brunot, Moelle, Vincent, Michonis furent de ce nombre. Lepître, ardent royaliste, était au service de la Commune et se faisait remarquer par ses idées avancées dans les sections. Un autre royaliste, Bault, obtenait la place de concierge la Conciergerie, où l’on tenait maintenant la reine. Une tentative d’évasion avait échoué en février ; une autre, tentée par Michonis et le baron de Batz, fut bien près de réussir, après quoi (11 juillet) Marie-Antoinette fut séparée d’abord de son fils, qui fut placé sous la garde du cordonnier Simon, puis transférée (le 8 août) à la Conciergerie. Mais les tentatives de l’enlever continuaient, et un chevalier de Saint-Louis, Rougeville, pénétra même jusqu’auprès d’elle, tandis que Bault, devenu son concierge, entretenait des relations au dehors. Et chaque fois qu’un plan de libération de la reine était préparé, les royalistes s’agitaient et promettaient un coup d’État et l’égorgement prochain de la Convention et des patriotes en général.

Il est probable que la Convention n’eût pas attendu jusqu’en octobre pour mettre Marie-Antoinette en jugement, si l’on n’avait pas eu l’espoir d’arrêter l’invasion des rois coalisés, à condition de mettre la reine en liberté. On sait même que le Comité de salut public avait donné (en juillet) des instructions dans ce sens à ses commissaires, Semonville et Maret, qui furent arrêtés en Italie par le gouverneur de Milan, et l’on sait aussi que les pourparlers continuèrent pour la mise en liberté de la fille du roi.

Les efforts de Marie-Antoinette pour appeler en France l’invasion allemande, et ses trahisons pour faciliter les conquêtes de l’ennemi sont trop bien démontrés, maintenant que l’on connaît sa correspondance avec Fersen, pour qu’il vaille la peine de réfuter les fables de ses défenseurs modernes, qui veulent en faire presqu’une sainte. L’opinion publique ne se trompait pas en 1793, lorsqu’elle accusait la fille de Marie-Thérèse d’être encore plus coupable que Louis XVI. Le 16 octobre, elle périt sur l’échafaud.

Les Girondins la suivirent de près. On se souvient que lorsque trente-et-un d’entre eux furent décrétés d’arrestation, le 2 juin, ils furent laissé libres de circuler dans Paris, sous la garde d’un gendarme. On pensait si peu à les frapper que plusieurs Montagnards connus s’étaient offerts d’aller dans les départements de chacun des députés arrêtés, afin de s’y constituer otages. Cependant la plupart des Girondins décrétés d’arrestation s’étaient évadés de Paris, et étaient allés en province, prêcher la guerre civile. Les uns soulevaient la Normandie et la Bretagne, les autres poussaient Bordeaux, Marseille, la Provence au soulèvement, et partout ils devenaient les alliés des royalistes.

À ce moment, sur les trente-et-un Girondins décrétés d’arrestation le 2 juin, il ne restait plus à Paris que douze. On en ajouta dix autres, et le procès commença le 3 brumaire (22 octobre). Ils se défendaient avec courage, et comme leurs discours menaçaient d’influencer même les jurés sûrs du tribunal révolutionnaire, le Comité de salut public fit à la hâte voter une loi sur « l’accélération des débats ». Le 9 brumaire (29 octobre), Fouquier-Tinville fit lire cette nouvelle loi au tribunal. Les débats furent clos et les vingt-deux furent condamnés. Valazé se poignarda, les autres furent exécutés le lendemain.

Madame Roland fut exécutée le 18 brumaire (8 novembre) ; l’ex-maire de Paris, Bailly, dont la connivence avec Lafayette au massacre du 17 juillet 1791 au (Champ de Mars) ne faisait pas de doute, Girey Dupré, le Feuillant Barnave, gagné par la reine pendant qu’il l’accompagnait de Varennes à Paris, les suivirent de près ; et en décembre, le Girondin Korsaint et Rabaut Saint-Étienne, montèrent à l’échafaud, ainsi que madame Dubarry, de royale mémoire.

La Terreur était lancée, et elle allait suivre un développement inévitable.

  1. Dantoniste d’abord, le Comité de salut public devint peu à peu robespierriste après le 31 mai. Saint-Just et Couthon y étaient entrés dès le 13 mai ; et Jeanbon Saint-André y entra le 12 juin ; Robespierre le 27 juillet. Carnot et Prieur (de la Côte-d’Or) y furent admis le 14 août, et Collot-d’Herbois et Billaud-Varenne le 6 septembre, après le mouvement des 4-5 septembre. — On distinguait, dans ce Comité trois nuances : les terroristes, Collot-d’Herbois et Billaud-Varennes ; — les travailleurs, Carnot pour la guerre, Prieur pour le génie et les armes, et Liudet pour nourrir les armées ; et les hommes d’action, Robespierre, Saint-Just et Couthon. — Le Comité de sûreté générale, qui représentait la police d’État, était composé surtout de fonctionnaires de l’ancien régime. On est même souvent amené à se demander si la plupart de ces hommes n’avaient pas gardé leurs sympathies d’autrefois. L’accusateur public auprès du tribunal révolutionnaire, Fouquier-Tinville, dépendait entièrement du Comité de sûreté générale, qu’il voyait chaque soir.
  2. Il est fort possible, probable même, que des royalistes (comme Lepître) travaillèrent aussi dans les sections pour fomenter ce mouvement. C’est une vieille tactique des réactionnaires. Mais dire que ce mouvement fut l’œuvre des réactionnaires était aussi absurde et jésuitique que de dire que les mouvements de 1789 furent l’œuvre du duc d’Orléans.