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La Mer (Richepin)/Matelotes

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G. Charpentier et E. Fasquelle (p. 105-131).

I

LARGUE


Cric ! crac ! sabot ! Cuiller à pot !… Et je commence.
Je m’en vas vous filer les nœuds de ma romance
En parler mathurin comme un gabier luron
Qui s’est suivé le bec à même un boujaron.
Attention, pourtant ! Je ne me pose en maître,
Ni ne veux jusqu’à fond de cale vous en mettre.
Je ne suis pas de ces vieux frères premier brin
Qui devant qu’être nés parlaient jà mathurin,
Au ventre de leur mère apprenant ce langage.
Roulant à son roulis, tanguant à son tangage.
Et je n’ai pas non plus mon brevet paraphé,
Ni les larges fauberts en garçon de café.
Ces nageoires de la marine militaire.
Je ne suis qu’un terrien, un terrien de la terre.
Et n’eus pas même, fils d’ancêtres paysans,
L’honneur d’être embarqué comme mousse à dix ans.

Si j’avais fait au moins un congé sur la flotte !
Mais non ! — Comment sais-tu la langue matelote
Alors, et de quel droit prends-tu ces airs nouveaux,
N’ayant jamais foulé que le plancher des veaux ?
— Pardon, j’ai mis le pied sur le plancher des vagues,
Et non comme ceux-là, piteux, aux regards vagues,
Qu’on volt déboutonner leur col dans un hoquet,
Réclamer d’une voix mourante le baquet,
Et tomber dans tes bras, ô steward qui déplores
Ton frac fleuri soudain d’ordres multicolores.
Non, moi, j’ai navigué pour de vrai, pour de bon,
À la voile, mes gas, et non pas au charbon,
À bord de caboteurs, de pêcheurs, en novice
Qui mange à la gamelle et qui fait son service.
J’ai connu les fayots, la manœuvre, le grain,
Tout ce qui donne un cœur solide, un pied marin.
J’ai connu les ohisse ! en halant la poulie,
Et le flot en douceur et le flot en folie.
Et les contes contés à la poulaine, en tas
Autour de quelque ancien, négrier, pelletas,
N’importe, mais ayant cinquante ans de marée.
J’ai connu les paquets, la barre débarrée,
Et ce sinistre cri : Pare ! un homme à la mer !
J’ai connu naviguer, son doux et son amer,
La caresse et les coups des brises dans les toiles,
Et les grands quarts de nuit tout seul sous les étoiles.
Puis c’était le retour, le débardage à quai.
Comme les frères, j’ai sué, sacré, chiqué,
En portant des ballots et des cages à poules,
Le dos sale et meurtri, les mains pleines d’ampoules,

Et la bouche fusant de longs jets d’un jus noir.
Puis les bamboches chez l’hôtesse : À l’Entonnoir,
Au Repos des gabiers, Au Calfat en goguette.
C’est parfois un caveau, parfois une guinguette ;
Mais sous terre ou dessus, on y boit bougrement.
Et j’y fus à la côte avec tout mon gréement
Plus souvent qu’à mon tour, raide comme un cadavre.
On y chantait aussi. Des musicos du Havre
À ceux de Saint-Nazaire en passant par Bordeaux,
Avant l’heure où l’on sombre affalé sur le dos,
Vous ne vous doutez pas combien de matelotes
Je gueulais, en guinchant, les poings dans mes culottes
J’en composai le texte et la musique aussi,
Sans les écrire ; et, sauf huit ou dix que voici,
Tout ça s’est égrené de ma mémoire. Certe,
Ça ne valait pas mieux, et ce n’est pas grand’perte.
Vers de bric et de broc ! De broc surtout. Pourtant,
J’en ai fait de meilleurs dont je suis moins content.
Car ces couplets boiteux et brochés sur le pouce
À la six-quatre-deux, va comme je te pousse,
Mal rimés, bien rhythmés, n’étaient pas sans douceurs
Pour moi qui les vivais et pour les connaisseurs.
Fins connaisseurs, allez ! C’étaient mes camarades.
Non pas vous, écrivains ; mais les pochards des rades,
Gens du métier, experts en ces musiques-là,
Dont leur rude gosier m’avait donné le la.
Et c’est au souvenir des heures en allées
Avec eux, que je tiens à ces rimes salées ;
C’est en l’honneur des vieux compagnons de hasard
Que je recueille ces cantilènes sans art.

Car ils les aimaient, eux, en savouraient le charme,
Y découvraient matière ou de rire ou de larme,
En chœur et de plein cœur reprenaient au refrain.,
Trouvaient qu’elles étaient grand’largue et vrai marin.
Que ma mélancolie ou ma gaieté d’ivrogne
Avait du poil… (où çà ? Bien sûr, pas à la trogne),
Et qu’en somme, sans être un loup de mer, c’est clair.
J’en avais la chanson, si je n’en ai pas l’air.

II

MON PREMIER VOYAGE



AU BON SOUVENIR
DE MATHIEU LEMARDEC CAPITAINE
ET DE PIERRE ET QUENTIN MATELOTS
À BORD DU CABOTEUR
la Louise



Celui qui fit cette chanson.
Novice au cabotage,
Toujours le premier au bidon
Autant comme à l’ouvrage,
Un bon garçon !

C’est à Nantes, dessur le quai,
Un jour de grand’misère,
Que le terrien s’est embarqué,
Rincé comme un cul d’verre,
Mais quand mêm’gai.


Sombré dans un ruisseau à sec,
Le ventre à fond de cale,
N’avait pour se calfater l’bec
Pas même un peu d’eau sale.
Et rien avec.

Par là passant deux matelots
Virent le pauvre bougre.
Lui dis’nt : — Viens lester tes boyaux
À bord de notre lougre.
Va-t-à Bordeaux.

Monta sur le plancher sans toit,
S’y fit la soute pleine,
Lécha la gamelle et ses doigts,
Puis dit au capitaine :
— Voulez-vous d’ moi ?

Savait quoi fair’ de ses pal’rons,
Mais les avait solides.
Soulève un’ vergue tout du long,
Et dit : — Quand j’suis pas vide,
Je suis d’aplomb.

— Va bien. On t’emplira, du gars
Répond le capitaine.
J’y fournirai, t’y fourniras,
Moi l’huile à ta lanterne.
Toi l’huil’ de bras.


Et de Nantes jusqu’à Bordeaux
Trime à la matelote,
N’ayant qu’un tricot sur le dos,
Et pour fond de culotte
Le drap d’sa peau.

Mais pas ne se fait de chagrin.
Toujours chante à voix haute,
Apprend le parler mathurin
De ses frères-la-côte,
Fil premier brin.

Si bien que lorsqu’il mit le pied
Chez ces dames gentilles,
À voir ses yeux en écubiers
La plus joli’ des filles
Le crut gabier.

Vivent les deux bons cachalots
Qui furent pitoyables,
Aussi le patron du bateau
Qui fit du pauvre diable
Un matelot !

Jamais, si longtemps qu’il vivra
Si ponton qu’il devienne,
Jamais ceux qui l’ont pris sous l’bras,
Jamais le capitaine
Il n’oubliera !


Celui qui fit cette chanson,
Novice au cabotage,
Toujours le premier au bidon
Autant comme à l’ouvrage,
Un bon garçon !

III

LE JOLI NAVIRE


Chantons des quilles
Et dansons du gosier !
Faut la gargousse à l’obusier.
Y a de belles filles
Dans la vill’ de Bordeaux
À mettre sur le dos.

C’est la blonde et la brune
Et la châtaigne aussi.
Et celle en clair de lune
Qui a le poil roussi.

Chantons des quilles, etc'…


Quand le marin arrive,
Il trouve en dérivant
Leur proue éveillative,
Les deux bossoirs au vent.

Chantons des quilles, etc

Leur carène gentille,
Qui navigue au plus près,
Montre par l’écoutille
La soute aux vivres frais.

Chantons des quilles, etc

Leur nase est une guibre,
Leur œil un écubier ;
L’arrière est de calibre,
La pompe est sans pompier.

Chantons des quilles, etc

C’est un joli navire
Qui vire à l’abandon.
Mais jamais ne chavire
Que sur fond d’édredon.

Chantons des quilles, etc

Il a mât de misaine,
Artimon et beaupré.

Des voil’s à la douzaine
Pour voguer à son gré.

Chantons des quilles, etc

Mais pour qu’il se dispose
À nager grand format,
Il lui manque une chose.
Il lui manque un grand mât.

Chantons des quilles, etc

Plante-lui dans la coque
Le grand mat qu’on lui plaint,
Alors il se déroque
Et file au large en plein.

Chantons des quilles, etc

Et quand il appareille
Dans la rade des lits,
La secousse est pareille
Au rouler du roulis.

Chantons des quilles
Et dansons du gosier !
Faut la gargousse à l’obusier.
Y a de belles filles
Dans la vill’ de Bordeaux
À mettre sur le dos.

IV

C’EST LA FILLE DU FORBAN


C’est la fille du forban,
On dit qu’elle est si belle !
Sont venus trois rois puissants,
Des empereurs tout autant.
Et deux sultans en turban
Pour coucher avec elle.

Le forban a répondu :
On dit qu’elle est si belle !
Rois, empereurs, n’en faut plus ;
Leurs gendarmes m’ont pendu.
Quant aux sultans, trop barbus
Pour coucher avec elle !

Sont venus trois matelots.
On dit qu’elle est si belle !
Tous les trois vaillants et beaux,

Un de Nante, un de Bordeaux,
L’autre né chez les oiseaux,
Pour coucher avec elle.

Le premier parla d’abord :
On dit qu’elle est si belle !
Nul pilote n’est plus fort.
Jamais je ne manque un port.
Je resterai sur ton bord
Pour coucher avec elle.

Le forban a répondu :
On dit qu’elle est si belle !
Un pilote est superflu.
À terre je ne vais plus.
Retourne d’où t’es venu
Pour coucher avec elle.

Après parla le second :
On dit qu’elle est si belle !
J’ai tout seul pris un trois-ponts
Qu’avait quatre-vingts canons.
Le veux-tu ? Je t’en fais don
Pour coucher avec elle.

Le forban a répondu :
On dit qu’elle est si belle !
Ton trois-ponts et toi dessus,
Je vous prendrai sans reçu.
Retourne d’où t’es venu
Pour coucher avec elle.


Le dernier parle à son tour :
On dit qu’elle est si belle !
Quand je chante mes amours
Tout chacun fait cercle autour.
Et j’enchanterais des sourds
Pour coucher avec elle.

Le forban fit aussitôt :
On dit qu’elle est si belle !
Un chanteur toujours dispos
Fout du cœur aux matelots.
V’là le gaillard qu’il me faut
Pour coucher avec elle

Et de la belle Louison,
On dit qu’elle est si belle !
Celui qui fit la chanson
Eut l’étrenne avec raison.
À fauvette il faut pinson
Pour coucher avec elle.

V

LA MÈRE BARBE-EN-JONC


Largue l’écoute ! Bitte et bosse !
Largue l’écoute ! Gigue et jon !
Largue l’écoute ! on s’y fout des bosses,
Chez la mère Barbe-en-jonc.

C’est là qu’y a des fins drilles,
C’est là qu’y a des lurons.
L’hôtesse est si bonne fille,
Qu’elle en est presque garçon.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

Elle a la peau de la face
En soie ainsi qu’un cochon.
Ça s’hériss’ quand on l’embrasse.
On se râpe à son menton.


Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

Mais, malgré sa barbe rousse,
Il lui faut du frais, du bon.
Ce n’est qu’au filin des mousses
Qu’elle ouvre son entrepont.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

Il est noir comme de l’encre,
Le goulot de son bidon,
Et ceux qu’ils y jettent l’ancre
N’en trouvent jamais le fond.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

Mais elle a vin, cidre et bière,
Et du rhum et du jambon.
Et ceux qui font son affaire
Ont toujours le ventre rond.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

C’était un simple novice,
Celui qui fit la chanson.
Il avait eu l’artifice
De se raser le menton.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc


Si bien que la bonne hôtesse,
Le prenant pour moussaillon,
Avec mille politesses
Amena son pavillon.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

Elle dit : — Je te régale,
Et aussi tes compagnons.
Je vas vous lester la cale ;
Mais gardez votre pognon.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

C’était bordée et bamboche
Pour tous nos joyeux fistons,
Et sans haler sur nos poches.
Fallait-il répondre non ?

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

Il répond oui d’une haleine,
Celui qui fit la chanson.
La cambuse était si pleine !
Si soif avaient nos garçons !

Largue l’écoute ! Bitte et bosse ! etc

Et quand il reprend sa route,
Rebouclant son pantalon,

Tous ont du vent dans l’écoute,
Que leur voile en fait ballon.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse !
Largue l’écoute ! Gigue et jon !
Largue l’écoute ! On s’y fout des bosses,
Chez la mère Barbe-en-jonc.

VI

LE MAUVAIS HÔTE


— Du pain, du beurr’, du cidre !
Donnez m’en sans payer.
Car j’ai les boyaux et la poche vides
Qu’on les entend crier.

— Que le ciel te conduise
À plus riche hôtelier.
Moi je ne vends pas de ma marchandise
Sans bourse délier.

— Malgré votre avarice,
Ayez un peu pitié.
J’ai tant fait de pas sur la route grise
Que j’ai du sang aux pieds.


— Va-t-en jusqu’à la ville,
Tu t’y feras soigner.
Moi, mon cabaret n’est pas un hospice
Pour les gueux sans souliers.

— Bonhomme à tête grise,
Le sort peut me venger.
Peut-être avez-vous quelque part un fils
Qui n’a rien à manger.

— Mon fils est à sa guise
À bord d’un morutier.
Depuis quarante ans qu’il fait son service,
Il est au moins gabier.

— Moi j’avais bien maîtrise
De maître timonier.
Mais j’ai fait naufrage et me repayse,
Sans maille et sans denier.

— Va donc dans ta famille
T’y fair’ ravitailler.
L’argent qui te manque a passé aux filles.
Je n’en suis pas banquier.

— C’est ici mon église.
J’en r’connais le clocher.
Depuis quarante ans sur la mer jolie
Je ne l’ai oublié.


— Quarante ans, que tu dises !
Quarante ans sur la mé !
Quel est donc ton nom ? N’es-tu pas mon fils ?
Dis-le sans plus tarder.

— Je n’en ai plus envie,
Je ne peux plus parler.
Ah ! ma pauvre mèr’, s’elle était en vie,
Ne l’eût pas demandé…

Et cœur et ventre vides,
Mourut sur le pavé,
Sans manger le pain ni boire le cidre
De son père veuvier.

VII

UN COUP D’RIQUIQUI


Il était deux matelots, mes gas,
Qui s’en allaient sur les flots, mes gas.
En disant : Nous reviendrons, mes gas,
Emplissez nos boujarons
Tout ronds,
Nous boirons.
Et pas un n’est revenu, mes gas !
Parti, ni vu ni connu, mes gas !
L’hôtesse, un coup d’ riquiqui !
Ça rend les marins poilus
D’boire à la santé d’ceux qui
N’boit plus.


Il était deux matelots, mes gas,
Qui sont tombés dans les flots, mes gas.
En disant : Nous chavirons, mes gas,
Plus jamais nos boujarons
Tout ronds
Ne boirons.
Et depuis qu’ils ont coulé, mes gas,
Pas un ne s’est plus soûlé, mes gas.
L’hôtesse, un coup d’riquiqui !
Ça rend les marins poilus
D’boire à la santé d’ceux qui
N’boit plus.

Il était deux matelots, mes gas.
Dont l’âme errait sur les flots, mes gas,
En disant : Nous qui sombrons, mes gas.
C’est surtout nos boujarons
Tout ronds
Que pleurons.
Et c’est la raison pourquoi, mes gas,
Buvez, ceux qu’ils ont de quoi, mes gas.
L’hôtesse, un coup d’riquiqui !
Ça rend les marins poilus
D’boire à la santé d’ceux qui
N’boit plus.

VIII

TERRIENNE


Chantons aussi la vieille terre !
Elle a du bon.
De son ventre noir en charbon
Sort le cidre qui désaltère.
Elle a du bon.
Chantons la terre !

Chantons aussi la vieille terre,
La mère au pain,
La mère au chêne et au sapin.
Elle a ses voix et son mystère,
La mère au pain.
Chantons la terre !


Chantons aussi la vieille terre !
C’est la maison
Où las du lointain horizon
On repose en propriétaire.
C’est la maison.
Chantons la terre !

Chantons aussi la vieille terre !
Nos chers petits
Auprès de l’âtre y sont blottis.
Quand ils pleurent, son feu fait taire
Nos chers petits.
Chantons la terre !

Chantons aussi la vieille terre !
Elle a des fleurs.
Elle a de gais oiseaux siffleurs
Qui font joyeux le plus austère.
Elle a des fleurs.
Chantons la terre !

Chantons aussi la vieille terre !
Elle a Margot
Qu’on baise à tire-larigot
Sans passer par-devant notaire.
Elle a Margot.
Chantons la terre !


Chantons aussi la vieille terre !
C’est le grand lit
Où, mort, on vous ensevelit.
Qui dort là n’est pas solitaire.
C’est le grand lit.
Chantons la terre !

IX

AMÈNE


Amen, qu’on dit plutôt à la paroisse. Amène,
Qu’on dit sur l’eau. Deux mots, comme un œuf près d’un œuf,
Pareils. Les Grecs disaient : « Mets sur ta langue un bœuf ! »
Bref, en oraison grecque, ou marine, ou romaine :

Tais-toi ! Suffit d’un tour pour voir tout un domaine.
J’ai promis huit ou dix chansons. Bon ! Va pour neuf !
Même, sept ! Aussi bien, sans leurs airs de pont-neuf,
Ces pauvres vers boiteux, ça n’a plus forme humaine.

Pour moi dans leurs refrains un écho me répond ;
Non pour vous autres. Donc, motus dans l’entrepont !
Que si vous vous fâchez de leurs voix polissonnes,

Pardon, excuse ; mais, qu’est-ce que vous voulez ?
Les mots, mes bonnes gens, c’est comme les personnes,
Et ceux qui vont sur mer en reviennent salés.