La Normandie romanesque et merveilleuse/22

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J. Techener & A. Le Brument (p. 434-453).

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME.

Personnages célèbres.


Traits merveilleux ou singuliers relatifs à l’histoire de différents personnages célèbres de la Normandie : Rollon, Guillaume-le-Conquérant, Guillaume-le-Roux, Robert Courte-Heuse, Henri i, Éléonore d’Aquitaine, Richard Cœur-de-Lion.


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songe de rollon.



Toute la flotte de Rollon demeurât arrêtée sur les côtes d’Angleterre, parce que ce prince était encore indécis s’il devait tenter ou non une descente en France, lorsqu’il eut, au dire des anciens chroniqueurs, un songe merveilleux qui décida de sa destinée. Il rêva qu’il voyait en France une superbe et verdoyante montagne, d’où s’échappait une source dont le limpide bouillonnement et les tièdes vapeurs l’invitaient à s’y plonger. En même temps, Rollon crut s’apercevoir que son corps était déshonoré par une lèpre hideuse ; mais, s’étant précipité dans les eaux pures de la fontaine, il se trouva subitement guéri. Il vit ensuite une multitude d’oiseaux d’espèces variées et séduisantes, se distinguant par la couleur d’un brillant plumage : vert, jaune, rouge, bleu, violet, pers et noir. Tous ces oiseaux vinrent s’ébattre dans la fontaine, et, après s’être baignés délicieusement dans ses ondes, ils firent festin d’une viande exquise, dont chacun d’eux prit sa part avec empressement. Alors, ils se dispersèrent sur toute la montagne, et cherchèrent à se construire des nids. Rollon, ayant tenté de diriger leurs efforts, reconnut avec joie et surprise qu’ils lui obéissaient ponctuellement. À son réveil, le chef des Normands raconta à toute sa suite l’agréable vision qui l’avait occupé la nuit entière, mais il ne trouva personne, même parmi ses scaldes et ses devins, qui pût la lui expliquer. C’est que les trompeuses lueurs de leurs superstitions ne leur permettaient pas de saisir une révélation divine. Cependant, un Anglais, inspiré par l’Esprit saint, s’offrit à donner l’interprétation désirée : « La montagne, dit-il, figure l’église chrétienne ; la fontaine représente le baptême et les saintes onctions par lesquelles vous serez purifié ; la lèpre, la tache ignominieuse du péché ; les oiseaux aux ailes éclatantes de couleurs diverses, qui se sont baignés à votre suite, ne sont autres que vos guerriers qui, devenus chrétiens à leur tour, communieront d’une même foi avec les peuples que vous aurez conquis, les aideront à reconstruire les églises et les monastères abattus et dévastés, et, en un mot, se transformeront en preux chevaliers, dont l’origine se distinguera aux riches couleurs de leur écu blasonné, et qui devront vous rendre hommage comme à leur suzerain[1].

Quand Rollon eut entendu l’explication d’un songe qui lui annonçait tant de gloire, il délivra tous les prisonniers anglais, et les renvoya comblés de présents au roi Alfred, afin d’obtenir la paix jusqu’au printemps prochain, époque à laquelle il se promettait d’abandonner l’Angleterre, pour voguer vers les rivages de la France.


la chemise de la vierge.


Lorsque Rollon n’avait pas encore acquis la possession légitime de la Normandie, et qu’il parcourait, en conquérant, cette province, ainsi que tout le pays environnant, il vint mettre le siège devant la ville de Chartres. Le comte Thibaut, suzerain de cette ville, repoussa vigoureusement les premières attaques ; mais ses troupes eurent tant à souffrir des assauts réitérés des Normands, qu’elles tombèrent dans le découragement, au point de n’être plus capables de soutenir la défense. Alors, l’évêque Gosseaume, vivement touché des malheurs qui menaçaient son troupeau, invoqua le ciel avec cette fervente confiance qui provoque les miracles. Guidé par une inspiration d’en haut, il engagea les pécheurs à contrition et repentance, et, lorsqu’il crut avoir touché leurs cœurs, il prononça une formule d’absolution générale sur tout le peuple. Il se revêtit ensuite de ses habits pontificaux, tira d’une châsse, où elle était précieusement conservée, une chemise qui avait appartenu à la vierge Marie, et, la portant, en guise de sainte bannière, il se dirigea vers les ennemis, à la tête de son clergé. D’aussi loin que le païen Rollon aperçut la merveilleuse relique, il fut saisi d’une grande frayeur, et tomba dans un aveuglement subit. Loin de chercher à rallier ses soldats qui se dispersaient épouvantés, le chef normand, reniant sa valeur habituelle, prit la fuite un des premiers, et l’on prétend même qu’il ne s’arrêta qu’après être parvenu à Rouen, où ses vaisseaux étaient au mouillage[2].


aventure du paysan de longpaon.


Le duc Rollon considérait comme un devoir, et peut-être comme une nécessité si impérieuse pour lui d’établir une sévère justice parmi son peuple, composé hybride d’antagonistes, mélange irritable de vainqueurs et de vaincus, qu’il avait voulu se rendre lui-même responsable du tort qui serait fait à la propriété d’un de ses sujets. Ainsi, lorsqu’un vol avait été commis, le duc se hâtait de réparer d’abord le dommage causé, et s’employait ensuite à la recherche du voleur ; admirable procédé de police qui pouvait cependant avoir quelques inconvénients, comme on en jugera par le trait que nous allons raconter :

Un paysan de Longpaon, ayant abandonné les ferrements de sa charrue au milieu du champ qu’il labourait, pour aller prendre son repas à sa maison, sa femme, pendant cet intervalle, alla dérober les ferrements et les cacha avec soin. De retour aux champs, le villageois, ne trouvant pas ses instruments de travail, s’en revint à sa maison, tout en se plaignant avec amertume du vol qui avait été accompli à son préjudice. Sa femme, après l’avoir écouté, l’envoya vers le duc : « Allez porter plainte, lui dit-elle, à Rollon le païen ; vous verrez ce qu’il en ordonnera. » Le villageois suivit cet astucieux conseil, et, quand il eut expliqué sa mésaventure, le duc commanda qu’on lui remboursât le prix que ses ferrements auraient coûté, s’il eût fallu les acheter. Toutefois, la justice du duc se transporta sur le lieu du délit, pour pro céder à l’épreuve de l’eau et du feu, à l’encontre de tous les voisins du plaignant, et même de sa propre femme. L’épreuve miraculeuse justifia chaque voisin, mais la femme, qui avait cette sorte de mains larronnesses, que l’on a surnommées, plus tard, mains de Normands, laissa la peau grillée de ses doigts crochus attachée au fer de probation. Alors, le duc, en grand courroux, fit venir le villageois, et lui demanda s’il avait connaissance du penchant vicieux de sa femme, de son caractère perfide et de mauvaise foi. Sans prévoir le but de cette question ne villageois répondit qu’il connaissait sa femme pour telle que le duc la dépeignait : « Eh bien, reprit alors le duc, votre femme sera pendue pour son crime, et vous subirez le même supplice, pour vous être laissé prendre à ses ruses, et ne l’avoir pas mieux surveillée. »

Depuis cette aventure, on eut si grande opinion, en Normandie, de la clairvoyance et de la sévérité de Rollon, que nul ne se hasarda plus à enfreindre les lois de sa justice ; on rapporte même un fait singulier qui prouve jusqu’à quel point cette terreur salutaire s’était insinuée dans les esprits : Le duc ayant été chasser un jour dans un bois où se trouvait une mare ou étang, la fraîcheur de l’eau l’excita à se reposer, et il voulut prendre son repas en cet endroit. Après qu’il eut achevé de dîner, il eut fantaisie de suspendre ses bracelets et ses anneaux d’or aux branches de l’arbre sous lequel il s’était assis. Tous ces riches bijoux demeurèrent ainsi, pendant trois ans, offerts à la tentation de tous les passants, sans que personne osât se permettre d’y toucher. C’est en mémoire de ce fait, et pour rappeler le souvenir du duc Rollon, nommé le duc Rou par les anciens chroniqueurs, que ce lieu a pris le nom de Roumare[3].


prophétie relative à la postérité de rollon.


Le duc Rollon vivait encore, et il habitait la capitale de la Normandie, lorsqu’un inconnu fit son entrée dans cette cité, d’une manière assez extraordinaire pour que le peuple dût crier au miracle. Cet homme était monté sur un très beau cheval blanc, qui galopait sur les eaux de la Seine, avec la même allure et la même facilité que s’il eût parcouru un sillon tracé sur la terre ferme.

Lorsqu’il eut abordé au rivage, l’inconnu fut suivi de la multitude, avec de grandes marques d’étonnement et d’admiration, jusqu’à l’hôtel qu’il se choisit en la cité. Pour manifester davantage encore ce qu’il y avait d’extraordinaire en sa personne, aux nombreuses questions dont on l’accabla, il répondit seulement qu’il était parti le matin de Rennes, qu’il avait dîné à Avranches, à preuve que son couteau y était resté par oubli, ce dont on pouvait aller s’assurer. Le soir étant arrivé, comme l’inconnu causait avec son hôte, au coin du feu, celui-ci se hasarda à le questionner sur l’avenir promis à la postérité de Rollon. Cet homme étrange ne répondit rien, mais, avec son bâton, il traça sept lignes sur les cendres du foyer, d’où l’on conclut que la postérité de Rollon se maintiendrait jusqu’à la septième génération. Cette prédiction se réalisa très-parfaitement, puisque l’on compte six générations jusqu’à Guillaume-le-Conquérant ; les enfants de ce prince forment la septième ; après quoi, la possession du duché de Normandie et de la couronne d’Angleterre passa en héritage à la famille des Plantagenet, entée sur la race de Rollon, par le mariage de Geoffroy d’Anjou avec Mathilde, fille de Henry i.[4]

Le duc Rollon, qui avait appris dans la journée tout ce qui se racontait de merveilleux sur l’étranger, le fit prier de ne point se mettre en route le lendemain avant de lui avoir accordé une entrevue. Celui-ci promit de ne point partir avant le lever du soleil. Il tint parole, mais, au premier rayon du jour, il avait disparu, sans qu’on pût jamais avoir de nouvelles de sa personne.


présages concernant guillaume-le-conquérant.


La première fois que Harlette partagea le lit de Robert-le-Magnifique, elle se réveilla en sursaut au milieu de la nuit, et manifesta un grand étonnement. Le duc l’ayant interrogée sur la cause de son émotion, elle répondit qu’elle avait vu en songe un bel arbre qui sortait de son sein, et portait de si longs rameaux qu’ils ombrageaient, à la fois, la Normandie et l’Angleterre. Ce duc s’émerveilla de ce songe, comprenant qu’il renfermait une prédiction glorieuse pour l’enfant qui naîtrait de son union avec Harlette.

On dit encore que, étant enceinte de Guillaume, Harlette rêva, une autre fois, que ses entrailles étaient étendues sur toute la Normandie et l’Angleterre.

Tous ceux qui approchaient du jeune Guillaume, dans son enfonce, tiraient, de ses heureuses dispositions, un présage naturel de sa grandeur future. Mais on raconte que Guillaume Talvas crut lire plus particulièrement, sur les traits de son visage, que cet enfant était destiné à prédominer sur lui, en abaissant l’orgueil et la puissance de sa maison : « Maudit sois-tu, s’écria le comte de Bellême, au moment où se manifestait à son esprit ce fâcheux pronostic, maudit sois-tu de Dieu, enfant, puisque, par toi et ta race, ma grandeur sera humiliée, et la gloire de mes prédécesseurs obscurcie ! » [5]


merveilleux incidents de la conquête de l’angleterre.


L’année 1066 fut marquée par l’apparition d’une comète qui fut visible au ciel durant quinze jours. Comme les rayons de sa chevelure enflammée avaient été constamment tournés du côté du nord-ouest, c’est-à-dire vers l’Angleterre, les plus savants astrologues du temps prédirent qu’une révolution menaçait ce pays. On ajoutait aussi que, la comète portant une double queue, ce signe marquait la réunion de deux puissants états sous une même domination.

Après que Guillaume eut décidé la guerre contre les Anglais, l’armée normande se rassembla dans le port de Saint-Valery-sur-Somme, en attendant qu’un vent favorable lui permit de tenter la traversée. Mais ce vent propice se faisait longuement désirer. Aussi, la plupart des seigneurs, qui composaient l’armée de Guillaume, commencèrent-ils à murmurer contre une expédition qu’ils traitaient de folle entreprise. Le duc, pour conjurer leur mécontentement, eut recours à la protection du ciel. Sur l’avis d’un pieux ermite, on tira les reliques de saint Valery de la châsse dans laquelle elles étaient renfermées, et, après les avoir exposées sur un drap d’or, afin que chacun vînt apporter en leur honneur ses vœux et son offrande, toute l’armée sous les armes, bardée de fer, ornée de ses pompeux insignes, accompagna processionnellement ces saintes reliques, leur formant le plus splendide et le plus majestueux cortège qui se fût jamais vu.

Cette cérémonie religieuse attira les bénédictions de Dieu, et le soleil n’était point encore couché, que, grâce à l’efficace intercession de saint Valery, les vents avaient changé de direction. Le duc, profitant de ce souffle favorable, fit lever l’ancre, et tendre les voiles ; et, la nuit du 29 septembre, qui est précisément l’anniversaire consacré à la mémoire de saint Michel, ange gardien de la Normandie, la flotte des futurs conquérants aborda aux rivages de l’Angleterre.

Nos chroniqueurs nous marquent encore, comme un des incidents de bon augure qui précédèrent cette brillante conquête, que Guillaume, en mettant le pied hors de la nef qui l’avait amené sur les côtes d’Angleterre, se laissa glisser et choir sur le rivage. Aussitôt ceux qui l’entouraient, prompts à préjuger défavorablement, déclarèrent que cette terre serait fatale au duc, et qu’il ferait sagement de s’en retourner avant d’avoir mis à l’épreuve sa mauvaise fortune. Mais Guillaume soutint hardiment, au contraire, que, en embrassant la terre qu’il se proposait de conquérir, il venait de faire, par avance, acte de possession. L’événement, justifiant son dire et réalisant ses espérances, prouva qu’il n’est point d’augure fatal qui ne puisse être déjoué ; et que les capricieuses menaces d’un présage incertain ne doivent jamais intimider celui qui marche au succès, avec une énergique confiance en sa propre force et un fier pressentiment de son heureuse destinée[6].

mort de guillaume-le-roux.


Guillaume-le-Roux, prince impie, voluptueux, désordonné dans sa conduite et ses mœurs, avare et prodigue tout à la fois, s’était rendu odieux au clergé, pour lequel il ne se montra jamais en veine de générosité, mais qu’il rançonnait, au contraire, impitoyablement, et dont il bravait les anathèmes par d’insultantes railleries. Aussi, la mort instantanée de Guillaume, qu’elle fût l’effet d’une conspiration ou le résultat d’un accident fortuit, offrit aux prêtres et aux moines, attaqués dans leurs prérogatives, une facile occasion de raffermir leur autorité ; car ils ne manquèrent pas d’expliquer cet événement de manière à en tirer tout l’avantage possible, c’est-à-dire en s’efforçant de le foire considérer comme une punition du ciel irrité. De là vient que tant de récits merveilleux, de prophéties imaginées après coup, circulèrent parmi le peuple, et fournirent, au sujet de cette mort, mille données contradictoires à la tradition.

Dans les jours qui précédèrent la mort de Guillaume-le-Roux, plusieurs personnes, dit Orderic Vital, eurent des visions effrayantes concernant l’événement fatal qui menaçait la vie du roi, et le peuple en faisait le sujet de ses entretiens dans les cimetières et sur les places publiques, la funeste prophétie se dévoila particulièrement à un moine de sainte vie, qui habitait le monastère de Glocester. Ce religieux fut ravi, en extase, au milieu de l’espace resplendissant qui est le domaine des élus. Toute la milice céleste, anges et saints, parés de leurs glorieux attributs, dans tout le rayonnement de leur majesté divine, dans toute la fleur de leur beauté immortelle, entouraient le trône de Jésus-Christ. Alors, une vierge, qui n’avait point d’égale en splendeur, et dont le pompeux diadème était l’emblème d’une royauté universelle, se prosterna aux pieds de notre Seigneur, et lui adressa cette humble supplique : « Seigneur, daignez jeter un regard de compassion sur votre peuple, qui gémit sous le joug de Guillaume. Arrache-moi des mains de ce prince injuste qui viole ma puissance, tyrannise mes serviteurs, et m’a condamnée à la détresse et à l’affliction. » Le Seigneur répondit : « Souffrez patiemment, le temps de la rétribution est proche ; avant peu vous serez vengée de votre oppresseur. »

En écoutant ces paroles, le pieux moine, à qui cette vision s’était manifestée, fut saisi de crainte et de tremblement ; car il comprit que les plaintes de l’Église, représentée par cette vierge reine, étaient parvenues aux oreilles de Jésus-Christ, et qu’un terrible châtiment se préparait pour le roi Guillaume. Cependant, il voulut essayer de détourner ce funeste avenir, et il fit part à son supérieur, l’abbé Serlon, de la révélation qu’il avait eue. Celui-ci en écrivit au roi des lettres d’avertissement, pleines de charité et d’éloquence. La missive parvint à Guillaume le matin de sa mort, au moment même où il faisait ses préparatifs pour aller chasser dans la forêt Neuve. « À quoi pense l’abbé Serlon, s’écria-t-il, avec l’accent de dérision qui lui était habituel, de m’entretenir des rêves de ses moines ? S’imagine-t-il que j’aie la simplicité des Anglais, qui renoncent à leurs voyages ou à leurs affaires, suivant l’éternuement ou les songes des vieilles femmes ? » Cela dit, le roi monta sur son cheval, et prit joyeusement le chemin de la forêt[7].

Ce récit d’Orderic Vital ne s’accorde pas avec la relation suivante, que nous trouvons dans Matthieu Pâris, et chez d’autres chroniqueurs.

Le roi Guillaume, parce qu’il s’emparait de tous les bénéfices vacants, au détriment de l’église, avait été repris sévèrement par saint Anselme. Une violente discussion s’était engagée entr’eux à ce sujet, et elle s’était conclue par la condamnation du prélat à l’exil. Le jour fixé pour son départ, saint Anselme vint dire au roi un dernier adieu, le bénit malgré ses fautes et ses injustices, en lui prédisant toutefois qu’il ne leur serait jamais donné de se revoir. Cependant Guillaume n’en persista pas moins à appliquer, à son profit, les revenus des églises et des abbayes ; il avait coutume de dire : « Que le pain du Crucifix était doux et savoureux ; qu’il donnait, au manger, un grand plaisir aux princes. » Cette insensibilité méritait une punition exemplaire ; le roi en fut prévenu par un horrible songe :

Une nuit, en dormant, ce prince crut se trouver dans un lieu semblable à une chapelle où, sur la table de l’autel, gisait un homme mort. À cette vue, Guillaume sentit l’effroi paralyser ses membres ; ses forces s’anéantirent, tandis qu’une faim irrésistible lacérait ses entrailles. Puis, tout-à-coup, il lui sembla qu’une vigueur nouvelle le ranimait ; il reconnut qu’il était appuyé sur l’autel, et qu’il dévorait avec délices un des pieds du cadavre. Éprouvant alors un horrible dégoût, il veut essayer de fuir, mais sa faim sacrilège s’est augmentée à ce hideux repas ; l’autre pied est dévoré à son tour, et la main gauche à la suite. Comme le roi allait se saisir de la main droite, pour s’en repaître encore, cette main, à laquelle appartenait la vengeance, se dressa menaçante et terrible, et, retombant sur la tête du coupable, le terrassa sous son énorme poids.

À ce moment de crise, le roi se réveilla en sursaut, et se trouva la bouche tout ensanglantée : dans l’action de son rêve, il s’était mordu furieusement la langue et cassé deux dents. En proie à une cruelle agitation, Guillaume envoya chercher, dès le matin, un pieux ermite, son confesseur, qui demeurait dans la forêt Neuve. Celui-ci ayant entendu le récit du roi : « Sire, lui dit-il, la chapelle miraculeuse, que vous avez vue en songe, représente la sainte Église ; le mort couché sur l’autel, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ, immolé pour nos péchés. Vous avez mangé ses membres lorsque vous avez convoité les biens de ses ministres, et dépouillé les abbayes et les évêchés. Sachez, Sire, que Notre-Seigneur vous a longuement supporté, attendant votre pénitence ; mais si, en bref délai, vous ne changez de conduite, et ne criez merci à Dieu, il vous punira et abrégera votre vie. » Le roi, plus avaricieux encore que peureux et crédule, revint à son naturel, et prit en ironie le discours du moine : « Vrai Dieu ! s’écria-il, vous êtes clerc, mon voisin, et voudriez tenir faveur aux gens d’église ; mais moi, je suis cousin des clercs, je connais leur finesse, et ne m’y laisse point prendre[8]. »

Cependant, Guillaume, troublé intérieurement, plus qu’il ne voulait l’avouer, ne chassa pas dès le matin, comme il en avait formé le projet. Mais, l’heure du dîner étant arrivée, la joie du festin rasséréna son imagination, et acheva de dissiper les sinistres impressions de la nuit. Voulant reprendre la partie de chasse qu’il avait abandonnée, le roi se disposa à monter à cheval. Au moment où il chaussait ses éperons, un forgeron se présenta devant lui, et lui remit six flèches, dont il s’était appliqué à soigner le travail. Le roi les reçut avec joie, donna de grands éloges à l’ouvrier, puis choisit quatre de ces flèches pour lui-même, et fit présent des deux autres à un chevalier de ses favoris, appelé Gaultier Tyrrel. En les lui remettant, il dit ces paroles remarquables, et qui renfermaient une trop véridique prophétie : « Il est juste de donner les flèches les mieux aiguisées à celui qui saura le mieux s’en servir pour porter des coups mortels[9]. »

La forêt, dans laquelle le roi allait chasser, et qui s’appelait, comme nous l’avons dit, la forêt Neuve, avait été plantée par Guillaume-le-Conquérant ; mais c’était un lieu fatal à la race de ce prince. Un jugement équitable de Dieu le voulait ainsi. En effet, Guillaume-le-Conquérant, ayant fait choix d’un vaste emplacement qu’il destinait à ses plaisirs, avait forcé la nombreuse population qui habitait cette partie du comté de Southampton d’émigrer au loin. Puis, dans la limite qu’il s’était réservée, et où se trouvaient renfermées, dit-on, plus de soixante paroisses, il fit détruire les habitations, abattre les chapelles et les églises, qui passaient pour avoir été érigées, en ce lieu, dès le temps du bon roi Arthur ;

I avoit-on pour Dieu assises,
Très le tans Artus, le bon Roi.[10]

Les grands arbres et les carrefours déserts remplacèrent bientôt les autels et les sanctuaires du Très-Haut ; les cerfs, les daims, les loups, les sangliers, toutes les espèces d’animaux sauvages, multiplièrent, à l’envi, sur cette terre baignée des sueurs du travail, et qu’on avait arrachée violemment des mains de ceux à qui son abondance était promise.[11]

Il arriva donc que Richard, fils naturel de Guillaume-le-Conquérant, chassant dans la forêt Neuve, fut emporté par son cheval, auquel il avait donné de l’éperon, et se heurta si violemment contre un arbre, que, peu après, il en mourut du coup. Près de vingt ans plus tard, un autre Richard, fils de Robert de Normandie, fut encore tué, dans ce lieu, par une flèche maladroitement lancée. Cet événement lugubre, arrivé tout récemment, n’empêcha point Guillaume-le-Roux de braver les sinistres présages qui le menaçaient à son tour. Il entra donc dans la forêt Neuve, accompagné de ses courtisans, et, entre autres, de Gaultier Tyrrel. Comme il s’était mis, avec ce dernier, à la recherche du gibier, dans un quartier particulier de la forêt, un cerf vint à passer tout-à-coup auprès d’eux. Le roi engagea vivement Tyrrel à lancer sa flèche ; celui-ci obéit à l’instant, mais le trait, après avoir effleuré l’animal, se détourna et vint frapper Guillaume, qui se trouvait à portée.[12]

Pendant cette catastrophe, Henry, frère du roi, était sorti de la forêt, et se rendait au prochain village, afin de se pourvoir d’une corde pour son arc. Une vieille femme, qui se trouvait dans la maison où il entra, le salua, en lui demandant son nom : « Dame, je me nomme Henry, dit-il ; me voulez-vous épouser ? — Certes, répondit-elle, car, si je vous épousais, avant peu je serais reine d’Angleterre. » Là-dessus, Henry se prit à rire aux éclats, pensant que cette femme était folle ; mais, comme il retournait vers la forêt, il aperçut ses gens, en grande désolation, qui venaient à sa rencontre pour lui apprendre la mort du roi[13].

Le comte de Cornouailles, qui chassait dans une forêt, éloignée de deux jours de marche du théâtre de cet évènement, eut aussi, à l’heure fatale, révélation de la mort et de la condamnation du roi Guillaume :

Étant seul dans un carrefour écarté, le comte vit passer devant lui un grand bouc noir et velu qui emportait un homme noir aussi, tout nu et blessé d’une flèche à travers la poitrine. Le comte adjura le bouc, au nom de la sainte Trinité, de lui, expliquer ce que ce spectacle signifiait ? Le bouc répondit : « Je suis le démon, et j’emporte, parle jugement de Dieu, Guillaume-le-Roux qui, pendant sa vie, n’a cessé de tyranniser l’Église du Christ. »

Cette mort misérable amena, les jours qui la suivirent, un prodige qui frappa les esprits et saisit les cœurs d’effroi : On vit, dans le Berkshire, près de Fischam-Steed, du sang. sortir de terre en bouillonnant, puis, le ciel parut tout embrasé d’une flamme sinistre, pendant une nuit entière.[14]

Mais de semblables avertissements étaient réservés surtout à saint Anselme, pour l’assurer, dans son exil, que Dieu avait pris en main sa cause. Le bienheureux archevêque était venu de Rome à Marcigny[15], afin d’avoir une conférence avec le bienheureux abbé de Cluny, saint Hugues. L’entretien allait s’engager sur le roi Guillaume, lorsque l’abbé prévint toutes les réflexions d’Anselme, en lui disant : « J’ai vu, la nuit dernière, le roi amené devant le trône de Dieu ; le juge infaillible a prononcé l’arrêt de sa condamnation éternelle, a Saint Anselme, par respect pour le vénérable abbé, ne demanda pas d’autres détails, et partit, le jour suivant, de Marcigny pour Lyon.

Or, pendant la première nuit de ce voyage, un des clercs, qui était couché à la porte de la chambre du prélat, vit apparaître devant lui un jeune homme richement babillé, et le visage resplendissant d’un éclat divin : « Dors-tu, dit l’inconnu, en appelant le jeune clerc par son nom ? — Non, répondit celui-ci. avec une extrême surprise. — Eh bien ! répliqua l’ange, apprends une bonne nouvelle ; c’est que le différent, entre le roi Guillaume et l’archevêque Anselme, est à la veille de se terminer. » Le jeune clerc se leva tout joyeux, quoiqu’il lui restât encore quelque indécision dans l’esprit, sur le sens des paroles qui lui avaient été adressées. Toutefois, on eut une interprétation complète de ce songe, par une nouvelle vision dont fut favorisé, la nuit suivante, un des moines de l’archevêque. Ce moine étant à chanter matines, on lui présenta un parchemin sur lequel il put lire ces mots « le roi Guillaume est mort !  » Le moine leva les yeux, pour voir le personnage qui lui offrait cet écrit, mais il ne se trouvait point, autour de lui, d’autres personnes que ses compagnons. Il leur raconta ce qui venait de lui arriver, et quelques-uns d’entr’eux se détachèrent aussitôt, pour aller annoncer à saint Anselme la mort du roi, et le supplier de se remettre en possession de sa dignité pontificale[16].

Si nous en croyons le chroniqueur auquel nous empruntons ces détails, le peuple éprouva si peu de regret de la mort du roi Guillaume, que pas une larme ne fut versée sur son tombeau. Au reste, l’exagération de ces récits merveilleux est un témoignage de la haine vindicative dont, à certaines époques. de divisions et de luttes, le clergé a donné malheureusement des preuves assez fréquentes, pour que l’opinion qui lui attribue ce trait de caractère soit devenue indestructible, et qu’elle ait conservé jusqu’à nos jours force de préjugé.


robert courte-heuse, élu roi de jérusalem.


À la suite de la brillante croisade dans laquelle se signala le duc Robert, les princes chrétiens, qui s’étaient emparés de Jérusalem, voulurent élire parmi eux un roi de cette ville. Les voix étaient divisées principalement entre le comte de Toulouse, le duc Godefroy de Bouillon et Robert de Normandie. Or, pour accorder entr’eux les partisans des divers candidats, comme pour s’assurer en même temps que le choix tomberait sur le plus digne, on résolut de s’en remettre à quelque manifestation surnaturelle, et l’on supplia le Très-Haut de ne pas se refuser à un miracle que réclamaient des cœurs soumis et des esprits de bonne volonté. En conséquence, le jour fixé pour l’élection, on fit placer les prétendants devant le maître-autel de la basilique de Jérusalem, portant chacun un cierge à la main, et dévotement recueillis en oraison. Tandis qu’ils se tenaient ainsi dans l’attente, le cierge de Robert s’éteignit par deux fois, et deux fois une flamme céleste vint le rallumer. Il n’en fallait pas davantage pour témoigner de la volonté divine : Robert fut élu roi par acclamation. Mais, au moment de monter sur le trône de la cité sainte, le prince normand fut saisi d’un vif regret, en songeant à sa patrie et au royaume d’Angleterre, dont la mort de son frère Guillaume-le-Roux semblait devoir lui assurer la possession. Dédaigneux de l’honneur auquel il avait été prédestiné, il s’embarqua pour l’Europe, où l’attendait une cruelle captivité, à la suite de guerres intestines et désastreuses. À son défaut, Godefroy de Bouillon fut couronné roi de Jérusalem, et sut remplir, dans ce poste difficile, une carrière non moins sainte que glorieuse[17].


trahison des bourgeois de caen.


En l’année 1106, le roi Henry i, après avoir pris et brûlé Bayeux, tourna ses armes vers Caen, où se tenait alors son frère Robert Courte-Heuse. Les habitants de Caen, justement épouvantés, supplièrent le duc de délivrer un chevalier de leur ville, nommé Thierry-le-Balafré, qui était retenu prisonnier à Rouen, et qu’ils regardaient, à cause de sa grande vaillance et de sa parfaite connaissance du métier des armes, comme le seul guerrier qui fût capable de les défendre, et digne de les commander. Le duc, à leur requête, l’envoya chercher par quelques bourgeois ; mais, au retour, Thierry et tous ceux qui l’accompagnaient furent faits prisonniers par Robert de Saint-Remy, qui les épiait au passage, feignant de courir le lièvre, pour avoir un prétexte de tenir la campagne. Ce seigneur amena sa capture chez Robert de Thorigny, qui, pour avoir les prisonniers à sa disposition, céda quatre seigneuries : Colombière, la Charbonnière, Bougeville et le Val-sur-Erre. Robert de Thorigny fit demander ensuite une entrevue au roi Henry i, dans la forêt de la Lande-Pourrie. Là, ils arrêtèrent ensemble qu’on renverrait les prisonniers sans rançon, et qu’on les maintiendrait dans leurs biens, sous condition qu’ils livreraient leur ville. Pour réaliser ce dessein, Robert s’employa, avec tant d’adresse et de ruse, auprès des prisonniers, que ceux-ci finirent par considérer qu’il était de leur plus grand intérêt d’accepter la condition qui leur était imposée. Les quatre principaux bourgeois qui souscrivirent à cette transaction honteuse, et dont l’histoire a conservé les noms, étaient Thierry, Renoux, Raoul et Nicole ; ils firent venir de Caen leurs plus proches parents, fils ou neveux, afin de les laisser en otage jusqu’à l’accomplissement de leur inique promesse. De retour à Caen, malgré le bienveillant accueil de Robert Courte-Heuse, et l’offre généreuse que leur fît ce prince d’acquitter la rançon de leurs parents, ils ne cessèrent point de comploter sourdement, s’efforçant d’entraîner, dans leur défection, les principaux habitants de la ville. Cette conjuration eut son effet, mais le lieu où ces traîtres s’assemblaient et tenaient leurs conférences, et qui était un jardin situé entre l’église Saint-Martin et la porte Artus, fut maudit pour leur crime. Depuis cette époque, cette portion de terrain n’a pu produire aucune espèce de fruits ni d’herbes salutaires, quelque soin qu’on ait mis à la cultiver. Après la reddition de Caen, Henry i fit don, aux indignes citoyens qui avaient si bien servi les intérêts de son ambition, de la ville de Darlington en Angleterre. Quoique, en réalité, cette ville ne leur ait jamais été soumise, la qualification infamante qui lui fut attribuée, y proclama leur suzeraineté : on ne l’a plus appelée que la Ville des traîtres[18].


songe prophétique de robert courte-heuse.


Guillaume Cliton s’étant blessé la main au siège d’Alost, en voulant se saisir de la lance d’un fantassin qui se trouvait devant lui, la gangrène se mit à sa plaie, et, par cette affreuse maladie, ce jeune prince fut en peu de jours conduit au tombeau. Or, la nuit qu’il mourut, son père, Robert Courte-Heuse, détenu prisonnier en Angleterre, rêva qu’il recevait un coup de lance dont son bras demeurait entièrement perclus. Inspiré par un pressentiment fatal, Robert s’écria à son réveil : « Hélas, mon fils est mort ! » Ses serviteurs entendirent cette douloureuse exclamation, et les nouvelles qui arrivèrent bientôt en confirmèrent la triste vérité[19].


origine fabuleuse d’éléonore d’aquitaine.


Le roi Louis viii, voulant se séparer d’Éléonore d’Aquitaine, se plaisait à répandre des bruits injurieux sur le compte de cette princesse ; il prétendait, par exemple, qu’elle avait une origine diabolique, et voici la fable qu’il débitait, à l’appui de son assertion :

Un comte d’Aquitaine, qui chassait un jour dans une de ses forêts, se trouva séparé de sa suite. Après avoir erré longtemps à l’aventure, il fit la rencontre d’une très belle damoiselle, qui se tenait assise sur le bord d’une fontaine. Le comte salua d’abord cette jeune fille, puis descendit de cheval, pour prendre place à ses côtés, et, s’en trouvant subitement épris, lui proposa de le suivre. Elle, souriant à demi, répondit qu’elle suivrait volontiers le comte, s’il consentait à l’épouser. Il lui en fit la promesse avec une grande joie, et, de plus en plus enamouré, la conduisit à son château, où il la présenta comme son épouse à tous ses chevaliers. Cette union fut heureuse et féconde. Cependant, une circonstance mystérieuse mêlait quelqu’inquiétude au bonheur du comte : on avait remarqué que la comtesse, chaque fois qu’elle assistait à la messe, se retirait toujours au moment de la consécration, sans qu’aucune instance pût la déterminer à attendre la fin du saint sacrifice. Le comte voulut pénétrer le secret de cette conduite singulière, et permit que ses gens se tinssent prêts à arrêter sa femme au moment où elle tenterait de s’enfuir. Il fut fait comme il avait été résolu ; plus de vingt hommes d’armes s’élancèrent au devant de la comtesse, et lui barrèrent le passage ; tandis qu’un prêtre s’avança, l’étole en main, pour la lui poser sur la tête, et lui jeta de l’eau au visage, en prononçant les saintes paroles. Alors, cette femme, qui s’était toujours montrée d’humeur si avenante et si douce, commença à se démener comme si elle eût eu au corps toutes les légions de l’enfer ; elle fit tant d’efforts, se débattit avec tant de violence, qu’elle parvint à s’échapper des mains qui la retenaient ; puis elle renversa tout sur son passage, s’élança, d’un bond, au haut du porche, et disparut, enlevant avec elle la couverture du moustier. Cependant, les enfants qu’elle avait donnés au comte ayant été baptisés, elle n’eut aucun pouvoir sur eux. C’est de la génération d’un de ces enfants que l’on disait issue Éléonore d’Aquitaine, d’abord mariée au roi de France Louis viii, et devenue, après avoir divorcé avec ce prince, l’épouse de Henri ii, duc de Normandie et roi d’Angleterre[20].


fait merveilleux relatif à la mort de richard cœur-de-lion.


On raconte que, le jour même de la mort de Richard Cœur-de-Lion, un évêque, chassé de son siège par ce roi, célébrait la messe à Rome. Tout-à-coup, il vit tomber une flèche au pied de l’autel, et entendit prononcer distinctement ces paroles : Telum Limogiœ occidit Leonem Angliœ, « Une flèche, à Limoges, a tué le Lion anglais. »



  1. Chronique rimée de Philippe Moushes, publiée par le baron de Reiffenberg, t. ii, p. 45.

    Suivant le Roman de Rou, qui renferme aussi, t. i, p. 50, l’interprétation du songe de Rollon, les ailes des oiseaux auraient été uniformément de couleur rouge, comme devaient l’être plus tard les écus des Normands.

  2. Ce trait miraculeux est relaté dans le Roman de Rou et dans les Chroniques de Normandie.
  3. Chronique rimée de Philippe Mouskes, publiée par le baron de Reiffenberg, t. ii, p. 61.

    Nous avons indiqué déjà, p. 345, à propos de la fondation du monastère de Fontenelle, une étymologie qui prête, au nom de Roumare, une origine beaucoup plus ancienne que celle qui lui est attribuée ici.

  4. Nous avons suivi, pour ce récit, la version fournie par la Chronique de Philippe Mouskes ; celle des Chroniques de Normandie diffère sur un détail principal : le nombre des lignes tracées par le prophète y est porté à neuf.
  5. Gabriel Dumoulin, Histoire de Normandie, liv. vi.
  6. Chroniques de Normandie.
  7. Orderic Vital, Histoire de Normandie, liv. x.
  8. Matthieu Pâris, Grande Chronique, année 1100, t. i, p. 219 de la traduction de M. Huillart-Bréholles. — Chronique rimée de Philippe Mouskes, p. 207 et suiv. — Chroniques de Normandie.
  9. Orderic Vital, Histoire de Normandie, liv. x.
  10. Chronique rimée de Philippe Mouskes, p. 206, v. 17, 718.
  11. Quelques auteurs rapportent ce fait à Guillaume-le-Roux lui-même.
  12. Orderic Vital, Histoire de Normandie, liv. x. — Chroniques de Normandie. — Roman de Rou, t. ii, p. 340 et suiv.
  13. Roman de Rou, t. ii, p. 342. — Chroniques de Normandie.
  14. Matthieu Pâris, Grande Chronique, t. i, p. 215 et suiv.
  15. Marcigny-les-Nonains, sur les confins de la Bourgogne et du Bourbonnais.
  16. Matthieu Pâris, Grande Chronique, t. i, p. 220.
  17. Chroniques de Normandie.
  18. G. Dumoulin, Histoire de Normandie, liv. viii, ch. 9.
  19. Idem, ibid., liv. ix, ch. 7.
  20. Chronique rimée de Philippe Mouskes, t. i, p. 245.