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La Pierre philosophale/VI

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Georges Carré (p. 24-26).


VI

vestige de l’alchimie à notre époque

Les alchimistes travaillaient en général seuls jusqu’au xvie siècle. Dès cette époque, l’initiation fut donnée par des sociétés secrètes plus ou moins puissantes. Ce sont elles qui ont laissé des traces assez durables pour que nous puissions les retrouver à notre époque.

Sans vouloir parler des Templiers, prématurément détruits, la plus importante et le plus connue des sociétés hermétiques est sans contredit la mystérieuse Fraternité des Rose-Croix. C’est sous leur impulsion que fut fondée par Asmhole la franc-maçonnerie anglaise d’où sont dérivées toutes les initiations modernes[1].

La Franc-maçonnerie nous présente encore aujourd’hui les traditions vivantes de l’Hermétisme dans plusieurs de ses hauts grades et c’est à ce point de vue que le F∴ Ragon l’a particulièrement étudiée dans sa Maçonnerie occulte.

Ainsi la parole perdue et retrouvée du 18e degré de l’Écossisme INRI s’explique ésotériquement par un aphorisme alchimique :

Igne Natura Renovatur Integra[2].

La nature se renouvelle dans son intégrité par le feu.

Ce feu n’est pas le feu vulgaire ; c’est la force universelle dont nous avons parlé tout à l’heure, représentée aussi par le G du centre de l’Étoile flamboyante[3].

Le 22e grade (Royal Hache) et le 28e (Prince Adepte) sont aussi remplis de traditions réelles de la science hermétique[4].

Outre ces traditions, conservées à l’insu de ceux qui les possèdent, plusieurs monuments de Paris sont encore des preuves positives des enseignements de la philosophie hermétique.

Citons en première ligne à ce point de vue la Tour Saint-Jacques, puis les Vitraux de la Sainte-Chapelle ; enfin le Portail de Notre-Dame de Paris[5].

Enfin le xixe siècle a vu naître plusieurs alchimistes convaincus. Citons d’abord Cyliani, auteur d’Hermès dévoilé (1832), dans lequel il affirme avoir découvert la Pierre Philosophale, et donne en style alchimique le moyen de la fabriquer. Il est curieux de voir ce style symbolique employé même de nos jours.

Après lui, nous devons citer Théodore Tiffereau, ancien préparateur de chimie à l’École de Nantes, auteur d’un mémoire adressé à l’Académie, intitulé : Les Métaux ne sont pas des corps simples (1853, in-8).

Puis vient le moins sérieux de tous, Cambriel, auteur d’un mauvais traité portant le titre de l’Alchimie en 19 leçons.

Tels sont les représentants de l’alchimie à notre époque. En existe-t-il d’autres en Occident, existe-t-il des sociétés d’hermétisme ? c’est ce que nous ne pouvons pas dire.

Notre monographie ne serait pas complète si nous terminions sans indiquer tout au moins les livres les plus utiles à ceux qui voudraient pousser plus loin ces curieuses études. C’est ce que nous allons tenter de faire.

  1. Ragon, Orthodoxie maçonnique.
  2. V. Papus, Francs-Maçons et Théosophes.
  3. V. Ragon, la Messe et ses Mystères.
  4. Albert Pite, Moralis and Dogma of Freemasonry, Charleston, 1881, p. 340 et suiv.
  5. V. le dessin et l’explication de l’Hiéroglyphe alchimique du portail de Notre-Dame dans le Traité élémentaire de Science Occulte de Papus, planche VI.