La Reliure française/8

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D. Morgand & C. Fatout (p. 133-134).
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Semis. - Époque de Henri IV
Semis. - Époque de Henri IV[1].


VIII


Arrivés à ce point de notre travail, nous allons faire une petite halte et parler des « semis », choisissant de préférence l’époque de Henri IV, car ce fut sous ce règne que l’usage, jusqu’alors restreint, de ce mode d’ornementation prit une extension considérable.

Les semis étant une des formes les plus primitives de décoration, furent de tout temps à la mode, et la fleur de lis fut naturellement la base de tous les semis des reliures royales. Les semis sont de deux sortes, simples et composés. Ils sont simples lorsque le même motif est placé au point d’intersection des diagonales ; ils sont composés lorsqu’il y a alternance, c’est-à-dire emploi de motifs divers se reproduisant à des intervalles égaux. Les semis sont dits en plein lorsqu’ils forment à eux seuls la décoration du livre, et en fond quand ils sont rompus par des armes, des milieux, de grands chiffres ou des motifs particuliers dans les angles.

Les transformations successives par lesquelles est passée la fleur de lis, emblème de nos rois, la variété des formes qui lui a été donnée suffiraient pour faire reconnaître l’époque à laquelle une reliure a été faite. Les semis composés rendent la décision plus facile, puisque l’initiale ou l’emblème viennent en affirmer la provenance.

Dans les volumes de François Ier, l’F alterne avec la fleur de lis ou la flamme de la salamandre ; dans ceux de Henri II, l’H couronné, le double D. H, la fleur de lis sont répétés tour à tour.

Pour les princes héritiers, le dauphin se montre avec leur initiale ou la fleur de lis, comme la croix des princes lorrains alterne avec le chiffre.

Ces exemples nous semblent suffisants pour bien faire comprendre ce genre de reliure très-employé, très-décoratif, mais peu savant.

Semis pour le Dauphin
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Semis pour le Dauphin.

  1. Voir aux Notes, Louis le Duc, Clovis Ève.