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La Tempête (Shakespeare)/Traduction Guizot, 1864/Acte IV

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Traduction par François Guizot.
Œuvres complètes de ShakespeareDidiertome 1 (p. 348-357).
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ACTE IV


Scène I

(Le devant de la grotte de Prospero.)
Entrent PROSPERO, FERDINAND et MIRANDA.
Prospero, à Ferdinand.

Si je vous ai puni trop sévèrement, tout est réparé par la compensation que je vous offre, car je vous ai donné ici un fil de ma propre vie, ou plutôt celle pour qui je vis. Je la remets encore une fois dans tes mains. Tous tes ennuis n’ont été que les épreuves que je voulais faire subir à ton amour, et tu les as merveilleusement soutenus. Ici, à la face du ciel, je ratifie ce don précieux que je t’ai fait. Ô Ferdinand, ne souris point de moi si je la vante ; car tu reconnaîtras qu’elle surpasse toute louange, et la laisse bien loin derrière elle.

Ferdinand.

Je le croirais, un oracle m’eût-il dit le contraire.

Prospero.

Reçois donc ma fille comme un don de ma main, et aussi comme un bien qui t’appartient pour l’avoir dignement acquis. Mais si tu romps le nœud virginal avant que toutes les saintes cérémonies aient été accomplies dans la plénitude de leurs rites pieux, jamais le ciel ne répandra sur cette union les douces influences capables de la faire prospérer ; la haine stérile, le dédain au regard amer, et la discorde, sèmeront votre lit nuptial de tant de ronces rebutantes, que vous le prendrez tous deux en haine. Ainsi, au nom de la lampe d’hymen qui doit vous éclairer, prenez garde à vous.

Ferdinand.

Comme il est vrai que j’espère des jours paisibles, une belle lignée, une longue vie accompagnée d’un amour pareil à celui d’aujourd’hui, l’antre le plus sombre, le lieu le plus propice, les plus fortes suggestions de notre plus mauvais génie, rien ne pourra amollir mon honneur jusqu’à des désirs impurs ; rien ne me fera consentir à dépouiller de son vif aiguillon ce jour de la célébration, que je passerai à imaginer que les coursiers de Phoebus se sont fourbus, ou que la nuit demeure là-bas enchaînée.

Prospero.

Noblement parlé. Assieds-toi donc, et cause avec elle ; elle est à toi. — Allons, Ariel, mon ingénieux serviteur, mon Ariel !

(Entre Ariel.)
Ariel.

Que désire mon puissant maître ? me voici.

Prospero.

Toi et les esprits que tu commandes, vous avez tous dignement rempli votre dernier emploi. J’ai besoin de vous encore pour un autre artifice du même genre. Pars, et amène ici, dans ce lieu, tout ce menu peuple des esprits sur lesquels je t’ai donné pouvoir. Anime-les à de rapides mouvements, car il faut que je fasse voir à ce jeune couple quelques-uns des prestiges de mon art. C’est ma promesse, et ils l’attendent de moi.

Ariel.

Immédiatement ?

Prospero.

Oui, dans un clin d’œil.

Ariel.

Vous n’aurez pas dit va et reviens, et respiré deux fois et crié allons, allons, que chacun, accourant à pas légers sur la pointe du pied, sera devant vous avec sa moue et ses grimaces. M’aimez-vous, mon maître ? non ?

Prospero.

Tendrement, mon joli Ariel. N’approche pas que tu ne m’entendes appeler.

Ariel.

Oui, je comprends.

(Il sort.)
Prospero, à Ferdinand.

Songe à tenir ta parole ; ne donne pas trop de liberté à tes caresses : lorsque le sang est enflammé, les serments les plus forts ne sont plus que de la paille. Sois plus retenu, ou autrement bonsoir à votre promesse.

Ferdinand.

Je la garantis, seigneur. Le froid virginal de la blanche neige qui repose sur mon cœur amortit l’ardeur de mes sens[1].

Prospero.

Bien. (À Ariel.) Allons, mon Ariel, viens maintenant ; amène un supplément plutôt que de manquer d’un seul esprit. Parais-ici, et vivement… (À Ferdinand.) Point de langue ; tout yeux ; du silence.

(Une musique douce.)
MASQUE[2].
(Entre Iris.)
Iris.

Cérès, bienfaisante déesse, laisse tes riches plaines de froment, de seigle, d’orge, de vesce, d’avoine et de pois ; tes montagnes herbues où vivent les broutantes brebis, et tes plates prairies où elles sont tenues à couvert sous le chaume ; tes sillons aux bords bien creusés et fouillés qu’Avril, gonflé d’humidité, embellit à ta voix, pour former de chastes couronnes aux froides nymphes ; et tes bois de genêts qu’aime le jeune homme délaissé par la jeune fille qu’il aime ; et tes vignobles ceints de palissades ; et tes grèves stériles hérissées de rocs où tu vas respirer le grand air : la reine du firmament, dont je suis l’humide arc-en-ciel et la messagère, te le demande, et te prie de venir ici sur ce gazon partager les jeux de sa souveraine grandeur ; ses paons volent vite : approche, riche Cérès, pour la recevoir.

(Entre Cérès.)
Cérès.

Salut, messagère aux diverses couleurs, toi qui ne désobéis jamais à l’épouse de Jupiter ; toi qui de tes ailes de safran verses sur mes fleurs des rosées de miel et de fines pluies rafraîchissantes, et qui des deux bouts de ton arc bleu couronnes mes espaces boisés et mes plaines sans arbrisseaux ; toi qui fais une riche écharpe à ma noble terre : pourquoi ta reine m’appelle-t-elle ici sur la verdure de cette herbe menue ?

Iris.

Pour célébrer une alliance de vrai amour, et pour doter généreusement ces bienheureux amants.

Cérès.

Dis-moi, arc céleste, sais-tu si Vénus ou son fils accompagnent la reine ? Depuis qu’ils ont tramé le complot qui livra ma fille au ténébreux Pluton, j’ai fait serment d’éviter la honteuse société de la mère et de son aveugle fils.

Iris.

Ne crains point sa présence ici. Je viens de rencontrer sa divinité fendant les nues vers Paphos, et son fils avec elle traîné par ses colombes. Ils croyaient avoir jeté quelque charme lascif sur cet homme et cette jeune fille, qui ont fait serment qu’aucun des mystères du lit nuptial ne serait accompli avant que l’hymen n’eût allumé son flambeau ; mais en vain : l’amoureuse concubine de Mars s’en est retournée ; sa mauvaise tête de fils a brisé ses flèches ; il jure de n’en plus lancer, et désormais, jouant avec les passereaux, de n’être plus qu’un enfant.

Cérès.

La plus majestueuse des reines, l’auguste Junon s’avance : je la reconnais à sa démarche.

(Entre Junon.)
Junon.

Comment se porte ma bienfaisante sœur ? Venez avec moi bénir ce couple, afin que leur vie soit prospère, et qu’ils se voient honorés dans leurs enfants.

(Elle chante.)

Honneur, richesses, bénédictions du mariage ;
Longue continuation et accroissement de bonheur ;
Joie de toutes les heures soit et demeure sur vous.
Junon chante sur vous sa bénédiction.

Cérès.

Produits du sol, surabondance,
Granges et greniers toujours remplis ;
Vignes couvertes de grappes pressées ;
Plantes courbées sous leurs riches fardeaux ;
Le printemps revenant pour vous au plus tard
À la fin de la récolte ;
La disette et le besoin toujours loin de vous ;
Telle est pour vous la bénédiction de Cérès.

Ferdinand.

Voilà la vision la plus majestueuse, les chants les plus harmonieux !… Y a-t-il de la hardiesse à croire que ce soient là des esprits ?

Prospero.

Ce sont des esprits que par mon art j’ai appelés des lieux où ils sont retenus, pour exécuter ces jeux de mon imagination.

Ferdinand.

Ô que je vive toujours ici ! Un père, une épouse, si rares, si merveilleux, font de ce lieu un paradis.

(Junon et Cérès se parlent bas, et envoient Iris faire un message.)
Prospero.

Silence, mon fils : Junon et Cérès s’entretiennent sérieusement tout bas. Il reste quelque autre chose à faire. Chut ! pas une syllabe, ou notre charme est rompu.

Iris.

Vous qu’on appelle naïades, nymphes des ruisseaux sinueux, avec vos couronnes de jonc et vos regards toujours innocents, quittez l’onde ridée, et venez sur ce gazon vert obéir au signal qui vous appelle : Junon l’ordonne. Hâtez-vous, chastes nymphes ; aidez-nous à célébrer une alliance de vrai amour : ne vous faites pas attendre.

(Entrent des nymphes.)

Et vous, moissonneurs armés de faucilles, brûlés du soleil et fatigués d’août, quittez vos sillons, et livrez-vous à la joie. Chômez ce jour de fête ; couvrez-vous de vos chapeaux de paille de seigle, et que chacun de vous se joigne à l’une de ces fraîches nymphes dans une danse rustique.

(Entrent des moissonneurs dans le costume de leur état ; ils se joignent aux nymphes et forment une danse gracieuse vers la fin de laquelle Prospero tressaille tout à coup et prononce les mots suivants ; après quoi les esprits disparaissent lentement avec un bruit étrange, sourd et confus.)
Prospero.

J’avais oublié l’odieuse conspiration de cette brute de Caliban et de ses complices contre mes jours : l’instant où ils doivent exécuter leur complot est presque arrivé. (Aux esprits.) Fort bien… Éloignez-vous. Rien de plus.

Ferdinand.

Voilà qui est étrange ! Votre père est agité par quelque passion qui travaille violemment son âme.

Miranda.

Jamais jusqu’à ce jour je ne l’ai vu troublé d’une si violente colère.

Prospero.

Vous avez l’air ému, mon fils, comme si vous étiez rempli d’effroi. Soyez tranquille. Maintenant voilà nos divertissements finis ; nos acteurs, comme je vous l’ai dit d’avance, étaient tous des esprits ; ils se sont fondus en air, en air subtil ; et, pareils à l’édifice sans base de cette vision, se dissoudront aussi les tours qui se perdent dans les nues, les palais somptueux, les temples solennels, notre vaste globe, oui, notre globe lui-même, et tout ce qu’il reçoit de la succession des temps ; et comme s’est évanoui cet appareil mensonger, ils se dissoudront, sans même laisser derrière eux la trace que laisse le nuage emporté par le vent. Nous sommes faits de la vaine substance dont se forment les songes, et notre chétive vie est environnée d’un sommeil. — Seigneur, j’éprouve quelque chagrin : supportez ma faiblesse ; ma vieille tête est troublée ; ne vous tourmentez point de mon infirmité. Veuillez rentrer dans ma caverne et vous y reposer. Je vais faire un tour ou deux pour calmer mon esprit agité.

Ferdinand et Miranda.

Nous vous souhaitons la paix.

Prospero, à Ariel.

Arrive rapide comme ma pensée. — (À Ferdinand et Miranda.) Je vous remercie. — Viens, Ariel.

Ariel.

Je suis uni à tes pensées. Que désires-tu ?

Prospero.

Esprit, il faut nous préparer à faire face à Caliban.

Ariel.

Oui, mon maître. Lorsque je fis paraître Cérès, j’avais eu l’idée de t’en parler ; mais j’ai craint d’éveiller ta colère.

Prospero.

Redis-moi où tu as laissé ces misérables.

Ariel.

Je vous l’ai dit, seigneur : ils étaient enflammés de boisson, si remplis de bravoure qu’ils châtiaient l’air pour leur avoir soufflé dans le visage, et frappaient la terre pour avoir baisé leurs pieds ; mais toujours suivant leur projet. Alors j’ai battu mon tambour : à ce bruit, comme des poulains indomptés, ils ont dressé les oreilles, porté en avant leurs paupières, et levé le nez du côté où ils flairaient la musique. J’ai tellement charmé leurs oreilles, que, comme des veaux, appelés par le mugissement de la vache, ils ont suivi mes sons au milieu des ronces dentées, des bruyères, des buissons hérissés, des épines qui pénétraient la peau mince de leurs jambes. À la fin, je les ai laissés dans l’étang au manteau de boue qui est au delà de ta grotte, s’agitant de tout le corps pour retirer leurs pieds enfoncés dans la fange noire et puante du lac.

Prospero.

Tu as très-bien fait, mon oiseau. Garde encore ta forme invisible. Va, apporte ici tout ce qu’il y a d’oripeaux dans ma demeure : c’est l’appât où je prendrai ces voleurs.

Ariel.

J’y vais, j’y vais.

(Il sort.)
Prospero.

Un démon, un démon incarné dont la nature ne peut jamais offrir aucune prise à l’éducation, sur qui j’ai perdu, entièrement perdu toutes les peines que je me suis données par humanité ! et comme son corps devient plus difforme avec les années, son âme se gangrène encore… Je veux qu’ils souffrent tous jusqu’à en rugir. — (Rentre Ariel chargé d’habillements brillants et autres choses du même genre.) — Viens, range-les sur cette corde.

(Prospero et Ariel demeurent invisibles.)
(Entrent Caliban, Stephano et Trinculo tout mouillés.)
Caliban.

Je t’en prie, va d’un pas si doux que la taupe aveugle ne puisse ouïr ton pied se poser. Nous voilà tout près de sa caverne.

Stephano.

Eh bien ! monstre, votre lutin, que vous disiez un lutin sans malice, ne nous a guère mieux traités que le Follet des champs[3].

Trinculo.

Monstre, je sens partout le pissat de cheval, ce dont mon nez est en grande indignation.

Stephano.

Le mien aussi, entendez-vous, monstre ? Si j’allais prendre de l’humeur contre vous, voyez-vous…

Trinculo.

Tu serais un monstre perdu.

Caliban.

Mon bon prince, conserve-moi toujours tes bonnes grâces. Aie patience, car le butin auquel je te conduis couvrira bien cette mésaventure : ainsi, parle tout bas. Tout est coi ici, comme s’il était encore minuit.

Trinculo.

Oui, mais avoir perdu nos bouteilles dans la mare !

Stephano.

Il n’y a pas à cela seulement de la honte, du déshonneur, monstre, mais une perte immense.

Trinculo.

Cela m’est encore plus sensible que de m’être mouillé. — C’est cependant votre lutin sans malice, monstre…

Stephano.

Je veux aller rechercher ma bouteille, dussé-je, pour ma peine, en avoir jusque par-dessus les oreilles.

Caliban.

Je t’en prie, mon prince, ne souffle pas. — Vois-tu bien ? voici la bouche de la caverne : point de bruit ; entre. Fais-nous ce bon méfait qui pour toujours te met, toi, en possession de cette île ; et moi, ton Caliban à tes pieds, pour les lécher éternellement.

Stephano.

Donne-moi ta main. Je commence à avoir des idées sanguinaires.

Trinculo.

Ô roi Stephano[4] ! ô mon gentilhomme ! ô digne Stephano ! regarde ; vois quelle garde-robe il y a ici pour toi !

Caliban.

Laisse tout cela, imbécile ; ce n’est que de la drogue.

Trinculo.

Oh ! oh ! monstre, nous nous connaissons en friperie. — Ô roi Stephano !

Stephano.

Lâche cette robe, Trinculo. Par ma main ! je prétends avoir cette robe.

Trinculo.

Ta Grandeur l’aura.

Caliban.

Que l’hydropisie étouffe cet imbécile ! À quoi pensez-vous de vous amuser à ce bagage ? Avançons, et faisons le meurtre d’abord. S’il se réveille, depuis la plante des pieds jusqu’au crâne, notre peau ne sera plus que pincements ; oh ! il nous accoutrera d’une étrange manière !

Stephano.

Paix, monstre ! — Madame la corde, ce pourpoint n’est-il pas pour moi ? — Voilà le pourpoint hors de ligne. — À présent, pourpoint, vous êtes sous la ligne ; vous courez risque de perdre vos crins et de devenir un faucon chauve[5].

Trinculo.

Faites, faites. N’en déplaise à votre Grandeur, nous volons à la ligne et au cordeau.

Stephano.

Je te remercie de ce bon mot. Tiens, voilà un habit pour la peine. Tant que je serai roi de ce pays, l’esprit n’ira point sans récompense. « Voler à la ligne et au cordeau ! » c’est un excellent trait d’estoc. Tiens, encore un habit pour la peine.

Trinculo.

Allons, monstre, un peu de glu à vos doigts, et puis emportez-nous le reste.

Caliban.

Je n’en veux pas. Nous perdrons là notre temps, et nous serons tous changés en oies de mer[6], ou en singes avec des fronts horriblement bas.

Stephano.

Monstre, étendez vos doigts. Aidez-nous à transporter tout cela à l’endroit où j’ai mis mon tonneau de vin, ou je vous chasse de mon royaume. Vite, emportez ceci.

Trinculo.

Et ceci.

Stephano.

Oui, et ceci encore.

(On entend un bruit de chasseurs. Divers esprits accourent sous la forme de chiens de chasse, et poursuivent dans tous les sens Stephano, Trinculo et Caliban. Prospero et Ariel animent la meute.)
Prospero.

Oh ! la Montagne ! oh !

Ariel.

Argent, ici la voie, Argent !

Prospero.

Furie, Furie, là ! Tyran, là ! — Écoute, écoute ! (Caliban, Trinculo et Stephano sont pourchassés hors de la scène.) Va, ordonne à mes lutins de moudre leurs jointures par de dures convulsions ; que leurs nerfs se retirent dans des crampes racornies ; qu’ils soient pincés jusqu’à en être couverts de plus de taches qu’il n’y en a sur la peau du léopard ou du chat de montagne.

Ariel.

Écoute comme ils rugissent.

Prospero.

Qu’il leur soit fait une chasse vigoureuse. À l’heure qu’il est, tous mes ennemis sont à ma merci. Dans peu tous mes travaux vont finir ; et toi, tu vas retrouver toute la liberté des airs. Suis-moi encore un instant, et rends-moi obéissance.

(Ils sortent.)


FIN DU QUATRIÈME ACTE.



  1. Of my liver, de mes reins.
  2. Le masque était une représentation allégorique qu’on donnait aux mariages des princes et aux fêtes des cours.
  3. Le mot anglais est Jack. On l’appelle aussi Jack a lantern (Jacques à la lanterne.)
  4. Allusion à une ancienne ballade King Stephens was a worthy peer (le roi Étienne était un digne gentilhomme), où l’on célèbre l’économie de ce prince relativement à sa garde-robe. Il y a dans Othello deux couplets de cette ballade.
  5. Mistress line, is not this my jerkin ? Now is the jerkin under the line : now jerkin, you are like to lose your hair and prove a bald jerkin. Line est pris ici dans le sens de corde tendue au premier abord, puis, et en même temps dans celui de ligne équatoriale. Jerkin, d’un autre côté, signifie pourpoint et faucon. Le pourpoint a probablement été tiré avec quelque difficulté de dessous la corde (line), et sous la ligne (line), l’équateur, certaines maladies font tomber les cheveux, et les cordes où l’on tend les habits sont faites de crin (hair, crins et cheveux). Ainsi, le pourpoint (jerkin) tiré de la corde, ou sous la ligne, comme on voudra, perd ses crins ou ses cheveux, et devient un bald jerkin (faucon chauve), espèce d’oiseau connu sous le nom de choucas.

    Mais c’en est assez et plus qu’il ne faut sur cette bizarre plaisanterie.

  6. Barnacles, gros oiseau qui, autrefois en Écosse, était supposé sortir d’une espèce de coquillage qui s’attachait à la quille des vaisseaux, et porte aussi le nom de barnacle. Dans le nord de l’Écosse, on croyait de plus que les coquillages d’où sortaient les barnacles croissaient sur les arbres. Dans le Lancashire, on les appelait tree geese, oies d’arbre.