La Terre de Chauvirey/Généalogie Chauvirey Faulquier

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Branche masculine de la maison DE CHAUVIREY La terre de Chauvirey Seconde branche des FAULQUIER





Généalogie de la branche de la maison DE CHAUVIREY

qui posséda le Château-Dessous de Chauvirey-le-Châtel

sa descendance par les femmes : AMONCOURT, CHAUFFOUR, HARAUCOURT

première branche DES FAULQUIER, VILLERS, BUFFIGNÉCOURT ET LA FONTAINE

Acquisition de ce château par les MONTESSUS


6A JEAN II DE CHAUVIREY, fils de Jean Ier, eut pour sa part dans la succession de son père le Château-Dessous avec la moitié de la seigneurie, et Gérard, son oncle, mort sans postérité, lui laissa la moitié du Château-Dessus, et le quart de la terre, dont il se trouva ainsi réunir les trois quarts.

Messire Jean, seigneur de Chauvirey, et messire Gauthier[1], seigneur de Chauvirey, conjointement avec d'autres seigneurs, se rendirent, par acte du 13 juin 1390, garants du paiement de 6,000 fr. de bon or promis par messire Jean de Vergy, pour la dot de noble damoiselle Marie de Vergy, à noble baron Courault, comte de Fribourg, qu'elle épousa[2].

On ignore de quelle famille était la femme de Jean II[3]. Il n'eut que deux filles : Catherine, qui suit, et N..., qui suivra.

Une tradition fort répandue, et accréditée même par des personnes instruites et honorables qui avaient eu longtemps entre les mains les archives du Château-Dessous, où elles prétendaient avoir trouvé la preuve de son exactitude, veut que Jean II ait eu en même temps deux femmes légitimes qu'il aurait toutes deux, en vertu d'un induit du pape, épousées canoniquement, et dont chacune aurait été mère d'une de ses filles. On ajoute, comme preuve de la fermeté et de toute la valeur de Jean, qu'il faisait vivre ce double ménage dans la paix la plus profonde et même dans une complote union : les deux femmes, les deux mères, les deux filles, les deux sœurs ! Un fait aussi étrange, et qui tiendrait presque du miracle, serait sans doute fort honorable pour cet ancien seigneur de Chauvirey ; aussi ne se voit-on pas sans regret obligé de convenir que, malgré toutes les investigations auxquelles on s'est livré, on n'a rien découvert qui puisse donner créance à la réalité des faits que rappelle cette tradition.


7A. CATHERINE DE CHAUVIREY épousa Jacques d'Amoncourt, dont elle n'eut pas d'enfants ; elle laissa sa succession à sa nièce Catherine de Chauffour, qui probablement était aussi sa filleule. Jacques d'Amoncourt, dans son dénombrement du 26 avril 1424 donné à « très haut puissant et très excellent prince le duc de Bourgogne, palatin, » se dénomme ainsi : « à cause de sa bien aymé femme et compagne demoiselle Catherine de Chauvirey, dame propriétaire du Châtel-Dessous, etc. »

Amoncourt portait de gueules au sautoir d'or.

Cette famille était une des premières du comté de Bourgogne. Henriette d'Amoncourt était abbesse de Remiremont en 1407[4].

Catherine de Chauvirey fut inhumée dans le sanctuaire de l'église de Chauvirey-le-Châtel. Sa tombe en a été enlevée, de même que plusieurs autres, lorsqu'on refît, il y a une vingtaine d'années, le pavé de l'église. Quelques-unes furent respectées et replacées convenablement ; d'autres furent passées à la boucharde afin d'enlever tout ce qui était en relief, et l'on ne laissa subsister que les inscriptions gravées ; puis elles furent employées comme dalles pour le pavé. Celle de Catherine de Chauvirey fut brisée en plusieurs morceaux qui se trouvent sous les bancs au-devant de la chaire ; en rapprochant ses fragments on lit encore : « Ci gist dame Katherine de Chauvirey, femme de... Jacquot d'Amoncourt, qui trépassa le... du mois de... 14... son âme. Amen. »

Il paraîtrait que Jacques d’Amoncourt, devenu veuf, se serait marié une seconde fois ; mais on n'a à cet égard aucun autre document qu'une tombe qui se trouve aujourd'hui placée sous les premiers bancs de la nef de l'église de Chauvirey-le-Châtel, à droite en entrant par la grande porte. Cette tombe, dont les sculptures en relief ont aussi été bouchardées, laisse encore lire à son pourtour l'inscription suivante : « Ci gist Jehannette d'Haraucourt, femme de haulx et puissant seigneur... d'Amoncourt, qui trépassa le huitième jour du mois de... l'an 1440. Dieu lui pardonne. »


7A bis. N… DE CHAUVIREY, seconde fille de Jean II, fut mariée à Guillaume de Chauffour.

Chauffour portait d'argent au chef de gueules chargé de deux roses d'or boutonnées.

D'après Jean Callot[5], Chauffour aurait porté fascé d'or et de sable de six pièces, et d'après Husson l'Écossais[6], cette famille aurait au contraire porté d'argent à la croix de sable chargée de cinq coquilles du fond. S'agit-il de familles différentes portant le même nom, ou de diverses branches de la même famille ? Ce qu'il y a de certain c'est que les armoiries de Chauffour qui se trouvent sur la tombe de Gérard d’Haraucourt, dont il sera parlé ci-après, sont celles indiquées ici et celles que donne la Généalogie de la maison Du Châtelet[7]. C'était une des grandes familles de Lorraine (depuis longtemps éteinte), puisqu'elle portait le titre de comte depuis le 13e siècle.

N... de Chauvirey fut inhumée dans l’église de Cherlieu, où l'on voyait encore, en 1791, sa tombe avec cette épitaphe : « Ci gist damoiselle de Chauvirey, dame du Châtel-Dessous dudit lieu, veufve de feu Guillaume de Chauffour, écuyer, seigneur de Marault, qui décéda le 15 juin MCCCCXXXIII. »

Guillaume de Chauffour et N... de Chauvirey eurent pour fille et unique héritière Catherine, qui suit.


8A. CATHERINE DE CHAUFFOUR épousa Gérard d’Haraucourt, de l'une des plus illustres maisons de Lorraine, où elle a toujours occupé les premiers emplois. Elle avait des alliances avec les plus grandes maisons soit de Lorraine, soit des pays voisins, et même avec ses souverains.

Haraucourt portait d'or à la croix de gueules au franc quartier d'argent, chargé d'un lion de sable armé et lampassé de gueules et couronné d'or.

La maison d'Haraucourt était la seconde des quatre de grande chevalerie de Lorraine que l'on désignait sous le nom des quatre chevaux de Lorraine. Ces maisons étaient : Du Châtelet, Haraucourt, Lénoncourt et Lignéville. Elles sont éteintes toutes quatre, bien que des familles nouvelles aient porté ou portent encore les noms de quelques-unes d'elles, soit pour être devenues possesseurs des terres, soit comme prétendant, mais fort à tort, être issues de ces familles.

C'est également à tort que l'on a prétendu quelquefois que l'on distinguait aussi en Lorraine sept familles sous la dénomination des sept petits chevaux. On aurait appelé, dans ce cas, les quatre premières grands chevaux contrairement à la tradition. Ce qui est certain c'est qu'on ne faisait en Lorraine aucune distinction entre tous ceux qui étaient gentilshommes de nom et d'armes, à l'exception des quatre grandes familles dont on vient de parler et de celles qui tenaient aux maisons souveraines[8]. Ceux qui soutenaient cette distinction des sept petits chevaux n'ont même jamais pu se mettre d'accord sur les familles qui en auraient fait partie, et bien moins encore ceux qui y avaient des prétentions ; plus de vingt familles voulaient en être à l'exclusion les unes des autres.

Sur une tombe qui se trouvait autrefois dans le sanctuaire de l'église de Chauvirey-le-Châtel, du côté de l'Évangile, on lit : « Cy gisent haulx et puissants seigneurs messire Girard, seigneur de Haraucourt, de Loppey et de Chauvirey, gouverneur et sénéchal des pays de Barrois et de Lorrêne, lequel trépassa le premier jour de janvier mil quatre cents LX et XI, et madame Kathine de Chauffourt, sa femme, le jour sainct Pierre en febvrier l'an que dessus. » Cette tombe, que l'on a changée de place et qui se trouve aujourd'hui devant l'autel de la chapelle Sainte-Anne, est remarquable d'exécution et d'une rare conservation. Ses ornements sont tous du meilleur goût ; les deux époux y sont représentés de grandeur naturelle. Au-dessus de leurs têtes un cartouche, sur lequel sont agenouillés deux anges supportant un casque de chevalier, porte ces mots : PRIEZ POUR EUX. — DIEU AIT LEURS ÂMES. AMEN. A chacun des angles supérieurs se trouvent deux écussons : à droite ceux d'Haraucourt et Du Châtelet pour les père et mère de Gérard ; à gauche ceux de Chauffour et de Chauvirey pour les père et mère de Catherine. Quatre autres écussons sont encore rangés au-dessous du cartouche : le premier est celui de La Marck (d'or à la fasce échiquetée de gueules et d'argent de trois traits, au lion naissant de gueules en chef) ; le second celui de Lucebourg (de gueules au lion d'or) ; le troisième celui de Nans (de gueules à la bande d'or accompagnée de deux cotices de même) ; et le quatrième de Vaudrey (emmanché en fasce d'une pointe et deux demies de gueules sur argent).

La mère de Gérard d'Haraucourt était de la maison Du Châtelet, et l’écu représentant ses armoiries sur la tombe dont il vient d'être parlé porte encore les alérions. Il porte aussi comme brisure de cadet deux billettes de gueules. Mais cette dame n'était pas de la branche qui possédait alors Chauvirey-le-Vieil ; elle était femme de Charles d'Haraucourt et fille de Pierre Du Châtelet, chef de la branche aînée de sa maison. René, qui acquit plus tard le Château-Dessus, était aussi de cette branche, et arrière-petit-neveu de Catherine. Cette branche descendait d'Erard, fils aîné de Renaud, et la branche qui possédait Chauvirey-le-Vieil descendait de Philibert, son troisième fils. Ce Renaud était fils d'Erard II, mentionné au nombre II comme ayant épousé Oudette de Chauvirey[9]. Renaud Du Châtelet, déjà majeur en 1372, et cité dans un acte en même temps que son père Erard II, est mort fort âgé en 1429. Jeanne de Chauffour, sa femme, est morte en 1435[10]. Philibert Du Châtelet, troisième fils de Renaud, qui n'était point encore majeur en 1427, l'était devenu en 1431 ; car ayant été fait prisonnier avec ses frères à la bataille de Bulgnéville par Antoine de Vergy, il s'obligea à payer à celui-ci une rançon de 1,000 vieux florins d'or, pour le paiement desquels il hypothéqua « les revenus, receptes et levées des terres et villes de Chavirey-la-Vieille, Vitrey et Bétoncourt[11]. » Ce fut probablement cette hypothèque qui détermina plus tard son fils Nicolas, dit Colart, à aliéner Chauvirey-le-Vieil et Betoncourt, ainsi que ce qu'il pouvait avoir à Vitrey.

Gérard d'Haraucourt et Catherine de Chauffour eurent pour enfants : Henri, Pierre, qui suit, Catherine.

Henri, perdu à la journée de Nancy (1477), avait épousé Blanche de Lénoncourt, dont il eut Gérard, marié le 20 août 1488 à Marguerite Du Châtelet. Cette branche retourna en Lorraine, où elle s'est éteinte comme les autres.

Catherine fut mariée deux fois : d'abord à Jean, bâtard de Vergy, dont elle eut une fille nommée Isabelle, qui épousa Gui de Cicon.

Jean de Vergy brisait, comme bâtard, les armes de sa maison d'une traverse d'argent ; il était fils de Jean III de Vergy, seigneur de Fouvent, etc., sénéchal et maréchal de Bourgogne. En 1431 il assista valeureusement son frère Antoine de Vergy et leur neveu Jean IV dans la guerre que ceux-ci soutenaient contre René d'Anjou, duc de Lorraine et de Bar. Son frère Antoine, par son testament de 1439, lui donne « le château, ville et appartenances de Richecourt-sur-Saône-les-Jonvelle. » Il acheta plusieurs terres en Champagne, et Jean IV, son neveu, lui donna encore la terre de Soilley, au bailliage de Chaumont. Il mourut en 1457, et fut enterré dans l'église du monastère de Theuley. Il laissa un fils et trois filles, dont la descendance ne tarda pas à s'éteindre[12].

Catherine d'Haraucourt eut pour second mari Guillaume de Cicon, seigneur dudit lieu, Demangevelle, Bourguignon, Ische, Argillières, Ainvelle, etc. etc., qu'elle épousa le 15 janvier 1458.

Cicon portait d'or à la fasce de sable.

Ancien adage : PAILLARDISE DE CICON.

Cette famille de grande chevalerie était l'une des plus anciennes et des plus illustres au comté de Bourgogne ; elle s'est éteinte vers le milieu du 17e siècle par la mort de Charles seigneur de Richecourt, qui ne laissa que deux filles, mariées l'une au duché de Bourgogne et l'autre en Lorraine. Elle avait tiré son nom des château et terre de Cicon, au bailliage d'Ornans, dont les revenus étaient considérables, et elle posséda un assez grand nombre d'autres terres. Elle avait aussi les plus grandes alliances ; plusieurs de ses membres se distinguèrent dans les croisades, où l'un d'eux fit la conquête de la souveraineté de Négrepont, que ses descendants ont conservée longtemps.

Guillaume de Cicon était oncle de Gui, marié à Isabelle de Vergy, fille de Catherine d'Haraucourt et de son premier mari. Il donna, en 1460, à Gérard d'Haraucourt quittance de 2,000 florins d'or pour la dot de sa femme ; il testa en l'an 1486. Il eut de Catherine d'Haraucourt un fils et trois filles, l'une desquelles, Bonne de Cicon, dame de Demangevelle, épousa en 1487 Nicolas Du Châtelet, premier du nom, fils de Philibert, souverain de Vauvillers, et de Louise de Granson, sa seconde femme[13]. Ce Nicolas est celui que dans divers titres on appelle Colard ou Colart, ainsi qu'on peut le voir dans la Généalogie de la maison Du Châtelet[14]. Son traité de mariage fut ratifié par son frère consanguin Renaud, fils de Claude de Paroye, première femme de Philibert, suivant une lettre du 1er avril 1487[15].

Catherine mourut le 20 novembre 1489, et, chose assez rare, on voyait sa tombe et son épitaphe en deux endroits : 1° dans l'église de l'abbaye de Cherlieu, où on lisait sur une tombe : « Cî gist haute et puissante Dame Katerine de Haraucour, à son vivant femme de haut et puissant seigneur mess. Guillaume de Cicon, chevalier, dame de Demoingev., Baum., Cusey, Richecourt, qui trépassa l'an m… » et sans que la date, comme on voit, y fut achevée[16] ; 2° dans la chapelle des seigneurs, à l'église de Demangevelle, où on lisait également sur une tombe : « Hic jacet domina Catharina de Haraucourt, domina villæ dominicæ, quæ obiit xx novembris MCCCCLXXXIX. » I1 faut conjecturer qu'ayant choisi sa sépulture dans l'église de Cherlieu, elle y avait fait préparer sa tombe, sur laquelle il ne restait plus qu'à achever d'inscrire la date de sa mort, et que plus tard elle voulut être inhumée à Demangevelle, ou bien qu’étant morte en ce dernier lieu, on l'y avait inhumée soit par ignorance de ses volontés, soit pour toute autre raison ; ou bien encore pourrait-il se faire que son corps eut été dans un endroit et son cœur dans l'autre.


9A. PIERRE D’HARAUCOURT, seigneur de Chauvirey, posséda le Château-Dessous, la moitié du Château-Dessus et les trois quarts de la seigneurie, ainsi que cela résulte du dénombrement donné par Philippe de Chauvirey le 22 juillet 1500, et comme il tenait le tout de son aïeul maternel Jean II, rapporté ci-devant au nombre 6A. Il épousa Claudine de Ray, et mourut le 23 novembre 1510, ainsi qu'il se voit sur sa tombe anciennement placée dans le chœur de l'église de Chauvirey-le-Châtel, près de l'endroit où était son banc seigneurial. Elle est beaucoup moins belle et moins bien conservée que celle de ses parents ; elle a été déplacée, comme plusieurs autres lorsqu'on a récemment remanié le pavé de l'église, et se trouve aujourd'hui dressée contre un des murs de la chapelle Sainte-Anne. Cette tombe porte un écusson à chacun des quatre angles : ce sont ceux d'Haraucourt, Lucebourg, Du Châtelet et Chauvirey.

C'est fort à tort que Dunod fait épouser par Pierre d'Haraucourt deux Claudine de Ray, l'une fille de Jean III, et qui était la grand'tante de la seconde, et l'autre fille d'Antoine Ier et de Jeanne de Vienne ; c'est cette dernière que Pierre épousa réellement[17].

Claudine, ou Clauda, reçut en 1477, de Marc de Ray, son frère, une somme de 1,500 fr. en déduction de celle qui lui avait été promise pour dot[18].

Pierre d'Haraucourt et Claudine de Ray eurent deux fils et une fille : Antoine, Claude, qui suit, N… mariée à Philippe de Chauvirey, comme on l'a vu précédemment au nombre VIII bis.

Antoine mourut avant son père, ainsi que cela résulte de l'inscription gravée autour de sa tombe, qui se trouve aussi dressée dans la chapelle Sainte-Anne, à côté de celle de son père. Antoine y est représenté en costume de moine et la tête rasée ; aux quatre angles se trouvent les mêmes écussons que sur celle de son père, et on y lit : « Ci gist Antoine de Haraucourt, fils de Pierre de Haraucourt, seigneur de Chauvirey et de ... lequel trépassa le XXIII de janvier mil D dix. »


10A. CLAUDE D’HARAUCOURT, seigneur de Chauvirey, reçu en 1511 à Saint-Georges, où il prouva Haraucourt, Chauffour, Ray et Vienne, mourut en 1522. Par un partage du 20 novembre 1518 il régla avec ses neveux, Jean IV et Jacques de Chauvirey, leurs droits respectifs sur les châteaux et seigneuries. Ses neveux sont également rappelés dans un affranchissement octroyé par lui,

à la date du 29 septembre 1511, des biens de Pierre Simonot, de Chauvirey-le-Châtel.

Claude d'Haraucourt réunit à ce qu'il possédait dans la terre de Chauvirey-le-Châtel toute celle de Chauvirey-le-Vieil, pour l'avoir acquise, ainsi qu'une portion de celle de Vitrey, de Colart Du Châtelet[19], seigneur de Vauvillers et Montureux-sur-Saône, qui en avait donné son dénombrement « le pénultième mai 1500 à l'archiduc Philippe comte de Bourgogne, » fils de Marie de Bourgogne et père de Charles-Quint, dans ces termes : « de la seigneurie entière, ville, finage et territoire de Chauvirey-le-Vieil. — Item que j'ai la haute et basse justice en toute ma ville de Chauvirey-le-Vieil et fief des choses que dessus. » Cela prouverait une fois de plus que Chauvirey-le-Vieil n'avait jamais fait partie de la seigneurie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, depuis qu'Oudette de Chauvirey l'avait portée à Erard Du Châtelet[20], et que cette terre s'était conservée dans la famille Du Châtelet d'abord par son fils Renaud, seigneur de Chauvirey-le-Vieil et Betoncourt, époux de Jeanne de Chauffour (d'une autre branche que celle qui posséda un moment le Château-Dessous), puis par la descendance de ce Renaud jusqu'à son petit-fils Nicolas Du Châtelet, souverain de Vauvillers, mari de Bonne de Cicon, fille de Guillaume et de Catherine d'Haraucourt. En effet c'est ce Nicolas que, dans les anciens titres, on nomme Colart ou Colard, puisqu'on ne trouve ces noms dans aucun auteur, si ce n'est dans la Généalogie de la maison Du Châtelet, et seulement, encore aux Preuves, où l'on voit clairement[21] que ce Colart est positivement le même que Nicolas, qui épousa, en 1489, Bonne de Cicon. On voit aussi dans cet ouvrage que la branche dont les membres jusqu'à Nicolas se qualifiaient seigneurs de Chauvirey-le-Vieil, a cessé depuis lui de prendre cette qualité.

Ce Nicolas Ier, ou Colart, n'eut qu'un fils, Erard, marié le 15 juillet 1512 à Nicole de Lénoncourt, qui était veuve de lui en 1552. De leur mariage étaient nés : Thierry, Nicolas II, Claudine et Bonne. Cette dernière épousa en 1541 François de Livron, seigneur de Bourbonne.

Livron portait d'argent à trois fasces de gueules au franc quartier aussi d'argent chargé d'un roc d'échiquier de sable.

Claudine, ou Claude, née le 15 janvier 1518, fut mariée le 15 janvier 1532, en l'abbaye de Tournus, à Claude de Vienne; elle épousa en secondes noces, le 21 septembre 1545, Robert de Heu, et enfin, le 30 juillet 1554, Jean de la Boulaye, dont elle était veuve lorsqu'elle mourut le 15 avril 1562. Elle avait eu de son premier mari plusieurs enfants, parmi lesquels Nicolas de Vienne qui devint possesseur de la terre de Vauvillers en vertu du testament de son oncle Nicolas II, mort sans postérité, comme on va le dire.

Heu portait de gueules à la bande d'argent chargée de trois coquilles de sable.

La Boulaye portait d'or à la croise recercelée de gueules.

Thierry, né à Vauvillers le 9 mars 1519, fut fiancé le 5 décembre 1535 à Elisabeth d'Haraucourt, d'une autre branche que celle de Chauvirey ; mais ce mariage ne s accomplit pas, Thierry ayant pris le parti de l'Église

Nicolas Du Châtelet, deuxième du nom, fut marié à Vesoul, le 8 juillet 1543, à cette même Elisabeth d'Haraucourt qui avait été fiancée à son frère aîné Thierry et dont il n'eut pas d'enfants. Ce fut lui qui fit battre monnaie à Vauvillers, vers 1550, comme souverain de cette terre, qualité qu'il prenait. Mais Henri II, roi de France, par deux édits de sa cour des monnaies, l'un de 1553 et l'autre de 1556, décria les monnaies de Nicolas Du Châtelet en même temps que d'autres, en défendit l'usage sous peine, pour les contrevenants, d'être punis comme faux monnayeurs, et en ordonna l'apport dans ses hôtels des monnaies pour y être cisaillées et refondues[22]. Il existe cependant encore quelques-unes de ces monnaies. Nicolas II fut tué à la bataille de Dreux livrée contre les Huguenots le 19 décembre 1562, et où il se couvrit de gloire. Son corps fut, comme il l'avait ordonné par son testament, rapporté à Vauvillers et inhumé proche le grand autel. Sur sa tombe avait été posée une statue équestre qui le représentait chargeant les Huguenots, ainsi que l'expliquait l'épitaphe inscrite au-dessous de cette statue[23]. Il était le dernier de sa branche, et il institua pour ses héritiers ses neveux et filleuls Nicolas de Vienne et Nicolas de Livron. Nicolas de Vienne eut la terre de Vauvillers, qui resta dans sa famille jusqu'à son extinction dans la personne de Françoise de Vienne, arrière-petite-fille de Nicolas, mariée en 1649 à Charles duc de la Vieuville, et morte en 1669. Cette terre passa plus tard dans la famille de Clermont-Tonnerre, pour laquelle elle fut d'abord érigée en marquisat, puis ensuite en duché-pairie, au mois de juin 1775, en faveur de Gaspard comte de Clermont-Tonnerre, maréchal de France. Elle comprenait, en outre du chef-lieu, huit villages et plusieurs hameaux.

Clermont-Tonnerre porte de gueules à deux clefs d'argent passées en sautoir, les têtes en bas.

Devise : ETIAMSI OMNES EGO NON.

L'Annuaire de la Haute-Saône pour 1842 énonce que la maison de Lénoncourt a possédé souverainement Vauvillers. Or le nom de cette famille serait complètement inconnu parmi ceux des possesseurs de cette terre si Erard Du Châtelet n'eût point épousé Nicole de Lénoncourt, comme il a été dit ci-dessus. Le premier seigneur connu de la terre de Vauvillers (autrefois Vauvilars) est Huard de Bauffremont, qui la possédait vers la fin du 13e siècle, et dont les descendants l'ont dès lors conservée environ deux cents ans, après quoi elle passa dans la maison Du Châtelet par suite du mariage de Béatrix Du Châtelet avec Pierre de Bauffremont, qui ne laissa qu'une fille, Agnès, morte sans postérité. Celle-ci institua pour son héritier son oncle Philibert Du Châtelet, troisième fils de Renaud et de Jeanne de Chauffour. Philibert, à l'imitation de ses prédécesseurs, se qualifia souverain de Vauvillers, qui était terre de surséance[24].

Le même Annuaire commet une autre erreur, quelques lignes plus bas, en indiquant comme le superbe château que M. le duc de Clermont-Tonnerre possédait à Vauvillers les deux corps de bâtiments achetés par la commune pour servir d'hôtel de ville et de caserne de gendarmerie. Ces bâtiments, construits à la fin du siècle dernier et placés en regard l'un de l'autre, à droite et à gauche de la cour d'honneur, étaient destinés l'un aux communs et l'autre aux écuries ; c'est dans le premier qu'habitait en effet, mais provisoirement seulement, le maréchal de Clermont-Tonnerre, en attendant qu'il eût fait, comme il en avait le projet, construire le véritable château dans le fond de la cour, en retraite sur les deux bâtiments déjà construits, et devant dominer les vastes jardins qui s'étendaient en contrebas. La mort du maréchal (qui, né en 1688, décéda en 1781), puis la Révolution vinrent successivement entraver l'exécution de ce projet. Les jardins ayant été vendus nationalement, le duc de Clermont, qui, à sa rentrée en France, ne retrouva que les deux bâtiments et la cour, les vendit à la commune, dans les premières années de la Restauration, pour une somme tellement minime qu'elle en était ridicule, peut-être bien pour 15 ou 18,000 fr. ; c'est du moins au premier de ces chiffres que la commune borna longtemps ses offres.

Claude d'Haraucourt avait épousé Anne de Quingey, dont il ne laissa qu'un fils, Nicolas, mort jeune, et une fille, Marguerite, qui suit, et qui fut héritière universelle de son frère.

Une autre Marguerite d'Haraucourt, de la même génération, mais sans doute, d'une autre branche, était, en 1549, abbesse de Remiremont[25].

Quingey portait d'azur à la croix d'argent chargée de cinq coquilles de gueules.

Cette famille est éteinte dès la fin du 15e siècle. C'était une maison d'ancienne chevalerie, reçue de tout temps à Saint-Georges, qui prenait son nom de la ville de Quingey, dont elle tenait la châtellenie en fief du souverain à qui a toujours appartenu 1a terre de Quingey. A la bataille de Montlhéry (1465), Charles-le-Hardi, dernier duc de Bourgogne, ayant été renversé de cheval, Simon de Quingey le releva et le remonta sur son propre cheval.

Anne de Quingey, devenue veuve, épousa Claude de Scey, à qui elle ne donna qu'une fille. Elle testa, en 1528, en faveur de son fils Nicolas d'Haraucourt, en faisant seulement un legs à sa fille Jeanne de Scey[26]. Claude de Scey épousa la même année Marguerite de Chauvirey, fille de Jean IV, qui testa en 1540 ; puis il épousa en troisièmes noces Adrienne d'Andelot. Il eut de nombreux enfants de ses deux dernières femmes.

Andelot portait échiqueté d'argent et d'azur au lion de gueules armé et couronné d'or.

Devise : LES COMBATS SONT LES ÉBATS.

Ancien adage : CHEVALERIE D’ANDELOT.

Cette famille s'est éteinte dans la personne de Claude-Louis-Ferdinand, qui ne laissa que quatre filles, et qui mourut, on 1674, d'une blessure reçue au siège de Besançon, où il fut enterré dans l'église des Cordeliers. L'une de ses filles fut la première femme de Nicolas-Joseph comte de Vaudrey, baron de Saint-Remy, qui n'eut d'elle qu'une fille, Louise de Vaudrey, dont il a été question page 75[27].


11A. MARGUERITE D’HARAUCOURT épousa Claude de Faulquier, premier du nom, qui, dans son dénombrement du 15 juin 1535, la qualifie dame du Châtel-Dessous pour le tout et du Châtel-Dessus pour moitié. Elle possédait aussi la totalité de la terre et seigneurie de Chauvirey-le-Vieil, par suite de l'acquisition que son père en avait faite de Colart Du Châtel, comme on l'a vu ci-dessus[28].

La maison d'Haraucourt est entièrement éteinte. La dernière héritière de cette illustre famille, chanoinesse de Remiremont, institua, au commencement du siècle dernier, son héritier universel Jean-François marquis Du Châtelet, son proche parent, qu'elle chargea de relever son nom et ses armes[29] ; mais cette branche est éteinte comme les autres.

Faulquier portait d'azur à trois faulx d'argent emmanchées d'or, les deux du chef affrontées.

C'était une ancienne famille de Poligny[30]. La branche aînée, qui possédait les terres de Montsaugeon, Commenailles, Monnet, Alose, Rans, Pleure, Aumont, s'éteignit en 1540 dans la maison de Villelume, qui, vers la fin du même siècle, porta toutes ces grandes terres dans celle de Bauffremont.

Étienne de Faulquier était abbé de Saint-Claude en 1444.

Villelume portait d'azur à dix besants d'argent posés en triangle, 4, 3, 2 et 1.

Claude de Faulquier et Marguerite d'Haraucourt eurent pour enfants : Claude II dit le Vieux, qui suit, Gérard et Claude III, qui suivront.

Ces trois frères partagèrent la succession de leurs père et mère le 25 mai 1553. Elle comprenait toutes les propriétés dont la division et la sous-division ont formé plus tard celles des familles de La Fontaine, de Montessus et Régent ; les droits de cette dernière ont passé, par succession, à la famille du Bouvot.


12A. CLAUDE II DE FAULQUIER dit le VIEUX eut en partage le Château-Dessous, le quart de la seigneurie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, et le tiers de celles de Chauvirey-le-Vieil et la Quarte. Dans cette part se trouvait compris le fief du Bouvot, qu'il vendit en 1558 à noble Barthélemy Lullier, appelé aussi dans les vieux titres Barthot ou Barthaut Lullier. Il épousa, en septembre 1550 Jeanne de Saulx, dont il eut deux fils et deux filles : Humbert-Claude, qui suit, Jean-François, Marguerite, Claudine.

Lorsque Jeanne de Saulx épousa Claude II de Faulquier elle était veuve de N... d'Anglure, comme il se voit dans le partage de la succession de Claude III seigneur de Marrigny, où il est dit qu'Humbert-Claude, fils de Claude II, est assisté de noble seigneur Philippe d’Anglure, seigneur de Guyonvelle, son frère utérin.

Anglure, qui portait primitivement d'or à la croix ancrée de sable, porta ensuite d'or semé de grelots d’argent soutenus de croissants de gueules. Ces nouvelles armoiries furent données à un chevalier de cette famille par le sultan Saladin, qui, plein d'admiration pour la bravoure dont il avait fait preuve dans le combat ou il fut fait prisonnier, lui permit d'aller, sur sa parole chercher sa rançon en France. Mais comme en sa qualité de cadet sans fortune il ne put se la procurer, il retourna se mettre à la disposition du sultan. Celui-ci admirant cette fidélité à la parole donnée plus encore qu il n’avait admiré le courage du chevalier, lui accorda sa liberté, et lui donna de nouvelles armoiries, sous la seule condition de faire porter le nom de Saladin à tous les aînés de sa maison à perpétuité, ce qui s'est toujours exécuté. Cette branche portait les nouvelles armoiries pendant que la branche aînée a continué à porter les anciennes.

Cette famille aussi illustre qu'ancienne, et dont les membres étaient qualifiés premiers barons de Champagne, est complètement éteinte. Arnoult-Saladin d'Anglure, marquis de Coublans, marié à Christine Du Châtelet, fut le dernier mâle de sa maison ; il mourut en 1705, ne laissant que trois filles[31].

Jean-François de Faulquier fut chevalier de Malte, et mourut sans enfants, il hérita, comme on le verra ci-après, de Claude III seigneur de Marrigny, conjointement avec son frère Humbert-Claude pour une moitié, et avec leur oncle Girard pour l'autre moitié ; mais la part qu'il avait eue dans cette succession fut adjugée par décret, le 16 juillet 1587, à Guillaume Lullier. Tous ses biens avaient été saisis par de nombreux créanciers, parmi lesquels se trouvaient son frère Humbert-Claude, ses cousins Nicolas, seigneur à Ouge, et Claude-François, seigneur à Vitrey, ses sœurs Marguerite et Claudine, ainsi que cela se voit dans la requête du 3 juin 1587[32]. Mais ce qu'il avait eu de Claude III seigneur de Marrigny ayant suffi pour désintéresser tout le monde, il put conserver ce qui lui venait de son père, et en disposa, par son testament en faveur de Claire-Françoise de Villers, petite-fille de son frère Humbert-Claude. Il vivait encore en 1528, puisqu'il fut, cette année-là, témoin dans un traité de mariage passé entre Antoine de Grammont et Dorothée Du Châtelet[33].

Claudine de Faulquier fut chanoinesse à Montbardon ; Marguerite ne se maria pas, et institua son héritière universelle Claire-Françoise de Villers, sa petite-nièce, dont il sera parlé ci-après. Son testament, en date du 3 septembre 1628, fut publié le 20 du même mois.

On ignore la date de la mort de Claude II ; mais il testa le 16 septembre 1564.


13A. HUMBERT-CLAUDE DE FAULQUIER, chevalier, seigneur des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte, fut gouverneur de Jonvelle, comme on le lisait sur sa tombe, autrefois placée dans le sanctuaire de l'église de Chauvirey-le-Châtel. Il avait donné son dénombrement le 30 juin 1585, et il est mort en 1625[34].

Il épousa, en novembre 1577, Marie de Giffard, dont il n'eut que trois filles : Antoinette, qui suit, Marguerite, qui suivra, Charlotte, morte sans avoir été mariée.

Giffard portait de sable à une étoile d'argent au chef cousu de gueules chargé d'une étoile d'or.

Humbert-Claude hérita, conjointement avec son frère Jean-François, de la moitié de ce qu'avait eu en partage, dans la terre de Chauvirey, leur oncle Claude III seigneur de Marrigny, mort sans postérité ; l'autre moitié arriva à Girard, leur oncle. L'acte de partage de cette succession bénéficiaire est du 2 mai 1579[35]. La portion qui revint à Humbert-Claude consistait dans le seizième de la seigneurie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, et le douzième dans celles de Chauvirey-le-Vieil et la Quarte. Il vendit cette portion, le 26 août 1580, pour la somme de 10,000 fr., à Claude de Chauvirey[36], qui ne la garda que peu de temps, et en revendit la totalité au sieur Lullier, le 11 octobre 1589[37].

Devenu veuf, Humbert-Claude épousa une fille du sieur Orillard, procureur fiscal à Gray, qui se qualifiait seigneur d'Aboncourt, Gesincourt, Nervezain, Vadans, etc., et dont il reçut une assez forte dot ; mais cette seconde femme ne vécut pas longtemps, et, comme elle ne laissa pas d'enfants, il fallut rendre cette dot ; puis il donna plus tard une de ses filles, Antoinette, en mariage au sieur François Orillard, fils de ce même procureur.

Humbert-Claude vit ses biens mis en décret. Un grand nombre de créanciers se firent colloquer par sentence du bailliage de Vesoul du 7 janvier 1602[38], notamment sa sœur Marguerite, pour diverses sommes montant ensemble à plus de 6,000 fr. ; son frère Jean-François pour des arrérages de pensions ; ses trois filles comme héritières de leur mère ; le sieur procureur Orillard pour plusieurs sommes, dont celle de 8,000 fr pour restitution de partie de la dot de Charlotte Orillard, sa fille, etc. etc. On avait même compris dans ce décret, la portion qui était arrivée à Humbert-Claude dans le partage de la succession de son oncle Claude III seigneur de Marrigny, qu'il avait vendue, en 1580, à Claude de Chauvirey, et que celui-ci avait revendue, en 1589, à Claude Lullier. Jean Lullier, fils de ce dernier, se pourvut en distraction de cette portion, et l'obtint par la sentence de 1602.

Ces biens furent d'abord adjugés à Martin de Villers ; puis sur sa folle-enchère ils le furent de nouveau à Marguerite de Faulquier, sœur d'Humbert-Claude, qui les remit moyennant 20,200 fr. au sieur Orillard. Celui- ci se fit envoyer en possession par le parlement de Dole, le 17 septembre 1609, ainsi qu'on le voit dans son dénombrement à la date du 27 octobre de la même année[39].

François Orillard, fils et héritier du sieur procureur Orillard, mourut sans laisser d'enfants, et institua héritière universelle sa femme Antoinette de Faulquier. Celle-ci lui survécut peu, et laissa tous ses biens à sa nièce Claire-Françoise de Villers, qui recouvra ainsi tout ce qui avait appartenu à son aïeul Humbert-Claude, et y ajouta les terres de Gesincourt, Aboncourt et Nervezain.

Cet exposé se trouve, il est vrai, en contradiction manifeste avec celui de la notice généalogique qui sert de préliminaire au mémoire publié par MM. de La Fontaine, le 30 juin 1738, à l'occasion du procès qui s'agitait entre tous les seigneurs de la terre. En effet ils n'y parlent en aucune façon du second mariage d'Humbert-Claude, ni du procureur Orillard ; ils passent complètement sous silence tout ce qui a rapport à la mise en décret et à la vente des propriétés d’Humbert-Claude, et les diverses phases qui en résultèrent relativement à la transmission de ses biens dans sa descendance ; ils transforment en prénom le nom du sieur Orillard, qu'ils donnent pour fils à Humbert-Claude sous l'appellation de François-Orillard de Faulquier ; enfin ils font celui-ci père de deux enfants, Humbert-Claude et Dorothée, morts, disent-ils, sans postérité, et les biens reviennent ainsi tout naturellement à Marguerite, ou à sa fille Claire-Françoise de Villers, dont il sera parlé ci-après.

Or il est impossible de trouver nulle part ailleurs que dans le mémoire de MM. de La Fontaine la moindre trace de l'existence soit d'un François-Orillard de Faulquier, soit de ses enfants Humbert-Claude et Dorothée. MM. de La Fontaine auront arrangé de la sorte cette phase de la généalogie de leur famille maternelle, parce qu'ils étaient probablement peu désireux de mettre le public dans la confidence de l'intrusion du procureur Orillard dans cette généalogie. On ne saurait y voir aucun autre motif que celui de cette louable pudeur de la part de gens qui avaient entre les mains toutes les pièces nécessaires à l'éclaircissement de la question ; aussi n'est-ce qu'après de minutieuses recherches et après avoir consulté les documents les plus authentiques que l'on a rétabli ici l'exactitude des faits. MM. de La Fontaine n'ont fait du reste que suivre la route tracée et par les constructeurs de généalogies pour leur compte personnel, et par les industriels travaillant au compte d’autrui, tant passés que présents, et il est peu probable que ceux à venir en suivent une autre.

On peut consulter à l'appui de ce qui est dit ci-dessus : 1° la sentence de collocation du 7 janvier 1602 ; 2° la reprise de fief du procureur Orillard du 27 octobre 1609[40]; 3° la supplication en mandement de terrier accueillie par un arrêt du parlement de Dole en date du 7 février 1618[41], ladite supplication adressée par Anne Champy, veuve du feu sieur Orillard, et par son fils François Orillard (il est vrai que ce dernier s'y dénomme François Orillard de Faulquier, accolant ainsi le nom de sa femme au sien, prétention toujours ridicule et devenue plus commune de nos jours qu'elle ne l'était alors ; 4° le détail du ban de l'année 1629, rapporté par Labbey de Billy[42] : on y verra (à la page 154) que les héritiers du procureur Lorillard étaient imposés pour ce qu'ils tenaient à Chauvirey ; puis (pp. 166 et 167) que le sieur procureur Orillard, ou Lorillard, était imposé lui-même à Aboncourt, Gesincourt et Nervezain, bien qu'il fût mort depuis plus de douze ans (il paraît que déjà dans ce temps on n'opérait pas très exactement les mutations) ; enfin on verra (p. 178) que la veuve du procureur Lorillard était imposée à Vadans et a Vivier[43].

Il faut dire encore que dans le procès dont il sera rendu compte à la suite de cette notice, MM. de La Fontaine produisirent un très grand nombre de titres de toutes les époques, ainsi qu'on peut le voir dans la sentence du 29 mai 1739, où ils se trouvent détaillés, et que cependant ils ne produisirent absolument rien qui ait trait de près ou de loin à Humbert-Claude, à François-Orillard de Faulquier ou à ses prétendus enfants, et bien moins encore au sieur procureur Orillard.


14A. ANTOINETTE DE FAULQUIER épousa François Orillard dont il vient d'être parlé, seigneur d'Aboncourt, Gesincourt, Nervezain, etc. Il se fit appeler tantôt Orillard de Faulquier, tantôt de Fauquier, tantôt d'Aboncourt, ou bien de Fauquier d'Aboncourt, ou même encore baron de Chauvirey, et c'est de lui qu'il est question sous ces divers noms[44] dans les mémoires du temps relatifs aux guerres qui désolèrent la province de 1632 à 1642, et auxquelles il prit une grande et honorable part. Il avait succédé à son beau-père comme gouverneur de Jonvelle, et il fut tué, en 1641, dans une rencontre avec les Langrois, dont il ravageait le pays[45].

François Orillard d'Aboncourt dit de Faulquier avait institué, comme on l'a déjà vu, pour son héritière universelle sa femme Antoinette de Faulquier, qui lui survécut peu, et qui laissa tous ses biens à Claire-Françoise de Villers, fille de sa sœur.


14A bis. MARGUERITE DE FAULQUIER, dame de Chauvirey, fille d'Humbert-Claude, épousa messire Martin de Villers, chevalier, seigneur de Rancevelle, Grignoncourt et autres lieux, capitaine de Jonvelle, etc.

Villers portait de gueules à trois étoiles d'argent rangées en bandes et resserrées entre deux cotices de même.

Ancien adage : ACCUEILLANCE DE VILLERS.

C'était une ancienne famille, dont plusieurs membres sont entrés à Saint-Georges à diverses époques, notamment en 1400 et 1448. Nicolas de Villers, reçu en 1573, était gouverneur de l'ordre en 1597 ; Martin de Villers, reçu en 1592, prouva Villers, Angoulevent, Sacquenay et Chateignier.

Il mourut en 1621, laissant plusieurs enfants, parmi lesquels Claire-Françoise, qui suit.


15A. CLAIRE-FRANÇOISE DE VILLERS, dame de Chauvirey-le-Châtel, Chauvirey-le-Vieil, Vitrey, Ouge, la Quarte, Aboncourt, Gesincourt, Nervezain, fut mariée d'abord à Claude de Buffignécourt, d'une des grandes maisons du comté de Bourgogne, qui avait eu aussi des terres et des alliances en Lorraine, où plusieurs de ses membres s'étaient établis. C'est ce qui a induit en erreur dom Calmet, qui donne cette famille comme originaire de Lorraine, ainsi qu'on l'a vu ci-devant page 31[46].

Buffignécourt portait de sable à la bande d'argent.

Ancien adage : B…RIE DE BUFFIGNÉCOURT.

Suivant un recueil d'armoiries de Franche-Comté, manuscrit de 1731, cette famille aurait au contraire porté d'azur au chevron d'argent accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un croissant, le tout d'argent au chef cousu de sable ; mais tous les autres auteurs que l'on a pu consulter, notamment Jean Callot, Husson l'Écossais, le marquis de Saint-Mauris[47] , donnent les armoiries qui sont décrites ci-dessus.

Claude de Buffignécourt, décédé en 1641, était le dernier de son nom, et ne laissa de Claire-Françoise de Villers que des filles en bas âge, et notamment Béatrix-Françoise, qui suit.

On a vu ci-devant[48] ce que dit Girardot de Beauchemin du traitement indigne infligé au gouverneur du château de Chauvirey par le commandant des troupes françaises qui prirent d'assaut ce château en 1641, après une vigoureuse et honorable résistance. On ne trouve nulle part le nom de ce brave gouverneur, dont la mémoire doit être honorée d'un genre de mort ordinairement infamant, et qui cette fois ne l'était que pour ceux qui le lui ont fait subir. Mais comme Claude de Buffignécourt était possesseur du Château-Dessous à cette époque, que c'est précisément aux murailles et aux défenses de ce château que la brèche fut pratiquée, et qu'il est certain que Claude de Buffignécourt est mort en 1641[49], il est fort probable que c'est à lui qu'il faut attribuer ce que dit Girardot de Beauchemin. Mais pourquoi ne l'a-t-il pas nommé ? A-t-il ignoré son nom, lui contemporain ? C'est peu probable. A-t-il craint que le genre de mort jetât quelque déshonneur sur ce nom et sur une famille déjà si douloureusement atteinte ? Il se serait étrangement trompé.

Claire-Françoise de Villers épousa en secondes noces messire Nicolas de La Fontaine, chevalier, comte de Verton, seigneur d'Hallencourt, la Mothe-Verlinton, etc., qui lui-même était veuf. Ce mariage, dont on ignore la date précise, avait eu lieu avant 1646[50].

La Fontaine porte bandé d'or et d'azur de six pièces, les bandes d'or échiquetées de gueules de trois traits.

Claire-Françoise de Villers n'eut pas d'enfants de ce second mariage. Nicolas de La Fontaine en avait plusieurs de sa première femme, Catherine de Roussay d'Alembon, notamment François, qui va suivre, Antoinette et Anne-Elisabeth, qui furent toutes deux chanoinesses à Remiremont. Mais Antoinette seule persista. Anne-Elisabeth quitta ce chapitre pour épouser Daniel Du Châtelet, comme on l'a vu au nombre XV, page 77[51].


16A. BÉATRIX-FRANÇOISE DE BUFFIGNÉCOURT épousa messire François de La Fontaine, chevalier, comte de Verton, seigneur d'Hallencourt, etc, etc. Leur contrat de mariage passé à Montreuil-sur-Mer est daté du 6 juin 1653[52].

Béatrix-Françoise de Buffignécourt est qualifiée comtesse de Remiremont dans un acte de baptême du 20 janvier 1653, où elle fut marraine d’Humbert, fils du sieur Nicolas Guichardet, capitaine au régiment de Bourgogne, et de feue demoiselle Ferronne-Antoinette de Villers. Le parrain était Nicolas de La Fontaine, son beau-père. Cette qualité de dame de Remiremont indiquerait que Béatrix-Françoise n'avait point paru d'abord destinée à être héritière universelle, et que son mariage s'arrangea seulement lorsqu'elle le fut devenue.

L'enfant dont on vient de dire que Béatrix-Françoise de Buffignécourt fut marraine était fils de sa cousine germaine. Celle-ci avait pour frère Nicolas-François de Villers, sergent-major[53] de bataille pour Sa Majesté catholique, et pour sœur dame Françoise de Villers, qui était veuve de N... des Hullières, colonel, bailli et gouverneur de Longvy, etc., lorsqu'elle vendit, en 1680, conjointement avec son frère Nicolas, une portion de la seigneurie de Ranzevelle à Jean-Georges Aymonnet, qui en avait déjà une autre portion et qui en acquit tout le reste, en 1684, d'Humbert-Nicolas Guichardet et de ses sœurs Anne et Antoinette, enfants de Nicolas Guichardet.

B.-F. de Buffignécourt mourut en Picardie, d'où son cœur fut rapporté pour être inhumé dans le sanctuaire de l'église de Chauvirey-le-Châtel.

François de La Fontaine et B.-F. de Buffignécourt eurent pour enfants :

1° Hubert-Nicolas-François, qui suit.

2° Humberte-Charlotte, baptisée le 30 septembre 1655. Elle eut pour parrain messire Cleriadus de Choiseul, marquis de Lancques, seigneur de Fouvent, etc., et pour marraine sa tante Anne-Elisabeth, dame de Remiremont. Elle fut plusieurs fois marraine d'enfants dont le parrain était François-Salomon Régent, seigneur des Chauvirey, etc., notamment le 18 mai 1677, d'Humberte-Charlotte Madroux.

3° Marie-Elisabeth, baptisée le 2 juillet 1656.

4° Claire-Béatrix, baptisée le 2 octobre 1658.

5° Antoine, né le 3 janvier 1662, qui eut pour parrain Antoine marquis Du Châtelet, et pour marraine dame Louise de Montrichard, femme d'illustre Paul-François de Saint-Mauris, seigneur de Lambrey, etc. etc.

Saint-Mauris porte de sable à deux fasces d'argent.

Devise : ANTIQUE, FIER ET SANS TACHE.

Ancien adage : LÉALTÉ DE SAINT-MAURIS.

Ce nom s'écrivait primitivement Saint-Morys, et alors la devise était : DE LA MOR JE ME RIS.


On désignait cette famille sous l'appellation de Saint-Mauris en Montagne, pour la distinguer de plusieurs autres moins anciennes et moins considérables; elle a eu un grand nombre de branches, notamment celles appelées Berchenet, Sauvageot, Châtenois, Lambrey, etc.

Toutes entraient à Saint-Georges, où elles ont eu trente chevaliers. Le chef de la branche aînée fut pair de France sous la Restauration.

Montrichard porte de vair à la croix de gueules.

Devise : PRÆMIUM VIRTUTIS HONOS.

Ancien adage : GRAVITÉ DE MONTRICHARD.

C'est une très ancienne famille, mais qui n'a jamais eu d'illustration ; elle entrait à Saint-Georges dès 1641.

Dunod pense que ce devait être une branche cadette de la maison de Scey ; il n'apporte à l'appui de cette opinion que des conjectures ; il se fonde surtout sur ce que les armoiries de Montrichard sont les mêmes que les armoiries primitives de Scey, sauf la croix en plus dans celles de Montrichard, ce qui, dit-il, est une brisure de cadet ; mais toutes les raisons qu'il donne sont plus spécieuses que probantes.

6° Anne-Catherine, baptisée le 6 octobre 1666, à l'âge d'environ quatre ans. Son parrain fut messire Charles de La Fontaine, son aïeul, et sa marraine Anne-Françoise de Villers, sa grand'tante maternelle ; les parrain et marraine absents furent représentés par Hubert-Nicolas-François et Humberte-Charlotte, frère et sœur de l'enfant.


17A. HUBERT-NICOLAS-FRANÇOIS DE LA FONTAINE, baptisé le 16 juin 1655, chevalier, comte de Verton, seigneur en partie des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte, eut pour parrain messire Charles de La Fontaine, son aïeul, et pour marraine dame Françoise de Montessus, veuve du comte de Chabot.

Hubert-Nicolas-François de La Fontaine habita ses terres de Picardie, et l'on n'a pas de renseignements sur lui en Franche-Comté. On a jugé sans intérêt d'en aller chercher ailleurs ; on ignore même dans quelle famille il prit alliance ; mais il laissa entre autres enfants :

Charles-Hubert-Nicolas-François, chevalier, comte de Verton, qui eut comme aîné les terres et seigneuries de Verton, Hallencourt et autres de Picardie ; Jacques-Hubert et Jean, qui suivent.


18A. JACQUES-HUBERT DE LA FONTAINE, chevalier, sous-lieutenant des grenadiers à cheval de Sa Majesté, chevalier de Saint-Louis, et Jean de La Fontaine, chevalier, capitaine au régiment Royal-infanterie, eurent entre les deux et conservèrent indivisément la portion de la terre de Chauvirey qui appartenait à leur famille, c'est-à-dire le Château-Dessous, le quart de la seigneurie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, et le tiers de celles de Chauvirey-le-Vieil et la Quarte.

Des difficultés s'étant élevées entre trois des seigneurs de la terre. Mme d'Ambly, M. de Montessus et M. Régent, relativement à quelques-uns de leurs droits, un procès considérable[54] s'engagea entre eux vers 1735. MM. de La Fontaine, qui, n'habitant pas la province, avaient dans le principe et même pendant plusieurs années ignoré les faits qui lui avaient donné lieu, instruits enfin de ces faits et de l'intérêt dont ils étaient pour eux, intervinrent au procès et publièrent, à la date du 10 juin 1738, un mémoire dont il a déjà été parlé plusieurs fois. Une sentence du bailliage de Vesoul du 9 mai 1739, confirmée par un arrêt du parlement de Metz du 10 janvier 1742, régla les droits de chacun ; mais MM. de La Fontaine n'avaient point attendu cet arrêt pour se défaire d'une terre dont ils ne pouvaient guère s'occuper, à laquelle aucun intérêt d'affection ne les rattachait, et qui devait leur paraître pour longtemps un sujet de difficultés et de procès. Ils abandonnèrent donc complètement la Franche-Comté, après avoir vendu, en 1740, tout ce qu'ils possédaient dans la terre de Chauvirey à messire François-Salomon Bernard de Montessus, qui en possédait déjà une partie du chef de Girard de Faulquier, aux droits duquel il était arrivé comme on le verra ci- après.

La famille de La Fontaine existe encore en Picardie, où l'une de ses branches porte depuis longtemps le nom de La Fontaine de Solare.


18A bis. FRANÇOIS-SALOMON BERNARD DE MONTESSUT, né le 12 février 1702, fut baptisé le 14 mars suivant à Ouge, quoiqu'il fut né au château de Vitrey ; mais on le porta, pour cette cérémonie, chez ses parrain et marraine qui possédaient et habitaient à cette époque le château d'Ouge. Ceux-ci furent François-Salomon Régent et dame Jeanne-Marguerite Cortot, sa femme, seigneur et dame des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte.

L'espèce d'alliance spirituelle qui s'établit entre les parrains et marraines et leurs filleuls, et dont on tenait tant de compte autrefois, eut peu d'influence sur François-Salomon Bernard de Montessus, car non seulement il fut presque toujours l'agresseur dans les nombreux démêlés qu'il eut avec Edme-Philippe Régent, fils de ses parrain et marraine et son co-seigneur, mais encore dans plusieurs de leurs procès il usa de procédés peu honnêtes, et se livra même à des imputations aussi grossières que calomnieuses.

François-Salomon de Montessus, devenu héritier universel de son frère Jean-Pierre, épousa, en 1735, Gabrielle-Valentine de Montgenet.

Montgenet portait de gueules au pégase d'argent volant sur le Mont-Parnasse d'or. Cette famille, d'ancienne magistrature du bailliage de Vesoul, entrée plus tard au parlement de Besançon, est éteinte aujourd'hui.

F.-S. de Montessus acquit en 1739 tout ce que les de La Fontaine de Verton possédaient dans la terre de Chauvirey, dont il tenait déjà une fraction, notamment le château de Vitrey, comme on le verra ci-après, par suite de l'acquisition que son aïeul Louis de Montessus en avait faite de Jeanne de Bonneval ; cette fraction provenait de Girard de Faulquier, second fils de Claude Ier. Il se trouva ainsi réunir les dix seizièmes de la seigneurie à Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, ainsi qu'à la Quarte, en vertu de la sentence du 9 mai 1739, qui, sur ce chef, avait fort mal jugé en accordant une part dans cette seigneurie aux d'Ambly, qui n'y avaient pas plus de droits qu'à Chauvirey-leVieil, où cette même sentence ne leur en reconnut aucun. Puis il eut aussi les cinq sixièmes de celle de Chauvirey-le-Vieil[55]. Ce fut alors qu'il abandonna le château de Vitrey, où il avait toujours résidé ainsi que ses prédécesseurs, pour fixer son habitation au Château-Dessous de Chauvirey-le-Châtel.

Il acquit encore quelques petites portions de seigneurie, donnant seulement droit de moyenne et basse justice, qui avaient été détachées de la terre très anciennement, sans qu'on en connaisse l'époque ni la cause (mariage ou aliénation), et qui étaient connues de temps immémorial sous le nom de seigneurie de Raucourt, et plus tard sous celui de seigneurie d'Augicourt, ces portions formant un fief qui appartint successivement à des seigneurs de Raucourt et d'Augicourt[56] ; voilà d'où vient que dans divers titres et contrats quelques propriétés étaient désignées, même postérieurement à l'acquisition de F.-S. de Montessus, comme dépendant de la seigneurie de Raucourt ou de celle d'Augicourt.

Raucourt portait d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois épis de maïs supportés par une portion de la tige garnie de trois folioles, le tout d'or, les épis posés 2 en chef et 1 en pointe.

Augicourt portait de gueules à la croix ancrée d'or.

F.-S. de Montessus, à la suite de ces diverses acquisitions, obtint, en février 1740, l'érection en baronnie de toutes ses portions de seigneurie. Il est mort à Vesoul le 11 février 1762, et y a été enterré dans l'église paroissiale. Il ne laissa que deux fils : Antoine-François, qui suit, Ignace-Pierre-Marie.

Ignace-Pierre-Marie Bernard de Montessus, appelé le chevalier de Montessus, né à Vesoul le 24 janvier 1743, mourut à Besançon le 18 avril 1811. Il fut chevalier de Malte et de Saint-Louis. Il avait eu pour parrain Ignace de Montgenet, chanoine de Vesoul, son oncle, et pour marraine Marie-Ursule Terrier de Pont, dame de Rupt, sa cousine germaine, que l'acte de baptême désigne à tort comme sa tante.

Le chevalier de Montessus avait eu en partage quelques propriétés à Vitrey et à Betonconrt, ainsi que le château et la portion des terre et seigneurie de Pisseloup qui venaient de son aïeule Jeanne-Guillemette de Pointe. Il émigra, et la Nation vendit une partie de ses propriétés, notamment le château de Pisseloup[57], qui fut acheté par M. Richard ; mais celui-ci s'empressa de traiter avec le chevalier de Montessus, qu'il désintéressa dès son retour en France.

En revenant d'émigration, le chevalier de Montessus put recouvrer quelques propriétés qui étaient restées invendues, les unes par oubli, les autres par spéculations concussionnaires ; puis il recueillit, dans la succession d'un parent éloigné, une terre dans le Charollais, qu'il vendit moyennant 120,000 livres, et du prix de laquelle il en acheta une en Suisse rapportant 6,000 livres. Il institua pour son héritier le marquis de Saint-Vendelin, auquel il laissa cette terre, ainsi que son mobilier et ses autres biens, à l'exception de ce qui va être dit.

Saint-Vendelin porte de gueules à deux bourdons d'or passés en sautoir.

Le chevalier de Montessus avait ramené d'émigration un jeune homme né en Bavière, nommé Joseph Rahab, qui passait pour son fils naturel, auquel il légua ses propriétés de Vitrey, Betoncourt et Pisseloup, notamment le Moulin-Rouge. Ce jeune homme s'était établi chez M. Bournond, chez lequel le chevalier de Montessus venait chaque année passer quelques semaines d'automne à Vitrey. Joseph Rahab mourut le 21 décembre 1813, déjà majeur, après avoir fait un testament par lequel il légua une pension viagère à sa mère, 8,000 fr. à M. le notaire Grossetête, beau-frère de M. Bournond, et fît celui-ci son héritier universel. M. Bournond racheta, moyennant 6,000 fr. payés comptant, la pension viagère de la mère.


19A. ANTOINE-FRANÇOIS BERNARD COMTE DE MONTESSUS, lieutenant-colonel d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, né à Vesoul le 23 octobre 1738, mort dans la même ville le 19 juillet 1793, eut pour parrain messire Jean-Antoine de Camus, marquis de Filain, président à mortier au parlement de Besançon, et pour marraine dame Jeanne-Guillemette de Pointe, son aïeule. Il épousa en 1769 Anne-Marie-Louise Jodrillat, âgée de seize ans, née à Paris, fille d'un financier intéressé dans la Ferme générale.

Antoine-François de Montessus, seigneur des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte, obtint en 1770, pour lui et ses descendants mâles, le titre de comte, sans l'attacher à aucune terre.

Il est remarquable qu'aucun des Montessus de Chauvirey ne soit entré à Saint-Georges, tandis que les branches de Bourgogne y entraient, même anciennement. Ceux de Chauvirey avaient des alliances qui ne leur permettaient pas d'y prétendre, notamment les plus récentes. Pointe, Chapuis, Camus, Montgenet.

Il y a lieu d'observer aussi que, bien que cette famille ait été alliée aux de Faulquier, aucune de ses branches ne descend d'eux[58], ni par conséquent des Chauvirey, puisque : 1° Marie-Beaune de Montessus n'a pas eu d'enfants de Jeanne de Bonneval, descendante de Catherine de Faulquier, femme d'André de Montessus ; 2° Louis descendait, aussi bien que son frère Marie-Beaune, d'une branche séparée de la tige avant qu'André eût épousé Catherine de Faulquier ; 3° enfin les Montessus de Rully et autres de Bourgogne, quoique de la même souche qu'André, ne descendent pas de lui, mais bien de son frère Philippe[59].

Antoine-François, qui n'avait point émigré, mourut à Vesoul dans les premières années de la Révolution. Afin d'éviter que ses biens fussent volés par les brigands qui s'appelaient alors la Nation, ses héritiers naturels étant émigrés[60], il institua sa femme son héritière universelle, mais en lui imposant confidentiellement la condition de ne se considérer que comme usufruitière, et de laisser après elle à ses parents de la ligne paternelle ce qu'elle tiendrait de lui, condition qu'elle a religieusement exécutée malgré les suggestions auxquelles elle a pu être en butte, mais que l'on n'osa pourtant jamais pousser bien loin, parce que la plupart du temps elle savait imposer silence dès les premiers mots.

Mme de Montessus avait reçu l'éducation la plus distinguée et en même temps la plus solide ; elle possédait une grande instruction et était fort lettrée, bien plus même que beaucoup d'hommes de son temps et de son rang ; elle avait un caractère élevé et l'esprit le plus vif et le plus aimable ; elle a peut-être été la dernière qui ait su tenir un château. Si l'on eut parfois à lui reprocher quelques légers travers, ils étaient le résultat de la servile et honteuse adulation de son entourage, parents, parasites et valets, adulation que du reste, il faut bien en convenir, elle avait la faiblesse d'autoriser, sinon de rechercher[61].

Elle institua son légataire particulier, pour tous les biens qui lui venaient de son mari, M. de Bernard de Montessus, comte de Rully, qui avait épousé une fille naturelle du duc de Bourbon, dernier prince de Condé. Le comte de Rully devait seulement, aux termes du testament, tenir compte aux héritiers de Mme de Montessus, en outre des reprises qu'ils avaient à exercer de son chef, de toutes les acquisitions qu'elle avait faites ou des sommes qu'elle avait dépensées pour l'agrandissement ou l'amélioration des propriétés de son mari ; puis elle institua ses héritiers universels ses petits-neveu et nièce Charles-Auguste Leroi de Lisa, et la sœur de celui-ci, Mme la marquise de Chérisey.

Chérisey porte coupé d'or et d'azur, l'or chargé d'un lion naissant de gueules armé, lampassé et couronné de même.

Anne-Marie-Louise Jodrillat, comtesse de Montessus, est morte à Vesoul le 20 janvier 1830[62].


20A. CHARLES-AUGUSTE LEROI DE LISA, né à Paris le 25 avril 1794, avait épousé en 1826 Alexandrine-Eléonore de Jacqüot d'Andelarre, qui mourut à Chauvirey le 31 août 1833, à l'âge de vingt-six ans, sans avoir eu d'enfants, et en instituant son mari son héritier universel.

Leroi de Lisa porte d'argent au chevron de gueules, accompagné en chef de deux merlettes de sable et en pointe d'un lion rampant de même, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or.

Jacqüot d'Andelarre porte d'argent à trois fleurs de violette au naturel tigées et feuillées de sinople, posées 2 et 1.

C.-A. Leroi de Lisa épousa en secondes noces, à Besançon, le 9 juillet 1839, Marie-Madeleine-Suzanne-Blanche Terrier de Loray, née à Poligny le 5 avril 1813, dont il a eu deux enfants : Charles-Marie-Jules, né à Besançon le 9 juillet 1839, et un autre fils mort en bas âge.

D'abord étudiant en droit, il entra en 1814 dans les gendarmes de la maison du Roi, qu'il accompagna en Belgique pendant les Cent-Jours, en 1815 ; lors du licenciement de la maison rouge<ref>On comprenait, sous cette appellation commune la compagnie des gendarmes, celle des chevau-légcrs, et les deux de mousquetaires. La devise de chacune d'elles était, pour les gendarmes : Quō jubet iratus Jupiter ; pour les chevau-lègers : Sensêre gigantes ; pour la première des mousquetaires (montée entièrement de chevaux gris, d'où leur dénomination) : Quō ruit et lethum ; pour la deuxième, (chevaux noirs) : Alterius Jovis altera teta. L'uniforme de ces quatre compagnies était rouge ; celui des quatre compagnies de gardes du corps était bleu ; celles-ci avaient une seule devise : Nec pluribus impar, et prenaient le pas sur les compagnies rouges. Les gardes de la porte (infanterie) avaient pour devise : Custodes regum antiquiores. La réunion de tous ces différents corps était connue sous la dénomination générale de MAISON MILITAIRE DU ROI ; les simples gardes avaient tous rang et insignes de lieutenant, et les grades, des sous-officiers et officiers suivaient la même progression. — Les frères du Roi avaient aussi des gardes du corps, comme le comte d'Artois pendant le règne de Louis XVIII. L'uniforme de ces compagnies était vert, et les gardes, de même que les officiers et sous-officiers, avaient un grade de moins que ceux de la maison du Roi — Avant la Révolution il y avait dans la maison du Roi une neuvième compagnie, celle des grenadiers à cheval, qui portaient aussi l'habit bleu. Les grades étaient les mêmes que dans les autres compagnies, et la devise : Undiquè terror undiquè lethum.</ref> il passa comme lieutenant dans le 6e régiment d'infanterie de la garde royale, puis plus tard comme capitaine dans un régiment de chasseurs à cheval ; il fit comme officier d'ordonnance du général de Bourmont la campagne d'Espagne de 1823, pendant laquelle il réussit à obtenir trois décorations : la croix de la Légion-d'Honneur et celles de Saint-Ferdinand et de Charles III d'Espagne. Il passa ensuite dans le 38e régiment de ligne, commandé par son beau-frère le brave et digne marquis de Chérisey, de si regrettable mémoire. Lorsque celui-ci prit le commandement du 2e régiment de la garde royale, M. de Lisa, déjà marié depuis plus de deux ans, quitta le service et se fixa près de sa tante.

Dès les premiers jours de la révolution de juillet 1830, il fut nommé maire de Vesoul, position que toutefois il ne put conserver longtemps. Il chercha plusieurs fois à se faire élire député, soit à Vesoul d'abord, soit ensuite à Jussey ; mais il ne put y parvenir, et se retira complètement à Chauvirey jusqu'au moment où de mauvaises affaires le contraignirent à vendre cette propriété comme toutes les autres. Il eut alors la bonne fortune d'obtenir la sous-préfecture de Toulon, et, à la suite d'un voyage que l'Empereur fit dans cette ville, il fut nommé officier de la Légion-d'Honneur ; mais peu après il fut destitué, sans pouvoir expliquer la cause de cette disgrâce. Il revint alors habiter, à quelques kilomètres de Poligny, une maison de campagne appartenant à sa femme, dans le village de Miéry, où il est mort le 23 octobre 1864.

Après la mort de Mme de Montessus, M. de Lisa avait acheté de M. de Rully la terre de Chauvirey et tout ce que celui-ci tenait du testament de cette dame. Par déférence pour ce qu'on lui disait avoir été dans les désirs de Mme de Montessus, M. de Rully se montra très accommodant et céda moyennant 650,000 fr. ce qui valait un million, et dont plusieurs marchands de biens lui offraient 800,000 fr. dans un but de spéculation. Sur cette somme le comte de Rully n'eut guère à toucher que 400,000 fr., le surplus du prix se trouvant absorbé par les droits que les héritiers avaient à exercer.

Ne voulant pas vendre la part qui lui était arrivée dans les biens propres de Mme de Montessus, il fut obligé de contracter tout d'abord un emprunt considérable, tant pour solder le prix de son acquisition que pour payer les droits de mutation et pour rembourser à sa sœur la portion qui lui revenait dans les reprises exercées. Mais les revenus de ses propriétés foncières étant loin de suffire au paiement des intérêts de cet emprunt et aux dépenses qu'entraînait la tenue de sa maison sur un grand pied, et sujette d'ailleurs à beaucoup de dilapidations, il fallut chaque année recourir à de nouveaux emprunts pour payer les intérêts des anciens ; voilà quelle fut la première cause de sa ruine, mais il y en eut encore une autre.

La liquidation de la succession de sa première femme l'avait amené à prendre un intérêt dans les affaires de son beau-frère, maître de forges à Tréveray, dans la Meuse. Voyant ses dettes augmenter de telle sorte qu'il prévoyait bien ne pouvoir plus y faire face dans un délai rapproché, il imagina de se relever au moyen de spéculations industrielles, et à cet effet il s'associa complètement avec son beau-frère, dont les affaires étaient déjà fort dérangées ; en peu d'années elles devinrent si mauvaises qu'il fallut déposer un bilan. Au milieu de circonstances aussi fâcheuses, M. de Lisa fut néanmoins assez heureux pour obtenir de ses créanciers un concordat[63] qui, au moyen de l'abandon de tous ses biens présents, le libéra complètement et à toujours ; en sorte qu'ayant recueilli plus tard une succession importante[64], il put la conserver tout entière, et se trouva ainsi pendant les dernières années de sa vie plus riche qu'il n'avait jamais été, et surtout beaucoup plus tranquille, se voyant complètement débarrassé des dettes dont il avait été constamment obéré.

Tous les biens que M. de Lisa possédait au moment de sa déconfiture furent donc vendus, et tout ce qui avait fait partie de l'ancienne terre de Chauvirey fut dépecé et adjugé en détail, morceau par morceau, en 1849 et années suivantes. Deux propriétés seulement, non susceptibles d'être détaillées, furent vendues en corps de fermes ; l'une d'elles, appelée le Moivre, fut achetée par M. Charles du Bouvot, dont le frère a aussi racheté la tuilerie de Chauvirey-le-Châtel et ses dépendances.

Le château, sans aucune autre propriété que les jardins y attenants, et sans qu'on puisse y rattacher un domaine rural, fut assez longtemps avant de trouver l'acquéreur qui l'a payé 37,000 fr.

Restaient les bois, en contenance d'environ 190 hectares, qui, ne pouvant être détaillés, se trouvèrent le morceau le plus difficile à vendre. Ils furent enfin cédés pour 120,000 fr., prix bien inférieur à leur valeur réelle, surtout si on le compare avec celui obtenu pour les bois de la succession Roussel, qui viennent d'être vendus récemment, comme on l'a vu ci-devant page 97[65].

Notes de bas de page[modifier]

  1. C'est le même que Vaucher dont il a été question au nombre VI, p. 52 ; N° de page de l’ouvrage original de 1865
  2. Hist. de la Maison de Vergy, aux Preuves, p. 267
  3. MM. les abbés Coudriet et Chatelet, qui l'appellent Jean II (voir à ce sujet la note au bas de la page 51 : N° de page de l’ouvrage original de 1865), et qui ont eu sans doute à leur disposition des documents plus complets, lui donnent pour femme une fille de Jean le Voigien d'Auxelle et d'Alix de Vy-Demangevelle, qui lui apporta en partie le fief de Saules et Grenant, dont sa fille Catherine et son gendre Jacquot d'Amoncourt affranchirent les habitants en 1426.
  4. Voir Moréri
  5. Recueil des armes et blasons de l'ancienne chevalerie de Lorraine
  6. Voir à la Bibliothèque de Nancy
  7. Page 36
  8. Voir la note de l’exemplaire de Husson l’Écossais à la Bibliothèque de Nancy.
  9. Généalogie de la Maison Du Châtelet, pp. 34, 39, 168, 196 et suivantes
  10. Ibid., pp. 36 et suivantes
  11. Ibid., pp. 68 et suivantes
  12. Histoire généalogique de la Maison de Vergy, pp. 249 et suivantes
  13. Hist. des Sires de Salins, t. I, pp. 144 et suivantes
  14. Aux Preuves, pp. 99, 284, 285 et 286
  15. Ibid., p. 99
  16. Hist. des Sires de Salins, t. I, p. 150
  17. Hist. du Comté de Bourgogne, t. III, pp. 106 et 107
  18. Hist. des Sires de Salins, 1.1, p. 79
  19. Philibert, père de Colart, avait hypothéqué ces terres, ainsi qu'il a été dit page 106 ; N° de page de l’ouvrage original de 1865.
  20. Voir au nombre 2, p. 39
  21. Page 196, et aux Preuves, pp. 284, 285 et 286
  22. Serait-ce là ce que MM. Coudriet et Chatelet (p. 416) appellent « avoir reçu le privilège de battre monnaie ? » Nicolas Du Châtelet avait essayé de s’arroger ce droit comme souverain de Vauvillers ainsi qui se qualifiait ; mais MM. Coudriet et Chatelet seraient bien embarrassés de dire quand et par qui ce privilège lui aurait été accordé, bien que dom Calmet dise (p. 196), mais sans en donner la preuve, que les Du Châtelet avaient ce droit. - Voir la Généalogie de la Maison Du Châtelet, pp. 202 et 203 ; aux Preuves, p. 107 ; — et Supplément aux Preuves, p.289.
  23. Généalogie de la Maison Du Châtelet, p. 203.— Cette statue avait été enlevée et brisée antérieurement à l'époque où écrivait dom Calmet. D'après cet auteur les morceaux en auraient été recueillis et conservés par un sieur Poisson, habitant de Vauvillers ; mais on ignore complètement ce qu'ils peuvent être devenus.
  24. On appelait terres de surséance celles dont la souveraineté, contestée entre divers souverains, était provisoirement laissée entre les mains des seigneurs des lieux jusqu'à ce que le litige fût terminé. Telle était notamment la condition des terres de Vauvillers, Fougerolles, Saint-Loup, etc., dont la souveraineté était revendiquée par le comte de Bourgogne et par le duc de Lorraine.
  25. Voir Moréri
  26. Hist. Des sires de Salins, t. 1, p. 202
  27. N° de page de l’ouvrage original de 1865
  28. On ne voit pas ce qui a pu engager MM. Coudriet et Chatelet à dire (p. 390) que Marguerite d'Haraucourt recueillit Chauvirey-le-Vieil comme héritière de Nicolas Du Châtelet ; il n'y avait entre elle et lui aucun lien de parenté, et d'ailleurs Nicolas Du Chatelet avait des enfants, notamment Erard, qui lui succéda, comme il a été dit à la page 112 ; N° de page de l’ouvrage original de 1865.
  29. Hist. du Comté de Bourgogne, t. II, p. 575.
  30. Mémoires historiques sur la Ville de Poligny, t. II, p. 353
  31. Généalogie de la Maison Du Châtelet, p. 109
  32. Aux archives du château de Chauvirey-le-Vieil
  33. Généalogie de la Maison du Châtelet, aux Preuves, p. 259
  34. MM. Coudriet et Châtelet, en parlant du dénombrement d'Humbert-Claude, disent (p. 390) que cet hommage de reprise fut adressé à François de Vergy, comte de Champlitte, ce qui paraîtrait impliquer que le fief aurait relevé de lui ; ils auraient dû ajouter, pour être dans le vrai, que François de Vergy avait reçu cet hommage comme représentant du roi d'Espagne en qualité de gouverneur du comté de Bourgogne. C'est ce même Humbert-Claude de Faulquier que MM. Coudriet et Châtelet (p. 188) accusent, d'après les mémoires de Frédéric Perrenot de Granvelle, comte de Champagney, d'avoir, au commencement de l'année 1595, livré par trahison le château de Chauvirey à Tremblecourt ou à son lieutenant. Cette accusation paraît d'autant plus dénuée de fondement qu'Humbert-Claude fut, le 15 décembre de cette même année, ainsi que ces messieurs le disent eux-mêmes (p. 189), nommé gouverneur de Jonvelle au nom du roi d'Espagne.
  35. Aux archives du château de Chauvirey-le-Vieil
  36. Ibid.
  37. Ibid.
  38. Ibid.
  39. C’est par erreur que MM Coudriet et Chatelet disent (p. 391) que Martin de Villers, acquéreur des biens de son beau-père, les remit au fils de celui-ci tandis que c'est à son gendre Orillard d'Aboncourt qu’ils furent cèdés par Marguerite de Faulquier, fille d'Humbert-Claude et belle-sœur de François Orillard, laquelle les avait achetés sur la folle-enchère de Martin de Villers. — Une expédition authentique du dénombrement du sieur Orillard se trouve aux archives du château de Chauvirey-le-Vieil. On en pourra voir la copie à la suite de la présente notice.
  40. Cette reprise de fief est rappelée dans la sentence de 1739, et on peut en voir le texte ci-après ainsi qu’il est dit à la fin de la note précédente.
  41. Archives du château de Chauvirey-le-Vieil. — On trouvera cette supplication à la suite de la présente notice.
  42. Histoire de l'Université du comté de Bourgogne, t. II, p. 150
  43. On ne peut s'empêcher de faire remarquer en passant avec quelle négligence était dressé cet état ; presque tous les noms d'hommes ou de lieux y sont inscrits de la manière la plus incorrecte ; plusieurs y sont défigurés au point d'être méconnaissables. Il en est de même dans presque toutes les généalogies que donne l'abbé de Billy dans ses deux volumes ; l'orthographe des noms propres y est plus défectueuse encore que celle du corps de l'ouvrage.
  44. Il est à remarquer toutefois que dans tous les actes émanant des autorités et des magistrats de la province, il n'est jamais question de lui que sous l'appellation de sieur d'Aboncourt. — MM. Coudriet et Chatelet, au contraire, le nomment constamment, de Faulquier, parce qu'ils l'ont pris réellement pour le fils d'Humbert-Claude, bien qu'ils reconnaissent (p. 209) qu'il se faisait appeler M. d'Aboncourt.
  45. MM. Coudriet et Chatelet parlent en différents endroits (notamment aux pages 224 et 245) de l'assassinat d'un seigneur de Chauvirey dont on ignore le nom, auquel cet Orillard d'Aboncourt aurait pris part ; il en est question aussi aux Pièces justificatives (pp. 525 et 526). — Mais on ne sait à quoi ni à qui cela peut se rapporter ; on n'a trouvé nulle part aucun indice d'un seigneur quelconque de Chauvirey qui ait été assassiné à cette époque. Aurait-il été question d'un habitant de ce lieu ? — En tous cas le sieur d'Aboncourt fut complètement lavé de cette accusation.
  46. N° de page de l’ouvrage original de 1865
  47. Aperçu succinct sur l'Ordre des chevaliers de Saint-Georges
  48. Page 19 ; N° de page de l’ouvrage original de 1865
  49. Husson l'Écossais (p. 229)
  50. Voir la sentence du 9 mai 1739 (f° 46), aux archives du château de Chauvirey-le-Vieil.
  51. N° de page de l’ouvrage original de 1865
  52. Sentence du 9 mai 1739 (f° 46)
  53. Ce grade équivalait en Espagne à celui actuel de général de division.
  54. Il sera rendu compte de ce procès à la suite de la présente notice.
  55. Il ne s'agissait au surplus, il est bon de le remarquer, dans cette division des parts de seigneurie, que des droits sur les communaux et sur les forains, et elle n'impliquait en rien la quotité des terres ou le nombre des sujets que chaque seigneur possédait, et qui variaient fréquemment par suite d'acquisitions ou d'aliénations.
  56. Voir la requête, de Christophe d'Augicourt, en date du 16 mars 1664, relative à ces portions de seigneurie, aux archives du château de Chauvirey-le-Vieil.
  57. Ce château appartient aujourd'hui à Mme Domet, fille de M. Richard.
  58. MM. Coudriet et Chatelet paraîtraient croire le contraire, d'après ce qu ils disent page 392.
  59. Voir la généalogie de cette famille dans l'Hist. de l'Université du comté de Bourgogne, t. II, p. 207
  60. La loi, fort habilement prévoyante, interdisait alors toute disposition testamentaire, si ce n'est entre époux, afin d'empêcher que l'on pût substituer des légataires capables de posséder aux héritiers naturels dont la position d'émigrés permettait de spolier les biens aussitôt qu'ils leur étaient dévolus.
  61. Elle avait conservé quelques-uns des préjugés de beaucoup de gens de son gens de son âge : elle n'a par exemple jamais pu pardonner à personne de se présenter chez elle en pantalon et en bottes ; elle considérait cette tenue comme celle de gens mal nés et mal élevés, et querellait souvent ceux à qui leur âge et leurs habitudes n'en permettaient pas d'autre.
  62. MM. Coudriet et Chatelet disent (p. 392) que cette dame a laissé une mémoire bénie de Dieu et des hommes. Cette double assertion n'indiquerait-elle pas que les habitudes adulatrices que Mme de Montessus autorisait de son vivant lui auraient survécu ? En ce qui regarde les hommes, il est de fait qu'elle fut bonne et charitable, mais dans la proportion de sa fortune, comme tous, et pas davantage ; il est de fait aussi qu'elle accueillait volontiers soit chez elle, soit à sa table, les gens qui passaient pour hôtes aimables ou pour bons convives. Quant à ce qui regarde la bénédiction de Dieu, on espère autant qu'on le désire qu'elle en ait joui immédiatement ; mais comme on ne sait pas trop à quels signes on peut le reconnaître depuis ce bas monde, l'on est bien forcé de s'en rapporter a cet égard à la parole de MM. Coudriet et Chatelet, que leur caractère de prêtres met naturellement plus avant que le vulgaire dans les confidences de Dieu, ce qui leur permet de délivrer ainsi des brevets de sainteté. Si l'on n'était retenu par cette considération, on se permettrait peut-être de dire que Mme de Montessus, à l'exception des deux ou trois dernières années, eut une vie très suffisamment mondaine, plus même que la plupart de ses contemporaines, et qu'elle dansait encore avec plaisir à soixante-quinze ans. On est loin toutefois de lui en faire un grief, et l'on ne fait cette observation que relativement à MM. Coudriet et Chatelet, qui ne seraient peut-être pas disposés à autant de tolérance à l'égard de beaucoup d'autres.
  63. Deux d'entre eux seulement s'y refusaient, et, pour obtenir leur consentement, Mme de Lisa fut obligée de les désintéresser intégralement sur sa propre fortune. — Il est à remarquer que l'un des deux était ce Roussel dit de Gressoux, dont il a été question ci-devant, et qui avait été un des hôtes assidus de M. de Lisa, auquel il ne cessait de faire les plus grandes protestations de dévouement et de reconnaissance tant qu'il lui avait paru dans la prospérité.
  64. Voir à ce sujet la Gazelle des Tribunaux du 31 juillet 1855
  65. no match[modifier]

    de page de l’ouvrage original de 1865

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