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La Terre de Chauvirey/Généalogie Faulquier 3

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Seconde branche des FAULQUIER La terre de Chauvirey Compte-rendu du procès





Troisième branche des FAULQUIER

Ils deviennent possesseurs du château de Vitrey

ses successeurs : LULLIER, SANTANS ET MATHEROT, RÉGENT, DU BOUVOT

Châteaux d’Ouge et de Chauvirey-le-Vieil


12C. CLAUDE III DE FAULQUIER DIT LE JEUNE, seigneur de Marrigny, des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte, eut en partage, suivant l'acte du 25 mai 1553, les terre et seigneurie de Marrigny, le quart de la seigneurie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, et le tiers de celles de Chauvirey-le-Vieil et la Quarte.

Il fut appelé le seigneur de Marrigny afin de le distinguer de ses frères, que l'on désignait sous les noms de seigneur de Chauvirey et seigneur de Vitrey. C'est de là que vint l'appellation de seigneurie de Marrigny attribuée aux diverses propriétés qui dépendaient de lui, et sous laquelle on a continué à les indiquer dans les divers terriers, titres et contrats.

Claude III avait épousé Catherine de Queinards, qu'il laissa veuve, il mourut sans postérité et institua ses héritiers, comme on l'a déjà dit, son frère Girard et ses deux neveux Humbert-Claude et Jean-François, fils de son frère aîné Claude II dit le Vieux. Le partage de sa succession eut lieu le 2 mai 1579.

Queinards portait de gueules à un canard essorant d'argent becqué et membre d'azur. C'était une famille considérable de Poligny ; plusieurs auteurs prétendent même qu'elle était une branche de la maison de Poligny[1], mais sans en apporter de preuves.

Claude III fut inhumé dans le chœur de l'église de Chauvirey-le-Châtel ; la tombe qui le recouvrait a été déplacée et employée, comme plusieurs autres, à paver à neuf l'église il y a quelques années. On les a, pour cet usage, taillées de nouveau, et les inscriptions qu'elles portaient ont disparu ou se trouvent tournées contre terre ; cependant on peut encore, sur l'une de ces pierres, lire ou deviner le seul mot : MARIGNY.


13C. HUBERT-CLAUDE DE FAULQUIER, dont il est question au nombre 13A, page 121[2], recueillit comme héritier de Claude III, seigneur de Marrigny, un seizième des terre et seigneurie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, et un douzième de celles de Chauvirey-le-Vieil et la Quarte. Il vendit le tout, par acte du 26 août 1580, à Claude de Chauvirey, qui ne conserva que peu de temps cette acquisition, et la céda, moyennant une somme de 10,000 fr., au sieur Guillaume Lullier, par acte du 11 octobre 1589.


14C GUILLAUME LULLIER, docteur es droits, seigneur de Vaivre, Preigney, etc., fils de noble Barthélémy Lullier, sieur de Preigney, qui lui avait aussi laissé le fief du Bouvot acquis en 1558 de Claude II de Faulquier[3], acheta, sur décret, le 16 juillet 1587, la portion de la succession de Claude III de Faulquier, seigneur de Marrigny, qui était arrivée à Jean-François de Faulquier ; puis il acheta, comme on vient de le dire, par acte du 11 octobre 1589[4], de Claude de Chauvirey, la portion de la même succession qui avait appartenu à Humbert-Claude de Faulquier, et il se trouva réunir ainsi le huitième de la seigneurie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, et le sixième de celles de Chauvirey-le-Vieil et la Quarte.

Lullier portait d'argent à l'olivier de simple arraché, à deux branches passées en sautoir.

Cette famille, originaire de Morey, fut anoblie par Charles-Quint. Une tante de Guillaume avait épousé Antoine d'Orsans.

Guillaume Lullier, par l'acte du 11 octobre 1589, avait aussi acheté de Claude de Chauvirey « le quart des dismes de Ceintrey et terres de la Rochelle et les censés qu'il avoit à Preigney, le tout dépendant du fief de monseigneur François de Vergy, chevalier de la Toison-d'Or, comte de Champlitte, etc. etc., lieutenant-général et gouverneur du comté de Bourgogne. » L'acte de vente qui contient cette déclaration dit au contraire que Chauvirey relève du roi comme duc et comte de Bourgogne.

La reprise de fief de Guillaume Lullier eut lieu au château de Gray, le 13 décembre 1589, entre les mains dudit seigneur de Vergy, comme représentant du roi pour ce qui regardait Chauvirey, et en son nom personnel comme seigneur de fief, pour ce qui concernait Cintrey, la Rochelle et Preigney[5].

Il acquit encore, le 8 décembre 1590, de Marguerite Du Châtelet et de son fils Anne baron de Chauvirey, héritier universel de Claude de Chauvirey, mort depuis environ six mois, le quart de la seigneurie de Béthoncourt-sur-la-Mance, provenant de N... Du Châtelet, seigneur de Deuilly. Cette portion est déclarée, dans l'acte, relever du fief de l'abbaye de Cherlieu. La reprise de fief eut lieu « le 7 janvier 1591, devant la grande porte de Cherlieu, entre les mains du sieur Étienne Fusey, de Saint-Marcel, tabellion-général au comté de Bourgogne, chastelain ès terres et seigneuries de l'abbaye Notre-Dame dudit Cherlieu, et des sieurs vénérables religieux et couvent dudit Cherlieu, par maître Jehan Goudard, de Morey, notaire, procureur spécial de noble Guillaume Lullier, etc. [6] »

Ce fut Guillaume Lullier qui fit bâtir le château actuel d’Ouge.

G. Lullier épousa : 1° Jeanne Sonnet vers 1578 ; 2° Isabeau Dard. Il n'eut de cette dernière que deux enfants, Eléonore, mariée à Jacques de Montrichard, et un fils, Claude-François, mort jeune, et que Labbey de Billy appelle Jean. Mais il avait eu de sa première femme sept enfants, dont quatre fils, savoir : Jean[7], qui suit, Humbert, Georges et Adrien, qui moururent encore enfants.

Jeanne Sonnet mourut à Vesoul en 1587, de contagion de peste, est-il dit dans l'acte de criée de vente sur décret du 4 juin 1587[8].

Les trois filles de G. Lullier et de Jeanne Sonnet furent : Eléonore, mariée à Claude de Cordemoy, dont la fille unique épousa Claude Labbey, seigneur d'Autrey, quadrisaïeul de Labbey de Billy, auteur de l'Histoire de l'Université de Besançon, et de Labbey de Pompierre, député sous la Restauration, dont la petite-fille a épousé Me Odilon Barrot ; — Anne, mariée à François Hugon, de Gray ; — Jeanne, qui testa le 18 avril 1637 en faveur de son mari Nicolas de Montgenet.

Labbey portait d'argent au sautoir de simple.

Devise : SINE LABE.

Hugon d'Augicourt porte de gueules à la bande ondée d'or accompagnée de deux aiglettes d'argent.

Cette famille, originaire de Gray où elle exerçait des charges de magistrature, entra au parlement en 1618. Labbey de Billy la fait plus ancienne et plus noble qu'elle n'est réellement. Elle ne se trouve plus représentée aujourd’hui que par deux frères qui, bien que mariés depuis plus de vingt-cinq ans, n'ont d'enfants ni l'un ni l'autre. L'aîné a pris le nom et le titre de comte de Poligny, sa mère étant la dernière descendante de cette illustre maison.

Poligny portait de gueules au chevron d'argent.

Ancien adage : PRUDENCE DE POLOIGNY.

M. Hugon d'Augicourt, comte de Poligny, dans un ouvrage publié il y a quelques années sous ce titre : la Franche-Comté ancienne et moderne, accuse, et avec toutes sortes de raisons, Labbey de Billy d'avoir fait plus de gentilshommes que le roi de nobles ; toutefois il ne doit pas en vouloir beaucoup à ce bon chanoine, notre ancien professeur d’histoires, qui a fort généreusement traité la famille Hugon, tout en réservant pour la sienne propre une part suffisante de sa bienveillance, afin sans doute de se conformer au précepte qui veut que : « Charité bien ordonnée commence par soi-même. »


15C. JEAN LULLIER, seigneur de Morey, Preigney, Chauvirey, etc., épousa Jeanne-Baptiste de Faletans[9], dont il eut un fils, Claude-François, qui suit, et une fille, Anne-Baptiste, qui épousa Guillaume Matherot, de Dole.

Faletans portait de gueules à l'aigle d'argent.

Devise : UNE FOIS FALETANS.

Ancien adage : MÉNAGE DE FALETANS.

Cette famille, originaire de Salins, était connue dès le 13e siècle[10] ; elle entrait à Saint-Georges, et avait de grandes alliances ; elle est aujourd'hui entièrement éteinte. Le dernier marquis de Faletans intenta, il y a quelques années, un procès à MM. Garnier, de Dole, auxquels il voulait faire quitter le nom de Faletans ; mais il perdit ce procès, MM. Garnier ayant prouvé que, dès avant la Révolution, ils portaient déjà ce nom en vertu d'un fief qu'ils possédaient dans la terre de Faletans. Ils ne peuvent cependant pas s'appeler simplement de Faletans, mais ils doivent faire précéder ce nom de fief de leur nom patronymique, et s'appeler Garnier de Faletans.

Jean Lullier était mort avant 1619.


16C. CLAUDE-FRANÇOIS LULLIER, seigneur de Morey, Preigney, Chauvirey et autres lieux, était mineur lorsque son père mourut, ainsi que cela résulte du dénombrement[11] donné, le 6 avril 1619, par Georges Chevillet, de Raucourt, en qualité de tuteur datif de Claude-François Lullier, fils de Jean Lullier.

Claude-François Lullier fut d'abord avocat au parlement de Dole, puis conseiller en 1632, et enfin président en 1653[12]. Il épousa Françoise de Santans, et, n'en ayant pas d'enfants, il fonda le couvent des Bénédictins de Morey, commencé en 1657 et terminé seulement en 1702. Ce monastère était sous l'invocation de S. Servule ; les bâtiments appartiennent aujourd'hui à la congrégation des religieuses du Cœur-Immaculé de Marie, qui y tiennent un pensionnat.

Santans portait d'argent à la croix ancrée de sable.

Cette famille était ancienne et considérée ; elle est éteinte, aussi bien que celle de Lullier.

Claude-François Lullier mourut en 1660 et fut inhumé dans l'église des Bénédictins de Mont-Roland, où sa veuve, qu'il institua par testament son héritière universelle, lui fit ériger un mausolée sur lequel était sa statue en marbre. Il avait pris le grade de docteur étant encore très jeune, et, quoique fort riche, il pratiqua assidûment le barreau ; il jouit constamment d'une grande réputation soit comme avocat habile et instruit, soit comme magistrat, et eut toujours une grande influence sur sa compagnie ; il passait pour très adroit à ramener les autres a son sentiment, et affectait une grande simplicité. On prétend (mais cela est-il bien vrai ?) que ce fut lui qui indiqua la manière de dresser le testament du dernier seigneur de Rye, marquis de Varembon, qui avait épousé une dame de la maison de Cusance. Le marquis de Varembon légua à celle-ci ses terres du comté de la Roche-Saint-Hippolyte, de Villersexel et d'Orchamps-en-Vennes, et la fit au surplus son héritière universelle. Elle accepta le legs purement et simplement, et la succession sous bénéfice d'inventaire, et par ce tour de... pratique conserva ces belles terres dont les créanciers de son mari tentèrent inutilement de la dessaisir. Mais ne serait-ce pas là une habileté de procureur plutôt qu'un conseil de magistrat ? L'anecdote suivante paraît plus convenir au caractère du président Lullier. Le fils d'un procureur, qui venait d'acheter la terre de Menotey où plusieurs membres du parlement possédaient des fonds, présenta requête à la cour pour obtenir permission de renouveler ses terriers et en faire faire reconnaissance. Le président Lullier l'ayant rencontré le jour même, lui dit : « Vous avez présenté requête pour renouveler vos terriers de Menotey ; j'y ai quelques fonds qui vous doivent des poules et autres droits ; amenez chez moi le notaire qui doit vaquer à cette opération ; il vous sera avantageux de voir en tête de vos rentiers la reconnaissance d'un président de Bourgogne. »

Françoise de Santans institua son héritier universel Alexandre-Ignace de Santans, et mourut avant 1676, ainsi qu'il résulte d'un jugement de la justice de Chauvirey du 24 mars de cette année[13]. Al.-Ig. de Santans[14], ne laissa qu'une fille, Claude-Françoise, mariée à messire François-Bernard Espiard de Saulx, président au parlement, dont la fille unique épousa, en 1730, Marie-Jules Terrier, marquis de Mailleroncourt, président au parlement, chargé de relever nom et armes de Santans ; c'est de lui que descendent MM. Léonce et Eusèbe Terrier de Santans, dont il a été le bisaïeul.


16C bis. ANNE-BAPTISTE LULLIER, sœur de Claude-François, ne se décida que tard à se marier, alors qu'elle vit son frère sans espoir de postérité. Elle épousa Guillaume Matherot, de Dole, moins âgé qu'elle de plusieurs années, et qui devint, en 1679, conseiller au parlement.

Matherot porte de gueules au coq d'or ayant la patte droite en l'air et la gauche posée sur une boule aussi d'or.

Guillaume Matherot et sa femme restèrent copropriétaires des terres et seigneuries de Morey, Preigney, Chauvirey, etc., d'abord avec Claude-François Lullier[15], puis avec Françoise de Santans, sa veuve et son héritière, et enfin avec Alexandre-Ignace de Santans.

Guillaume Matherot eut d'Anne-Baptiste Lullier un fils, Claude-François, né le 13 juin 1654, qui fut conseiller au parlement de Besançon, en 1693, sur la résignation de son père.

Claude-François Matherot acheta par contrat du 26 avril 1686 tout ce qu'Alexandre-Ignace de Santans possédait dans les terres et seigneuries de Morey, Preigney, Chauvirey-le-Châtel, Chauvirey-le-Vieil, Vitrey, Ouge et la Quarte ; puis, par acte du 26 mars 1687, Guillaume et Claude-François Matherot père et fils vendirent, moyennant 12,000 livres, à François-Salomon Régent, seigneur du Bouvot, tout ce qui leur appartenait dans les terres et seigneuries des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte. Ils ne conservèrent ainsi que la portion de seigneurie qu'ils possédaient à Morey, et qui fut aussi vendue plus tard, et les château et terre de Preigney, qui appartenaient encore à leur descendance au moment de la Révolution.


17C. FRANÇOIS-SALOMON RÉGENT, seigneur de Semmadon et du fief du Bouvot, qu'il avait acheté, en 1680, de Guillaume Matherot, possédait en outre d'assez grandes propriétés sur Chauvirey-le-Vieil, Chauvirey-le-Châtel et Vitrey, lorsqu'il acquit, en 1687, le huitième des terres et seigneuries de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey et Ouge, et le sixième de celles de Chauvirey-le-Vieil et la Quarte. Il habita dès lors le château d'Ouge, qui faisait partie de cette acquisition. Il n'eut qu'une sœur, Jeanne-Claudine, qui épousa Claude Normand, juge à Traves.

François-Salomon Régent, né en 1754, eut pour première femme Claude-Baptiste Roz, fille de noble Pierre Roz, seigneur de Pierre, conseiller-maître à la cour des comptes de Dole.

Régent a eu pour armoiries d'azur à trois besants d'argent posés 2 et 1.

Roz avait de gueules à la croix d'argent cantonnée de quatre étoiles de même.

F.-S. Régent n'eut de sa première femme qu'une fille, Claude-Oudette-Xavière, mariée, en 1699, à Jean-Baptiste Bavoux, docteur es droits, seigneur de Larray. Avant son mariage, étant assez gravement malade, elle avait testé en faveur de son père par acte du 5 octobre 1692, passé en sa demeure à la Loge[16], propriété qui lui venait de sa mère. Devenue veuve et n'ayant pas d'enfants, elle se retira à Gray, où elle possédait une maison que son mari lui avait léguée. Sous l'influence d'un prêtre intrigant, elle fit de longs procès à son père, essayant de revenir sur une donation qu'elle lui avait faite, comme elle prétendait aussi revenir sur les conventions de son contrat de mariage, dans lequel elle avait renoncé à tous droits sur la succession de son père, au moyen soit de l'abandon qu'il lui faisait de l'usufruit à lui légué par sa femme, soit des sommes qu'il avait payées à la décharge de celle-ci, soit encore des avantages faits par lui à sa fille dans ce même contrat de mariage, et d'une somme de 8,600 livres qu'il lui avait payée en vertu de deux traités d'accord. Elle se réconcilia pourtant avec son père vers les dernières années de la vie de celui-ci, et entretint ensuite d'assez bonnes relations avec sa belle-mère et ses frères et sœurs consanguins, qu'elle fit comprendre dans une affiliation à l'ordre des Chartreux, obtenue par elle en date du 29 avril 1725. L'influence dangereuse à laquelle elle s'était abandonnée n'en alla pas moins toujours en augmentant, et on lui subtilisa peu à peu la meilleure partie de sa fortune. Puis elle disposa encore en faveur du clergé du peu qui lui restait au moment de sa mort. Dans un acte de 1723, elle est dite veuve de M. de Larray, capitaine de carabiniers.

Bavoux portait d'azur au pélican d'argent avec sa piété de même ensanglantée de gueules dans un nid d'argent fretté de sable.

Cette famille était la même que les Bavoux de la Rochelle, dont le dernier, Jean-Claude Bavoux, capitaine d'infanterie, seigneur de la Rochelle, a été le bisaïeul de Mme Terrier de Santans. Il avait épousé Jeanne-Marguerite Mathieu. Les Bavoux étaient originaires de Champlitte, où ils eurent cinq docteurs en médecine de père en fils.

François-Salomon Régent prit pour seconde femme, en juillet 1690, suivant contrat de mariage passé à Besançon le 22 dudit mois, Dlle Jeanne-Marguerite Cortot, née à Montarlot, où elle fut baptisée, le 19 juillet 1672, par le révérend Philippe de Mérode, prieur de l'ordre de Cîteaux. Elle était fille de noble Claude-François Cortot, d'abord page du duc de Lorraine, puis lieutenant de cavalerie, et de Dlle Françoise d'Hérard (de Herrera), qu'il avait épousée à Madrid, où son régiment était en garnison.

François-Salomon Régent et Jeanne-Marguerite Cortot furent parrain et marraine, en décembre 1701, de François-Salomon d'Ambly et, en mars 1702, de François-Salomon de Montessus. Celui-ci, né à Vitrey le 2 février précédent, fut baptisé à Ouge, dont le château était alors la propriété de ses parrain et marraine, pour la mémoire desquels il se montra dans la suite fort peu reconnaissant.

F.-S. Régent mourut en son château d'Ouge, à l'âge de soixante-huit ans, le 8 mars 1723, et fut inhumé le surlendemain dans l'église de Chauvirey-le-Châtel, dans la chapelle des Trois-Rois, qui était la sienne, comme on le voit dans un arrêt du parlement de Besançon[17]. Sa tombe se trouvait placée sous son banc seigneurial, qui appartient aujourd'hui à l'un de ses descendants, M. du Bouvot de Chauvirey, dont il a été le trisaïeul. Lorsqu'on a refait, il y a environ vingt ans, le pavé de l'église, cette tombe a disparu sans que M. du Bouvot en eût été averti, et on n'a pu savoir depuis si elle a été brisée ou employée comme dalle en la retournant ou en la bouchardant, comme on a fait pour plusieurs autres. Partout ailleurs qu'à Chauvirey-le-Châtel il y aurait lieu de s'étonner de l'inintelligence et du sans-gêne inqualifiables avec lesquels on a agi dans cette occasion ; ce qu'il y a de certain c'est que quand M. du Bouvot a été instruit fort tardivement de cette disparition, il n'a pu obtenir de qui que ce soit le moindre renseignement.

Jeanne-Marguerite Cortot, morte à Chauvirey-le-Vieil le 1er novembre 1759, âgée de quatre-vingt-neuf ans, y a été inhumée dans le chœur de l'église paroissiale.

Par testament olographe du 24 août 1722, publié à Vesoul le 16 mars 1723, F.-S. Régent, après avoir fait un certain nombre de fondations et de legs pieux, légua à sa femme l'usufruit de la totalité de ses biens pour tout le temps de sa viduité, réduisit sa fille Catherine- Françoise à sa légitime à prendre sur ses biens anciens de Chauvirey et de Vitrey, et non ailleurs. Quelques difficultés s'étant élevées sur l'exécution de ce testament, elles furent tranchées, par une transaction à la date du 29 avril 1728, à la satisfaction de toutes les parties. Catherine-Françoise eut la moitié du fief du Bouvot et une portion notable des biens anciens, en sorte qu'elle obtint beaucoup plus que la légitime qui lui revenait, et Edme-Philippe eut tout le surplus de la succession. Quoique à peine âgé de vingt-un ans, il se montra, dans cette transaction, aussi accommodant que désintéressé, de même qu'il fut ensuite pendant toute sa vie très généreux et très bon pour sa sœur et son beau-frère, ainsi que pour leurs enfants.


18C. EDME-PHILIPPE RÉGENT, seigneur haut-justicier de Chauvirey-le-Vieil, coseigneur haut-justicier des terre et baronnie de Chauvirey-le-Châtel, Vitrey, Ouge et la Quarte, seigneur de Semmadon, naquit au château d'Ouge le 20 mars 1708, et mourut à Jussey le 23 août 1791. Il eut pour parrain Edme-Philippe de Minette, seigneur présomptif[18] de Pierrefaite et autres lieux, et pour marraine sa sœur Catherine-Françoise.

Minette porte d'or au lion de gueules vestu d'un fretté de même.

Cette famille s'appelle aujourd'hui Minette de Beaujeu ; mais il ne faudrait pas la confondre avec l'ancienne maison de Beaujeu, éteinte au commencement du 18e siècle[19].

Beaujeu portait burelé d'argent et de gueules de dix pièces.

Devise : A TOUT VENANT BEAUJEU.

Edme-Philippe Régent vendit son château d'Ouge à François-Salomon Bernard de Montessus, et alla demeurer au Bouvot, où il possédait une habitation qui n'existe plus aujourd'hui[20] ; puis il fit bâtir le château de Chauvirey-le-Vieil, qu'il n'a quitté qu'au moment où les troubles révolutionnaires et les violences exercées contre lui lors du premier pillage de son château le déterminèrent à se retirer à Jussey, où il mourut bientôt.

I1 reprit de fief le 18 février 1741, et donna son dénombrement le 17 novembre 1752.

Par acte en date à Besançon du 23 décembre 1738, il termina au moyen d'une transaction amiable les difficultés qui allaient donner lieu à un procès entre lui et MM. de La Fontaine, relativement à son fief du Bouvot. Cette transaction fut rappelée et confirmée dans l'acte d'échange passé, le 19 janvier 1757[21], entre MM. de Montessus et Régent, qui se cédèrent réciproquement divers droits seigneuriaux, et dans lequel M. Régent déclara se désister de l'opposition par lui formée à l'érection en baronnie, qui avait eu lieu en 1740, des portions de seigneuries que possédait M. de Montessus.

Edme-Philippe Régent devint seul seigneur à Chauvirey-le-Vieil, par suite d'un échange fait avec F.-S. Bernard de Montessus, le 26 septembre 1757[22]. Il céda divers droits et la propriété de quarante-huit arpents de bois sur la Quarte à M. de Montessus, qui lui céda en contre échange toute sa part de seigneurie à Chauvirey-le-Vieil, ainsi que la propriété de la Grange appelée la Brûlée. Il prêta de nouveau foi et hommage au roi, en 1761, pour les portions de seigneuries qui faisaient l'objet des échanges des 19 janvier et 26 septembre 1757; puis il reprit de fief encore une fois, le 10 janvier 1777, à l'occasion du joyeux avènement du roi.

Il avait cédé, par acte du 16 janvier 1755[23], une partie de ses seigneuries à son beau-frère François-Vincent Faivre du Bouvot.

Il céda aussi à son neveu Claude-Antoine-Vincent Faivre du Bouvot, d'abord par acte du 14 mars 1762[24], les portions de seigneuries qu'il avait acquises par l'échange du 26 septembre 1757, puis ensuite par donation entre vifs à la date du 19 janvier 1773[25], toutes ses seigneuries des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte. Enfin par son testament en date à Jussey du 12 janvier 1791, il institua ce même neveu son héritier universel, et mourut le 23 août de la même année sans avoir été marié.

Edme-Philippe Régent eut, pendant sa longue vie, à soutenir un certain nombre de procès soit contre les sujets de ses terres, soit contre ses co-seigneurs, et aussi souvent qu'il le put il les termina par des transactions dans lesquelles il abandonnait quelquefois des droits très clairs, comme dans celle avec MM. de La Fontaine, à la date du 23 décembre 1738, relativement à son fief du Bouvot. Mais trop souvent aussi il se vit obligé de défendre, devant les tribunaux, ses droits attaqués par des gens plus riches, plus titrés, plus en crédit que lui, qui voulaient profiter de ces avantages pour le spolier, et qui, dans ce but, s'unissaient même parfois contre lui, bien que se supportant d'habitude très difficilement entre eux et ne s'épargnant pas le plaisir de plaider l'un contre l'autre chaque fois qu'ils en pouvaient trouver ou faire naître l'occasion.

Il n'eut pas toujours à se louer des lumières et de l'intégrité de ses juges. L'arrêt du parlement de Metz du 9 juin 1790 qui a attribué au territoire de Chauvirey-le-Châtel celui du Bouvot, le canton des Efforêts et une partie du bois de Charomont, n'est que le résultat de la plus révoltante iniquité ; il a été rendu contrairement au plus simple bon sens, aux preuves les plus évidentes, aux titres les plus nombreux et les plus clairs, aux plans les plus décisifs, aux droits les mieux acquis. Ce procès d'ailleurs aurait dû naturellement être jugé au parlement de Besançon ; mais M. de Montessus, habitué à la bienveillance des juges de Metz, l'avait fait porter au parlement de cette ville en vertu d'un committimus[26].

Aussi ne saurait-on s'élever assez contre la faveur au moyen de laquelle on parvenait trop souvent à enlever les justiciables à leurs juges naturels pour les appeler, à grands frais, devant des tribunaux éloignés, dans des villes où ils étaient inconnus et où ils ne connaissaient personne.

Mais le procès le plus important auquel Edme-Philippe Régent eut à prendre part, et dont l'objet et la cause paraîtraient aujourd'hui bien futiles, fut celui commencé en 1735 entre les quatre seigneurs de la terre, sur lequel intervint la sentence du bailliage de Vesoul du 9 mai 1739, et qui ne fut entièrement terminé que par l'arrêt confirmatif du parlement de Metz rendu le 10 janvier 1742 ; car cette fois déjà M. de Montessus avait, en vertu d'un committimus, fait porter l'appel à ce parlement. On trouvera ci-après le compte-rendu de ce procès.


18C bis. CATHERINE-FRANÇOISE RÉGENT, née à Ouge le 17 août 1702, morte à Besançon le 6 janvier 1787, épousa le 2 mai 1724 noble François-Vincent Faivre, écuyer, lieutenant de dragons, né à Vesoul le 24 mars 1703 ; leur contrat de mariage fut passé au château d'Ouge le 1er mai 1724, et parmi les témoins se trouvait Jean-Pierre Bernard de Montessus.

François-Vincent Faivre eut du chef de sa femme la moitié du fief du Bouvot, dont il porta dès lors le nom ; puis par acte du 16 janvier 1755, son beau-frère Edme-Philippe Régent lui céda une portion de la seigneurie des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte. Il assista à la bataille de Fontenoy, où il fut blessé d'un coup de sabre en plein visage. Il est mort le 20 janvier 1766.

Faivre du Bouvot porte d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles d'argent et en pointe d'une colombe de même tenant au bec une branche d'olivier de sinople.


I. Cette famille est originaire de Vesoul ; le premier dont on ait connaissance est Claude Faivre, qui avait épousé Guyonne Desmolins. Ils eurent, entre autres enfants, deux fils, Jacques et Claude, celui-ci baptisé à Vesoul le 26 octobre 1587.


Il appert d'un acte reçu de Renaudin, notaire, le 11 octobre 1688, que Claude fut d'abord familier à Vesoul, et ensuite chanoine depuis la translation du chapitre de Calmoutier en l'église paroissiale de Vesoul sous l'invocation de S. Georges, translation à laquelle il avait particulièrement travaillé.


II. Jacques Faivre, baptisé à Vesoul le 19 juillet 1578, docteur en médecine, épousa Anne Flory, dont il eut quatre enfants : Claude-François, Jean, Jacques, Barbe.


III. Noble Claude-François Faivre, baptisé à Vesoul le 3 août 1619, fut conseiller du roi[27] en la maîtrise des eaux et forêts. Il avait épousé d'abord Marguerite Simard, dont il eut un fils, Jean-Claude ; puis il épousa en secondes noces Dlle Françoise Jacquinot, de Quingey, dont il n'eut pas d'enfants ; leur contrat de mariage est du 28 août 1661.


IV. Noble Jean-Claude Faivre, baptisé le 22 octobre 1648, conseiller d'épée au présidial de Vesoul, épousa Jeanne Willequez, dont il eut, entre autres enfants, Jean-Antoine. De deux quittances, l'une du dernier mars 1670, signée de Claude Lyautey, receveur des familiers, l'autre du 20 juillet 1673, signée de J. Sauvestre, prêtre familier, il résulte que Jean-Claude était héritier pour un quart de Claude Faivre, chanoine, son grand-oncle.


V. Noble Jean-Antoine Faivre, baptisé le 15 juin 1673, fut reçu le 4 janvier 1696 docteur en médecine en l'Université de Besançon, et devint en 1698 conseiller d'épée au présidial de Vesoul. Il obtint à cet effet des lettres de dispense d'âge en date du 8 mars de ladite année. Il acquit, le 27 août 1719, de M. Dusillet, l'office de conseiller-auditeur en la Chambre des comptes de Dole ; ses provisions sont en date du 9 février 1720, et il fut reçu en ladite Chambre le 9 mars suivant. Il obtint le 22 juin 1740 ses lettres d'honneur, qui furent enregistrées en la Chambre des comptes le 31 janvier 1741. Il est mort le 26 novembre 1754.

Jean-Antoine Faivre épousa, en 1699, Anne-Elisabeth Guillot, fille de noble Pierre Guillot, professeur royal en médecine à l'Université de Dole, et petite-fille de Claude Guillot, également professeur en la même Université, anobli par l'empereur Ferdinand III. Anne-Elisabeth avait deux frères, noble Vincent Guillot, prieur et curé de Jonvelle, et noble Claude Guillot, seigneur de Vannes, vicomte-mayeur de la ville de Dole. Elle était nièce de Constance Guillot, mort prieur des Bénédictins de Faverney, après l'avoir été à Luxeuil et à Besançon, et auteur de deux manuscrits que possède la Bibliothèque de Vesoul, dont l'un contient l'histoire de l'abbaye de Luxeuil, et l'autre celle de l'abbaye de S. Vincent à Besançon.

Guillot portait d'azur à trois quilles d'or posées 2 et 1, au chef de sable cousu et bastille.

Lorsque l'Université de Dole fut transférée à Besançon, Pierre Guillot se disposait à l'y suivre ; mais la ville de Dole, ne voulant pas perdre un citoyen aussi distingué, en qui l'on avait la plus grande confiance et qui avait gagné l'estime universelle, députa près de lui pour le prier de ne point abandonner ses concitoyens, qui réclamaient la continuation de ses soins, et lui offrit un plat d'argent sur lequel étaient gravées les armes de la ville, les siennes et la prière qu'on venait lui adresser ; il se rendit à ce vœu et renonça à sa place.

Jean-Antoine Faivre et Elisabeth Guillot eurent six enfants, dont quatre moururent en bas âge ; les deux autres furent François-Vincent, dont il est question dans cet article, et Jeanne-Elisabeth, morte le 28 juillet 1777, sans avoir été mariée.


VI. François-Vincent Faivre du Bouvot, seigneur des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte, et Catherine-Françoise Régent eurent pour enfants :

1° Jeanne-Marguerite-Constance, baptisée le 23 octobre 1725, morte à l'âge de dix-huit mois ; elle eut pour parrain et marraine son aïeul paternel et son aïeule maternelle.

2° Jean-Philippe, baptisé le 26 janvier 1727, qui eut pour parrain Edme-Philippe Régent, et pour marraine Dlle Jeanne-Elisabeth Faivre, ses oncle et tante. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il avait déjà pris la tonsure lorsqu'il entra à dix-sept ans comme aspirant, dans le bataillon d'artillerie de Valenceau qui était alors en garnison à Besançon ; puis il servit dans différents corps tant en Espagne qu'en France, et assista à un certain nombre de batailles ou de combats dans lesquels il reçut plusieurs blessures, dont deux très graves. Il devint lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis, commandant du quartier des Pamplemousses et ensuite de celui de la Rivière-Basse, à l'Ile-de-France, position qu'il conserva jusqu'à la Révolution. C'est dans cette île qu'il avait épousé Mlle Petit, dont il n'eut pas d'enfants. Il y est mort le 16 mars 1802.

3° Claude-Antoine-Vincent, qui suit.

4° Hector-Louis-Joachim, né et baptisé le 23 février 1730. Il eut pour parrain Louis-Hector de Bertillac, capitaine de cavalerie, et pour marraine dame Louise-Hector de Mailly, marquise de Listenois-Bauffremont.

Bertillac porte de sable au pal d'argent.

Hector-Louis-Joachim entra chez les Jésuites en 1745, y prit la prêtrise, et y devint professeur de philosophie à Vesoul ; fut ensuite chanoine familier de Vesoul, curé de Villers-sur-Port en 1764, de Chauvirey-le-Vieil en 1774, et d’Osselles en 1785. Chassé de cette dernière cure par la Révolution et par suite de son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut d'abord déporté en 1792 ; puis rentré en France en 1795, il erra dans les montagne en remplissant les fonctions du saint ministère ; mais il fut bientôt obligé de se réfugier en Suisse. Il rentra une seconde fois en France en 1797, fut arrêté après le 18 fructidor, retenu cinq mois prisonnier au château de Rochefort, puis enfin déporté à l'île de Ré, où il est mort à l'hôpital le 10 décembre 1799.

5° Denis-Antoine, né le 9 août 1731 et baptisé plusieurs mois après à Montigny-sur-Vingeanne. Il eut pour parrain Denis-Auguste marquis de la Tour-du-Pin-la-Charce, baron de Montigny, et pour marraine dame Antoinette de Choiseul, marquise de la Tour-du-Pin-la- Charce. Il est mort à l'âge de seize ans, en 1747, sous-lieutenant au régiment de Condé-infanterie.

La Tour-du-Pin porte de gueules à la tour d'or crénelée, senestrée d'un avant-mur, maçonnés de sable.

6° Claude-Maurice, né le 22 septembre 1734. Il avait embrassé l'état religieux dans l'ordre de S. Bernard, et il est mort à Morimond en 1755, asphyxié par la vapeur du charbon qu'il avait eu l'imprudence de laisser dans sa chambre pendant une nuit très froide.

7° Charles-François, né le 31 décembre 1735, qui eut pour parrain M. Charles Guillot de Vannes, cousin germain de son père, et pour marraine Mme Talbert de Nancray. Il fut religieux bernardin de l'ordre de Cîteaux, et il est mort le 3 janvier 1784, prieur de l'abbaye de Rosières près d'Arbois.

Talbert porte d'argent à l'arbre arraché de simple.

On voit avec regret que cette honorable famille, qui a marqué dans la magistrature parlementaire, dans les lettres et dans le clergé, est près de s'éteindre, son dernier représentant déjà avancé en âge ne s'étant pas marié.

8° Jeanne-Marguerite-Constance, née le 21 septembre 1739, dont les parrain et marraine furent son aïeul paternel et son aïeule maternelle. Elle mourut à l'âge de neuf ou dix ans, à Gray, chez sa tante Claude-Oudette Régent, dame Bavoux de Larray,

9° Charles-Marie, né le 4 novembre 1740. Il entra en avril 1764, comme lieutenant en second, dans le régiment de Chartres-infanterie, dont le vicomte de la Tour-du-Pin-la-Charce était colonel. Il est mort à Dunkerque des suites de l'opération de la pierre, le 31 janvier 1768.


19C. VII. CLAUDE-ANTOINE-VINCENT FAIVRE DU BOUVOT, écuyer, seigneur des Chauvirey, Vitrey, Ouge et la Quarte, né à Vesoul le 1er décembre 1728, mort à Chauvirey le 12 janvier 1812, eut pour parrain noble Vincent Guillot, prieur et curé de Jonvelle, son grand-oncle paternel, et pour marraine dame Claude-Oudette Régent, dame Bavoux de Larray, sa tante maternelle.

Il entra d'abord au noviciat des Jésuites à Avignon, puis fut professeur d'humanités en leur collège de Lyon. Il quitta cette compagnie en novembre 1752, étudia en droit, et fut reçu avocat le 6 septembre 1753. Il remplit pendant quelques années la place de procureur du roi au nom de M. Jean-François Lyautey, aïeul de sa femme ; puis il devint conseiller au parlement de Franche-Comté par lettres-patentes données à Paris le 25 février 1778, et membre de l'Académie de Besançon le 5 janvier 1785, sans avoir brigué cet honneur.

Il épousa, le 7 mars 1763, Mlle Jeanne-Claire Prévost, née à Gray le 24 février 1746, morte à Besançon le 11 novembre 1816. Elle était fille unique de M. Pierre-Joseph Prévost, lieutenant particulier au bailliage et présidial de Gray, et de dame Jeanne-Antoine Lyautey, dont le père, Jean-François Lyautey, était procureur du roi en la maréchaussée du comté de Bourgogne, et l'aïeul, Claude-Étienne Lyautey, était lieutenant-général criminel ès bailliage et siège présidial de Vesoul.

Prévost portait de gueules au chevron d'argent accompagné de cinq étoiles de même, deux en chef et trois en pointe, posées 1 et 2.

Lyautey porte d'azur à la foi d'or, en fasce, surmontée d'un soleil de même et accompagnée en pointe de trois quintefeuilles d'argent posées en fasce.

Cette famille était la même que celle des Lyautey de Colombe et de Genevreuille.

Jeanne-Antoine Lyautey épousa en secondes noces M. Pierre-François Guéritot de Courcelles, ancien capitaine de cavalerie au régiment de Grammont, chevalier de Saint-Louis, son cousin, dont elle n'eut pas d'enfants. Elle est morte à Vesoul le 24 mai 1792, âgée de soixante-seize ans, et M. de Courcelles est mort dans la même ville en juillet 1800.

Cl.-An.-Vin. Faivre du Bouvot fut, le 8 juin 1788, par suite des journées des 8 et 9 mai précédent, exilé a Osselles, où il demeura jusqu'au rappel du parlement, qui eut lieu le 18 octobre de la même année, et la rentrée le 22. Depuis la dissolution totale de la magistrature en 1790, il est resté du très petit nombre des membres de sa compagnie qui n'ont point fait liquider leurs offices, dont l'État est ainsi resté le débiteur, et dont cependant la loi du 27 avril 1825 a négligé d'ordonner le remboursement.

Cl.-An.-Vin. Faivre du Bouvot était trop homme de bien et magistrat trop distingué pour n'être pas spécialement persécuté par la Révolution. Il fut enfermé le 9 septembre 1792 dans la maison des ci-devant Grands-Carmes, en sortit le 4 novembre suivant, fut repris le 7 avril 1793, conduit au séminaire jusqu'en juillet ; remis le 16 août au séminaire, de là au pensionnat du collège, d'où il partit le 24 octobre, avec ceux de ses collègues et les autres habitants qui depuis longtemps partageaient le même sort, pour Dijon, où il fut d'abord déposé dans la maison de détention ci-devant les prisons du Palais, puis transféré le 19 décembre au ci-devant Refuge, d'où il ne sortit que le 3 novembre 1794. La mort de Robespierre et la fin de la Terreur étaient arrivées fort à propos pour lui et pour plusieurs de ses collègues destinés à être envoyés à Paris pour y mourir sur l'échafaud. De retour à Besançon, le 6 novembre, il fut repris, lui cinquième[28], à minuit, pour être conduit dans la prison militaire dite de Saint-Martin, où il resta détenu jusqu'au 6 décembre suivant. Repris une cinquième fois, en mars 1795, comme prévenu de correspondance avec un de ses fils émigrés[29], il fut mené pardevant le juge de paix d'Orchamps-en-Vennes, d'où au bout de quelques jours il fut enfin rendu à la liberté.

Il quitta Besançon le 21 avril 1803, pour se retirer à Chauvirey, d'où il n'est plus sorti jusqu'au moment de sa mort, arrivée le 12 janvier 1812.

Cl.-An.-Vin. du Bouvot et J.-C. Prévost eurent un grand nombre d'enfants, dont la plupart sont morts en bas âge ; ceux qui ont survécu furent :

1° Marie-JosephElisabeth, qui suit.

2° Jeanne-Françoise, née le 29 août 1771, morte le 8 août 1791.

3° François-Irénée-Emmanuel, né le 1er janvier 1776. Il eut pour parrain messire Irénée comte de Sonnet, seigneur d'Auxon, et pour marraine dame Françoise Bavoux, dame de la Rochelle, Charmes, etc., épouse de M. Lyautey, écuyer, seigneur de Genevreuille, receveur des finances du comté de Bourgogne. Il se destinait à l'état ecclésiastique lorsque la Révolution le décida à étudier les mathématiques dans le but d'entrer dans l'artillerie. Il émigra en juin 1791 pour suivre son frère aîné ; puis il reprit sa première vocation, fit son séminaire à Fribourg, où il reçut le diaconat, se retira peu de temps après à Constance, puis à Augsbourg, où il allait recevoir la prêtrise lorsqu'il mourut le 13 janvier 1800.

4° Catherine-Vincent, née le 12 juillet 1778, morte à Fontainebleau en 1859. Elle eut pour parrain M. Ebaudy de Rochetaillée, lieutenant-général au bailliage de Vesoul, et pour marraine Mme Catherine-Ignace de Lalle, épouse de M. Desprez, capitaine d'infanterie au régiment de Savoie et chevalier de Saint-Louis. Elle épousa, le 30 octobre 1800, à Besançon, M. Edme-Marie Roslin de Lémont, qui fut pendant la Restauration inspecteur général des forêts et domaines de S. A. R. le comte d'Artois, et ensuite intendant général de S. A. R. le duc de Bordeaux, et, qui mourut à Fontainebleau en 1857. De ce mariage étaient nés deux fils, dont l'aîné est mort en 1836, à l'âge de trente-cinq ans, sans avoir été marié. Il avait été, sous la Restauration, inspecteur des forêts et chasses de la Couronne, d'abord à Rambouillet, puis à Fontainebleau. Le second a été sous-lieutenant au 4e régiment de chasseurs à cheval, et a quitté le service à la révolution de 1830 ; il n'a pas d'enfants, quoique marié depuis plus de trente ans.

5° Pierre-Antoine-Marie, né à Besançon le 24 mars 1783. Il eut pour parrain M. Claude-Pierre Seguin, conseiller au parlement, et pour marraine Mme Thérèse-Antoinette Benoist d'Anrosey, douairière de M. Seguin de Jallerange, aussi conseiller au parlement. Il partit en février 1802 pour aller rejoindre à l'Ile-de-France son oncle Jean-Philippe, qui était mort depuis dix-mois lorsqu'il y arriva le 8 janvier 1803. Il se décida à rester dans cette île, et il y épousa N… . Letellier[30], dont il eut plusieurs enfants, parmi lesquels une seule fille lui survécut ; elle est morte sans avoir été mariée.

6° Jean-Emmanuel, né à Besançon le 23 août 1785. Il entra comme engagé volontaire, en mars 1804, dans le 8e hussards, commandé alors par 1e général baron Marulaz ; il fit la campagne de 1805 contre l'Autriche, et les suivantes contre la Prusse et la Russie, assista aux batailles d'Iéna, Lubeck, Eylau, et allait être fait sous-lieutenant lorsqu'il fut tué, le 8 juin 1807, dans une affaire d'avant-garde sur la rive droite de la Passarge, six jours avant la bataille de Friedland, qui termina la campagne.


20C. VIII. MARIE-JOSEPH-ÉLISABETH FAIVRE DU BOUVOT, écuyer, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis et de la Légion-d'Honneur, membre de l'Académie de Besançon et du Conseil général du département du Doubs, etc. etc., né à Vesoul le 2 février 1769, mort a Besançon le 7 novembre 1830, eut pour parrain M. Joseph Lyautey, son grand-oncle maternel, et pour marraine Dlle Jeanne-Elisabeth Faivre, sa grand tante paternelle.

Après avoir étudié le droit[31], il entra dans l'artillerie, et quitta la France dès le commencement de la Révolution ; il servit à l'armée des princes, puis à celle de Condé jusqu'au dernier moment. Rentré en France en septembre 1800, il remplit à Besançon plusieurs fonctions gratuites, comme administrateur des hôpitaux, des prisons, du bureau de bienfaisance, etc. En 1814 il reprit du service et entra dans les gardes du corps de S. A. R. MONSIEUR comte d'Artois. Nommé chevalier de Saint-Louis le 9 février 1815, il fut reçu par S. A. R. Monseigneur le duc de Berry le 22 avril suivant. Il accompagna le roi et les princes en Belgique pendant les Cent-Jours, et ne rentra en France qu'avec eux ; puis il quitta le service en 1816 lors du licenciement d'une partie de la maison militaire, du roi. Il fut adjoint au maire de Besançon, chef d'escadron commandant la garde nationale à cheval, membre du Conseil général et de l'Académie, et en dernier lieu conseiller de préfecture. Dès les premiers jours du mois d'août 1830, il s'empressa de donner sa démission de toutes les places qu'il occupait.

Il avait épousé, le 17 janvier 1802, Dlle Anne-Charlotte-Eugénie Maire de Boulignez, née le 18 janvier 1774, morte le 26 février 1806 et inhumée dans l'église de Miserey, où reposent aussi les divers membres de sa famille. Son époux, mort au commencement de la révolution de 1830, a voulu être inhumé dans le cimetière de cette église. Anne-Charlotte-Eugénie était la fille aînée[32] de messire Charles-Thérèse-Joseph-Xavier Maire de Boulignez, ancien seigneur de Boulignez, Montdoré, Hurecourt, Ranzevelle, Bourbévelle, Corre, etc., ancien conseiller au parlement de Besançon et depuis président à la cour royale de cette ville, et de dame Marie-Desle Terrier de Ranzevelle. Cette dame était fille unique et la dernière descendante de la branche aînée de la famille Terrier, quoique Labbey de Billy dise le contraire. Il fait de Jean, auteur de cette branche, le second fils de François Terrier, tandis qu'il en était bien réellement le fils aîné, et cependant Labbey de Billy avait entre les mains tous les titres qui se trouvaient en la possession du président de Boulignez, tout précisément parce qu'il avait épousé l'héritière de la branche aînée ; ces titres avaient été demandés en communication au président de Boulignez par le marquis Terrier de Santans. Ceci prouve une fois de plus combien les fabricants de généalogies apportent quelquefois de légèreté ou de complaisance dans la manière dont ils étudient ou interprètent les actes qu'ils ont à consulter.

Maire de Boulignez portait d'or au pélican de sable avec sa piété de même ensanglantée de gueules, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent.

Cette famille, qui est aujourd'hui complètement éteinte, avait ce que l'on appelle des armoiries parlantes ; en effet, le pélican avec sa piété indique la qualité de mère, et l'on sait qu'en blason on ne tient pas compte de l'orthographe pour ces sortes de jeux de mots.

C.-T.-J.-X. Maire de Boulignez eut deux frères, dont l'un, capitaine du génie et chevalier de Saint-Louis, après avoir servi à l'armée du prince de Condé, entra au service du roi de Prusse et y devint général major du génie et commandeur du Mérite militaire ; il n'a pas laissé de postérité, quoiqu'il ait été marié. Le second fut d'abord sous-lieutenant du génie ; puis il embrassa l'état ecclésiastique, et fut, avant la Révolution, chanoine de l'illustre chapitre métropolitain de Besançon et vicaire général de ce diocèse et de celui de Lausanne pendant la Révolution ; puis sous la Restauration il fut chanoine et vicaire général à Besançon. Il est mort en 1846, âgé de quatre-vingt-neuf ans, et faisant ses héritiers universels ses deux petits-neveux, Alphonse et Charles du Bouvot ; il fut le dernier de son nom.

C.-T.-J.-X. Maire de Boulignez était fils de Jean-Baptiste-François Maire de Boulignez, conseiller au parlement de Besançon, et petit-fils de Charles-Henri-Joseph Maire, seigneur de Montdoré, conseiller à la Cour des comptes de Dole.

Terrier porte de gueules à trois gerbes d'or 2 et 1.

Marie-Desle Terrier de Ranzevelle était fille unique de Jean-Baptiste Terrier, seigneur de Ranzevelle et de Corre, capitaine de carabiniers ; c'est lui qui a fait bâtir le château actuel de Ranzevelle. Il eut deux frères Gaspard, seigneur de Pont, dont il a été parlé page 156[33], et Alexandre, mort sans postérité. Il était fils de Jean Terrier, seigneur de Pont, et de Marguerite Aymonnet, fille de Jean-Georges Aymonnet, seigneur de Contréglise et de Ranzevelle, et de Charlotte Salivet. Jean Terrier seigneur de Pont et de Ranzevelle, était fils de Gabriel Bernard Terrier et d'Anne Roland de Pont. Jean Terrier, trisaïeul de Mme de Boulignez, était frère aîné de Claude Terrier, cinquième aïeul de Marie-Antoine-Charles-Suzanne marquis Terrier de Santans. Jean-Claude était fils de François Terrier, seigneur de Ranzevelle, maire et vicomte-mayeur de Vesoul en 1593, capitaine et gouverneur militaire de la ville pendant le siège de Tremblecourt, et de Marie Baressol, d'une ancienne famille noble de Vesoul portant le titre de baron.

La famille Terrier s'était divisée en quatre branches dans 1’ordre suivant : celle de Pont, éteinte ; — celle de Ranzevelle, éteinte dans la famille de Boulignez ; — celle de Montciel, dont le dernier mâle, Antoine-Réné-Marie marquis de Montciel, fut ministre d'État du roi Louis XVI, chargé du département des affaires étrangères. Il eut deux sœurs, Marie-Antoinette, chanoinesse comtesse de Neuville, et Marie-Félicité, mariée à messire Georges-Simon Vaulchier, marquis du Deschaux, à la famille duquel elle porta tous les biens de sa branche tant de son chef que par l'effet du testament de son frère. — Celle de Mailley, subsistant aujourd'hui dans MM. Terrier de Santans et Terrier de Loray.

M.-J.-E. Faivre du Bouvot eut à partager la succession de son père avec ses frère et sœur, et ne put ainsi conserver qu'une partie des propriétés dépendantes de l'ancienne seigneurie des Chauvirey et autres lieux. Il eut, tant pour le préciput que lui assurait le testament de son père que pour sa part héréditaire, le château de Chauvirey-le-Vieil avec ses dépendances et tout ce qui s'y rattache comme convenance, le domaine du Bouvot, les bois, la ferme de la Noue-Jean-de-Bussières, et quelques autres propriétés éparses ; il possédait déjà, par donation de son aïeule Catherine-Françoise Régent, la maison d'habitation qui avait appartenu à celle-ci à Chauvirey-le-Vieil, et diverses propriétés tant dans cette commune qu'au Bouvot. Il racheta de sa sœur Mme de Lémont la ferme de la Brûlée, dont il fit planter en bois à peu près la moitié, c'est-à-dire 25 hectares, en 1827, environ cent vingt ans après son défrichement et sa mise en culture par suite du dépérissement de la forêt qui l'avait couverte antérieurement, et dont il ne restait plus que des vestiges lors de l'acensement, sous condition de mise en culture, dont l'acte est à la date du 20 janvier 1703. D'autres fermes sur les Chauvirey et sur la Quarte ainsi que le grand moulin de Chauvirey-le-Châtel furent depuis rachetés par ses fils ; tout le reste a été vendu en détail à diverses reprises.

M.-J.-E. n'eut que deux fils : Marie-Antoine-Alphonse, né le 7 décembre 1802, et Jean-Charles-Marie-Jean-Baptiste, né le 21 décembre 1804, pour lesquels il fut le meilleur et le plus dévoué des pères, comme il avait été le meilleur des fils ; les regrets qu'il leur a laissés, et que le temps même n'affaiblit pas, n'égaleront jamais l'amour qu'il eut pour eux.

  1. Mém. hist. sur la ville de Poligny, t. II, p. 304
  2. N° de page de l’ouvrage original de 1865
  3. Archives du château de Chauvirey-le-Vieil
  4. Cet acte énonçait, par erreur, comme faisant partie de la vente la part qui était arrivée à Girard de Faulquier.
  5. Archives du château de Chauvirey-le-Vieil. — On peut voir cette reprise de fief ci-après.
  6. Ibid.
  7. Labbey de Billy (t. II, p. 197) a confondu les enfants des deux femmes de Guillaume Lullier, en donnant pour père de Claude-François, deuxième du nom, Jean, fils d'Isabeau Dard, au lieu de Jean, fils de Jeanne Sonnet. — Voir aux archives du château de Chauvirey-le-Vieil la sentence de collocation du 7 janvier 1602.
  8. Ce qui n'empêche pas Labbey de Billy de la faire mourir seulement vers 1590. -— Cet acte du 4 juin 1587 se trouve aux archives du château de Chauvirey-le-Vieil.
  9. L'abbé Guillaume commet une erreur (Histoire des Sires de Salins, t. II, p. 150) en donnant Jeanne-Baptiste comme fille de Guillaume de Faletans et femme de Claude-François Lullier, tandis qu'elle était réellement fille de Jean de Faletans et sœur de Guillaume, et qu'elle épousa Jean Lullier, et fut mère de Claude-François.
  10. Histoire des Sires de Salins, t. II, p. 137
  11. Le mémoire de MM. de La Fontaine, en citant ce dénombrement, dit y avoir découvert la mention d'un Claude-François Lullier, qu'il indique comme oncle de celui dont il s'agit et qui n'a jamais existé.
  12. Il n'y avait encore à cette époque qu'un seul président qui était chef de la compagnie ; ce ne fut que plus tard qu'il y eut un premier président, après que Louis XIV ayant augmenté le nombre des conseillers créa trois charges de président à mortier.
  13. Sentence du 9 mai 1739 (f° 21.) —Archives du château de Chauvirey-le-Vieil.
  14. MM. de La Fontaine, dans le mémoire déjà cité, commettent encore une erreur à l'occasion d'Al.-Ig. de Santans, qu'ils disent avoir épousé une Lullier, tandis, au contraire, que c'est un Lullier qui avait épousé une Santans. Al.-Ig. de Santans épousa Anne-Thérèse Privey, dame d'Auxange et de Lavans. Quelle confiance pourrait-on avoir dans un écrit qui contient à chaque page de ces sortes d'erreurs, tantôt volontaires et intéressées, tantôt résultant de l'ignorance, de l'inattention ou du manque d'intelligence ?
  15. Ainsi qu'il résulte d'un terrier de 1651 au profit de ladite Anne-Baptiste Lullier, femme de M. Matherot. — Archives du château de Chauvirey-le-Vieil.
  16. Commune de Germigney
  17. F° 246 du registre des arrêts de la Tournelle civile de 1745 à 1747
  18. Il est dit ainsi dans l'acte de baptême auquel assistait le père du parrain, Philippe-César de Minette de Raye, seigneur de Pierrefaite.
  19. Hist. du comté de Bourgogne, t. m, p. 148.— Guillaume de Beaujeu, grand-maître du Temple, mourut glorieusement dans une bataille livrée contre les Sarrasins en 1297, pendant le siège de Saint-Jean-d'Acre.
  20. Le Bouvot se composait alors de cette habitation et de ses dépendances, de deux fermes et du moulin.
  21. Cet acte a été passé devant Me Vauthier, notaire à Vesoul, et la transaction avec MM. de La Fontaine a élé reçue par Me Colin, notaire à Besançon.
  22. Acte reçu par Me Vaignedroye, notaire à Vesoul.
  23. Acte reçu Me Vauthier, notaire a Vesoul.
  24. Acte reçu par Me Boch, notaire à Dole.
  25. Par acte reçu Me Vaignedroye, notaire à Vesoul.
  26. C'était un acte du bon plaisir du roi en vertu duquel celui à qui on l'octroyait avait le droit de faire évoquer tous ses procès devant telle cour de justice qu'il lui plaisait et de les soustraire ainsi à leurs juges naturels. Diverses fonctions, et notamment toutes celles d'officiers de la maison militaire du roi, donnaient droit à l'obtention d'un committimus.
  27. Ce fut cette charge qui lui donna la noblesse.
  28. Les quatre autres furent MM. Terrier, d'Olivet, Bourgon et l'avocat Lange.
  29. François-Irénée-Emmanuel
  30. De la même famille que les Letellier de Louvois.
  31. I1 avait fait ses premières études au collège Mazarin (aujourd'hui le palais de l'Institut), ou il passa sept ans. - On appelait aussi cet établissement le collège des Quatre-Nations, parce que, postérieurement à sa fondation par le cardinal Mazarin, il avait été affecté spécialement à l’éducation des fils de gentilshommes appartenant aux quatre provinces récemment réunies à la France, Alsace, Flandre, Franche-Comté et Lorraine.
  32. Elle eut, en outre de plusieurs frères et sœurs morts en bas âge, trois sœurs mariées : la première à M. de Bommarchant; la deuxième a M. Alviset, et la troisième à M. Bourgon.
  33. N° de page de l’ouvrage original de 1865