La Troisième République française et ce qu’elle vaut/40

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CHAPITRE XL.

Il semble donc qu’un général victorieux de la Révolution, s’il est bien avisé, prendra son parti de recevoir la qualification d’esprit médiocre avec autant de philosophie qu’il en pourra éprouver et mettra de côté l’idée de faire le Vespasien, le Constantin ou le Théodose. Il déposera immédiatement le premier rôle entre les mains de tel personnage qui aura déjà autour de lui un parti tout fait et pouvant espérer quelque chose de durable, je ne dis pas, je ne dis nullement le réaliser. Malheureusement, un des partis conservateurs arrivant aux affaires, ne peut se dispenser d’alliances avec ceux qui auront souffert et combattu pendant la période de luttes. Le bienfaiteur militaire aura une tâche honorable, mais difficile pour concilier tous les intérêts dont il aura également sauvé l’essentiel ; il sera un modérateur indispensable ; il est fort à craindre que, dans son rôle, agissant avec l’impartialité la plus incontestable, la sagacité la plus fine, il n’ait pas bientôt choqué tout le monde et appelé sur sa tête l’ingratitude universelle. Mais cette conclusion le regarde. Le général Monk devenu duc d’Albemarle ne manqua pas de s’en voir assaillir, mais en prenant son parti, il s’accommoda d’une retraite opulente. Les embarras privés intéressent moins quand il se traite des satisfactions générales. Laissons les victimes des variations publiques se tirer d’embarras comme elles l’entendront, et considérons seulement ce qui importe ici :

Qu’il s’efface ou ne s’efface pas, le général n’aura pas changé la nature du parti royaliste, ni celle des libéraux, ni celle des sceptiques, ni celle de personne, ni assurément éteint, en l’écrasant, le parti démocratique ardent à reprendre ses menées, de sorte qu’au sortir de sa victoire, la France se retrouvera dans la position où elle est aujourd’hui et aussi organiquement malade, si elle ne trouve pas une ressource suprême. D’un seul parti, il n’a pas encore été question dans ces pages, c’est celui de l’Empire. Au premier aspect, son bagage ne paraît pas contenir la panacée désirable.