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La Vénus des aveugles/Donna m’apparve

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La Vénus des AveuglesAlphonse Lemerre, éditeur (p. 27-28).

DONNA M’APPARVE


« Sopra candido vel cinta d’oliva
Donna m’apparve, sotto verde manto,
Vestita di color di fiamma viva. »
Dante, Purgatorio, canto trentesimo.


Lève nonchalamment tes paupières d’onyx,
Verte apparition qui fus ma Béatrix.

Vois les pontificats étendre, sur l’opprobre
Des noces, leur chasuble aux violets d’octobre.

Les cieux clament les De Profundis irrités
Et les Dies iræ sur les Nativités.


Les seins qu’ont ravages les maternités lourdes
Ont la difformité des outres et des gourdes.

Voici, parmi l’effroi des clameurs d’olifants,
Des faces et des yeux simiesques d’enfants,

Et le repas du soir sous l’ombre des charmilles
Réunit le troupeau stupide des familles.

Une rébellion d’archanges triompha
Pourtant, lorsque frémit le paktis de Psappha.

Vois ! l’ambiguïté des ténèbres évoque
Le sourire pervers d’un Saint-Jean équivoque.