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La Verdure dorée/La chaleur tout le jour a rougi le vignoble

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La Verdure doréeÉditions Émile-Paul frères (p. 173).

CVII


La chaleur tout le jour a rougi le vignoble
Et j’étais seul avec ces tulipes d’octobre
Dans la chambre où jadis chantèrent mille oiseaux.
Je lève maintenant le store de roseaux ;
Le double volet vert sur la muraille claque.
Le soleil a plongé dans le soir d’écarlate
Comme une abeille en or dans un coquelicot ;
Et la lune déjà, comme un jaune escargot,
A quitté la colline et glisse au ciel d’automne.
Ce n’est plus vous, vous qui m’aimiez au premier tome,
Hélas ! ce n’est plus vous, cette nuit, qui viendrez
Appuyer sur mes yeux votre visage frais…
Croyez que le mot frais n’est pas là pour les rimes ;
J’abandonne ces pirouettes puériles
(Qu’hier encore j’exécutais ivre d’azur
Facile) pour pleurer avec tristesse sur
Les pauvres hommes que nous sommes, si nous sommes
Car il est dans mon cœur, car il est dans les saules
Un oiseau de cristal que j’écoute gémir
Sous l’ombre bleue, un rossignol, un souvenir…