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La Vie nouvelle/Commentaires/Chapitre XLII

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La Vita Nuova (La Vie nouvelle) (1292)
Traduction par Maxime Durand-Fardel.
Fasquelle (p. 206-207).


CHAPITRE XLII


Oltre la sfera che più larga gira

Ce sonnet comprend en lui-même cinq parties.

Dans la première, je dis dans quel endroit va ma pensée en nommant cet endroit dans quelqu’un de ses effets. Dans la seconde, je dis pourquoi elle y monte, et qui l’y pousse. Dans la troisième, je dis ce qu’elle y voit c’est-à-dire une femme honorée. Et je l’appelle un esprit voyageur, parce qu’elle va là-haut en esprit voyageur, qui est hors de sa patrie. Dans la quatrième, je dis qu’elle la voit telle, c’est-à-dire dans une telle condition, que je ne peux le comprendre, c’est-à-dire que mon esprit monte dans sa condition à un tel degré (d’élévation) que mon intelligence ne peut le comprendre : attendu que notre intelligence n’est à ces âmes bénies que ce que nos yeux sont au soleil, comme le dit Aristote dans le deuxième chap. de la Métaphysique. Dans la cinquième partie, je dis que si je ne puis voir là où m’emmène ma pensée, c’est-à-dire à une telle hauteur, du moins, je comprends ceci : que telle est la pensée de ma Dame, puisque je la sens dans ma propre pensée.

Et puis à la fin de cette cinquième partie, je dis : mes chères dames, pour donner à entendre que c’est bien à des femmes que je m’adresse. La deuxième partie commence à : une nouvelle intelligence… la troisième à : quand il est arrivé… la quatrième à : il la voit si grande… la cinquième à : je sais qu’il parle…

On pourrait encore diviser ce sonnet plus subtilement pour le faire mieux comprendre : mais on peut se contenter de ces divisions, et je ne m’en occupe pas davantage.