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Contes et fables/La Vitesse et la force

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Traduction par Ely Halpérine-Kaminsky.
Contes et fablesLibrairie Plon (p. 93-94).


LA VITESSE ET LA FORCE

HISTOIRE VRAIE


Une fois, une locomotive était lancée à toute vitesse sur la voie ferrée ; juste sur son chemin, se trouvait un chariot attelé d’un cheval.

Un moujik traversait la voie, mais son cheval ne pouvait tirer le chariot parce qu’une roue de derrière était tombée.

Le charretier cria au mécanicien : « Arrête ! »

Mais le mécanicien n’obéit pas.

Il comprit que le cheval n’avait pas la force de traîner le chariot, et que l’animal ne pouvait ni reculer ni avancer.

Il n’arrêta pas, mais au contraire lança à toute vapeur la machine, qui heurta le chariot.

Le moujik s’écarta.

La machine lança le cheval et le chariot sur le côté de là voie, et passa quand même.

Le mécanicien dit alors au charretier :

— Nous n’avons tué qu’un cheval et cassé qu’un chariot ; mais si je t’avais écouté, nous serions tous morts, nous et les voyageurs.

Allant à toute vitesse, nous avons rejeté le chariot sans ressentir de secousse ; tandis que si nous avions ralenti, nous aurions déraillé.