La constitution essentielle de l’humanité/9

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APPENDICE


I

SUR L’OUVRAGE INTITULÉ : Les Ouvriers européens.

La première édition a paru en 1855. L’auteur y décrit, dans les moindres détails, la condition de trente-six familles d’ouvriers. Il insiste sur les rapports qui unissent chacune d’elles aux classes supérieures de la société ; et il déduit de ces faits les caractères distinctifs des principales constitutions sociales de l’Europe.

L’ouvrage comprend trois parties : une introduction avec un exposé de la méthode d’observation propre à l’auteur ; un appendice résumant les principales conclusions ; un Atlas comprenant trente-six monographies de familles d’ouvriers.

L’ouvrage, soumis au jugement de l’Académie des sciences de Paris, a été apprécié par une commission composée de MM. Bienaymé, Boussingault, Ch. Dupin, de Gasparin et Mathieu. Le savant rapporteur, M. Ch. Dupin, a bien voulu signaler le plan suivi par l’auteur comme un modèle de méthode ; et il a exprimé le vœu que des observations conçues dans le même esprit fussent étendues à toutes les contrées. Il a proposé, au nom de la commission, d’accorder à l’auteur le prix de statistique fondé par M. de Montyon ; et il a terminé son travail par les réflexions suivantes :

« Les développements dans lesquels nous avons cru devoir entrer montrent le cas que nous faisons de l’ouvrage dont nous rendons compte à l’Académie. Ce travail est nouveau par son point de vue, par ce son ensemble, par son esprit mathématique à l’égard des faits constatés ; par l’esprit de modération avec lequel les idées propres à l’auteur sont présentées, soit à titre d’explications, soit à titre de conséquences. »

Le prix de statistique a été décerné à l’auteur, dans la séance publique de l’Académie des sciences du 28 janvier 1850. La 1re édition est épuisée depuis 1856.

L’auteur a publié, de 1877 à 1879, sur un plan nouveau et avec de nombreux compléments, une 2e édition in-8°, en 6 tomes ou livraisons. Il ne s’est plus borné, comme dans la 1re édition, à l’exposé des faits observés de 1820 à 1855, suivi d’un résumé des conclusions les plus importantes ; il a d’abord complété cet exposé en y joignant les observations recueillies de 1855 à 1870 ; de plus il y a introduit dans son entier la doctrine qui ressort de l’étude raisonnée de tous ces faits.

Le tome Ier forme à lui seul presque un ouvrage à part sous le titre : La Méthode d’observation appliquée, de 1829 à 1879, à l’étude des familles ouvrières, en trois livres ou précis sommaires touchant les origines, la description, l’histoire et les résultats de la Méthode, avec une carte géographique des 57 familles décrites.

Les cinq autres tomes sont consacrés aux 57 monographies ou descriptions méthodiques et comparatives de ces 57 familles ; elles y sont coordonnées suivant les trois régions naturelles qu’indique le caractère des faits sociaux qui s’y présentent.

La première de ces régions est l’Orient, qui se prolonge en Asie et en Afrique sur les rivages de la Méditerranée.

Le tome II a pour titre : Les ouvriers de l’Orient et leurs essaims de la Méditerranée, populations soumises à la tradition, dont le bien-être se conserve sous trois influences dominantes : le décalogue éternel, la famille patriarcale et les productions spontanées du sol. On y trouve les monographies suivantes :

Pages.
1. Bachkirs pasteurs demi-nomades du versant asiatique de l’Oural (Russie orientale) 
 1
2. Paysans et charrons, à corvées, d’Orembourg (Russie méridionale) 
 47
3. Forgeron et charbonnier des usines à fer de l’Oural (Russie septentrionale) 
 99
4. Charpentier et marchand de grains des laveries d’or de l’Oka (Russie centrale) 
 142
5. Paysans, portefaix et bateliers émigrants, à l’abrock, de l’Oka (Russie centrale) 
 179
6. Forgeron bulgare de Samakowa (Turquie centrale.) 
 231
7. Iobajjy ou paysans, à corvées, de la Theiss (Hongrie centrale) 
 272
8. Paysans en communauté et en polygamie, de Bousrah (Syrie, Empire ottoman) 
 304
9. Menuisier-charpentier de Tanger (Maroc) 
 398

La deuxième contrée sociale de l’Europe est le Nord ; le tome III lui est affecté avec le titre suivant : Les ouvriers du Nord et leurs essaims de la Baltique et de la Manche, populations guidées par un juste mélange de tradition et de nouveauté, dont le bien-être provient de trois influences principales : le décalogue éternel, la famille-souche et les productions spontanées du sol et des eaux. Voici les monographies de cette région contenues dans ce troisième tome :

Pages.
10. Forgeron de Dannemora (Suède) 
 1
11. Fondeur du Buskerud (Norvège) 
 54
12. Mineur du Hartz (Hanovre) 
 99
13. Armurier de Solingen (Westphalie) 
 153
14. Pécheur de Marken (Néerlande) 
 204
15. Coutelier de Londres (Angleterre) 
 273
16. Coutelier de Sheffield (Angleterre) 
 345
17. Menuisier de Sheffield (Angleterre) 
 364
18. Fondeur du Derbyshire (Angleterre) 
 400


La troisième et dernière région sociale de l’Europe est l’Occident ; elle ne présente pas l’unité de constitution que l’on trouve dans les deux premières : on y rencontre des populations parmi lesquelles le bien domine encore ; d’autres où les progrès du mal sont arrivés jusqu’à établir, avec le bien, une sorte d’équilibre ; d’autres enfin où la prédominance du mal déchaîne de cruelles souffrances. Aussi les monographies des familles de l’Occident sont-elles classées en trois séries, qui remplissent comme il suit les tomes IV, V et VI :

Tome IV. — Les ouvriers de l’Occident.1re série : populations stables, fidèles à la tradition devant les envahissements de la nouveauté, soumises au décalogue et à l’autorité paternelle, suppléant à la rareté croissante des productions spontanées par la communauté, la propriété individuelle et le patronage.

Pages.
19. Fondeurs de Schemnitz (Hongrie) 
 1
20. Charbonnier de la Carinthie (Éfats autrichiens). 
 31
21. Fondeur du Hundsrucke (Province rhénane). 
 68
22. Luthier de l’Erzgebirge (Saxe) 
 107
23. Métayer de Florence (Toscane) 
 121
24. Ferblantier d’Aix-les-Bains (Savoie) 
 183
25. Métayer de la Vieille-Castille (Espagne) 
 247
26. Pécheur de Saint-Sébastien (Pays basque) 
 291
27. Bordier de la Basse-Bretagne (France) 
 336
28. Bordier de l’Armagnac (France) 
 369
29. Savonnier de la Raspe-Provcnce (France) 
 390
30. Paysan du Lavedan (France) 
 445


Tome V. — Les ouvriers de l’Occident. — 2e série : populations ébranlées, envahies par la nouveauté, oublieuses de la tradition, peu fidèles au décalogue et à l’autorité paternelle, suppléant mal à la rareté croissante des productions spontanées par la communauté, la propriété individuelle et le patronage.

Pages.
31. Compagnon-menuisier de Vienne (Autriche) 
 1
32. Tisserand de Godesberg (Province rhénane) 
 60
33. Luthier de Verdenfels (Haute-Bavière) 
 88
34. Compositeur-typographe de Bruxelles (Relgique) 
 103
35. Mineur de Pontgibaud (France) 
 150
36. Paysan basque du Labourd (France) 
 192
37. Mineur émigrant de la Galice (Espagne) 
 249
38. Manœuvre agriculteur du Morvan (France) 
 259
39. Fondeur, au bois, du Nivernais (France) 
 304
40. Bordier de la Champagne pouilleuse (France) 
 323
41. Maure-blanchisseur de Clichy (France) 
 372
42. Maréchal-ferrant du Maine (France) 
 409
43. Charpentier, du Devoir, de Paris (France) 
 424

Tome VI. — Les ouvriers de l’Occident. — 3e série : populations désorganisées, égarées par la nouveauté, méprisant la tradition, révoltées contre le décalogue et l’autorité paternelle, empêchées par la désorganisation du travail et de la propriété de suppléer à la suppression des productions spontanées.

Pages.
44. Mineur des gîtes de mercure d’Idria (Carniole, États autrichiens) 
 1
45. Horloger de Genève (Suisse) 
 34
46. Horloger de Genève, vieux ménage 
 70
47. Bordier émigrant du Laonnais (France) 
 84
48. Manœuvre-agriculteur du Maine (France) 
 122
49. Bordier-vigneron de l’Aunis (France) 
 143
50. Tisserand de Mamers (France) 
 193
51. Tisserand des Vosges (France) 
 228
52. Chiffonnier de Paris (France) 
 257
53. Lingère de Lille (France) 
 302
54. Manœuvre à famille nombreuse de Paris (France). 
 327
55. Auvergnat-brocanteur de Paris (France) 
 372
56. Tailleur d’habits de Paris (France) 
 387
57. Débardeur de Port-Marly (France) 
 442


Chacun des cinq derniers tomes commence par une introduction touchant la constitution sociale sous laquelle vivent les familles qui y sont décrites, et se termine par un épilogue résumant les changements que cette constitution a subis depuis 1855, date de la 1re édition, jusqu’à l’époque de la 2e. Chaque tome forme ainsi un manuel social d’une région déterminée, que l’on peut acquérir et consulter isolément.

II

SUR L’OUVRAGE INTITULÉ : La Réforme sociale.

L’auteur a entrepris, en 1858, la rédaction de cet ouvrage, sur la demande réitérée des personnes qui étaient alors en situation de coopérer à la réforme de la France. Il y a groupé, sous une forme analytique, les faits recueillis dans ses voyages et qui n’avaient été exposés que par un petit nombre de spécimens dans les Ouvriers européens. La première édition, publiée en 1864, a été suivie de six autres, en 1865, en 1867, en 1872, en 1874, en 1878 et en 1887. L’auteur, se référant à la pratique des peuples prospères, interprétée par les Autorités sociales, tend à un but qu’on peut résumer en peu de mots : signaler les conditions de l’ordre matériel et moral dans les sociétés de notre temps.

Amendé et complété dans chacune de ses six premières éditions, conformément aux nouvelles observations de l’auteur et aux critiques des hommes compétents, l’ouvrage comprend aujourd’hui une introduction, sept livres et une conclusion. Il est divisé en 69 chapitres et en 754 paragraphes. L’introduction a l’étendue d’un livre : elle expose la méthode qui a guidé l’auteur, puis la distinction du vrai et du faux telle qu’il l’a déduite du rapprochement des faits observés et de l’opinion des Autorités sociales. Les sept livres traitent successivement des principales branches de l’activité humaine : ils ont pour objet la religion, la propriété, la famille, le travail, l’association, les rapports privés et le gouvernement. Dans chacun de ces livres, l’auteur décrit les idées, les mœurs et les institutions qui font le succès des peuples les plus prospères de l’époque actuelle. Selon la déclaration unanime des Autorités sociales de l’Europe, déjà faite par Socrate et reproduite par Montesquieu, il enseigne que chaque pays doit fonder sa réforme sur les coutumes de ses époques de prospérité ou sur les pratiques classées au premier rang par l’opinion des contemporains. Enfin la conclusion donne le résumé des modifications qu’il y a lieu d’introduire successivement dans les idées, les mœurs et les institutions de l’Occident.

Le sommaire suivant résume le plan et indique l’importance relative des diverses parties de l’ouvrage.


SOMMAIRE DES TROIS TOMES
TOME I. — LA RELIGION. — LA PROPRIÉTÉ. — LA FAMILLE


Avertissement de la première édition. — Préface de la quatrième édition. — Avertissement des éditeurs sur l’œuvre de M. F. Le Play. = Introduction : Les idées préconçues et les faits, touchant la distinction du bien et du mal. = Livre premier : La Religion ; le scepticisme n’est justifié ni par la science, ni par l’histoire, ni par la pratique des peuples modèles ; la religion en Russie, en Angleterre, aux Étals-Unis) en France ; la restauration des croyances, commencée par la réforme morale du clergé, sera complétée par l’abstention de l’État et par la pratique de la tolérance. = Livre deuxième : La Propriété ; les régimes de succession rendent fécondes ou stériles la propriété et les familles de propriétaires ; inconvénients et dangers des régimes de contrainte en matière de succession ; bienfaits du régime de la liberté testamentaire complétée par une coutume ab intestat tendant à fonder la vie privée sur le travail et la vertu. = Livre troisième : La Famille ; la stabilité des familles a pour base la propriété continue du foyer domestique : leur prospérité est surtout l’œuvre d’une femme sage et pudique ; l’autorité paternelle et la vieillesse ont pour mission de transmettre aux générations nouvelles la tradition nationale, en les drossant au respect, au travail et à la prévoyance ; la jeunesse, sous cotte contrainte indispensable, dompte le vice originel et acquiert les vertus de l’âge mur ; la famille-souche se montre particulièrement efficace pour assurer le bonheur des individus et pour accroître par ses rejetons la puissance de l’État.


TOME II. — LE TRAVAIL. — L’ASSOCIATION. — LES RAPPORTS PRIVÉS


Livre quatrième : Le Travail ; il a pour but social, non la richesse, mais la vertu ; les arts usuels, moins propres que les arts libéraux à élever le niveau intellectuel de ceux qui y sont adonnés, les préservent mieux de la corruption ; appréciation de l’influence morale des diverses sortes des travaux auxquels s’adonnent les populations, agriculture, art forestier, art des mines, industrie manufacturière, commerce et colonisation, professions libérales. = Livre cinquième : l’Association, ou l’union du travail dans la vertu.— 1re partie : Les Communautés ; illusions de notre temps sur le rôle social réservé à l’association en communauté dos ouvriers ; le développement exagéré dos sociétés par actions est une réaction contre l’impuissance individuelle à laquelle nous réduit noire régime de partage forcé ; la communauté ne s’applique utilement qu’aux entreprises que la famille est insuffisante pour aborder. — 2e partie : Les Corporations ; leur rôle est de compléter l’activité individuelle, sans jamais l’amoindrir ; aux corporations libres revient surtout renseignement supérieur des sciences, des lettres et des arts ; écoles primaires, établissements d’enseignement secondaire, universités, écoles spéciales ; l’éducation de la jeunesse et de l’âge mur. = Livre sixième : Les Rapports privés ou la hiérarchie dans le travail et la vertu ; le paupérisme est le genre d’inégalité qu’il importe le plus de faire disparaître ; pour cela, le patronage libre est aussi efficace que l’ancien régime de contrainte ; la réglementation spéciale des ateliers a de grands inconvénients ; vices des régimes de monopole ; le prétendu principe des nationalités est une funeste erreur ; utilité des petites nations ; respect des races souffrantes ; rôle bienfaisant des vraies autorités sociales.
TOME III. — LE GOUVERNEMENT

Livre septième : Le gouvernement. — 1re partie : Le choix des modèles ; plus la souffrance s’accroît chez une nation, plus les pouvoirs de la vie publique empiètent sur la vie privée ; la coutume, les mœurs, la loi écrite ; le gouvernement local ; les petites nations sont moralement plus saines que les grandes ; modèles offerts par les États Scandinaves, les petits États allemands, la Suisse, les Pays-Bas et la Belgique, l’Italie, l’Espagne ; le modèle le plus utile pour la réforme en France est la constitution sociale du Royaume-Uni de (Grande-Bretagne et d’Irlande ; aperçu des institutions privées de ce grand État en 1864 ; la paroisse ; le comté ; les agglomérations urbaines ; les régimes provinciaux d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande ; le gouvernement central du Royaume-Uni ; l’esprit de la constitution britannique. — 2e partie : La Corruption et la Réforme en France ; l’antagonisme et l’intolérance, créés par les abus de la monarchie en décadence, aggravés par les erreurs de la Révolution ; la bureaucratie, irresponsable ; les fausses méthodes de réforme ; imperfections de la vie communale ; ruine de la vie provinciale ; le gouvernement central a pour but essentiel le règne de la paix publique.

Conclusion : Les Conditions de la réforme en 1864 ; l’épilogue de 1878.

L’ÉCOLE DE LA PAIX SOCIALE ET SES PUBLICATIONS EN 1893
1 — La Société d’économie sociale et Les Ouvriers des deux mondes.
(1re et 2e séries.)

La Société des éludes pratiques d’économie sociale s’est constituée, en dehors de tout système politique, pour remplir le vœu qu’a exprimé l’Académie des sciences de Paris, en décernant le prix Montyon à l’ouvrage intitulé : Les Ouvriers européens. Elle[1] applique à l’étude comparée des diverses constitutions sociales la méthode d’observation de F. Le Play. Elle publie le résultat des recherches qu’elle encourage par des prix, dans un recueil ayant pour titre : Les Ouvriers des deux Mondes.

La première pensée de cette institution a été émise dans une réunion de savants, d’agriculteurs et de manufacturiers appelés à Paris par l’Exposition universelle de 1855. La Société a rédigé ses statuts le 11 avril 1856. Elle s’est définitivement constituée le 27 novembre suivant. Elle a exposé, élans une notice spéciale, datée du 1er janvier 1857, le but qu’elle poursuit et les moyens d’action qu’elle emploie. Elle a publié, en 1858, le tome Ier des Ouvriers des deux Mondes. Enfin elle a été classée, en 1869, par décret de l’empereur, comme établissement d’utilité publique ; et, en cette qualité, elle est autorisée à recevoir des dons et legs.

Les Ouvriers des deux Mondes, auxquels le présent ouvrage se réfère par de fréquents renvois, comprennent les monographies indiquées ci-après :

TOME PREMIER
Pages.
1. Charpentier de Paris (Seine, France) ; par MM. F. Le Play et A. Focillon 
 27
2. Manœuvre-agriculteur de la Champagne (Marne, France), par M. E. Delbet 
 69
3. Paysans en communauté du Lavedan (Hautes-Pyrénées, France) ; par M. F. Le Play 
 107
4. Paysan du Labourd (Passes-Pyrénées, France) ; par MM. A. de Saint-Léger et E. Delbet 
 161
5. Métayer de la banlieue de Florence (Toscane) ; par M. U. Peruzzi 
 221
6. Charpentier de Paris (Seine, France) ; par MM. F. Le Play et A. Focillon 
 263
7. Tisseur en châles de Paris (Seine, France) ; par MM. F. Hébert et E. Delbet 
 269
8. Manœuvre-agriculteur du comté de Nottingham (Angleterre) ; par M. J. Devey 
 373
9. Pécheur-côtier, maître de barque, de Saint-Sébastien (Guipuscoa, Espagne) ; par MM. A. de Saint-Léger et E. Delbet 
 40


TOME SECOND


10. Ferblantier, couvreur et vitrier d’Aix-les-Bains (Savoie, France) ; par M. F. Le Play 
 9
11. Carrier de la banlieue de Paris (Seine, France) ; par MM. E. Avalle et A. Focillon 
 63
12. Menuisier, charpentier (Nedjar) de Tanger (Maroc) ; par M. N. Cotte 
 105
13. Tailleur d’habits, de Paris (Seine, France) ; par M. A. Focillon 
 145
14. Compositeur-typographe de Bruxelles (Brabant, Belgique) ; par M. J. Dauby 
 193
15. Décapeur d’outils en acier d’Hérimoncourt (Doubs, France) ; par M. Ch. Robert 
 233
16. Monteur d’outils eu acier d’Hérimoncourt (Doubs, France) ; par M. Cb. Robert 
 285
17. Porteur d’eau, de Paris (Seine, France) ; par M. E. Avalle 
 321
18. Paysans en communauté et en polygamie, de Dousrah (Syrie, Empire ottoman) ; par M. E. Delbet 
 363
19. Débardeur et piocheur de craie, de la banlieue de Paris (Seine-et-Oise, France) ; par M. Châle 
 447
TOME TROISIÈME


20. Brodeuse des Vosges (Vosges, France) ; par M. Augustin Cochin 
 25
21. Paysan et Savonnier de la basse Provence (Bouches-du-Rhône, France) ; par M. A. Focillon 
 67
22. Mineur des placers du comté de Mariposa (Californie, États-Unis) ; par M. L. Simonin 
 145
23. Manœuvre-vigneron de l’Aunis (Charente-Inférieure, France) ; par M. P.-A. Toussaint 
 207
24. Lingère de Lille (Nord, France) ; par M. L. Auvray 
 247
25. Parfumeur de Tunis (Régence de Tunis, Afrique) ; par MM. N. Cotte et Soliman El-Haraïri 
 285
26. Instituteur primaire d’une commune rurale de la Normandie (Eure, France) ; par M. A. Roguès 
 327
27. Manœuvre à famille nombreuse de Paris (Seine, France) ; par MM. Courteille et J. Gautier 
 373
28. Fondeur de plomb des Alpes Apuanes (Toscane, Italie) ; par M. F. Blanchard 
 413


TOME QUATRIÈME


29. Paysan d’un village à banlieue morcelée du Laonnais (Aisne, France) ; par M. Callay 
 37
30. Paysans en communauté du Ning-po-fou (province de Tché-Kiang, Chine) ; par M. L. Donnat. 
 83
31. Mulâtre affranchi de l’île de la Réunion (océan Indien) ; par M. L. Simonin 
 159
32. Manœuvre-vigneron de la basse Bourgogne (Yonne, France) ; par M. E. Avalle 
 195
33. Compositeur-typographe de Paris (Seine, France) ; par M. A. Badier 
 241
34. Auvergnat, brocanteur en boutique à Paris (Seine, France) ; par M. F. Gautier 
 283
35. Mineur de la Maronne de Toscane (Toscane, Italie) ; par M. F. Blanchard 
 331
36. Tisserand des Vosges (Haut-Rhin, France) ; par M. L. Coguel 
 363
37. Pécheur-côtier, maître de barque, de l’île de Marken (Hollande septentrionale, Pays-Bas) ; par MM. S. Coronel et F. Allan. 
 405


TOME CINQUIÈME


38. Fermiers à communauté taisible du Nivernais (Saône-et-Loire, France) ; par M. V. de Cheverry 
 1
39. Paysan de Saint-Irénée (Bas Canada, Amérique du Nord) ; par M. Gauldrée-Boileau 
 51
40. Ouvrier éventailliste de Sainte-Geneviève (Oise, France) ; par M. Duvelleroy 
 109
41. Cordonnier de Malakoff (Seine, France) ; par M. Urbain Guérin 
 145
41 bis. Chiffonnier instable de Paris (Seine, France) ; par MM. E. Demolins et Pocquet 
 188
42. Serrurier-forgeron de Paris (Seine, France) ; par M. le vicomte J. de Reviers de Mauny 
 201
42 bis. Monteur en bronze de Paris (Seine, France) ; par M. J. Bith 
 246
43. Brigadier de la garde républicaine de Paris (Seine, France) ; par J. Paviez (le commandant A. Wilbois) 
 261
43 bis. Garde municipal de Paris, par le même 
 300
44. Paysan résinier de Lévignacq (Landes, France) ; par M. Urbain Guérin 
 315
45. Bûcheron-usager de l’ancien comté de Dabo (Alsace-Lorraine) ; par M. Pariset 
 387
46. Paysans en communauté et colporteurs émigrants de la Grande-Kabylie (Algérie) ; par M. P. Vincent-Darasse 
 459

Ces cinq tomes forment une première série de monographies, publiées de 1858 à 1884. En juillet 1885, la Société d’économie sociale a commencé une deuxième série qui parait par fascicules trimestriels et dont le quatrième tome est en cours. La première série comprenait quarante-six monographies ; la deuxième contient déjà trente-cinq descriptions de familles dont voici la liste :


TOME PREMIER
(2e série)


47. Paysan-paludier du bourg de Batz ( Loire-Inférieure, France) ; par M. A. Delaire 
 1
48. Bordiers émancipés de la Grande-Russie ; par le commandant A. Wilbois 
 57
48 bis. Armurier de Toula (Grande-Russie) ; par le général Péretz 
 113
49. Charron des forges de Montataire (Oise, France) ; par M. W. Bertheault 
 133
50. Faïenciers de Nevers (Nièvre, France) ; par M. E. de Toytot 
 177
51. Cultivateur-maraîcher de Deuil (Seine-et-Oise, France) ; par M. Urbain Guérin 
 229
52. Pécheur-côtier de Martigues (Bouches-du-Rhône, France) ; par M. F. Escard 
 285
53. Métayer à famille-souche du pays d’Horte (Landes, France) ; par M. le baron d’Artigues 
 341
54. Arabes-pasteurs nomades du Sahara algérien ; par M. A. Geoffroy 
 403
55. Gantier de Grenoble (Isère, France) ; par M. E. de Toytot 
 465
TOME DEUXIÈME
56. Tourneur-mécanicien des usines Cockerill de Seraing (Belgique) ; par M. Urbain Guérin 
 1
57. Bordier berbère de la Grande-Kabylie (Algérie) ; par M. A. Geoffroy 
 53
57 bis. Paysan colon du Sahel (Algérie) ; par M. M. Cos 
 93
58. Pécheur-côtier d’Heyst (Belgique) ; par M. V. Brants 
 109
58 bis. Pécheur-côtier d’Étretat (Seine-Inférieure, France) ; par M. Ch. Vallin 
 153
59. Paysan métayer de la Basse-Provence (Bouches-du-Rhône, France) ; par M. d’Estienne de Saint-Jean 
 173
59 bis. Paysan et maçon émigrant de la Marche (Creuse, France) ; par M. l’abbé Parinet 
 229
60. Mineur silésien du bassin houiller de la Ruhr (Prusse rhénane) ; par M. L. Fèvre 
 245
61. Mineur des soufrières de Lercara (province de Palerme, Sicile) ; par M. Santangelo Spoto 
 281
62. Tailleur de silex et vigneron de l’Orléanais (Loiret-Cher, France) ; par M. Fénelon Gibon 
 337
63. Vigneron précariste et métayer de Valmontone (province de Rome) ; par M. Urbain Guérin 
 385
64. Paysans corses en communauté, porchers-bergers des montagnes de Bastelica, par feu M. Bigot 
 433
TOME TROISIÈME


65. Métayers en communauté du Confolentais (Charente, France) ; par M. P. du Maroussem 
 1
66. Vignerons de Ribeauvillé (Alsace) ; par M. Ch. Hommell 
 69
66 bis. Pécheur-côtier du Finmark (Laponie, Norvège) ; par M. F . Escard 
 125
66 ter. Tisserand d’Hilversum (Hollande septentrionale, Pays-Bas) ; par M. le Dr Coronel 
 143
67. Tisserand de la fabrique collective de Gand (Flandre orientale, Belgique) ; par M. le comte F. Van den Steen de Jehay 
 173
68. Paysan agriculteur de Torremaggiore (province de Foggia, Italie) ; par M. Santangelo Spoto 
 213
69. Tanneur de Nottingham (Angleterre) ; par M. Urbain Guérin 
 269
70. Charpentier indépendant de Paris (Seine, France) ; par M. P. du Maroussem 
 325
71. Conducteur-typographe de l’agglomération bruxelloise (Brabant, Belgique) ; par M. le chevalier de Moreau 
 369
72. Coutelier de Gembloux (province de Namur, Belgique) ; par M. Ch. Génart 
 413


TOME QUATRIÈME (en cours)



73. Ajusteur-surveillant de l’usine de Guise (Aisne, France) ; par M. Urbain Guérin 
 1
74. Ébéniste parisien de haut luxe (Seine, France) ; par M. P. du Maroussem 
 53
75. Métayer du Texas (États-Unis d’Amérique) ; par M. Claudio Jannet 
 101

La Société d’économie sociale, pour guider ses collaborateurs et imprimer une direction uniforme à leurs travaux, a publié, en 1862, un document ayant pour litre : Instruction sur la méthode d’observation dite des Monographies de familles, propre à l’ouvrage intitulé : Les Ouvriers européens. Cette Instruction a été, en 1887, revue, développée et augmentée de spécimens de monographies, afin de faire mieux connaître la façon d’établir les budgets de recettes et de dépenses ainsi que les comptes qui y sont annexés.

La Société lient ses séances de novembre à mai, le deuxième lundi de chaque mois, à huit heures et demie du soir. À la fin de chaque session, des séances extraordinaires ont lieu à l’occasion de la réunion annuelle des Unions de la paix sociale. Dans toutes ces séances, la Société discute les questions sociales à la lumière des faits et de l’observation, et en dehors de toute idée préconçue. Elle publie, depuis le 1er janvier 1886[2], le compte rendu de ses discussions dans la revue bi-mensuelle La Réforme sociale, Bulletin de la Société d’économie sociale et des Unions de la Paix sociale. Cette revue, que Le Play avait fondée en 1881, en lui donnant pour titre celui du plus célèbre de ses ouvrages[3], forme par an deux forts volumes in-8° de mille pages chacun, et constitue un répertoire varié d’études morales et de recherches économiques toujours inspirées par les leçons de l’expérience[4].

La Société d’économie sociale ne s’est point bornée à poursuivre cet ensemble de recherches et de publications, et à réunir de nombreux matériaux d’études : elle s’est attachée, partout où son action se pouvait faire sentir, soit à encourager l’enseignement scientifique de l’économie sociale, soit à provoquer des enquêtes méthodiques sur la condition morale et la situation matérielle des populations ouvrières, soit à susciter l’application pratique des résultats déduits de l’observation. À cet effet, elle patronne des cours et des conférences pendant chaque session ; elle donne des prix à distribuer dans les écoles de tout rang qui ont organisé un enseignement social ; elle a créé en 1892 des récompenses destinées à honorer, dans les milieux ouvriers, les vertus de famille et l’attachement à l’atelier ; enfin, dans la mesure que lui permettent les donations qu’elle a reçues, elle s’efforce de développer par des concours la connaissance et l’emploi de la méthode d’observation dans les études sociales.

C’est pour obéir aux mêmes préoccupations que la Société a aidé son fondateur F. Le Play dans les travaux relatifs au nouvel ordre de récompenses créé à l’exposition universelle de 1867 en faveur des ateliers qui conservent le mieux la paix sociale. De même, à l’exposition universelle de 1889, un grand nombre de ses membres se sont dévoués, soit dans les commissions et les jurys, soit comme exposants, à celle exposition d’économie sociale qui a si hautement témoigné de la fécondité du patronage volontaire. C’est ainsi encore qu’elle a encouragé de son appui le développement des institutions de prévoyance, de coopération ou de mutualité, aussi bien que les efforts qui, répondant à un généreux appel, ont voulu dans ces dernières années accomplir un grand devoir social en améliorant dans nos cités les logements de l’ouvrier et du pauvre[5].

Parmi les hauts encouragements que la Société d’économie sociale a reçus, elle aime surtout à compter la médaille d’or du Prix Audéoud, décernée par l’Académie des sciences morales et politiques, et le Grand Prix donné par le Jury international d’économie sociale de l’exposition universelle de 1889.

La Société comprend des membres honoraires et des membres titulaires. La cotisation annuelle des membres honoraires est de 100 francs au minimum. La cotisation des membres titulaires est fixée à 25 fr. Les uns et les autres ont droit à assister aux séances de la Société, à prendre part à ses travaux, à user gratuitement de sa bibliothèque, à se procurer à des prix réduits les publications qu’elle édite ou qu’elle patronne, enfin à recevoir la revue bi-mensuelle La Réforme sociale et les fascicules trimestriels des Ouvriers des deux Mondes.

2. — Les Unions de la Paix sociale.

L’étude du passé et l’observation du présent enseignent que certaines institutions sociales engendrent invariablement la paix, tandis que d’autres créent ou entretiennent la discorde. Tout homme de bonne foi, s’il est instruit de ce contraste, tire lui-même la conclusion pratique. Cette étude comparée des constitutions sociales de tous les lieux et de tous les temps a été commencée, il y a un demi-siècle, par F. Le Play et continuée, depuis cette époque, d’après la même méthode, par un groupe considérable d’observateurs. Mais il est nécessaire de propager partout les conclusions ainsi déduites de l’étude des faits et de les mettre en pratique.

C’est pour atteindre ce but que les Unions de la Paix sociale se sont spontanément constituées autour de F. Le Play, à la suite des événements de 1871. Elles sont aujourd’hui réparties en France et à l’étranger, par petits groupes autonomes, unis entre eux par la communauté de la méthode et reliés par la revue la Réforme sociale qui leur sert d’organe. Les plus importants de ces groupes sont aujourd’hui ceux de Lille, Lyon, Bordeaux, Angers, Moulins, etc. Les Unions locales tiennent des séances périodiques, organisent des conférences publiques et des cours dans les écoles de divers degrés et distribuent des prix. Plusieurs assemblées régionales ont lieu chaque année ; les principales ont été celles de Lille, Lyon, Montluçon, Moulins, Angers, Nevers, Bourges, Clermont-Ferrand, Bourges, Bordeaux, etc.

L’action des Unions s’exerce surtout par l’intermédiaire de Correspondants locaux. Le titre de Correspondant est accordé aux membres qui veulent bien entrer en rapport avec le secrétaire général des Unions et prendre l’initiative de la formation d’un groupe dans leur voisinage. Le rôle des Correspondants est de servir d’intermédiaires soit pour transmettre au comité de rédaction de la Réforme sociale, et faire ainsi connaître à tous leurs confrères les faits curieux et les observations spéciales de leur localité ; soit pour provoquer autour d’eux l’application des réformes indiquées par les enseignements de l’expérience ; soit enfin pour recruter des adhésions et présenter des membres nouveaux.

Depuis 1882, un Congrès ressemble chaque année à Paris, dans la seconde quinzaine de mai, les membres des Unions et de la Société d’économie sociale[6]. Chacune de ces sessions comprend des séances générales, des réunions de travail et de discussion, des visites sociales à des établissements industriels, des exploitations agricoles et des œuvres d’assistance. En outre, une réunion spéciale est réservée aux correspondants et aux délégués des Unions locales.

Pour être admis dans les Unions de la Paix sociale, il faut être présenté par un membre, ou adresser directement au secrétaire général une demande d’admission. Cette adhésion aux doctrines des Unions implique l’obligation morale de concourir à leur développement, par la propagande des idées et le recrutement des adhérents. Tous les membres ont donc le devoir : 1° de lire quelques-uns des livres de Le Play, dont rien ne peut remplacer l’étude ; 2° de propager autour d’eux la connaissance de ces mêmes livres et de la revue la Réforme sociale ; 3° de gagner ainsi aux Unions de la Paix sociale de nouveaux membres qui deviendront à leur tour de zélés auxiliaires. Les noms des membres nouvellement admis seront publiés dans la Réforme sociale.

Les Unions se composent de membres associés et de membres titulaires. Les uns et les autres payent une cotisation annuelle de 15 francs (de janvier à décembre) qui leur donne droit à recevoir la Réforme sociale. Mais les membres titulaires concourent plus intimement aux travaux qui servent de base à la doctrine des Unions. Ils payent, outre la cotisation annuelle, un droit d’entrée de 5 francs au minimum au moment de leur admission. Ils reçoivent, en retour, pour une valeur égale d’ouvrages de F. Le Play.

Adresser les communications, envois d’argent ou demandes de livres, au secrétariat, 54, rue de Seine, à Paris.

3. — L’enseignement social.

L’enseignement de la science sociale, dont Le Play signale ci-dessus (§ 1) la place parmi les institutions de l’école, s’est aussi considérablement développé. À la vérité, « le maître formé par quarante années de travaux » (Ouvr. européens, t. Ier, xvii, 10), qui avait été le collaborateur assidu de l’auteur de la Réforme sociale et longtemps le seul professeur en quelque sorte de cet enseignement, M. Ad. Focillon, nous a été enlevé en 1890. Frappé une première fois, au milieu même de ses leçons, en 1883, il avait dû momentanément les interrompre, pour les reprendre ensuite jusqu’à la fin de sa vie. D’autres d’ailleurs s’étaient peu à peu groupés autour de lui, et quelques-uns de ses élèves ont pu prendre part à leur tour aux travaux de cet enseignement. C’est ainsi que nous relevons les noms et les sujets suivants dans les cours donnés sous les auspices de la Société d’économie sociale et des Unions :

M. Ad. Focillon, ancien directeur de l’école municipale Colbert : La famille dans ses rapports avec les autres éléments de la Constitution sociale (1888). — Les réformes des institutions publiques en France d’après l’observation comparée des autres nations (1889). — Le Play, sa vie, sa méthode et son œuvre de reconstitution de la science sociale (1890).

M. E. Cheysson, inspecteur général des ponts et chaussées, professeur à l’École des mines : Les voyages d’études économiques et sociales ; La monographie d’atelier (1887).

M. Claudio Jannet, professeur à la faculté libre de droit de Paris : La méthode d’observation et ses applications (1886). — La fortune mobilière et la spéculation (1893).

M. Urbain Guérin : Les monographies de famille et les voyages d’étude (1886 et 1888). — La propriété et son rôle social sous ses diverses formes ; La communauté (1887) ; La propriété patronale (1889) ; La petite propriété (1891). — Les associations ouvrières dans l’industrie moderne (1890). — Les réformes nécessaires du gouvernement local ; commune et province (1892).

M. A. Béchaux, professeur à la faculté libre de droit de Lille : L’économie sociale et le Code civil (1890). — Le rôle de l’État d’après la science sociale (1891).

M. Hubert-Valleroux, avocat : Les associations professionnelles ; Corporations d’arts et métiers et syndicats professionnels (1892).

Les cours ont lieu maintenant chaque hiver dans la grande salle de la bibliothèque de la Société d’économie sociale (rue de Seine, 54).

À ce même mouvement d’études, il faut aussi rattacher le cours libre professé depuis quatre ans à l’école de droit de Paris par M. du Maroussem, docteur en droit, sur la Question ouvrière d’après la méthode monographique. Chaque année le cours comprend d’abord l’exposé de la méthode des monographies de familles et d’ateliers, puis l’application de cette méthode à l’élude d’un métier parisien : les Charpentiers (1890) ; les Ébénistes du faubourg Saint-Antoine (1891) ; les Ouvriers du jouet (1892) ; les Halles centrales de Paris (1893)[7].

Des exercices pratiques joints à plusieurs de ces cours ont donné lieu à des distributions de bourses de voyage ou à des concours avec prix.

Il convient enfin de rappeler ici les conférences et les cours organisés par les Unions de la paix sociale. Ce sont tantôt des leçons régulières avec devoirs et exercices, tantôt des conférences dominicales. Cet enseignement, pour lequel la Société et les Unions donnent chaque année des ouvrages à distribuer en prix, a lieu soit dans des écoles primaires supérieures, soit dans des écoles professionnelles. Il s’est multiplié surtout à Lyon, Saint-Étienne, Roanne, Lille, Aubusson… Un prix fondé par la Société encourage les études économiques et sociales à l’École dos hautes éludes industrielles de Lille. Le groupe des Unions du Nord a donné cette année une série de conférences très suivies et terminées par un concours avec deux prix (200 fr. et 300 fr.) et plusieurs mentions.

L’école de la paix sociale, on le voit, appuyée sur sa revue périodique la Réforme sociale, s’applique, selon le vœu de son fondateur, à propager le goût des éludes sociales, la connaissance des monographies et la pratique de la méthode d’observation.

4. — La Réforme sociale, revue bi-mensuelle, fondée en 1881 par F. Le Play. :

Principaux collaborateurs : Alb. Le Play, E. Cheysson, J. Michel, Cl. Jannet, A. Delaire, J. Lacointa, Ant. d’Abbadie, P. Allard, F. d’Arligues, G. Ardant, F. Auburtin, A. Babeau, H. Beaune, A. Béchaux, Boycnval, J. Gazajeux, J. Ferrand, A. Fougeroussc, J. de Garidel, A. Gibon, A. Gigot, U. Guérin, Cl. Juglar, Et. Lamy, E. Levasseur, R. Lavollée, L. Lefébure, G. Picot, Ch. de Ilibbe, Eug. Rostand, J. A. des Rotours, A. Silvy, R. Stourm, Ch. Welchc, Y. Bogisic, Yiclor Prants, Ch. Dejace, Dr Kaempfe, Prof. Nagy de Felso-Eor, Santangelo Spoto Ippolito, etc. etc.

En publiant les Ouvriers européens, Le Play a défini, dès 1855, les procédés d’observation propres à l’étude des sociétés et en a montré la féconde application. Plus tard, de terribles désastres ont frappé noire patrie. Par une sorte de prévision scientifique, appuyée sur l’observation, l’auteur de la Réforme sociale en France les avait entrevus et annoncés à une époque où l’horizon était serein et, sur quelques points, radieux. Après ces jours d’épreuves, il a repris avec l’inflexibilité et le calme de la science la démonstration commencée et, de la même voix qui avait prédit la décadence, il s’est efforcé d’indiquer le chemin du salut. À son appel ont répondu de lotîtes parts les hommes de dévouement. De là sont nées, en 1872, les Unions de la paix sociale. Enfin un enseignement s’est organisé pour propager l’emploi de la méthode et en favoriser les applications.

C’est pour servir de lien à cet ensemble d’efforts, et pour satisfaire ainsi à un vœu souvent renouvelé, que la revue bi-mensuelle la Réforme sociale a été créée au mois de janvier 1881 afin de remplacer, en le développant, l’Annuaire[8] qui publiait les travaux des Unions depuis 1875. Les succès si marqués qui l’ont accueillie dès son début prouvent qu’elle répondait à une nécessité et qu’elle arrivait à son heure. Elle a immédiatement groupé autour d’elle, en France et à l’étranger, ce public nombreux et intelligent qui commence à se fatiguer des improvisations hâtives du journalisme, qui éprouve une répugnance secrète pour les agitations sans but et pour les affirmations stériles, et qui désire préparer enfin à la société moderne un avenir de stabilité et de prospérité.

Toutefois les conditions de son organisation première, décrites ci-dessus par son fondateur (ch. VI, § 11 et Doc. ann. § 7), se sont modifiées avec le temps. L’expérience a montré que la forme « commerciale » adoptée par la « corporation de la réforme sociale » comportait plusieurs inconvénients. Suivant les conseils laissés par Le Play, ceux qui dirigent les diverses institutions de l’école de la paix sociale se sont concertés avec la société commerciale, et d’un commun accord celle-ci s’est liquidée. En janvier 1886, la Réforme sociale est devenue ainsi la propriété de l’aînée des deux sociétés sœurs, la Société d’économie sociale, dont elle remplace le Bulletin. Depuis ce moment, elle continue à étudier les problèmes économiques et sociaux qui prennent aujourd’hui le premier rang dans les préoccupations de l’opinion publique, et elle en demande la solution à l’observation des faits, selon la méthode de F. Le Play, en dehors de tout esprit de parti et de toute théorie préconçue.

En 1891, la Réforme sociale a reçu des agrandissements importants. Au prix d’une très minime augmentation de cotisation, elle a porté chacun de ses fascicules de 48 à 80 pages ; c’est-à-dire qu’au lieu de 1200 pages par an elle en donne maintenant 2000. En même temps elle a commencé la publication régulière d’une analyse critique des recueils économiques de la France et de l’étranger, qui en fait le guide le plus utile pour ceux qui étudient la science sociale.

La Réforme sociale paraît le 1er et le 16 de chaque mois.

Les membres de la Société d’économie sociale et les membres des Unions de la Paix sociale reçoivent la revue en retour de leurs cotisations annuelles.

Les personnes étrangères aux deux Sociétés peuvent s’abonner aux conditions suivantes : France : Un an, 20 fr. ; six mois, 11 fr. — Union postale : Un an, 25 fr. ; six mois, 14 fr. — Les abonnements partent du 1er janvier ou du 1er juillet. — Chaque livraison 1 franc.

Toute demande d’abonnement ou de renouvellement doit être accompagnée d’un mandat-poste au nom de M. Prévost, administrateur de la Réforme sociale.

Prix de la collection :

La première série complète (10 vol.) : 80 fr. — Les tomes I, III, IV, presque épuisés, ne se vendent qu’avec la collection complète. Chacun des autres volumes se vend séparément au prix de 5 fr.

La deuxième série complète (10 vol.) : 80 fr. — Les tomes IX et X, presque épuisés, ne se vendent qu’avec la collection complète. Chacun des autres volumes se vend séparément au prix de 5 fr.

La troisième série (en cours). — Chaque volume, 7 fr.

5. — La Bibliothèque de la Paix sociale.

De 1855 à 1869, les ouvrages composant cette Bibliothèque ont été publiés sous divers formais, avec le concours de plusieurs éditeurs. Dès cette première époque, le principal auteur se préoccupa uniquement de favoriser la diffusion de ces ouvrages dans le public, en obtenant qu’ils lui fussent offerts au meilleur marché possible.

En 1869, les lecteurs habituels de la Bibliothèque commencèrent à émettre l’opinion que l’enseignement déjà constitué pourrait être utile à la réforme sociale de l’Occident. L’idée de fonder sur cet enseignement les Unions de la Paix sociale se fit jour de toutes parts. C’est dans ces circonstances que les Éditeurs actuels de la Bibliothèque vinrent offrir un concours absolument désintéressé.

Ils ont exposé eux-mêmes[9] les motifs de cette généreuse intervention.

Le catalogue suivant donne la composition de la Bibliothèque au 1er mai 1893.
CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE
1re SECTION. — Œuvres de F. Le Play, Alfred Mame et fils, éditeurs.

Nota. — Parmi ces ouvrages, les uns se composent d’études comparées sur la population ouvrière des diverses régions du globe, et offrent les vrais fondements de la science sociale ; les autres ont pour objet spécial de décrire les idées, les mœurs et les institutions qui offrent les meilleurs modèles, pour la réforme sociale de la France et des autres nations de l’Occident.

Les Ouvriers européens, Études sur les Travaux, la Vie domestique et la Condition morale des populations ouvrières de l’Europe.

Première édition, 1 volume in-folio, publiée à l’imprimerie impériale en 1855, couronnée par l’Académie des sciences de Paris (épuisée depuis 1856).
Deuxième édition, 1877-1879, en 6 tomes in-8° raisin, vendus séparément au prix de 
 6 fr. 50

Tome Ier. — La Méthode d’observation. = Tome II — Les ouvriers de l’orient = Tome III. — Les Ouvriers du Nord. = Tome IV. — Les ouvriers de l’occident, 1re série (Populations stables). = Tome V. — Les ouvriers de l’occident, 2e série (Populations ébranlées). = Tome VI. — Les ouvriers de l’occident, 3e série (Populations désorganisées).

La méthode de la science sociale. — Abrégé des Ouvriers européens, comprenant la méthode d’observation, la doctrine et le précis alphabétique des faits. — 1 volume in-8°, 1879. — Prix 
 6 fr. 50
La Réforme sociale en France, déduite de l’observation comparée des peuples européens. — 3 volumes in-18. 7e édition, 1887. — Prix des trois volumes 
 6 fr.
L’Organisation du travail, selon la Coutume des ateliers et la loi du Décalogue. — 1 fort vol. in-18. 6e édition, 1893. — Prix 
 2 fr.
L’Organisation de la famille, selon le vrai modèle signalé par l’histoire de toutes les races et de tous les temps. — 1 vol. in-18. 3e édition, 1881, revue et corrigée. — Prix 
 2 fr.
La Paix sociale après le désastre, 2e édition. Avec un Épilogue de 1875. — Prix. 
 60 cent.
Correspondance sur les Unions de la Paix sociale. — 8 brochures in-18 (n° 1 à n° 8). — Prix de chaque brochure 
 30 cent.

N° 1. L’Urgence de l’Union politique en France, lettre de M. le comte de Butenval. — N° 2. L’accord des partis politiques, lettre de M. Lucien Brun. — N° 3. Le Retour au vrai et le rôle du Clergé, lettre de Mgr Isoard. — N° 4. La Question sociale et l’Assemblée nationale, réponse aux questions des députés membres de l’Union. — N° 5. Le Principe et Les Moyens du salut en France, lettres de lord Denbigh et de lord Robert Montagu. — N° 6. La Presse périodique et la Méthode ; à propos de l’œuvre de M. F. Le Play ; lettre-conférence, par M. Emm. de Curzon. — N° 7. Prélude aux Unions locales, notice sur la Bibliothèque de la paix sociale, avec, le précis historique des travaux qui en ont préparé la fondation. — N° 8. La Méthode expérimentale et la Loi divine, lettre de M. P. Pradié, député à l’Assemblée nationale.

La Constitution de l’Angleterre, considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale (avec collaboration de M. A. Delaire). — 2 vol. in-18, 1875. — Prix 
 4 fr.
La Réforme en Europe et le Salut en France. Programme des Unions de la Paix sociale. — 4 vol. in-18, 1876. — Prix 
 1 fr. 50
La Constitution essentielle de l’humanité. Exposé des principes et des coutumes qui créent la prospérité ou la souffrance des nations. — 1 vol. in-18. 2° édition, 1893. — Prix 
 2 fr.
La question sociale au XIXe siècle. Épilogue général des Ouvriers européens. — Une broch. in-18. 2e édition, 1879. — Prix 
 30 cent.
L’École de la paix sociale ; son histoire, sa méthode et sa doctrine. — Une brochure in-18, 1881. — Prix 
 30 cent.
Les Conditions de la Réforme en France après cent ans d’erreur et de révolutions ; conclusion de la Réforme sociale en France. — Nouvelle édition, annotée par M. Ad. Focillon ; 1888, br. in-18. — Prix 
 30 cent.


2e SECTION. — Ouvrages publiés par la Société d’Économie sociale et par les Unions de la paix sociale.

Nota. — On trouvera de plus amples renseignements au secrétariat de la Société d’Économie sociale, rue de Seine, 51, à Paris.

Les Ouvriers des deux mondes, publiés sur la demande de l’Académie des sciences de Paris par la Société des éludes pratiques d’économie sociale, pour faire suite aux Ouvriers européens.

1re série. — 5 vol. in-8° (1858 à 1885). — Prix des cinq volumes (rares) 
 80 fr.
2e série. — Commencée en juillet 1885, t. IV, en cours. — Prix de chaque tome 
 80 fr.
La 2e série paraît par fascicules trimestriels. — Prix de chaque fascicule 
 2 fr.

(Par souscription 1 fr. 50.)

Instruction sur la Méthode d’observation dite des Monographies de famille. — 2e édition. 1887, revue et développée par M. Ad. Focillon, membre fondateur de la Société d’économie sociale ; augmentée de spécimens de monographies. — Une forte brochure in-8° de 208 pages. — Prix. 
 2 fr.
Bulletin des séances de la Société des études pratiques d’économie sociale. — 9 vol. in-8° (1866 à 1885). — Prix des neuf volumes 
 68 fr.
Annuaires des Unions et de l’Économie sociale, pour les années 1875 à 1880. — Prix des cinq volumes 
 15 fr.

La Réforme sociale, revue bi-mensuelle, fondée par F. Le Play en 1881.

1re série. — 1881-1885, 10 vol. (rares). 
 80 fr.
2e série. — 1860-1890, 10 vol. (rares). 
 80 fr.
3e série. — Commencée en 1892 ; chaque volume 
 7 fr.

La Réforme sociale parait le 1er et le 16 de chaque mois, et forme par an deux forts volumes de 900 à 1 000 pages chacun, avec tables analytiques.

Les membres de la Société d’économie sociale et les membres des Unions de la paix sociale reçoivent la Réforme sociale en retour de leurs cotisations. Les personnes étrangères à ces deux sociétés peuvent s’abonner aux conditions suivantes : France : un an, 20 fr. ; six mois, 11 fr. — Union postale : un an, 25 fr. ; six mois, 14 fr. — Bureaux et secrétariat, rue de Seine, 54, à Paris.

La Réforme sociale et le centenaire de la Révolution ; travaux du congrès de 1889, avec une lettre-préface de M. Taine, et une introduction sur les principes de 1789, l’ancien régime et la Révolution, in-8° 
 10 fr.
Les Unions de la paix sociale, leur programme d’action et leur méthode d’enquête ; par A. Delaire, secrétaire général des Unions. — 5e édition, 1892. — Une brochure in-32 
 0 fr. 15
Unions de Bourbonnais, Berri et Nivernais ; Réunions régionales de Montluçon, Moulins, Nevers et Bourges. — Chaque fascicule in-8°. — Prix 
 2 fr.
Unions d’Auvergne et Velay ; Réunions régionales de Glermont-Ferrand et de Brioude. — Chaque fascicule in-8° 
 2 fr.
Unions de Lyonnais, Forez et Bresse ; Réunion régionale de Lyon, 1890. — Broch. in-8° 
 1 fr.
Unions du Nord. — Assemblée générale de Lille, 1893. — Broch. in-8° 
 1 fr.
La liberté de tester ; Discussion sur le régime des successions (Extrait du Bulletin de la Société d’économie sociale). — 1 vol. in-8° 
 3 fr.

Enquête sur l’application des lois de succession.

1re série : I. Dauphiné ; Pays basques. — II. Provence.

2e série : I. Rapport général ; Enquête dans les Cévennes, les pays basques, la Guienne, la Franche-Comté. — II. La petite propriété, les lois d’Homestead exemption, etc. — III. L’autorité paternelle : Enquête dans la Creuse, le Limousin, le Pas-de-Calais, etc.

Prix de chacun des cinq fascicules in-8° 
 2 fr.
FIN
  1. Voir ci-dessus, I.
  2. De 1856 à 1864 les procès-verbaux des séances sont restés manuscrits ; de 1805 à 1885 ils ont été publiés dans un Bulletin qui forme 9 volumes in-8°, avec tables analytiques. En janvier 1880, la Société est devenue propriétaire de la revue la Réforme sociale, qui depuis lors remplace le Bulletin. Les deux premières séries de la Réforme sociale (1881-1890) constituent une collection de 20 volumes in-8°, dont plusieurs sont presque épuisés.
  3. Voir ci-dessus, II.
  4. On peut se procurer au secrétariat de la Société, 51, rue de Seine, le Bulletin, la Réforme sociale et les Ouvriers des deux-Mondes, à des conditions dont on trouvera le détail ci-après, III, 5 ; la Bibliothèque de la paix sociale.
  5. Pour cette partie spéciale de ses travaux, la Société a reçu une médaille d’or du Jury d’économie sociale (sect. XI, habitations ouvrières), à l’exposition universelle de 1889.
  6. Les compagnies de chemins de fer accordent la faveur des billets à demi tarif aux membres qui prennent part à ces congrès.
  7. Les leçons de chaque année tonnent un volume avec plusieurs monographies. Les deux premiers volumes ont paru (A. Rousseau, édit.).
  8. Annuaires des Unions et de l’Économie sociale, 1875-1880 ; 5 volumes, prix 15 francs.
  9. La Réforme sociale en France : Avertissement des Éditeurs, t. Ier, p. xxii, et ci-dessus, 4.