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La photographie aérienne par cerf-volant/2

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Gauthiers-Villars et fils (p. 7-39).

II.

Description des appareils.

Avant de passer à la description des opérations sur le terrain, nous croyons utile d’entrer dans tous les détails de construction : 1° du cerf-volant ; 2° de la chambre noire ; 3° du mode de suspension de celle-ci ; 4° de l’obturateur ; 5° enfin du choix de l’objectif et du procédé photographique.


Le cerf-volant. — Le cerf-volant est pour la plupart d’entre nous une vieille connaissance, un de ces jouets dont l’habileté du constructeur fait tout le mérite et dont l’aspect évoque dans nos plus lointains souvenirs l’image d’un père ou d’un ami. Malheureusement, depuis Franklin, peu de savants s’en sont occupés, et l’empirisme seul préside d’habitude à sa construction. Nous avons été assez heureux pour trouver, dans le journal la Nature, quelques articles sur les cerfs-volants et, notamment dans le numéro du 26 février 1887, la description détaillée d’un cerf-volant, due à M. Esterlin, professeur au collège de Bazas. Ce type, que nous avons adopté, nous a fourni d’excellents résultats et, grâce à quelques modifications de détail, a pu être allégé à tel point que, dans ces nouvelles conditions, le poids du cerf-volant, armé de son appareil photographique complet, n’excède guère le poids du cerf-volant de M. Esterlin de même dimension. Au point de vue pratique, ceci a une grande importance. La hauteur à laquelle peut atteindre le cerf-volant est limitée en effet par le poids de corde qu’il peut emporter. Plus nous diminuerons son propre poids et plus nous pourrons lui donner de corde et, par suite, d’élévation. Mais revenons à sa construction. Le cerf-volant de M. Esterlin se compose du classique roseau, dont la longueur divisée par 10 donnera l’unité de mesure qui va nous guider dans la construction. Prenons, par exemple, un roseau de 2m ; le dixième de sa longueur sera 0m,20. À deux unités du gros bout du roseau, c’est-à-dire à 0m,40, nous fixerons l’arc composé de deux tiges d’osier, longues chacune de cinq unités et demie, c’est-à-dire de 1m,10, dont la réunion devra former une longueur de sept unités, soit 1m,40, les deux parties les plus épaisses des osiers liées l’une sur l’autre. Cela fait, nous passerons la corde de ceinture dans des encoches faites aux deux extrémités du roseau ainsi qu’à celles de l’arc et nous la tendrons suffisamment pour donner à celui-ci une flèche d’environ une unité, soit 0m,20. Nous recouvrirons ensuite le cerf-volant de papier léger mais résistant, en ayant le soin de le doubler d’une étoffe mince aux quatre angles et aux deux points d’attache de la bride. Ces points se trouvent, l’un à la jonction de l’arc et du roseau, l’autre à trois unités du petit bout de celui-ci, c’est-à-dire à 0m,60. Cette bride est une cordelette d’une longueur telle que, rabattue sur le côté du cerf-volant, elle dépasse légèrement l’extrémité de l’arc. C’est en face de cette extrémité que l’on doit faire une boucle à la bride, boucle sur laquelle viendra se fixer à l’aide d’une olive en bois la corde de manœuvre. Une forte ficelle, reliant par derrière les deux extrémités de l’arc et tendue plus ou moins, suivant la violence du vent, sert à donner au cerf-volant une surface convexe qui lui assure une grande stabilité.

Bien que l’appareil décrit ainsi dans la Nature soit donné comme cerf-volant sans queue, nous devons avouer que nous n’avons jamais réussi à l’enlever sans cet appendice incommode et fragile, mais qui, jusqu’à présent, nous a paru indispensable.

Voici en quoi consistent les modifications apportées par nous au cerf-volant dont nous venons de donner la description. Nous avons supprimé le roseau, souvent lourd dans les dimensions citées plus haut (0m,08 à 0m,09 de circonférence au gros bout), et nous l’avons remplacé (fig. 1) par deux règles AB de bois léger (peuplier de Caroline), ayant 0m,020 × 0m,005 de section et à fil bien droit. Ces deux règles, solidement liées ensemble aux deux extrémités, viennent embrasser, à la quatrième et à la cinquième unité de longueur en partant de la tête, une boîte légère, d’une épaisseur égale à la largeur des règles et représentant la forme d’un trapèze A’B’C’D’, le plus petit côté tourné vers la queue. Cette boîte, dont tous les côtés sont cloués et collés, a deux unités de longueur. Deux solides ligatures en ficelle et quelques pointes l’assujettiront entre les deux règles. C’est sur cette boîte que se fixera le support de la chambre noire.

Fig. 1.

Aux deux points d’attache de la bride, de légères mais solides entretoises de bois blanc, M et N, viennent tendre les deux règles en les écartant et leur donnent ainsi une grande rigidité. Ces entretoises sont appelées à subir des secousses et des tractions violentes ; rien donc ne doit être négligé pour les fixer avec soin. Quelques pointes légères et surtout des ligatures méthodiques en bonne ficelle sont les moyens qui nous ont le mieux réussi. Afin que la bride ne puisse glisser, ce qui aurait pour résultat de faire dévier le cerf-volant, il est bon d’enrouler une ficelle encollée sur toute la longueur de l’entretoise, en ménageant au milieu un espace vide sur lequel cette bride viendra s’attacher.

Pour les cerfs-volants dont la longueur excède 1m,50, nous préférons aux osiers, pour former l’arc CD, deux lames de fleurets soudées ensemble par la poignée. Les boutons peuvent être soit enveloppés de ficelle encollée à laquelle on fait une boucle, soit remplacés par des anneaux faits à la forge en retournant l’extrémité du fleuret. C’est dans ces boucles ou dans ces anneaux que devra passer la corde de ceinture. Les fleurets présentent, dans les grandes dimensions, l’avantage de joindre une grande flexibilité à une solidité absolue. Leur réunion aux deux règles se fait sur l’entretoise supérieure par des ligatures de ficelle encollée. Pour protéger la ficelle contre les angles des fleurets, il est bon de recouvrir ceux-ci, au point de jonction, avec des planchettes de liège ou de bois tendre.

Dans le cas particulier qui nous occupe, cette disposition spéciale du cadre du cerf-volant, outre son extrême légèreté et sa force de résistance à la flexion, quant à l’arête, présente un sérieux avantage pour la suspension de l’appareil photographique. En effet, sous l’influence d’un brusque coup de vent, le roseau court le risque de tourner dans les ligatures qui l’attachent à l’arc, et, comme l’appareil est solidaire du roseau, l’axe de l’objectif perd l’orientation qu’on lui a donnée[1]. Avec la nouvelle disposition du cadre, cet accident n’est plus à craindre, les deux surfaces en contact des règles et de l’arc étant des surfaces planes.

Puisque nous n’avons pu supprimer la queue de notre cerf-volant, résignons-nous à la décrire. Cet appendice, qui d’ailleurs ne manque pas de grâce lorsque l’appareil flotte dans l’air, est destiné à donner au cerf-volant une stabilité relative qui lui ferait, sans lui, absolument défaut. La queue chez le cerf-volant joue le même rôle que chez le lézard, elle régularise les mouvements. Comme longueur, elle doit avoir au moins quatre fois celle du cerf-volant. On la compose d’une ficelle double sur laquelle on fait de simples nœuds embrassant des rectangles de papier. Ces rectangles doivent avoir comme dimensions une unité et demie de longueur sur la moitié de largeur (dans le cas d’un cerf-volant de 2m, ce serait donc 0m,30 sur 0m,15) ; on les froisse en les tordant vers leur milieu et l’on serre le nœud autour de chacun. Ils doivent être espacés d’environ une unité, soit 0m,20. Une olive en bois termine l’une des extrémités de la queue pour l’assujettir à la partie inférieure du cerf-volant, qui porte à cet effet une boucle en ficelle solidement attachée au roseau ou aux règles. On se contente d’habitude d’une ficelle unique. Mais il arrive que, sous l’action du vent, la queue s’anime d’un mouvement de rotation sur elle-même qui peut détordre la ficelle et occasionner sa rupture. Cet accident amène la chute du cerf-volant, qui pique une tête, suivant l’expression consacrée, et court grand risque de se briser. La ficelle double met à l’abri de ce danger.


La chambre noire. — Comme il est facile de le prévoir, les chambres noires qu’on trouve dans le commerce, fussent-elles du modèle le plus soigné, n’ont ni la solidité, ni la légèreté voulues pour le nouvel emploi auquel nous les destinons. Nous avons donc imaginé un modèle que nous avons taché de simplifier le plus possible. Les trois conditions que nous avons cherché à réaliser sont : 1° grande légèreté ; 2° solidité (pour résister aux accidents possibles du départ ou de la descente) ; 3° fixité absolue de la planchette d’objectif par rapport à la surface sensible, même sous l’influence de violentes secousses. Cette dernière condition nous force à proscrire le soufflet et nous oblige à construire une chambre à foyer fixe, la seule dont la rigidité nous paraisse suffisante. Notre chambre sera donc une boîte cubique en bois blanc de 0m,004 d’épaisseur, dont les joints seront simplement cloués et collés. Intérieurement le bois sera teint en noir au pyrolignite de fer, et extérieurement la chambre sera recouverte de papier noir dit papier à aiguilles, collé à la colle d’amidon, ce qui augmentera la solidité de l’ensemble en supprimant toute chance de filtration de lumière à travers le bois ou les joints. Naturellement, notre boîte sera ouverte sur l’un de ses côtés ; le couvercle que nous y adapterons se composera d’une planchette de 0m,01 d’épaisseur. Dans cette épaisseur sera creusée une feuillure qui, entourant le couvercle, recevra les quatre côtés de la boîte. Deux petites pointes pénétrant dans des trous percés à l’avance à travers les côtés de la boîte et l’épaisseur du couvercle et formant verrous, fixeront celui-ci d’une manière suffisante. Pour empêcher les pointes de sortir de leur logement et pour arrêter tout rayon de lumière, nous entourerons le joint de deux bracelets de caoutchouc superposés.

Dans la partie opposée à l’ouverture, nous percerons le trou de l’objectif. Comme celui-ci doit être choisi parmi les instruments symétriques, il n’y aura aucun inconvénient à le retourner et nous pourrons ainsi le fixer dans l’intérieur de la chambre, ce qui lui évitera bien des chances d’accident.

Le châssis, ou plutôt ce qui en tient lieu, sera une simple planchette de noyer de 0m,002 d’épaisseur ; ses dimensions devront être telles qu’elle puisse exactement entrer dans la chambre noire. Elle sera maintenue rigide par deux petites baguettes de bois blanc collées à son verso, perpendiculairement aux fibres du bois. C’est sur le recto de cette planchette que nous fixerons la surface sensible, papier ou pellicule, à l’aide de bandes de papier gommé appliquées sur ses quatre côtés[2]. Quatre petites pointes enfoncées dans le voisinage des angles de la chambre et formant saillie à l’intérieur serviront d’arrêt et supporteront la planchette dont la position sera rendue invariable, au moment d’opérer, par quatre punaises que l’on piquera dans les parois immédiatement derrière elle.

Puisque nous n’accompagnons pas notre appareil dans son ascension, nous ne pouvons songer à une mise au point spéciale pour chaque vue, comme cela se pratique d’ordinaire lorsqu’on exécute des photographies à la surface du sol. D’ailleurs le besoin s’en fait moins sentir dans le cas qui nous occupe, vu que les premiers plans font défaut et que nous opérons toujours à une distance relativement considérable. Que nous prenions en effet une vue en plan ou une vue perspective, les objets les plus rapprochés se trouveront à une distance de 80m ou 100m de l’objectif. Dans ces conditions, il nous est facile d’exécuter une mise au point unique à cette distance et nous serons certain que les objets plus éloignés seront également nets sur notre épreuve. Pour effectuer cette opération, nous placerons notre chambre, munie intérieurement de son objectif, sur un pied, à 75m environ d’un objet de grande dimension présentant des détails aux contours bien arrêtés : un mur portant une enseigne, un monument construit en moellons appareillés, une rangée d’arbres à l’écorce rugueuse éclairée par un jour frisant. Nous ferons avancer et reculer dans la chambre une glace dépolie fixée bien à angle droit sur une planchette et, lorsqu’elle aura atteint le point précis où l’image est absolument nette, nous marquerons un trait sur les quatre côtés de la chambre, exactement à l’endroit qu’affleure la face dépolie de la glace[3]. C’est sur ce trait et dans le voisinage des angles que nous fixerons de petites pointes sans têtes, dites pointes de vitrier, sur lesquelles viendra reposer la planchette porte-pellicule que nous avons décrite plus haut. Pour en finir avec la chambre, il ne restera plus qu’à fixer sur chacun de ses grands côtés un boulon en cuivre dont la tête sera à l’intérieur et dont l’écrou placé en dehors permettra de l’assujettir au support que nous allons décrire. Afin d’éviter tout reflet nuisible, la tête du boulon sera recouverte de drap noir.


Mode de suspension de la chambre noire. — Nous ne pouvons ici nous servir de la suspension à la Cardan, qui donne, paraît-il, de bons résultats avec les ballons. Les mouvements souvent brusques du cerf-volant occasionneraient des oscillations incessantes. Nous devons au contraire tâcher de rendre notre chambre noire tellement solidaire du cerf-volant qu’elle ne fasse qu’un avec lui. Dans ce but, et après bien des tâtonnements, nous en sommes revenu au moyen qui paraît le plus simple et nous avons adopté un boulon reliant la chambre au support, intermédiaire obligé entre l’appareil et le cerf-volant. Notre support se compose d’une boîte triangulaire fixée à la charpente du cerf-volant par deux solides boulons et dont les côtés évidés permettent à la main de venir serrer dans l’intérieur l’écrou du boulon de la chambre noire qui traverse l’une de ses parois.

Ici, deux cas vont se présenter : est-ce une vue verticale, est-ce une vue perspective que nous voulons obtenir ? Dans le premier cas, l’axe de notre objectif devra être parallèle à la direction du fil à plomb. Dans le second, il sera nécessaire de l’incliner sur l’horizon d’une quantité donnée ; en d’autres termes, il devra plonger.

Examinons le premier cas, celui où nous cherchons à obtenir une vue en plan.

Nous devons tout d’abord nous préoccuper de l’angle que forme avec l’horizontale le plan du cerf-volant. Il semble, au premier abord, difficile de déterminer exactement cet angle qui diminue sans cesse à mesure que le cerf-volant s’élève davantage, d’abord, en raison du poids croissant de corde qu’il emporte et, en second lieu, à cause de la prise que cette corde offre auvent, prise qui lui fait décrire une courbe plus ou moins prononcée. Notons toutefois que l’ouverture de cet angle devient constante dès que le cerf-volant a trouvé dans l’air sa position d’équilibre. Bien que la rigueur mathématique ne soit pas pratiquement indispensable et que, d’une manière générale, on puisse admettre que le plan du cerf-volant forme avec l’horizontale un angle de 33°, comme le plus léger changement dans les proportions de la bride peut faire varier cet angle, nous allons décrire un procédé très simple que nous avons imaginé pour l’évaluer avec une certaine précision. Ici la Photographie va nous venir en aide et ce sera le cerf-volant lui-même qui enregistrera l’angle qu’il forme sur l’horizontale au haut des airs. La connaissance de cet angle nous permettra de construire notre support sans tâtonnements.


Moyen de connaître l’angle que forme le plan du cerf-volant avec l’horizon. — Nous prendrons un carton suffisamment rigide que nous découperons exactement à la grandeur de notre chambre noire et qui pourra venir occuper la place de la surface sensible. Nous recouvrirons ce carton de papier pelure dont trois côtés seront rabattus et collés par derrière. Nous aurons ainsi une sorte de poche dans laquelle nous pourrons introduire une feuille de papier au gélatinobromure. À l’aide d’un rapporteur, nous tracerons sur le papier pelure un quart de cercle dont le 0° se trouvera sur une ligne parallèle à l’un des petits côtés et la division 90° sur une ligne parallèle à l’un des grands. Au point de centre du quart de cercle, nous percerons un trou d’aiguille dans lequel passera un fil à plomb fixé par derrière[4]. Après avoir retiré l’objectif, nous introduirons le carton ainsi préparé dans la chambre noire, le papier pelure tourné vers l’obturateur. Nous fixerons directement la chambre à l’arête du cerf-volant par son grand côté correspondant a la division 90°, et de telle sorte que la division 0° et, par suite, l’attache du fil à plomb soient tournés vers la tête, l’axe de la chambre se trouvant dans une direction perpendiculaire à celle de l’arête. La mèche de déclenchement[5] allumée, nous lancerons le cerf-volant. Lorsqu’il sera parvenu à la hauteur qu’il doit normalement atteindre (ce qui ne demande guère qu’une ou deux minutes, si toute la corde lui a été donnée au départ), il prendra une position d’équilibre dont il ne s’écartera guère pendant la durée de l’expérience. À l’intérieur de la chambre que se passera-t-il ? Après quelques oscillations, le fil à plomb s’arrêtera en face d’une des divisions du quart de cercle. Si à ce moment l’obturateur est déclenché, un faisceau lumineux pénétrant dans la chambre projettera sur le papier sensible les divisions du quart de cercle et l’ombre du fil à plomb. Rentré dans notre laboratoire, nous n’aurons plus qu’a développer le papier au gélatinobromure pour connaître exactement l’angle cherché.


Le support. — Si nous pouvions suspendre notre appareil par sa partie postérieure (ce que nous faisions au début), notre boîte support devrait donc présenter, entre sa paroi supérieure (celle qui tient au cerf-volant) et sa paroi inférieure (celle qui supporte l’appareil), un angle de 33°. L’expérience nous a depuis longtemps démontré qu’il est imprudent de suspendre la chambre par sa partie mobile ; aussi est-ce par l’un ou l’autre de ses grands côtés que nous la fixerons au support. Mais la forme de ce support ne changera pas pour cela. En effet, construit comme l’indique la fig. 2, il présente un angle de 33° ABC et un angle droit ACB. Par suite, la partie CB prendra la direction horizontale et AC[6], la direction verticale (ces deux lignes étant perpendiculaires l’une à l’autre) dès que le cerf-volant qui vient s’appliquer sur la ligne AB flottera dans l’air. Cela posé, si nous fixons à l’aide d’un boulon l’un des grands côtés de la chambre noire sur la partie AC, l’axe de l’objectif sera vertical et notre chambre occupera la position requise pour obtenir une vue en plan.

Fig. 2.

Voulons-nous exécuter une vue perspective ? Nous fixons au-dessous du support que nous venons de décrire une seconde boîte semblable à la première et dont l’angle A’B’C’ n’est plus de 33°, mais d’un nombre de degrés tel que nous puissions obtenir sur la glace sensible ce que l’on nomme une vue cavalière. Dans la pratique, un angle de 26° nous a donné de bons résultats. La partie A’B’ de cette boîte viendra s’appliquer sur la partie CB de la première. C’est à la partie B’C’ de ce second support que viendra se fixer le grand côté de la chambre noire dont l’axe se trouvera former un angle de 26° au-dessous de l’horizon. Ce dispositif est précieux à cause de la faculté qu’il donne (la partie CB du premier support demeurant toujours horizontale) de faire pivoter le second support autour du boulon qui les relie l’un à l’autre. De cette façon, l’opérateur peut diriger l’objectif toujours sous un même angle vers tous les points de l’horizon qui ne sont pas masqués par la partie postérieure du cerf-volant et embrasser ainsi un champ considérable.

Ce qui nous a conduit à placer un boulon sur chacun des grands côtés de la chambre noire, c’est que, dans la position verticale, c’est le dessous de la chambre qui doit s’appliquer sur la planchette AC, si l’on veut éviter que la fumée de la mèche de déclenchement soit chassée par le vent sur l’objectif. Pour la vue perspective, au contraire, c’est le dessus de la chambre qui doit s’appliquer sur la partie B’C’ du second support, afin d’éviter le même inconvénient.

À quel point du cerf-volant fixerons-nous le support ? Nous avons déjà vu (p. 11) que ce doit être sur la boîte de forme trapézoïdale qui sépare les deux règles du cerf-volant à la quatrième et à la cinquième unité en partant de la tête. Cette position n’est pas arbitraire, et c’est à sa recherche que nous avons certainement rencontré le plus de difficultés. Au premier abord, en effet, l’endroit le plus convenable nous sembla devoir être la portion de l’arête venant immédiatement au-dessous du point d’attache inférieur de la bride. Là, rien ne viendrait masquer l’objectif, tous les cordages se trouvant au-dessus de lui. Mais l’expérience fut loin d’être satisfaisante. À peine le cerf-volant s’était-il élevé de quelques mètres, qu’il sembla pris de vertige ; il décrivit précipitamment une série de circonférences à très petit rayon qui le ramenèrent à terre avec une brusquerie dont il eut à souffrir. Nous plaçâmes alors notre support à égale distance des deux points d’attache de la bride. Les résultats, quoique moins mauvais, furent encore très défectueux ; le cerf-volant, il est vrai, n’exécutait plus de pirouettes, mais il éprouvait un balancement rapide qui rendait impossible l’obtention d’une vue. Ce n’est qu’à la suite de nombreuses expériences, dans lesquelles nous faisions progressivement avancer notre support vers la tête du cerf-volant, que nous avons enfin trouvé le point favorable à l’obtention d’une photographie, celui où le cerf-volant conserve une immobilité relative. La portion de l’arête à laquelle correspond la meilleure position de la chambre noire est la quatrième unité à partir de la tête[7]. D’où il résulte que, pour une vue en plan, la chambre étant fixée à l’avant du support, celui-ci doit être placé à la cinquième unité et que, pour une vue perspective, la chambre étant fixée sous le support, celui-ci doit venir se placer plus près de la tête, à la quatrième unité. Voilà pourquoi la boîte doit avoir une longueur de deux unités, qui permettra d’avancer ou de reculer le support, suivant le but qu’on se propose. Dans cette position, la chambre noire ne gênera en rien la stabilité du cerf-volant, mais l’épreuve que nous obtiendrons sera traversée par l’image de la bride. Le moyen que nous avons imaginé pour obvier à cet inconvénient consiste à modifier la bride tout en lui laissant et les mêmes points d’attache et le même point de traction. Seulement, les cordes qui la composent s’écartent et forment deux fenêtres triangulaires (l’une verticale pour les vues cavalières, l’autre horizontale pour les vues en plan), qui permettent à l’objectif d’embrasser librement l’espace, tout en ne modifiant en rien les lignes de traction, ce qui assure au cerf-volant la même stabilité qu’avec la bride ordinaire.


La bride. — Voici notre dispositif : Deux cordes sont fixées au point d’attache supérieur O (fig. 3). On leur donne une longueur telle que, passant par les extrémités de l’arc AB, elles puissent atteindre le point d’attache inférieur X. On ajoute à cette longueur ce que l’on juge nécessaire pour les nœuds. Ceci posé, à la distance OB et OA, on fait un nœud sur chacune des deux cordes. On enfile sur ces deux cordes une sorte de palonnier en roseau MN, d’une longueur égale à OA, percé d’un trou à chacune de ses extrémités. On fait immédiatement au-dessous un nœud sur chacune des deux cordes, de façon à rendre sa position inamovible. Ramenant alors l’extrémité du palonnier sur A ou sur B, on fixe au point d’attache inférieur la portion de corde qui pend au-dessous. Après avoir assujetti de même la seconde corde, on joint les deux extrémités du palonnier par une corde lâche, au milieu de laquelle on forme une boucle Z[8]. C’est sur cette boucle que viendra se fixer l’olive de la corde de manœuvre.

Fig.3.


L’obturateur. — Comme il est facile de le comprendre, pour obtenir une netteté suffisante, la pose devra être extrêmement courte, étant donnée la mobilité du cerf-volant. Dans la pratique, nous n’avons cependant pas trouvé qu’il fût nécessaire de recourir à des poses inférieures comme durée à ou à de seconde. Cette vitesse nous a été fournie par un obturateur à guillotine que nous avons construit nous-même et qui, expérimenté suivant la méthode de M. de La Baume Pluvinel, exposée dans l’Ouvrage de M. Agle[9] (p. 72 et suiv.), dite méthode de la boule, nous a constamment donné les mêmes résultats.

Fig.4.

Cet obturateur (fig. 4) se compose d’une mince planchette de noyer de 0m,002 d’épaisseur ABCD, dont la largeur doit être deux fois environ le diamètre de l’objectif et la longueur sept fois ce diamètre. Au centre de cette planchette, on pratique une ouverture circulaire d’un diamètre égal à celui de l’objectif. De chaque côté de cette ouverture et parallèlement aux grands côtés de la planchette, on colle deux réglettes bien dressées ayant environ 0m,0015 d’épaisseur, 0m,01 de largeur et une longueur égale au diamètre de l’objectif augmenté de 0m,02. On recouvre ces réglettes d’une planchette carrée EFGH, ayant de côté cette dernière dimension. Cette planchette, solidement fixée par quatre vis, porte en son centre une ouverture semblable à la première et rigoureusement placée au-dessus d’elle. Nous aurons, entre ces deux ouvertures, une coulisse dans laquelle glissera librement une planchette que nous choisirons imperméable à la lumière[10] et aussi légère que possible. En effet, n’oublions pas que nous n’opérons plus sur une base solide, sur un trépied, mais sur un appareil suspendu en l’air, auquel la moindre poussée peut communiquer un mouvement. La force d’inertie seule doit nous fournir la stabilité nécessaire. Il se produit ici un fait analogue à celui qu’on observe dans le tir des armes à feu. À charge égale, c’est le fusil le plus lourd qui repousse le moins, c’est-à-dire celui dont le poids, comparé à celui du projectile, offre le plus d’écart. Donc, dans la mesure du possible, plus nous donnerons de poids à notre appareil par rapport à celui de la planchette obturatrice, ou inversement, moins nous donnerons de poids à cette planchette par rapport à celui de l’appareil, et moins nous aurons à craindre de déplacement pendant la pose. Cette planchette IJKL sera suffisamment amincie pour passer librement dans la coulisse ; elle sera percée en son centre d’une ouverture carrée FGMN, ayant de côté le diamètre de l’objectif. À l’une de ses extrémités IJ, nous la taillerons en biseau et nous collerons dans toute sa largeur, sur une longueur de 0m,02, deux feuilles de parchemin superposées qui formeront, avec le biseau, une petite encoche destinée à recevoir le caoutchouc servant de ressort. Ce caoutchouc IEJH sera fixé, d’autre part, soit à deux clous disposés convenablement, soit à la planche formant coulisse[11]. Le parchemin IJ sera aminci au papier de verre du côté opposé à l’encoche, ce qui permettra à la planchette arrivant à fond de course de pénétrer avec force entre les coulisses et de s’y trouver fixée par l’élasticité du parchemin, ce qui écartera tout danger de rebondissement[12]. L’arrêt sera obtenu à l’aide d’un loqueteau LP mobile autour d’un clou à vis. Ce loqueteau, placé dans le plan de la planchette obturatrice, viendra, par une de ses extrémités, fermer en partie la fente de la coulisse en L sous un angle très faible, de telle sorte que la pression seule de la planchette, sollicitée par son ressort, le fasse céder. À son extrémité opposée, deux encoches permettront, l’une R, de lui adapter un caoutchouc agissant dans le sens du déclenchement, l’autre P, un fil tendu PS, qui le maintiendra dans la position de fermeture de la fente. Pour obtenir le déclenchement pendant le vol du cerf-volant, nous ferons passer ce fil à travers l’extrémité d’une mèche d’amadou T, dont nous allumerons l’autre extrémité. Le feu montera lentement le long de la mèche, à raison de 0m,05 par minute, et, lorsqu’il atteindra le fil, il le brûlera et déclenchera ainsi l’obturateur[13].

Mais cet obturateur, s’il restait exposé quelque temps à la lumière diffuse et surtout aux rayons directs du soleil, ne tarderait pas laisser filtrer quelque filet de lumière qui viendrait voiler la glace. Pour nous mettre à l’abri de cet accident, nous n’avons rien trouvé de mieux que de recouvrir l’ensemble de l’appareil dont nous venons de donner la description, d’une boîte A’B’C’ en carton noir. Cette boîte se fixe sur la grande planchette à l’aide de deux caoutchoucs, et porte en son milieu une ouverture circulaire qui vient coïncider avec celles des planchettes. Dans ces conditions, les seuls rayons lumineux qui pénètrent dans la chambre sont ceux qui passent normalement au moment de l’ouverture de l’obturateur[14]. Puisque nous avons placé l’objectif à l’intérieur de la chambre noire, c’est directement sur celle-ci que nous fixerons l’obturateur, en ayant le soin d’interposer entre eux un morceau de drap noir encollé sur ses deux faces, qui interceptera d’une façon absolue les infiltrations de lumière.


Déclenchement de l’obturateur. — Nous avons à choisir entre deux modes de déclenchement ; l’un élégant, ingénieux, permettant de faire fonctionner l’appareil à l’instant précis où on le juge convenable, mais coûteux, un peu lourd et embarrassant : c’est l’électricité. L’autre simple, primitif même, fonctionnant invariablement au moment exact que l’on a marqué d’avance même, il faut bien l’avouer, si l’instant est inopportun, soit que le vent faiblisse, soit qu’un nuage vienne obscurcir le soleil, mais d’une légèreté et d’un bon marché dont rien n’approche : c’est la mèche à temps. C’est à ce dernier mode de déclenchement que nous donnons la préférence ; aussi est-ce celui que nous avons décrit dans tous ses détails. Si, au cours de nos expériences, il a quelquefois opéré d’une manière intempestive, nous devons reconnaître que jamais la mèche ne s’est éteinte, jamais l’obturateur n’est revenu à terre sans avoir été déclenché. Son principal avantage, d’ailleurs, c’est sa légèreté. Avec l’électricité, au contraire, les deux fils de cuivre recouverts de soie ou de coton, qui relient le cerf-volant à l’opérateur, chargent d’une manière sensible la corde de manœuvre autour de laquelle ils s’enroulent et diminuent ainsi d’une façon notable la force ascensionnelle du cerf-volant. De plus, moins extensibles que cette corde, ils risquent de se rompre sous l’effort d’un coup de vent, et l’opérateur demeure alors sans action sur son appareil. Enfin, une pile et un boulon de contact doivent être emportés par l’opérateur, et ce surcroît de bagage ne laisse pas que d’être embarrassant au cours de la manœuvre. Nous le répétons, à moins de circonstances toutes spéciales, c’est donc à la mèche à temps que nous donnons la préférence.


Choix de l’objectif. — Quel objectif devrons-nous choisir pour la Photographie aérienne ? Examinons les conditions dans lesquelles nous devons opérer ; ce sera le vrai moyen de trouver l’instrument qui répondra le mieux à nos besoins. Nous devons photographier instantanément ; il faudra donc pouvoir nous passer de diaphragmes ou du moins n’en employer que d’un fort diamètre. Nous voulons obtenir des plans sur lesquels nous relèverons des mesures exactes ; il est donc nécessaire d’éviter toute déformation. À la question ainsi posée, la réponse est facile. Les instruments aplanétiques remplissent les conditions requises. Dans les cas habituels, nous choisirons un aplanat ordinaire, qui, avec une ouverture de pourra embrasser d’une manière suffisamment nette un angle de 40° environ. Lorsqu’il sera nécessaire de comprendre dans notre plaque une surface de terrain plus étendue, et que nous aurons atteint le maximum d’élévation que notre cerf-volant et nos cordes ne permettront pas de dépasser, nous aurons recours aux objectifs aplanétiques grands angulaires. Il nous sera possible ainsi d’embrasser un angle de 90°. Mais, dans ce cas, à moins d’opérer avec une très belle lumière, la pose pourra quelquefois se trouver insuffisante, l’ouverture de ces objectifs n’étant guère que de . De ce qui précède, il ne faudrait pas conclure que la Photographie aérienne ne peut être abordée qu’avec des instruments de prix. Un objectif simple à paysage, d’une ouverture suffisante pour l’instantanéité, donnera des résultats intéressants, surtout s’il s’agit de vues perspectives. Mais, comme pour tous les autres genres de Photographie, si l’on tient à des images rigoureusement exactes ; les instruments que nous indiquons sont nécessaires.


Choix du procédé photographique. — Pour le procédé photographique, nous aurons à choisir entre les glaces, les pellicules et les papiers au gélatinobromure d’argent. La rapidité la plus grande est la condition essentielle. En second lieu, vient la question de poids qu’il ne faut jamais négliger avec les cerfs-volants. À rapidité égale, nous choisirons donc des papiers ou des pellicules de préférence aux glaces qui, d’ailleurs, si la descente a lieu brusquement, risquent de se briser et d’endommager l’objectif par leurs éclats. Les pellicules ont sur les papiers l’avantage d’une finesse plus grande et peut-être aussi d’une rapidité supérieure[15]. C’est donc aux pellicules que nous accorderons la préférence.


Dévidoirs et cordes. — Il nous reste enfin à étudier les cordes de manœuvre et les dévidoirs sur lesquels nous les enroulerons.

Nous l’avons déjà dit, le vent a une action marquée sur la corde qui retient le cerf-volant ; et cette action venant s’ajouter à celle de la pesanteur, force la corde à décrire une courbe plus ou moins prononcée. Plus nous diminuerons cette courbe et plus nous donnerons à notre appareil de force ascensionnelle. Pour atteindre ce but, il faudra donc, dans les limites du possible, diminuer : 1° le poids de la corde, 2° sa surface (sa résistance à la traction restant la même). Nous choisirons une corde faite du meilleur chanvre et tordue avec soin. Le fouet, qui se vend en pelotons de 80m au prix de 4fr le kilo, convient parfaitement pour des cerfs-volants de 1m,50 de haut. Il est vrai qu’on pourrait prendre pour corde de manœuvre un fil d’acier d’une section et d’un poids très faibles, dont la résistance serait pourtant supérieure à celle de la corde de chanvre. Mais n’oublions pas que, tendu par le cerf-volant, un tel fil est comparable à une lame tranchante, capable de causer les plus graves blessures en cas d’accidents.

Précisément, pour éviter les coupures qu’une simple ficelle peut faire lorsqu’on la laisse filer entre les doigts et d’ailleurs pour rendre la manœuvre plus facile et ne pas courir le risque d’embrouiller la corde, nous avons adopté un dévidoir d’un maniement facile et d’un prix insignifiant. Ce dévidoir se compose d’un cylindre de bois dur de 0m,08 de diamètre et d’une longueur de 0m,05, dont les deux extrémités, formant tenons, s’engagent dans des mortaises pratiquées au centre de deux disques de bois dur d’une épaisseur de 0m,015 et de 0m,20 de diamètre. Deux poignées de bois, bien en main, solidement fixées sur les disques aux deux extrémités d’un même diamètre, permettent de donner facilement au cylindre un mouvement de rotation rapide et d’enrouler ou de dérouler la corde de manœuvre. Celle-ci est arrêtée sur le cylindre par un trou qu’elle traverse et derrière lequel un fort nœud la maintient. Un moyen d’attache que nous préférons et dont on verra plus loin l’utilité, consiste à fixer, par un nœud sur le cylindre, un bout de corde formant boucle. Sur cette boucle vient s’attacher la corde de manœuvre à l’aide d’une olive en bois. Ce moyen permet de détacher rapidement la corde de son dévidoir à un moment donné. Une seconde olive termine la corde à l’autre extrémité et permet de la relier à la bride du cerf-volant. À la suite de plusieurs cas de rupture de la corde, dus à de brusques coups de vent, nous eûmes l’idée d’interposer entre la bride et la corde de manœuvre une lanière de caoutchouc ZY (fig. 3, p. 27) de 0m,005 de section, doublée trois ou quatre fois. Cette modification nous a donné d’excellents résultats. En effet, le coup de vent, au lieu d’attaquer brusquement la force d’inertie de la corde, met, grâce à l’élasticité du caoutchouc, un certain temps à la vaincre et, par suite, répartit son effort sur une plus grande longueur.

Par excès de précaution, nous relions l’olive de la corde de manœuvre à la bride du cerf-volant au moyen d’une corde lâche, qui deviendrait utile si, par extraordinaire, la lanière de caoutchouc venait à se rompre.




  1. Un moyen de parer à cet inconvénient, si les circonstances obligent à se servir d’un roseau, consiste à coller à la colle forte sur celui-ci préalablement dépoli à la râpe, un morceau de liège dans lequel on a creusé une gouttière pour loger le roseau. Ce morceau de liège est ensuite dressé avec soin sur la face opposée, et c’est sur cette face que vient s’appliquer l’arc qu’on y assujettit par une ligature croisée embrassant roseau, liège et arc.
  2. Pour éviter tout gondolement de la surface sensible, après l’avoir posée sur la planchette, face en dessus, nous la recouvrons d’une glace revêtue de papier noir. Nous pressons la glace sur la planchette avec deux pinces américaines et nous posons alors les bandes de papier gommé. Il va sans dire que la surface sensible doit être coupée un peu plus petite que la planchette et doit déborder légèrement la glace qui la recouvre. Une fois le papier gommé sec, ce qui ne demande que quelques minutes, on retire la glace.
  3. Pour ceux de nos lecteurs qui n’auraient pas sous la main une glace dépolie de la dimension voulue, nous rappellerons un procédé très simple qui permettra de la suppléer. Après avoir fait tailler un verre ordinaire bien plan à la grandeur de la chambre, on le passe avec précaution au-dessus de la flamme d’une lampe à alcool. Lorsque sa température ne peut plus être supportée par la main, on promène à sa surface une demi-rondelle de cire vierge qui la couvre aussitôt d’une couche transparente. On laisse alors refroidir la plaque en la tournant dans tous les sens pour égaliser la couche. Une fois refroidie, cette couche perd sa transparence et présente l’aspect des glaces dépolies les plus fines.
  4. Notre fil à plomb se compose d’un fil noir très fin à l’extrémité duquel nous attachons un gros plomb de chasse, tel que ceux dont on se sert pour lester les lignes de pêche.
  5. Voir plus loin, à l’article Obturateur.
  6. Nous avons laissé à la planchette antérieure AC un léger excédent au-dessous du support, afin d’augmenter les points de contact avec la chambre noire lorsque celle-ci est dans la position verticale.
  7. Si nous prenons un cerf-volant de 2m, par exemple, la chambre devra être fixée à l’arête de façon à occuper la portion comprise entre 0m,60 et 0m,80 à partir de la tête.
  8. Nous réunissons d’habitude la bride aux deux points d’attache à l’aide d’olives en bois fixées à l’arête par un bout de corde. Les démontages que nécessitent certaines réparations sont ainsi rendus plus faciles.
  9. Agle, Manuel pratique de Photographie instantanée. In-18 jésus, avec nombreuses figures dans le texte ; 1887 (Paris, Gauther-Villars et fils).
  10. Le noyer, le cerisier, le poirier conviennent pour cet usage, mais il faut proscrire le peuplier, le sapin, etc, comme translucides sous une mince épaisseur.
  11. Nous nous servons d’étroits bracelets de caoutchouc dont nous augmentons le nombre suivant les besoins. D’ordinaire, deux nous suffisent.
  12. Voir, au sujet de cet accident, la Photographie en ballon, par Gaston Tissandier, p. 26 et 27.
  13. Dans le cas où l’on voudrait commander le déclenchement au moyen de l’électricité, le fil serait remplacé par un caoutchouc capable de résister à la poussée de la planchette. Le loqueteau serait garni d’une plaque de fer doux en regard de laquelle on fixerait un petit électro-aimant capable de vaincre la résistance du caoutchouc. Au passage du courant, le loqueteau, attiré par l’électro-aimant, démasquerait la fente et la planchette s’abattrait.
  14. Nous avons laissé pendant plus d’une heure en plein soleil notre chambre, munie de son obturateur prêt à fonctionner, et, au développement, la plaque sensible qu’elle contenait n’a donné aucune trace de voile.
  15. Après avoir essayé divers papiers, glaces et pellicules, nous nous sommes arrêté aux plaques souples Balagny préparées par la maison Lumière, de Lyon, dont les résultats nous ont paru irréprochables.