La vallée de la mort/07

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Police Journal Enr (Aventures de cow-boys No. 4p. 17-20).

CHAPITRE VII

VISITE À LA VALLÉE


J. B. se leva à 4 heures du matin.

Lagueux l’attendait au poste quand il entra :

— J’ai une lettre très importante à envoyer à Toronto, dit-il au chef de police d’Orcité…

— Ah, tiens…

— Oui, importante et urgente, même… Charlie ?

— Quoi ?

— Tu n’aurais pas un massager sûr qui pourrait me porter cette lettre à la diligence postale Winnipeg-Toronto ?

— Mais oui.

Il appela :

— Landry ?

Un jeune constable entra.

Et demanda :

— Qu’y a-t-il, chef ?

— Tiens, prend cette lettre, selle le meilleur cheval de notre écurie, et va à Winnipeg porter la missive à la diligence des postes.

Verchères intervint :

— En cas d’une attaque toujours possible, brûle la lettre sans perdre une seule seconde…

— Tu comprends bien ?

— Oui.

— Alors ouste !

Landry sortit !

Quelques instants après, les 2 chefs quittaient à leur tour le poste de police.

Montaient sur leurs chevaux.

Et sortaient de la bourgade…

Le voyage se fit sans incidents.

Avec précautions ils traversèrent la gorge qui constituait la seule et unique entrée à la vallée de la mort.

WHOA.

Les 2 bêtes s’immobilisèrent à cet ordre de Verchères.

— D’ici là nous marchons, dit ce dernier.

— Pourquoi ? ?

— Pour ne pas mêler les pistes de sabots de chevaux.

Il ajouta :

— Si pistes il y a.

Alors il se mit à ramper par terre.

Près de la gorge.

Une vingtaine de minutes plus tard il se releva et dit :

— Il n’y a plus aucun doute dans mon esprit…

— Que signifies-tu par là

— Que l’AIGLON et ses pieds-noirs sont innocents…

— Comment donc ?

Il n’y a que des pistes de chevaux ferrés. Tu comprends ?

— Oui, évidemment, puisque les indiens ne ferrent pas les sabots de leurs broncos. Que faisons-nous ?

— Nous examinons cette vallée pied par pied.

Ils firent cela.

Découvrirent des traces d’habitation récente.

Même ils trouvèrent un bivouac dont les cendres étaient encore presque chaudes.

Il y avait aussi des bouts de rouleuses.

Des morceaux de jambon.

De bacon.

Des croûtes de pain.

À la fin, Baptiste remarqua :

— Ce sont très certainement des outlaws qui se terraient ici. Ils nous ont vus venir et ont déguerpi.

— Alors ils ne reviendront plus ?

— C’est logique.

J. B. vit alors le totem d’AIGLE ROUGE.

Il dit :

— Allons examiner le monolithe.

Il était évident que le tombeau du chef rebelle avait été violé, car les roches gisaient éparses.

Les deux hommes déménagèrent une cinquantaine de gros cailloux pour finalement s’apercevoir que la tombe était vide.

On avait volé le cadavre d’AIGLE ROUGE.

Pourquoi.

Charlie dit :

— Je n’y comprends rien…

— Et toi, J. B. ? ajouta-t-il.

— Cela me surprend, mais je crois que je puis ajuster ce vol de cadavre à la théorie que je me suis faite…

— Quoi ?

— Je croyais que nous avions affaire à un criminel de fort calibre ; je me trompais, c’est probablement un fou dangereux, d’une incomparable astuce, qu’il va nous falloir abattre.

— Un fou à la tête d’une bande d’outlaws ?

— Oui, il n’est d’ailleurs point rare de voir la folie alliée au crime. Qu’allons-nous faire maintenant ?

— Retourner à Orcité et attendre…

— Attendre quoi ?

— La lettre du général Cleghorn…

Mais les événements incontrôlables allaient se précipiter…

Jusqu’au…